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[RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres

 
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benoit
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MessagePosté le: 07/05/2017, 21:46    Sujet du message: [RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres Répondre en citant

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02 Avril 1823
Font Romeu, Pyrénées Orientales, 10e Division Militaire


Le froid etait encore vif, mais le soleil brillait bien haut, quand les fidèles venus assister à l'office dans la petite église du village en sortirent avant que de prendre le chemin du cimetière

Habituellement d'un calme olympien, ce qui est la moindre des choses aux alentours des 2000 m d'altitude alors que les neiges n'ont pas encore fondues, le lieu dit situé sur le territoire de la  commune d'Odeillo s'etait vue pratiquement décuplée de population en moins d'une semaine.
Outre les habitants, on y croisait aussi des réfugiés espagnols, visiblement sous le choc, et pas uniquement de part la guerre en cours dans leur pays , situé à moins de 10 km : quelques semaines auparavant, la Cerdagne avait été le théâtre de violents combats entre les forces pro et anti royalistes, et les habitants, venus chercher refuge en France s'étaient vu attaqués de nuit.

Habituellement, ce genre d'action restait isolée, commise par des individus seuls ou en petits groupes, et traitées par les gendarmes et douaniers, mais à, il était question d'une véritable troupe armée et équipée en guerre...portant des uniformes Français.

C'est pourquoi, Benoit n'était pas venu seul : outre l'escorte habituelle, il y avait aussi le Maréchal Moncey, avec l'Etat Major du IVe Corps, basé dans le secteur, mais aussi celui du Baron d'Erolles, noble Espagnol qui avait réuni quelques bataillons de fidèles au roi Ferdinand, qui bien que pas en mesure de livrer une bataille rangée contre les forces constitutionnelles, pratiquait une guerilla féroce le long de la frontière.

Une minute de silence sur les tombes des victimes et quelques propos avec le maire et les autorités civiles afin de faire calmer la population, puis les officiers se rendent sur le haut de la colline et observent la région à la longue vue.
Puis au bout d'un moment, Benoit se tourne vers son ancien chef.

A 69 ans, le Maréchal Moncey était un des officiers les plus expérimentés et respecté de l'armée Française, et ce, toute tendance confondue, ayant été, entre autre, Inspecteur Général de la Gendarmerie Impériale ainsi que le général en charge de la zone d'opération en Espagne où Benoit avait servit 14 ans plus tôt.
Les deux hommes se connaissaient depuis longtemps donc, et savaient bien les raisons qui avaient amené à ce que le Maréchal soit nommé à la tête du IVe corps : face à eux, la Navarre et la Catalogne, bastion des constitutionnels.
Alors que les populations rurales des autres provinces d'Espagne étaient plutôt pro-royalistes, les Catalans étaient ouvertement pro-constitutionnels, et comptaient aussi parmi les plus farouches opposants aux Français lors du précédent conflit.
On savait bien que ce secteur là serait le plus difficile, donc qu'il fallait un officier commandant connaissant les lieux, et capable d'agir autant en soldat pour neutraliser les forces ennemies qu'en policier pour maintenir le calme.
Et là, il fallait faire le clair sur cette sombre affaire

"10 kilomètres à peine...et ils sont partis par où ?"

"Visiblement, ils se sont séparés après leur méfait : on a trouvé des traces de chevaux férés avec les mêmes que ceux repérés prés des lieux du drame vers l'enclave que vous pouvez voir dans la vallée en contrebas, et de là, sur la route vers Andorre, à 40 kilomètres à l'Ouest.
Mais les gars du 23e Chasseur à cheval en ont aussi trouvé une dizaine vers le Sud et les zones où cantonnent le reste de la 5eme division.
On a bien remarqué dans cette zone une augmentation des agents provocateurs qui appellent les troupes à ne pas aller se faire tuer pour les Bourbons, que cette guerre n'est pas la notre.
On en voit aussi, en moindre mesure, du coté de Perpignan, où sont les 9e et 10e Division, mais eux, ils échangent déjà régulièrement des tirs avec les intrus en provenance d'Espagne : le discours de ces individus est donc largement moins efficace"


"Il est sur que leur dire cela alors qu'ils sont pris pour des cibles, il y a plus malin.
Et cette guerre actuellement en Espagne, elle risque de vite le devenir la notre si on ne fait rien, et même déborder chez nos autres voisins : c'est pas pour rien que leurs souverains aient demandé au notre de ramener l'ordre en Espagne.

D'ailleurs, ce qu'il viens de se passer ici le démontre : nous ne pouvons plus rester neutre, et donc il va bien falloir que nous agissions, sans quoi, il est pas impossible que les prochaines victimes de leurs débordements soient Françaises.

Ce qui ne colle pas, c'est qu'ils sont seuls au monde depuis des mois, et savent que nous attendons le moindre faux pas pour lancer notre offensive.

Et là, si on avait affaire à des Espagnols portant des uniformes Français datant de 1811, on aurait un casus belli...et donc, on pourrait commencer les manoeuvres

C'est trop gros"


"Honnêtement, je suis d'accord : cela ne leur ressemble pas
Ils savent bien que depuis l'expulsion des ambassadeurs des puissances européennes qui ont convenues d'intervenir en Décembre dernier, ils sont isolés et que personne ne leur viendra en aide dés que nos forces entreront en action.

Je pense que nous devons envisager le pire : ce sont bien des Français qui ont fait ça."


"M'ouaip...pareil
Des nôtres donc...
Vu l'état de préparation de l'Armée des Pyrénées, en plus de la saison et de ce temps maussade qui va détremper les routes, on a aucun intérêt à précipiter les choses, bien au contraire.

Par contre, pour saper l'autorité du roi en montrant qu'il ne sait protéger les réfugiés voire ses propres sujets, et au passage le moral des troupes rassemblées qui souffrent des retards de logistiques.
Comme par hasard, chaque officiers ou secrétaire d'état a qui j'ai confié cette mission depuis un an, a soit pas pris cette mission avec toute l'importance qu'elle a, ou bien a été assassiné...
Et maintenant, on voit les résultats : 100000 hommes rassemblés, qui n'ont pas forcement les munitions pour combattre ni le pain pour se nourrir

Ce que je découvre depuis que je suis arrivé ici est accablant, que ce soit des approvisionnements et soins à nos gars que de ces affaires d'appel à la désobéissance venant de la part de nos anciens camarades, qui sont visiblement aveuglés et ne comprennent pas ce que notre pays a à gagner en cette affaire.

D'ailleurs, on a des défections ?"


"En tout, moins d'une cinquantaine sur tout le front...mais on voit pas mal de nouveaux venus, la trentaine ou quarantaine, donc qui tous sont en age d'avoir servit du temps de l'Empire.
Il est même question d'un groupe de Polonais du coté de Foix."

En bref, des nostalgiques de l'Empire, assortis d'anti royalistes de base, que ce soit ceux qui ont perdu leur pays comme ceux qui ont vu leurs prometteuses courses aux honneurs s'arrêter net avec la défaite et le retour des Bourbons."


"Je vois
Un discours facile, et ce d'autant plus que la logistique a du mal à suivre, donc les soldats peuvent se faire facilement convaincre.
...
Il nous faut agir au plus vite : outre que c'est là la mission que les monarques européens ont confiée au notre, rester inactif sur place renforce les rangs de ces agents provocateurs et met notre population en danger avec ces bandes errantes.
Si nous devons combattre des Français en plus des Espagnols, je préfère le faire en Espagne.

Vous vous sentez prés ?"


Le maréchal Moncey reprend son souffle, et répond.
"Le IVeme Corps est prés à faire mouvement pour remplir sa mission afin de neutraliser la Catalogne.
Mes 3 divisions, renforcées des bataillons du baron d'Erolles sont équivalentes aux forces constitutionnelles commandées par le général Mina.
Je connais le terrain autant que nos adversaires, et que je dispose de toutes mes forces alors que lui doit couvrir tout le territoire : techniquement sur un point donné, le IVe corps à l'avantage

Et comme vous avez prévu que je rentre en action 10 jours après les autres Corps du coté occidental, coté Espagnols, ils auront envoyé des renforts sur vous et vos 4 corps d'armée...donc on aura moins d'opposition.

Pour ce qui est de la logistique, nous allons suivre vos consignes : on se fournis autant que possible sur les fournisseurs Français avant le jour J, et une fois en Espagne,on achète à bon prix auprès des Espagnols si on doit avoir recours à eux."


"Oui, ce dernier point est capital : on n'est pas là pour conquérir un pays au nom de notre roi, mais pour ramener le leur sur son trône.
Et contrairement à la dernière fois, on agit avec la bénédiction des autres souverains, y compris les Anglais, qui s'ils n'ont pas voté pour, n'ont rien fait contre non plus
Bon, faut dire aussi qu'ils ne peuvent pas le faire, n'ayant plus les même moyens qu'en 1809, ça aide.

Donc pas question de notre coté de renouveler les erreurs du passé en pillant et spoliant les populations : à la limite, on va pratiquer les prix français avec eux, comme ça, nos fournisseurs habituels ne hurleront pas comme quoi on privilégie leurs homologues Ibériques...qui, eux, seront payés 1 franc là où habituellement ils font payer 80 centimes.

Autres choses ?"


Moncey regarde son ancien subordonné  qui est aujourd'hui son chef
"Benoit...je sais bien ce que vous avez laissé ici la dernière fois...alors, si je peux me permettre, en leur mémoire : ne vous adonnez pas à la haine.
Je sais bien que parfois son appel soit facile, et qu'elle décuple votre force et fait passer les obstacles habituellement infranchissable

Mais elle est mauvaise conseillère, et surtout, elle va vous amener au même niveau que vos ennemis qui vous ont été nuisible.
Ne leurs concédez pas cela, car alors ce serait là véritablement leur victoire.

Rappelez vous qui vous êtes, ce pourquoi vous êtes là, ce que vous avez fait malgré ce mal que eux, ils vous ont fait.

C'était il y a longtemps maintenant, et cela ne nous les rendra pas de toute façon...les deux camps ont perdu beaucoup, il n'est pas bon de ressortir les vieilles querelles, m^me si je le conçois, les plaies restent vives

J'appréciais grandement vos frères, et j'aurais moi aussi du être là le jour de la cérémonie où cette bombe à explosée et les a tué, avec une de vos potentielles belles soeurs...d'ailleurs je me suis toujours demandé si en fait c'était pas moi qui était visé.

Et quant à votre ancienne fiancée...je ne peux que vous comprendre...mais pour elle aussi, c'était il y a longtemps...un temps où son pays était en guerre contre le notre...et elle aussi a perdu une soeur en cette tragédie."


Moment de silence, lourd
Benoit baisse la tête un instant, puis regarde a nouveau vers les colline du Sud, vers l'Espagne

"Une soeur...et moi mes deux frères....et mes dernières illusions sur le genre humain...en particulier les femmes.

Toutes ces années d'amitié et d'amour, pour tout compte fait, à l'issue d'une étreinte passionnée juste avant la cérémonie de mariage de nos frères et soeurs,  me laisser aller dans un traquenard où j'aurais du y rester avec mon escouade si je n'avais pas eu l'idée de prendre à gauche plutôt qu'aller à droite, et ainsi déboucher en surplomb sur ses sbires qui nous attendaient, paré à nous tomber dessus et nous égorger au même moment que la bombe explosait.

Vous aussi vous allez me dire qu'en fait ce coups monté était une manière subtile pour elle de me mettre à l'abri au loin de cet attentat ?
Tout en clamant officiellement son rôle en cette affaire et annoncer ses noces avec le sinistre hidalgo contre lequel je m'étais battu en duel et qui m'avait valu de perdre mes galons d'officier ?
Qu'en fait ce ne sont que des apparences et qu'en fait elle souhaitait mon bien ?

C'est ce qu'une bonne âme était venu m'annoncer peu avant que je rejoigne la Russie avec mon bataillon. Et j'avais pas spécialement apprécié ce genre d'humour douteux "


"Le commanditaire de la bonne âme vous remercie...au moins vous me l'avez pas trop abimée, cette fois là

Et, allons Benoit, sérieusement...non !

A d'autres, au roi, et aux autres gouvernants actuels, oui, si vous voulez....mais pas avec moi, s'il vous plait.
Et pas à vos défunts frères non plus.

Un duel contre un hidalgo doublé de rufian qui manque de respect à votre fiancée, soit....mais alors tuez-le, proprement, comme il sied à tout homme d'honneur.
Même les hussards, même les cosaques le font, alors vous, officier de l'infanterie de Marine servant la Gendarmerie, on attendait de vous au moins la même humanité

Et que nous aviez vous fait à la place?  l'émasculer à moitié...

Rhooo!!
Vous pensiez sérieusement nous faire croire, à nous, qui connaissons votre aptitude à loger une balle dans une pièce de 5 sous à 200 mètres même par temps de pluie, que vous n'aviez pas fait exprès de faire mouche sur un testicule gauche situé à 40 pas sous un soleil d'été sans vent ?

Même les Espagnols ne l'ont pas crus : ils vous avaient vu à l'oeuvre contre les guerilleros

C'est bien digne d'un tireur d'élite, ce que vous étiez, mais pas d'un officier...enfin, pas dans les milieu mondain en tout cas

D'un autre coté, vous êtes un habitué de la chose puisque vous y aviez déjà eu droit à Friedland....une autre histoire de femmes et de tirs mal placés d'ailleurs"


"Certes, mais celle là, c'était un tantinet plus agréable."

"Un "tantinet" ?
Vous appelez ça "un tantinet", vous ?
Déjà, culbuter la fille d'un colonel de cuirassiers, proche collaborateur de LUI, c'est pas ce qu'on appelle "un tantinet" ....gonflé, voire culoté, oui...encore que là il n'y en avait plus, des culottes.

Bon, on aurait pu s'en sortir avec une réprimande, une promesse de mariage, on vous bombardait à l'Etat Major, honneur pour le commun des mortel et punissions ultime pour vous et on en parlait plus.

Mais s'offrir en même temps la mère et la cousine en plus, honorables dames sur lesquelles IL avait des vues..

Et dans la tente d'intendance à coté de celle de l'Etat Major Impérial, en pleine réunion une veille de bataille, en plus...franchement, on vous avait connu plus doué niveau discrétion"


"J'avoue, erreur de jeunesse : c'était pas le meilleur endroit comme poste de tir...encore que

D'un autre coté, c'était pas non plus ce que j'avais prévu pour ce soir là.
Maintenant, vu la personne et les charmes proposés, j'allais pas dire non, non plus.

Et je me suis rien offert moi : c'est elles qui se sont jointes aux festivités amorcé avec la demoiselle...qui ne l'était pas tant que ça, en fait, mais bon...

Moi, j'ai rendu service autant que je pouvais le faire : c'est que ça se respecte et que ça s'honore comme il se doit une épouse, une cousine et une fille de colonel, surtout quand on est un petit sous lieutenant.
Après, me reprocher que ces dames s'expriment vocalement trop fort, là, franchement..."


"Ben voyons, si c'est pas beau le sacerdoce, le sens du service, du dévouement corps et âme pour la mission...surtout l'âme, il va de soit

Vous vous en êtes sorti à bon compte sur ce coups là : rétrogradé sergent, placé en première ligne d'assaut avec les compagnies de discipline, bléssés 2 fois par balles et 1 coups de lance en
capturant une batterie et 2 drapeaux...et envoyé directement en Espagne sitôt les pansements posés, les galons redonnés, et surtout histoire d'éviter que vous croisiez le colonel en question.

D'ailleurs, il me semblait qu'il avait été engagé en Russie lui aussi, et que son épouse et sa fille l'y avaient suivit.
Etonnant que vous ne les ayez pas croisés.
Vous avez eu des nouvelles ?"


"J'ai pas spécialement fréquenté l'Etat Major Impérial, mais aux dernières nouvelles, elles y ont causés plus de ravages avec leurs charmes et ce qui va avec, que les cosaques avec leurs sabres.

Leurs traces s'arrêtent à la Moscova pour le colonel, qui a vu sa tête remplacée par un boulet, et à la Bérézina pour ces dames, comme pour l'ensemble des civils et blessés de ce qui restait de la Grande Armée, qui avait réussi à passer de l'autre coté et leur avait échappée.

Ceci dit, elles ont peut être survécu à ce massacre : on a trouvé que les Russes étaient quelques peu fatigués à nous poursuivre jusqu'à Vilnius, comme si quelque chose les épuisait désormais.
Peut-être etait-ce quelqu'une ?
Mais ça, nul ne le saura jamais.

D'un autre coté, à défaut des restes de l'armée en retraite, un paquet d'officiers et secrétaires de l'Etat Major Impérial leur doivent la vie, évacués sanitaires qu'ils ont été, à l'aller
C'est que c'est redoutable, la petite vérole."


"Oui, je confirme.
Rappelez-vous cela maintenant que l'armée est sur le point d'entrer en campagne : en guerre, les histoires de coeur, et celles de quelques centimètres en dessous, ne font pas bon ménage avec les
opérations.

Pour le IVe Corps, nous saurons faire face, et ce d'autant plus si le commandant de l'armée est à 100% de ses moyens.

Je prend déjà comme point positif le fait que vous ne preniez pas en charge le secteur où sont morts vos frères et où vous avez vécu auparavant.

Et bien sur, je reste à vos ordres si besoin quand vous serez avec les autres corps d'armée."


"Rassurez-vous, Maréchal : avec un peu de chance, nous serons de retour en France avant la fin de l'année, mission accomplie.
Nous n'avons pas vocation a rester plus de temps que nécessaire, donc je vais me concentrer sur l'essentiel

Et cela commence par entrainer le danger loin des populations que nous sommes supposés défendre.

Conformément aux accords vu avec les alliés, l'offensive est planifiée pour au plus tard le 11 Avril. D'ici, là, placez les forces en état d'alerte et multipliez les patrouilles dans l'arrière-pays, tout en laissant gendarmes et douaniers faire de même sur la frontière : nous devons montrer que nous sommes vigilants, mais pas encore agressifs.

Et si jamais une troupe Espagnole tente le coups de force, considérez vous comme en état de guerre."

_______________


-Lt Gen.Roy., Régent de France(1820/21)
-Mch. Gendarmerie.Roy. (1816/17)
-Gen./Gen Div /Lt Gen (ret. 1817/21, react. 1821/...)
-Ministre d'Etat (1816/17, 1820/23)
-Juge de Seine(1816/17)
-Fondateur Légion Etrangère (1817/...)
-Lord Manor of Rugby (1820/...)
-CB(hon.)
Pére de Raphael, Clara et Sophie
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MessagePosté le: 22/05/2017, 20:29    Sujet du message: [RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres Répondre en citant

06 Avril 1823, 13h00
Quartier d'Hendaye, Commune d'Urrugne, Pyrénées Atlantique
11e Division Militaire


Bruissements sinistres de la cendre à chaque pas, lents, comme cérémonieux, accompagné par les grincements de quelques restes de portes ou fenêtres retenus par on ne sait quel gond miraculeusement encore en place rouillés par les vents et le temps.

Ce temps, qui s'était comme figé, arrêté ici, dans ce qui était aujourd'hui un vaste champs de ruines sur lequel la nature elle même semblait ne pas vouloir reprendre ses droits vu les horreurs perpétuées en ces lieux.

Un silence lourd, pesant, qui imprégnait l'endroit, qui avait du être magnifique, en bord de plage, donnant sur une jolie baie, tout juste à peine troublé par la troupe venue sur ces lieux désolés qui, il y a 10 ans, était...une ville.

Et aujourd'hui, après tout ce temps, il ne restait ici que la poussière et le noir

Noir comme les cendres, qui volent ça et là, soulevées et portées par les embruns venant l'Océan tout proche

Noir comme l'eau sombre de la baie où reposent les habitants de cette ville par deux fois assassinée en 20 ans d'intervalle.

Noir, comme le gant en cuir qui viens ramasser une poignée de cette terre où jadis feurrissait un jardin, de roses, voire peut être d'hortensia....qui sait

Quelques furent les fleurs et soins apportées par le jardinier ou la maitresse de maison de l'époque, elles étaient désormais remplacées par quelques mauvaises herbes ayant pu passer la croute de terre cuite par la chaleur de l'incendie.

Noir, comme la tenue que portait désormais l'homme a qui appartenait la main dans le gant, qui se relevant, porte la poignée de terre à son visage, la hume, l'effrite...et la laisse partir vers le sol.

Noir, comme ce regard, sombre, dur, que Benoit avait en inspectant ce qui restait de la ville de Hendaye, qui était pour le moment rattachée à la commune d'Urrugne, attendant le jour de sa renaissance

Un regard vers la Baie d'Hendaye, ultime souvenir noté sur les cartes rappelant qu'ici, il y a encore 10 ans, se dressait une cité de 600 maisons, reconstruite à neuf après avoir été rasée en 1793 lors des guerres de la Convention. Déjà à ce moment là, l'horreur avait dépassée les bornes, et il avait fallu la force et la volonté des troupes républicaines, déjà commandée par Moncey, pour ramener la guerre en terres espagnoles et amener le roi à demander la paix...et même à ce moment, là, malgré les horreurs et les destructions et massacres systématiques perpétués par les Espagnols, les Français n'avaient pas donné dans la réciproque.

En Octobre 1813, cette ville dynamique, qui se relevait tel un phénix,comptait près d'un millier de personnes qui y vivaient, envisageaient leur avenir, celui de leurs enfants...et y avaient été violés puis massacrés par les troupes régulières et les milices ivres de vengeance de la coalition comprenant Espagnols, Portugais et Anglais, qui par ces lieux, avaient commencé leur invasion de la France après avoir l'armée Impériale de l'Espagne suite à leur victoire à Vitoria.

C'est ainsi que face à une pauvre brigade qui ne dépassait pas 400 hommes, soit la moitié d'un bataillon, une armée de plus de 85000 hommes passa la rivière sans coup férir et captura la ville sans défense dans la foulée...pour y mettre aussitôt le feu tout en la pillant et en faisant subir tout les outrages à la population.

L'incendie dura plus d'une semaine, et il ne resta à la fin qu'à peine soixante bâtiments debout. Habitations, mairie, , entrepôts, ports, étables, église...tout avait été réduit en cendre, et la baie était rouge du sang des habitants qui y avaient été jetés.

10 ans plus tard, on en était encore là : moins de 300 personnes étaient sur place et tentant d'y vivre, n'avaient pas finit de nettoyer les décombres et regardait autant avec une certaine fierté qu'une grande crainte, l'importante troupe armée venue en visite

C'est accompagné du maire, un vénérable ancien corsaire natif des lieux, et qui aujourd'hui se démenait pour que sa ville renaisse de ses cendres, que Benoit, habillé tout en noir de sa nouvelle tenue de combat, arpentait les ruines, accompagnés des états majors des 4 corps d'armée prévus pour intervenir prochainement dans le secteur.

Ils étaient tous là : les maréchaux Oudinot et Molitor commandant les Ier, IIe Corps d'armée, le Pince de Hohenlohe commandant le IIIe, le Lieutenant Général Bordesoule commandant la réserve, et aussi les officiers du contingent de la Maison du Roi et de la Garde Royale qui étaient de l'expédition.
Et eux aussi regardaient les lieux avec gravité, dans un silence quasi religieux

Un moment passa ainsi, que Benoit fixa alors les officiers de l'Armée des Pyrénées, appelée à devenir Armée d'Espagne
"Merci monsieur le maire

Messieurs, avant que vous ne retourniez auprès de vos troupes, je tenais à ce que vous veniez ici.

Regardez bien ces lieux : il y a 15 ans, pour la majorité d'entre nous, nous avons servi la France en Espagne, chacun à nos grades, chacun à nos postes, et pas forcément tout le long, mais ceux qui furent présents après nos départs de ce front n'ont fait que reprendre ce que nous nous y avions fait.

Et il y a 10 ans, après 5 ans d'une guerre des plus atroce que nous ayons jamais connu, que nous ayons été sur place ou pas, déjà dans les mains de l'ennemi ou en retraite d'Allemagne  ou assiégé ailleurs,  nous, personnellement sur place ou ceux qui nous ont remplacés, avons échoué en cette mission, avons été vaincu par nos ennemis...

Et voila le résultat.

Regardez le bien ce résultat d'il y a 10 ans: vous, maréchaux, généraux, officiers, gradés, ou soldat....vous y êtes présentement au beau milieu
...
...
Demain, ou bien dans quelques heures, ou quelques jours, à nouveau une armée Française va intervenir en Espagne

Et cette fois, ses chefs, ses commandants, ses troupes d'élite...c'est vous

Alors regardez bien ces lieux, regardez les biens, imprégnez vous de chaque recoins, de chaque parcelle

Et comme je viens de le faire, prenez ses cendres bien en main, humez-les, goutez-les même,

Car là, si l'armée dont je pilote les reformes depuis 2 ans échoue, si les troupes dont vous êtes aujourd'hui les commandant viennent à faillir, c'est tout le reste de la France qui sera dans cet état.

Vous et moi avons servit là bas, de l'autre coté de cette baie, de ce fleuve.
Vous et moi connaissons ce qui nous attend là bas

Vous et moi savons désormais ce qui nous attend ici en cas d'échec, pour peu qu'on en revienne

Alors avant que de prendre la tête de vos troupes afin de remplir cette mission que les souverains de l'Europe et donc de la moitié du monde connu ont donné au notre, que les images et les senteurs de ces lieux soient bien présentes en vos esprits, et qu'avec cela, puisse Epicure vous guider vers la victoire et vous inspirer en cas de doute.
...
...
...
A disposition de vos commandements
Etat major de l'armée ce soir à Saint Jean de Luz"

 
Benoit laisse alors les officiers  prendre leur temps et saluer avant que de partir

Depuis son arrivée sur place, Benoit avait du réorganiser les approvisionnements en mobilisant les boulangers, agriculteurs et autres fournisseurs de la région, revu et contrôlé les services des soins aux hommes, aux animaux, ainsi que les ateliers mobiles et fait en sorte que les derniers renforts attendus soient rapidement convoyés.
Un nouvel intendant avait été désigné pour accompagner l'armée une fois de l'autre coté de la frontière et bien que plus dépensier que le précédent, au moins, hommes et bêtes mangeaient à leur faim, les blessés étaient soignés et voyaient arriver dans leurs unités les dotations en munitions comme en pansement...signe que l'action allait venir, et rien que cela avait remonté le moral.

Il avait également fallu encadrer le réarmement des contingents Espagnols de l'Armée de la Foi, composée des divers éléments pro royalistes qui avaient pus se réfugier en France, mais qui étaient jusqu'alors systématiquement désarmés par les gendarmes.
C'est ainsi que pas moins de 30000 combattants supplémentaires allaient opérer aux cotés des IIIe et IVe corps Français dés que l'offensive serait déclenchée.

Ce matin,là, le Ier Corps, complété de ses effectifs et de sa logistique avait fait mouvement depuis Bayonne vers Saint Jean de Luz, laissant les autres terminer leur préparation et amorcer leurs mouvements : le IIe corps et la réserve devait suivre dans la soirée, le IIIe corps prenant la route vers Roncevaux en milieu d'après midi.
A l'autre bout de la frontière, le IVe finissait de se renforcer et faisait face aux incursions des constitutionnels et de leurs éléments étrangers anti royalistes, de plus en plus nombreuses et violentes.

Les dernières en date étaient une nouvelle tentative d'enlèvement d'un colonel Français, du coté de la Cerdagne, et aussi pas plus tard que la veille, une tentative d'assaut sur un poste frontalier tenu par les gendarmes. Dans ce cas là, on avait relevé parmi les corps des assaillant au moins 2 des 38 déserteurs recensés, et capturé 3 autres.

Après les désertions, les agressions sur les réfugiés, on avait désormais de véritables opérations de combat organisées et ciblées...il fallait agir, et vite

Le général de Bordesoule se rapproche.
"Vous êtes sur que ce sera suffisant ?"

"Les observateurs ont pu voir plus de dorures , galons et drapeaux d' états majors que jamais depuis Louis XIV et son mariage.
De plus, vu l'activité des lieux depuis 10 ans, on a du déplacer les foules du coté de Fontarabie et des environs
Et au milieu de tout ce bleu-roi réglementaire, ce blanc et ce doré, il ont pu voir une grande forme toute noire qui était à la tête du reste, alors ne vous inquiétez pas : ils m'ont vu, ils savent que je suis là.

"Certes, mais quand même, un ministre, ex régent, et qui est connu pour les avoir combattu récemment, c'est une cible bien tentante. Et où sont vos légionnaires ?"

"Ils ont leur mission : faire en sorte que l'armée passe sur ordre, donc ils vont aider les pontonniers.
Et c'est pas tant les Espagnols que je veux inquiéter et amener à tenter leur chance : c'est un autre gibier que je souhaite faire sortir de ses trous.
Ceci dit, agiter un chiffon rouge devant un taureau ibérique, c'est pas une mauvaise idée....même si en fait c'est plutôt un chiffon noir.

"Nous avons bien compris le plan, mais vous mettre tout en noir, c'est un peu...lugubre, non ?"

"J'ai hésité avec une tenue d'Arlequin, voire me grimer en dinde rotie, mais là, ils auraient surement des doutes que quelquechose cloche.

Je veux qu'ils sortent, qu'ils se découvrent et qu'ils soient mis hors d'état de nuire, soit définitivement, soit tellement réduit et obligé d'aller de l'autre coté de la Bidassoa : plus ils sont loin de nos civils, mieux je me porte.
J'ai pas envie de les savoir faire des misères à Toulouse ou Bordeaux pendant qu'on assiège Pampelune ou qu'on doivent foncer sur Madrid : on doit les traiter, et vite.

Mais si en plus ceux d'en face se décide à tenter leur coup et entrer dans la danse, et donc s'inviter en force chez nous,  et nous donnent alors une bonne raison d'amorcer le bal, autant en profiter, n'est-il pas ?

Je vais donc aller "inspecter les bords du fleuve", et aller voir la redoute Louis XIV
, sur la colline boisée là bas, et voir comment se comportent les petits gars du 9eme léger qui grenouillent sur zone à rechercher les meilleurs endroits pour passer le fleuve.
Comme le ferait n'importe quel général dans le secteur, donc  avec une escorte réduite puisque au dernières nouvelles, on est chez nous et en paix, et laisser les autres Etats Major faire leur travail, comme il se doit.

Rejoignez vos gens à Bayonne et tenez vous prés  à agir sur ordres."

_______________


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MessagePosté le: 07/08/2017, 05:40    Sujet du message: [RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres Répondre en citant

06 Avril 1823, 14h00
Bord de la Bidassoa, Commune d'Urrugne, Pyrénées Atlantique
11e Division Militaire



"Euh...Mon adjudant...je crois qu'on a un problème là ..."

Lucien Bombardoc, 23 ans, Caporal au 9e Régiment d'Infanterie Légère (appelé plus couramment "9e léger"), 6e Compagnie du 2e Bataillon, avertit son chef d'escouade et, instinctivement mit un genou au sol, en position de tir, tout en indiquant de la main ce qu'il venait de voir de l'autre coté de la rivière au bord de laquelle ils étaient stationnés et surveillaient.

Déployée en avant garde du Ier Corps d'Armée, le 9eme Léger ainsi que le reste de la 1ere Brigade stationnait depuis plusieurs jours à Saint Jean de Luz et avait reçu pour mission de reconnaitre les lieux et apporter leur appui aux gendarmes, gardes nationaux et douaniers locaux, qui étaient sur les nerfs depuis des mois, et tout particulièrement depuis les récentes attaques subies vers Fon Romeu.

Les deux régiments de cavalerie de la brigade effectuaient pour leur part patrouilles sur patrouilles depuis la côte jusque vers Saint-Jean-Pied-de-Port, faisant la course autant aux traditionnels contrebandiers qu'aux déserteurs ou autres potentiels espions qui hantaient les parages depuis des mois pendant que les chasseurs du 9eme remettaient en état les redoutes et autres fortifications légères le long de la frontière qui étaient à l'abandon depuis plus de 10 ans.

Parmi ces points, se trouvait le "Pas de Behobie", situé à quelques kilomètres en amont de l'embouchure de la Bidassoa, le fleuve frontière, pile au pied de la forte colline de Biriatou, qui surgissait alors de la plaine en formant une muraille naturelle avec sa falaise surplombant le cours d'eau.

A cet endroit, les deux rives sont juste séparées par 60 mètres, et donc depuis des siècles, les ponts de bois enjambant la Bidassoa s'étaient succédés, juste en amont de l'Ile aux Faisans, lieux où avait été signé le traité établissant la frontière entre les deux pays il y a plus de 150 ans.
Comme son homologue situé à l'estuaire moins de 2 kilomètres plus loin, il avait été détruit en 1813 et non reconstruit depuis.
Depuis, le trafic des diligences et charrettes entre les deux rives s'effectuait donc par l'intermédiaire d'un bac, toujours en activité malgré les tensions entre les deux pays : quoi qu'en décident les deux capitales, de part et d'autres du cours d'eau, c'étaient les mêmes familles, et donc les échanges étaient maintenus, même si un peu plus contrôlés que d'habitude.

Coté Français, l'ancienne redoute située au sommet du relief avait été remis en état et occupée par une demi batterie du 8eme Régiment d'Artillerie et la 5e compagnie du 9e léger : 4 canons de 6 pouces et un mortier de 8 couvraient désormais la zone sur plus d'1 kilomètre à la ronde, ce que les troupes de la garnison Espagnole avaient bien sagement pris en compte...en restant dans leur caserne et en ne s'aventurant pas trop vers le village de Behobia, du même nom que son homologue Français situé de l'autre coté de ce qui fut un pont.

D'ailleurs, l'autre demi batterie de la compagnie d'artillerie était en train de prendre position au niveau des bâtiments du hameau de Behobie, déjà occupé et fortifié par la compagnie du caporal Bombardoc, tout comme l'étaient les autres villages frontières en amont comme en aval.

Coté Espagnol, le terrain était une zone de collines moyennement élevées, où l'on voyait jusqu'à assez loin les bâtiments, habitations et autres, dont les casernements de la garnison locale, sur une petite colline à 500 mètres en aval du pont, plus ou moins hors de portée des canons placés dans la redoute.
Cette garnison se résumait à un régiment d'Infanterie de Ligne, "l'Impérial Alexandre", formé par 2 bataillons de 500 conscrits chacun, et renforcés par les milices locales ainsi que la garde civile, soit, sommes toute, a eu près équivalent aux forces françaises ouvertement déployées sur zone

Sauf que derrière le 9eme Léger, outre les deux régiments de cavalerie que les observateurs espagnols ne voyaient que par petits groupes accompagnant des gendarmes et douaniers, il y avait tout le reste de l'Armée des Pyrénées Occidentales...soit plus de 75000 hommes en ordre de bataille et parés à l'action.

Mais pour l'heure, des deux cotés du fleuve, on se jauge, on s'observe, parfois même on s'invective...et puis c'est tout.
A part des contrôles des diligences et des voyageurs passant sur le bac un peu plus poussés qu'à l'accoutumé, rien de bien notable : une certaine tension régnait, mais pas encore à se tirer dessus à vue entre sentinelles et constables inspectant papiers et chargements des voitures allant de Bayonne à Irun et empruntaient une route reliant deux pays toujours en paix, du moins officiellement.

Le Maréchal de Camps Vallin, le général commandant la Brigade, était venu inspecter la position, bientôt rejoint par le Lieutenant Général d'Aumale, le ministre venu inspecter l'armée.
Cela avait donné lieu à une certaine animation dans le secteur, les visites de généraux étant toujours synonymes d'efforts supplémentaires pour les troupes, et en particulier quand un de ces étoilés de service était le ministre en personne.

Coté Français, les troupes avait rendus les honneurs comme il se doit, puis étaient retournés à leur service pendant que les officiers discutaient entre eux tout en observant l'autre rive

Les propos échangés étaient sans ambiguïté : pour le moment, on ne bouge pas, le roi n'ayant pas encore donné l'ordre de le faire.
L'offensive, c'est seulement si l'agression est flagrante, que des civils sont victimes.
Et encore : pas plus de 50 kilomètres dans le territoire Espagnol, et seulement si des troupes Espagnoles Royalistes sont de la partie, si possible en première ligne.

Comme l'avait dit le ministre "On est là pour les aider, pas faire tout le boulot à leur place....même si pour le moment, ça y ressemble très fort."

Les patrouilles avaient donc repris et là, c'était la section du caporal Bombardoc qui était chargée de la surveillance des bordures, les deux autres sections ayant rejoint leurs quartiers dans le hameau.

Le chef de la section, l'adjudant Chabraque, vétéran des guerres impériales et même républicaines, qui lorsque les demandes de volontariat pour la montée en puissance des corps d'observations des Pyrénées avaient été publiés en début d'année avait choisi de reprendre du service actif dans une unité de combat plutôt que rester dans la Compagnie Sédentaires où il était affecté auparavant avait donc commencé à répartir ses 3 escouades : une vers l'amont suivant la route au pied de la falaise, l'autre en aval dans la plaine vers Hendaye, et la 3e sur les points d'observations du pont ainsi qu'au poste des gendarmes et douaniers, qui ne chômaient pas et allaient visiblement encore avoir du travail, vu les deux diligences situées sur la rive d'en face qui attendaient l'arrivée du bac.

Comme à l'accoutumée, un attroupement composé d'une part par les voyageurs, passagers et cochers et d'autres part par les locaux, aubergistes, marchands, garçons d'écuries et gardes civils s'était formé, et le spectacles des beaux uniformes coté Français passé, la vie reprenait son cours

C'est alors que coté Espagnol, il commença à y avoir de l'animation : des individus portant des uniformes différents des troupes Espagnoles arrivèrent au niveau de la zone d'embarquement sur le bac et très vite, l'ambiance devint quelques peu houleuse entre les nouveaux venus et les locaux, et lorsque le caporal Bombardoc aperçu que certains porteurs d'uniformes saisissaient leurs armes, il averti son chef.

L'adjudant Chabraque, s'était rapproché de son subordonné et observa la scène à son tour

"M'ouaip...visiblement, ces nouveaux arrivant ne semblent pas forcément les bienvenus...
D'un autre coté, quelle idée de débarquer comme ça au milieu d'une foule d'Espagnols en portant un uniforme de la Garde Impériale : vu le souvenir qu'ils en ont, c'est une invitation au lynchage."


"Sur Mon adjudant.
Euh...Mais pourquoi il y en a en rouge aussi ? Y'a encore des anglais avec eux ?"


"Visiblement...ben oui.
D'ailleurs, des gugusses en jupette bariolée et vareuse rouge, j'en connais pas beaucoup...et c'est pas bon signe."


"Ah tenez, regardez, il y en a d'autre là, en blanc et bleu, mais pas le même que le notre.
Et avec les vieux tricornes pour certains
Vous savez d'où ils viennent ceux là ?"


"Euh...ben là...non, c'est pas possible : ils sont trop loin ceux là...qu'est ce qu'ils viennent faire en Europe ?"

"US Continental Army...autrement dit : des américains
Ce sont des pro parlementaristes dans leurs pays, et pour eux, le gouvernement actuel en Espagne est le légitime.
Tout comme leurs homologues Anglais et parfois Français, ils se sont engagés comme mercenaires à la solde du gouvernement constitutionnaliste, en renfort de leur armée.
Ce sont des vétérans expérimenté autant que des idéalistes, venu avec leurs équipements, donc tout bénéfice pour les Cortés.

On en trouve en Catalogne, en Navarre, et on savait qu'il y en avait près d'un bataillon du coté de Bilbao, mais visiblement ceux là se sont rapprochés de nous.

Au fait, ravi de te revoir, mon adjudant"


La voix avait claqué venant de derrière les deux militaires, qui sitôt, se figèrent au garde à vous
"Moi aussi Fis...euh, pardon,
Mes respects, Excellence...ou Monseigneur...euh...général ?"


Eclats de rires de Benoit, qui reprend en souriant de bon coeur
"Et bien, au moins, j'aurais pas fait ce déplacement pour rien : juste te voir perdre tes moyens comme ça, ça vaut tout l'or du monde.
Je viens de réaliser le rêve de toute recrue ou cadet : faire bafouiller son sergent instructeur
Maintenant, je peux mourir en paix.

Allez, Repos, Mon adjudant, et vous aussi Caporal.

Gardez l'oeil sur ces oiseaux là...et si jamais vous en voyez des tout en vert, même juste un seul, là, vous donnez l'alerte, de suite, peu importe ce qu'ils font, même cueillir des roses.
Et vous vous planquez, de suite aussi.

Et aux dernières nouvelles, ici, on dit "Mon Général", c'est largement assez."


Silence des militaires, puis l'adjudant répond
"Tu...enfin Vous...vous croyez qu'il y peut y en avoir ?"

Benoit regarde l'autre rive, puis le général à coté de lui, et reviens sur l'adjudant

"Ils ont des Highlander et des Gardes Impériaux dans le même camps, et aussi des cavaliers suffisamment expérimenté pour éviter toutes les patrouilles.
Alors oui, c'est pas garanti, mais c'est pas impossible, d'autant qu'il en suffit que d'un ou deux pour anéantir un état major complet sans riposte possible."

Le Général Vallin regarde le Caporal, visiblement tout aussi perdu que lui et prend la parole
"Excusez moi Mon Général, mais ...de qui parlez -vous ?"

"95th Régiment of Foot, autrement connu comme "The Rifles".
En 1800, le Board of Ordnance à validé un nouveau fusil, qui, entre autre grâce à un canon rayé, porte plus loin, avec plus de précision que les armes connues de l'époque, mais avait le défaut d'être plus lourd et donc avec une cadence de tir moindre que les mousquets et fusils en dotation
C'est pourquoi ils l'ont déployés auprès des tireurs d'élites de leurs bataillons, à raison de 2 ou 3 à la fois.
Mais en plus, ils ont monté une unité expérimentale, un bataillon, puis un régiment, uniquement armé de cette nouvelle arme : entrainé comme de l'Infanterie légère, ils se sont spécialisés dans le tir de précisions à longue distance...

C'est entre autre un des leurs qui a abattu le général Colbert-Chabanais, à Cacabelos : un tir bien ajusté de près de 700 mètres, soit le double de nos Charleville.
Ils ont allumé deux autres officiers ce jour là, et par la suite décimé les officiers des unités engagées, comme ça, bien planqués derriere leurs autres bataillons de ligne ou le relief...imparable

L'avantage, c'est que leur uniforme est caractéristique : tout en vert froncé, avec des parements noirs et un plumet vert à leur shako...immanquable quand on se met à les rechercher et les cibler

Faut juste les éviter et ne pas être à leur portée...et là, s'il y en a un sur la rive en face, il est à moins de 100 mètres de nous...limite un exercice de style pour ces gars là

Chabraque et moi avons eu affaire à eux pendant la guerre d'Espagne, quand on servait dans la même unité : nous aussi, on avait ce genre de mission, mais on avait pas ce beau matériel...alors il a bien fallu aller le chercher, et donc apprendre à les connaitre...mais ça, c'est une autre histoire.

Aujourd'hui, faut s'assurer qu'il en ont pas quelques un en face...et si c'est le cas, prendre les mesures qui s'imposent

Et à ce que je vois, va falloir rester vigilant : ça a l'air de barder sévère de l'autre coté"


Les Français reprennent de suite leur observation de la rive opposée, et visiblement, les choses avaient dégénérées entre les civils et les porteurs d'uniforme

Outre les vociférations des uns et des autres, les deux diligences tentaient de s'installer sur le bac reliant les deux rives...et vu les gestes des individus au niveau de l’embarcadère, elles étaient la raison du tumulte, de plus en plus véhément, puisque chaque tentative d'approche par les gardes civils et soldat se voyait parée par un mur de plusieurs hommes de forte stature et visiblement bien décidé à protéger le départ des diligences

C'est lorsque le bac enfin chargé largua les amarres et entama sa progression vers la rive Française, que la situation se dégrada rapidement : les échanges de coups commencèrent entre les chefs des deux formations, et bientôt, on assista à une bagarre générale

Pendant ce temps, le bac avait réussi à quitter la rive, et avancer d'une bonne dizaine de mètres, arrivant au niveau de l'ile aux Faisans.

Cela entraina un dégagement immédiat des civils qui avaient fait écran : certains venaient de plonger dans le fleuve et tentaient de rejoindre le bac à la nage, les autres tentant de s'enfuir des lieux vers le village, tentant d'attirer vers eux des soldats et gardes civils.
Mais ceux-ci prirent leurs armes en main et commencèrent à mettre les nageurs et le bac en joue, négligeant pratiquement les autres fuyards .

Le bac avait parcouru encore une dizaine de mètres lorsque les premiers nageurs le rejoignirent....et que le premier coup de feu retenti, bientôt suivit par d'autres.

Aussitôt, les soldats Français saisirent leurs armes, se préparant à riposter, les chasseurs avec leurs fusils, les artilleurs à leurs pièces
Benoit fait le signe de s'abaisser et se mettre à couvert ou à l'abri, mais voyant les manoeuvres des autres troupes, hurle immédiatement ses ordres

"POUR l'ENSEMBLE, EN POSITION, PARE A FAIRE FEU !

CIBLES : SUR l'EMBARCADERE!"


Le capitaine de la compagnie d'infanterie s'ecrit alors
"Mon général, ils tirent sur des civils...Si on ne fait rien, ça va être un massacre"

"J'ai vu. Et c'est un bon gros piège, donc préparez la salve, mais retenez les feux"


"Euh ?"

"Ils sont quoi en face ? 10 tireurs ?
Et pour le moment, leurs cibles sont en Espagne, donc chez eux.
Oui, je sais c'est pénible, mais là, c'est une histoire entre Espagnols en territoire Espagnol.

Si on tire maintenant avec toute notre puissance de feu, soit 30 chasseurs, 10 gardes du corps et 5 canons, je vous le confirme, ça va être un massacre, sauf que là, ce sera plus eux les agresseurs, ce sera nous.
Et en plus on risque de toucher les diligences.

Alors mettez vos gars en position, qu'ils alignent leurs cibles : dés que le bac a passé la moitié du fleuve, il sera en France...et là, si jamais ces guignols d'en face continuent de faire feu, alors on pourra riposter.

Vu ?"


"Euh...oui, bien compris mon général
Et les canons ?"


"En dernier recours si vraiment on a pas le choix.
Vous avez quoi en munitions antipersonnelles ?"


Le capitaine des artilleurs se raidit, réfléchi un peu et répond

"Ben sorti de la mitraille pas grand chose, mon Général...mais là, vu la hausse et la distance, c'est les diligences qui vont prendre cher avant les tireurs espagnols
A 40 mètres, ça va pas être joli.
...
...
Ah, si : on a récupéré quelques boulets en pierre de l'ancienne redoute située là haut, qui doivent être d'époque : ça éclate juste à l'impact ces trucs là."


"Parfait ! Vous m'en mettrez 2 des comme ça, et les 3 autres pieces avec une charge normale. Cibles en haut de l'embarcadère, possible report sur les bâtiments.
Mais surtout vous retenez le tir : 10 guignols, même dangereux, ça ne justifie pas un bombardement...ou alors c'est des hommes en vert, et là faut voir."


"A vos ordres, mon Général"


Les soldats qui s'étaient mis en joue reculent aussitôt se placer à l'abri, les autres prenant position derrière les murets et autres fortifications des différents points de tirs, et de là, préparent leurs armes et commencent à mettre des cibles en joue
Les artilleurs quant à eux, préparent leur canon, chacun derrière les murs en sacs de sables et rondins mis en place les jours précédents.

Depuis son abris, dans un vaste entrepôt aux murs en pierres, reconverti en PC fortifié pour les deux compagnies, Benoit prend en main son propre fusil Baker et dispose son escorte afin d'épauler les défenseurs.

Pendant ce temps là, le bac à dépassé le milieu de la Bidassoa, et avec une certaine déception, les tirs Espagnols s'amenuisent, puis cessent, alors remplacés par des volées d'injures.

Le bac arrive enfin sur la rive Française et apponte, essayant de débarquer au plus vite son chargement de voitures, et aussi de blessés trempés

L'un d'eux, porté par un de ses camarades, commence à hurler sitôt à terre alors que des gendarmes et soldats sortent de leurs abris et s'avancent vers eux.

Ils n'ont pas le temps d'entendre ses propos, car sa tête explose d'un coup, la balle touchant à l'épaule le gradé qui allait à son contact.
Le caporal Bombardoc, repérant la fumée du tir hurle alors

"TIREUR EMBUSQUE
MAISON DE GAUCHE, 2e ETAGE, FENETRE DE DROITE"


"ATTENTION, LES ESPAGNOLS SONT EN JOUE !!!"


Effectivement, un premier tir, venant d'un Garde civil, puis un second, venant d'un Highlander se font entendre, et impactent l'arrière d'une diligence

Aussitôt, les 30 mousquets de la section Chabraque ouvrent le feu, suivit des Baker de l'escorte de Benoit, qui eux arrosent la fenêtre du 2eme étage.
A moins de 80 mètres de distance, les tirs sont redoutablement précis, mais la fumée due à la poudre noire bloque la vue pendant un bon moment, ce qui fait qu'il est impossible de savoir si les tirs ont portés, ou pas.

Tout le monde ayant déchargé son arme, les soldats et gendarmes au niveau du débarcadère profitent des 15 à 20 secondes de répits pour débarquer les diligences et dégager les piétons aussi vite que possible vers le bâtiment en pierre qui les protègera tous.

La première diligence est déjà sur la terre ferme quand de nouveaux tirs Espagnols claquent dans l'air, entrainant de suite une nouvelle salve des fantassins Français.

Puis la seconde diligence arrive à son tour au niveau de l'entrepôt en pierres, ainsi que les bateliers et les blessés.
Les premiers occupants descendent, choqués et courbaturés, mais heureusement indemnes : les cochers, prudents, avaient placé les lourds bagages bien contre l'arrière sur plusieurs épaisseurs, ce qui avait amorti les balles et protégé les passagers.

De la première diligence, 4 hommes descendirent, se présentant comme des envoyés du roi Ferdinand, le premier demandant à être conduit avec son assistant auprès du Comte d'Espagne, officier qui commandait la division principale de "l'Armée de la Foi", nom que c'était donné l'armée pro royaliste.
Les deux autres accompagnaient "l'Envoyée Extraordinaire de Sa Majesté auprès du commandant de l'armée Française destinée à appuyer les forces Espagnoles", qui était dans la seconde voiture.

De celle-ci descendit tout d'abord un jeune garçon d'une dizaine d'années, qui assista une jeune femme visiblement blessée au bras à descendre à son tour.

Puis une autre dame descendit de la voiture, masquée par son voile de dentelle noire venant de son chapeau, aidée par le jeune garçon et la jeune femme.

Les 4 officiels Espagnols avancèrent pour la rejoindre, mais cette dernière fit un geste de la main, leur intimant par cela l'ordre de rester sur place.

Elle fit alors quelques pas vers le groupe d'officiers Français venu les accueillir, puis se plaça devant eux, déclamant dans un Français parfait, d'une voix à vous envouter d'un seul coup, même un fauve.

"Messieurs, je suis Catherina Torrès y Benedetto, Marquesa de Fuerte Palacio,

Je vous suis reconnaissante d'avoir su nous défendre et de nous recevoir, moi, mes proches et mon escorte en terres de France.

Grace à vous, nous allons pouvoir accomplir notre mission pour notre souverain et libérer notre pays de ceux qui actuellement l'oppresse

Sa Majesté m'a envoyée auprès du commandant de votre armée afin de le conseiller au mieux dans la campagne qui s'annonce
Je comprend maintenant son choix."


A ces mots, Benoit fronça des yeux et porta la main sur la poignée de son arme, comme s'il venait d'identifier un ennemi mortel.

L'Adjudant Chabraque aussi, se tendit d'un coup à l'écoute de cette voix.

Les Espagnols ne bronchaient pas, ce qui, pour des hidalgo traditionnellement machistes en disait long sur le pouvoir de la dame désignée à assister un commandant d'armée plutôt qu'eux. Ils avaient assurément mal encaissés le choix du souverain, et ne le comprenait pas eux non plus...du moins jusqu'à maintenant.

La dame fit venir à elle le jeune garçon lui pris la main et, de l'autre, releva son voile et fixa alors Benoit du regard puis fit faire un pas en avant au garçon.

"Votre Prestigieuse Seigneurie, c'est pour moi un honneur que de vous présenter mon fils, Rodrigo.

Rodrigo, je te présente le Duc d'Aumale, Comte de Carcassonne et Vicomte de Balincourt, ex Vice-Régent de France et actuel Ministre des Armées du roi de France et officier général de cette armée
...
Le frère de ton père...autrement dit, ton oncle."


Elle regarde alors Benoit droit dans les yeux, affichant un sourire, profond et charmant pour certain, carnassier pour d'autre
"Ravi que de te revoir, beau petit-frère."

Le caporal Bombardoc regarda son adjudant qui était comme statufié, tout comme Benoit qui lui même semblait figé

"Euh...il se passe quoi là ?"

"Là ? je crois qu'on a de sacrés problèmes. "


"Ha ?"

"L'envoyée du roi d'Espagne, c'est juste une de celles qui ont fait assassiner les deux frères de notre général ministre il y a 12 ans et là il vient d'apprendre qu'en plus il avait un neveu qu'il ne connaissait pas ...trois fois rien quoi."


Code couleur

Caporal Bombardoc
Adjudant Chabraque
Maréchal de Camps Vallin
Capitaine Menessier, 6e Compagnie, II/ 9e RIL
Capitaine Audoury, 1ere Compagnie, 8e RA
Catherina Torres y Benedetto

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-Gen./Gen Div /Lt Gen (ret. 1817/21, react. 1821/...)
-Ministre d'Etat (1816/17, 1820/23)
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MessagePosté le: 11/11/2017, 21:16    Sujet du message: [RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres Répondre en citant

06 Avril 1823, 14h15
Domaine Ixtaril, Commune d'Urrugne, Pyrénées Atlantique
11e Division Militaire


Ernest Soullans regardait sa montre-gousset et afficha un sourire : l'heure était venue.

Réajustant son ceinturon, il fit quelques pas vers la fenêtre et regarda à l'extérieur : en bas, sa troupe enfin rassemblée après toutes ces semaines de manœuvres isolées les uns des autres se mettait en branle : les uniformes avaient remplacé les effets civils, les armes avaient été sorties de leurs caches, briquées et réparties, les chevaux étaient équipés l'un après l'autre.

Oui, il pouvait être content : depuis plus de deux mois maintenant, habillés en civils ou avec des uniformes de l'armée impériale sous leurs vêtements d'hivers, ils allaient et venaient dans la région sans se faire repérer et la mission avait été globalement un succès, du moins, jusque là.

Mettre en doute les soldats Français et les gradés, voire les officiers ? Une quarantaine de déserteurs avaient rejoint les rangs des constitutionnels Espagnols, avec armes et équipements, et le double était sur le point de basculer.
Des idéalistes anti royalistes ou déçus du régime actuel, ainsi que des vétérans regrettant un temps glorieux, et, surtout, des opportunistes qui ne donnent pas l'armée française gagnante d'une éventuelle confrontation avec les Espagnols, d'autant que les rumeurs font part de possibles interventions Anglaises, comme la dernière fois, ainsi que de possibles soulèvements  dés que les troupes passeraient la frontière.
Pro-Bonapartistes, pro-Républicains et même pro-Royalistes, de la part d'Ultra comme de Partisans du Duc de Penthièvre...
Les possibilités étaient nombreuses, la police n'arrivait toujours pas à arrêter les terroristes de Janvier, même aidée par la Gendarmerie et l'armée tout juste reformée se verrait réduite de moitié, ses meilleurs éléments étant embourbés en Espagne, donc pouvant être considérés comme perdus.

Ce discours répétés auprès des troupes, aussi bien dans les tavernes locales que par la presse, renforcé parfois par quelques promesses de fortunes faciles semées ça et là par les agents à la solde du patron d'Ernest, recevait souvent un bon accueil.
Et s'ils ne désertaient pas, les auditeurs ne les dénonçaient pas pour autant....preuve s'il en est de la fragilité des troupes Françaises, qui, assurément n'attendaient qu'un signe pour se débander.

Trouver et neutraliser les activistes Royalistes Espagnols réfugiés en France ? Outre ceux que la Gendarmerie Royale trouvaient à l'occasion sans pour autant faire de liens entre eux, et les victimes du coups-de-main sur Fon Romeu, les corps d'une cinquantaine seraient découvert à la fonte des neiges ou au retour des beaux jours, pour peu que les ours et autres prédateurs des montagnes ne s'en soient pas occupés.
L'hiver était rude et loin des villes, elles même peu sures, les campagnes étaient souvent encore à la merci des bandes errantes et autres vagabonds, alors que dire des régions montagneuses à proximité d'un pays voisin en pleine guerre civile ? Pour les autorités, ce genre de morts violentes relèveraient pratiquement du naturel, pour peu qu'elles ne soient pas toutes concentrées aux mêmes endroits et que toute traces pouvant identifier les criminels soient effacées...et le patron avait pris soin d'engager des gens compétents pour cette mission

Etablir et entretenir un réseau en France ? Un regard vers le lit résumait à lui seul la réussite de cette partie là de la mission : au milieu des draps défait se trouvait la maitresse de maison, et accessoirement aussi du domaine, encore haletante de leur dernière et récente étreinte.
Il n'avait pas été très difficile de la rallier à la cause, l'argent et les promesses de récompenses à venir ayant eu raison des quelques traces de fidélité au souverain actuel que pouvait avoir cette dame, dont le mari et les fils avaient péris lors de l'invasion de 1813 et qui depuis tachait de reconstruire et tenir le domaine avec sa fille.
Elle n'était certes pas la seule à avoir apporté son concours à cette chevauchée, mais elle avait le mérite d'avoir le site le plus idéalement placé, à moins de 2 kilomètres de la frontière et du bourg et son relais de poste qui mettait Paris à 13 jours de coche, et très proche des bases où se rassemblait l'armée Française des Pyrénées Occidentales , et aussi celle des Espagnols Royalistes.

Les cibles de choix ne manquaient donc pas, et derniers ordres parvenus d'Espagne étaient clairs : il fallait revenir au plus vite pour renforcer les escadrons et bataillons de l'armée constitutionnelle, mais en ayant porté un coup le plus dur possible aux forces ennemies, retardant voire bloquant toute offensive que l'on savait imminente, surtout maintenant que le ministre de la guerre en personne était dans le secteur.

Il avait été évoqué de l'enlever comme le colonel Français au début de la mission, ou tendre une embuscade pour le supprimer, mais vu le déploiement de force alentours, l'idée de monter un raid sur des lieux et trajets sous très haute surveillance ou placer des éléments sans se faire repérer par une des multiples patrouilles avait été abandonnée.

C'est pourquoi il n'avait pas reconstitué le groupe au complet suite au raid de Fon Romeu, mais l'avait dispersé par petits groupes : un binôme avec un cheval par ci, un trinôme à pied par là, un autre groupe de 5 dans une diligence qui permet de convoyer incognito des armes et des montures sous l'identité de paisibles voyageurs, un convoi de charriots de bois ou autre matériel à destination du domaine d'Ixtaril, qui, officiellement du moins pour les gendarmes, effectuait des travaux, nécessitant ces allers et venues de main d'oeuvre et de fournitures diverses.

Par ces divers moyens, Ernest avait réussi à regrouper une cinquantaine d'hommes et de chevaux sur le domaine, laissant les autres membres de l'unité se répandre discrètement dans l'arrière pays et rejoindre les diverses cellules de sympathisants,  n'attendant plus qu'une opportunité se présente pour achever sa mission en beauté.

Et c'est tout d'abord un courrier qui arriva en fin de matinée, apporté par un pigeon : deux voitures convoyant des pro-royalistes Espagnols de haut rangs etaient attendues, et s'il advenait qu'elles passent la frontière, il était nécessaire que les passagers n'arrivent pas à destination, supposée être le QG de l'Armée de la Foi situé à Bayonne.
Il avait donc dépêché vers Behobie un groupe d'éclaireurs grimés en bergers, avec un casier contenant des colombes, attendant de leurs nouvelles

Puis, les propriétaires des lieux lui apportèrent une autre information décisive en début d'après midi, quand elles revinrent de leurs visites habituelles au bourg.
Faisant partie des notables locaux, elles avaient pu discuter avec certains des officiers qui revenaient d'une cérémonie à Hendaye : visiblement, le ministre allait inspecter la frontière avec une escorte réduite, afin de ne pas alerter ni provoquer les Espagnols.
Et donc allait forcément passer par Béhobie, seul point en cours de fortification du secteur
...avec ses pièces d'artillerie toutes orientées vers l'autre rive
...et un bac pour passer le fleuve en un de ses plus étroits espacement.

L'occasion était presque trop belle !

Les ordres furent donc donnés, la tension s'éleva de plusieurs crans dans le domaine, qui se retrouva transformé subitement en caserne de cavalerie alors qu'Ernest et ceux de ses hommes qui avaient tissés des liens avec les dames du domaine ces dernières semaines partageaient avec elles quelques tendres instants avant que de partir au combat.

Il venait tout juste d'achever sa dernière étreinte avec son amante lorsqu'il entendit les sons des premières salves tirées au loin, et il etait à peine arrivé à la fenêtre de la chambre quand il perçu le son de la suivante : au loin, du coté de Béhobie, il y avait un combat en cours.

Puis, ayant juste eu le temps de passer sa chemise, il aperçu un oiseau arriver droit au colombier.
Pas besoin de voir le message : l'heure était venue, ILS étaient tous là...et donc à SA merci
Le patron serait content

Il arriva en bas de la maison tout juste habillé, et commença à passer sa cuirasse que lui présentait son aide de camps.
Puis, enfin équipé il rejoignit sa troupe qui était enfin prête : une cinquantaine de cavaliers Impériaux se tenaient devant lui, rassemblés par corps.

Ils évolueraient séparément sur les 2 kilomètres qui les séparaient de leur objectif, afin de ne pas alerter les éventuelles patrouilles, qui, s'ils arrivaient à les tenir à distance, ne verraient pas la différence et les prendraient pour les leurs, eux aussi en patrouille

Sauf que là, les uns étaient destinés à intercepter les diligences, les autres à se rassembler à un point donné pour lancer la charge sur le village, surprendre les quelques défenseurs, se saisir ou tuer le ministre et capturer les canons, puis embarquer ce qui est possible sur le bac désormais coté Français, puis faire déguerpir tout le monde en passant le gué en aval vers Hendaye avant que les renforts n'arrivent.

Ernest donna le signal, les cavaliers montèrent leurs chevaux, formèrent leurs escouades et amorcèrent le mouvement

Sans se douter qu'au même moment, au village de Béhobie, leurs cibles étaient en train de leur faciliter le travail...ou presque

_______________


-Lt Gen.Roy., Régent de France(1820/21)
-Mch. Gendarmerie.Roy. (1816/17)
-Gen./Gen Div /Lt Gen (ret. 1817/21, react. 1821/...)
-Ministre d'Etat (1816/17, 1820/23)
-Juge de Seine(1816/17)
-Fondateur Légion Etrangère (1817/...)
-Lord Manor of Rugby (1820/...)
-CB(hon.)
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MessagePosté le: 31/01/2018, 03:17    Sujet du message: [RP-Fermé]Les Chateaux en Espagne-I- Alerte aux frontieres Répondre en citant

06 Avril 1823, 14h15
Village de Béhobie, Commune d'Urrugne, Pyrénées Atlantique
11e Division Militaire


Les tirs et les bruits des troupes en manoeuvre pour riposter à l'extérieur du batiment en pierre se font plus sporadiques et lointains.

On entend même une cavalcade quelques ordres, d'autres tirs,  et bientôt un jeune lieutenant de la 2eme Compagnie du 9e Léger arrive dans le hangar pour rendre compte aux officiers supérieurs de sa présence...et découvre comme un tableau, les différents personnages immobiles.

Deux groupes face l'un à l'autre, un de voyageurs conduit par une dame de haut rang et l'autre composé des officiers Français dirigés par le ministre tout en noir.

La scène devrait être cordiale et policée mais là, on baigne dans une ambiance tendue à l'extrême et où on devine dès le premier coup d'oeil que le moindre mot, le moindre geste mal considéré ferait tout exploser.

Il pèse comme une chape de plomb au dessus de leur tête à tous, et pas un seul ne fait mine de bouger, tant les Français qui connaissent leur chef et un peu quelques détails de l'histoire,  que les Espagnols qui eux en ont juste entendu parler, mais avec la version du camps d'en face,  pas glorieuse pour eux elle non plus.

Tous, d'un cote comme de l'autre ont été ennemis il y a encore peu, ont perdus des proches par les mains ou les ordres des autres, en une guerre des plus atroces que le continent n'ai connue ces derniers siècles, fait reconnus des belligérants eux même.

Au milieu de tout ça, un Benoit, livide, les yeux figés sur un petit garçon et sa Marquise de mère qui là, n'en mène pas large derrière son sourire de circonstance...car elle ne le connait que trop bien, son "beau petit frère"

Qui, sous son scalp, en cet instant, et depuis l'avoir vue descendre de la voiture, avant même qu'elle n'ouvre la bouche, se prend un véritable cyclone doublé de quelques tremblements de terre...ce qui augure assez mal du bilan cérébral final du personnage.

 
"..., et puis, là, je la découpe et après je jette les morceaux en pâture aux chiens...

Ou non, mieux : je l'écorche, je balance la viande à qui n'en veux, et avec la peau, je me fait un tapis devant le bureau ...

Ou alors...non, là ce serait vraiment sale : faut pas que exagérer non plus...elle mérite pas que je m'abaisse à ça...même si elle le mériterait amplement.

Quoi que...

M'ouaip....

Enfin bon, en temps normal, sa petite gueule aurait déjà valsée à l'autre bout de la pièce en repeignant le sol en rouge, mais là, il y a du monde, ça ferait désordre...

C'est l'envoyée de son roi, tout de même, et ce, peu importe comment elle y est arrivée

D'un autre coté, c'est pas toi qui porte les cornes, mais y'en a un qui doit avoir du mal à passer sous les portes en ce moment...

Calmitude Ben, calmitude, t'en a vu d'autre à Paris, qui valent guerre mieux, qu'elles soient avec ou sans rubans et crinoline...et puis vu leurs homologues masculins, c'est à se demander si en fait, c'est pas toi l'extraterrestre du lot

Après tout, c'est rien de plus qu'une politicienne, qui c'est servie de vous avec ses soeurs et vous ont jeté sans remord tes frères et toi il y a 12 ans une fois leurs objectif atteint ou qu'elles ont décidées que désormais vous étiez devenus gênants...

Et ce même si vous étiez engagés les unes avec les autres, aviez des projets d'avenir, pour le plus grands bonheurs de leurs parents, de se qui restait des votres...ta soeur ainée et son frère ainé l'ont bien fait, eux et d'ailleurs, ils ne s'en portaient pas si mal..enfin, il y a 12 ans...

Pauvres parents, d'un coté comme de l'autre, vous qui aviez tant d'espoirs sur nous deux et aviez déjà rédigés les faires-part quand vos familles habitaient l'une à coté de l'autre en Louisiane...

Il est beau cet avenir avec elles, assurément...ou sans elles...du moins pour toi Ben,  parce que eux, tes grands frères, ils n'ont même pas eu cette chance : elles ne le leur ont pas laissé

Keep cool Ben...Non, pas de mouvement brusques !!!

Avant tu étais simple sergent après t'être fait dégradé pour ta conduite, et aujourd'hui t'es un officier général doublé d'un ministre du roi auprés duquel elle est venu trouver secours avec sa suite

...et t'es pas seul toi non plus

Commence par serrer un peu moins la poigne sur la garde de ton arme, il vont finir par se douter de quelque chose...

En plus, dans le mouvement, ça pourrait toucher le petit...

Bon sang, le petit...

Elle a poussé le vice jusqu'à lui faire un enfant avant que de le faire exploser avec sa bombe, cette garce...

Ce gamin, il n'y est pour rien lui...

Au passage, Il est tout ce qu'il te reste d'eux...

Allez, t'as vu pire, prend sur toi....

Fait le pour les tiens qui eux ont un père...fait le pour lui....et aussi pour Philippe, qui n'a pas eu le temps de le savoir, et pour Jean qui n'a pas eu celui de l'être...

Le petit te regarde d'en bas, eux te regarde depuis là haut, sans compter les autres alentours  : fait ce que tu as toujours su faire, malgré tout ce que tu t'es pris dans la figure

Dis quelquechose : à force de te taire, ils vont finir par avoir peur..."


Quand on vous dit que ça secoue sévère sous le scalp du bonhomme.
Figé, statufié, le regard fixé sur le petit garçon, qui, lui, se tiens bien droit, ayant lâché la main de sa mère mais en restant pas trop loin quand même, et regarde avec ses grands yeux cet inconnu vêtu de noir, et qui l'observe, le détaille


"Ses grands yeux..."

Après un long moment de silence, Benoit met un genoux à terre, l'air grave, plongeant son regard dans celui de l'enfant.
La main toujours agrippée à la garde de son arme, paré à la dégainer au moindre mouvement suspect et découper tout ce qui bouge, c'est l'autre qui avance, lentement, doucement vers le visage du petit garçon...
...s'arrêtant à distance...
...suivant les contours de ce visage, comme s'il le dessinait dans l'air...comme quand le garçonnet qu'il était lui même en 1780 découvrait son grand frère, ainsi que les autres ainés de la fratrie.

La même scène était en train de se reproduire, prés de 40 ans plus tard, tel un rituel trop longtemps retardé, avec celui qui était donc le fils de ce grand frère....dixit la succube qui lui faisait office de génitrice...mais bon, allez clamer et encore mieux prouver le contraire, surtout en public !

Après encore quelques secondes, la main se rassemble...et Benoit se relève

Il regarde à nouveau l'enfant, terminant son inspection, hochant la tête comme s'il répondait par l'affirmative à toute une série d'instructions qu'il recevait en masse, allant de l'encouragement, remerciement, à la plus profonde consternation et la colère noire.

Le regard de Benoit croise a nouveau celui de la femme.
Une inspiration profonde, et la parole viens....enfin


"Mes hommages...votre Excellence.

Et à vous aussi, Don Rodrigo

En tant que ministre des Armées et des Affaires Etrangères de Sa Majesté François III, roi de France et de Navarre, je vous souhaite à vous et aux personnes vous accompagnant la bienvenue en terres de France.

C'est un grand honneur pour nous que de recevoir la représentante de Sa Majesté Ferdinand ainsi que des officiers de son Etat Major Royal.

Ainsi que votre fils : il a hérité du visage de son père, le même que lui au même âge...

Et ses yeux...ils sont ceux..."


"De votre aimée et vénérée mère....tout comme lui aussi les avait.
Je..."


Mais Benoit, fixant la femme d'un regard aussi glacé qu'un iceberg, et hoche la tête, interrompant net l'échange, qui se voulait convivial après un intense moment de tension.

"D'où que tu parle de ma mère, toi qui a assassiné ses fils !!!! T'imagines pas ta chance, espèce de...de...

Non...pas maintenant...pas ici...

Sage Ben, coolitude, calmitude, c'est pas elle l'ennemi, ni la cible...

...encore que..."


Une voix qui se veut posée, mais qui dénote toute la hargne et la violence qui bouillonne en Benoit, dont la main était comme soudée à la garde de son arme tellement il la serrait. Rodrigo aurait été à peine un mètre plus loin, que la lame aurait sifflé dans l'air et décapité l'impudente dans l'instant...mais cela aurait été lui accorder le privilège d'une mort rapide, et ça...on, elle ne la méritait pas...

Plus tard, oui...mais non, pas maintenant.


"Votre...Grace

Nous...évoquerons...votre..."vénération"...pour ma famille...ultérieurement...en privé.
...

Venons en au fait, Madame : je me doute que vous n'avez pas risqué vos vies et celles de vos accompagnant juste pour de charmantes retrouvailles familiales ?"


La marquise marque un temps avant de répondre et de la main fait un signe de s'approcher à un officier espagnol porteur d'une sacoche, avant que de sourire à nouveau et répondre
"Ravi que de vous entendre vous rappeler que vous avez une famille...qui attend de vos nouvelles depuis 12 ans maintenant

Pour l'heure, effectivement, comme vous le dites, des urgences priment.
Donc nous saurons nous montrer patiente encore le temps qu'il vous sera nécessaire.

Sa Majesté Ferdinand remercie grandement Sa Majesté François pour toute l'aide déjà apportée depuis des mois ainsi que pour vous avoir amené à être en charge de cette mission, en tant que ministre en charge des armées et des relations extérieures.

C'est pourquoi, outre ma mission de vous assister pour l'ensemble des opérations en Espagne, il m'a demandé de vous transmettre ces documents, copies conformes de ceux envoyés à l'état major des forces qui lui sont encore fidèles actuellement hébergées sur votre sol : l'état général des forces en Europe de l'armée et de l'Armada du Royaume d'Espagne"


L'officier Espagnol arrive alors et présente la sacoche à Benoit, qui, sans quitter du regard la femme devant lui, l'ouvre et prend connaissance du contenu : un carnet et des feuilles annexes comportant la liste des unités, leurs compositions, ainsi que l'état des navires de guerre et leur localisation.

"Votre Excellence...ces informations nous livrent purement et simplement la défense du royaume

Vous savez qu'en nous remettant cela, Sa Majesté signe son arrêt de mort vis à vis du parlement qu l'a dépossédé de ses pouvoirs ?

La dernière fois qu'un roi de France à fait cela, et encore il est pas allé jusqu'à donner de telles précisions à l'ennemi, il a terminé sur l'échafaud."


"Assurément votre Grandeur.

J'ai bien précisé cela à Sa Majesté, tout comme ses autres conseillers.

Et Il nous a répondu que ces informations devraient justement vous donner un avantage certain et vous aider à être plus rapides à venir le rejoindre...et qu'en soit, d'autres raisons, dont celles que vous supervisez la remise en état de combattre des forces Espagnoles qui lui sont fidèles, font que ce n'est pas là une trahison

Ce que je n'ai pu qu'approuver en prenant Ses ordres, aussi c'est pourquoi j'ai rajouté certaines annotations et précisions que j'ai pu glaner sur la route entre Madrid et ici.

Je dois aussi vous informer que lors de notre étape à Tolosa, à moins d'une journée de diligence, j'ai appris que vous courriez un grand danger ici"


Là, Benoit la regarde,étonné d'abord, suspicieux ensuite, puis se met à ricaner
"Trop aimable
Pour les documents, je me doute que ce zèle est pas seulement du à votre grand dévouement envers votre pays et votre souverain.

Quand au danger, il me suffit de vous voir pour le savoir, et confirmer les quelques hésitations que j'aurais pu avoir lors de la fusillade ayant accompagnée votre arrivée

Des détails peut être ? "


La dame prend une respiration..mais garde son calme et répond
"Effectivement, nous avons certaines discussions à avoir...ultérieurement

Ceci étant, pour répondre à votre question, je suis venue ici avec mon fils, mais mon mari et mes filles sont à Madrid, dans l'entourage de leurs Majestés...soit au beau milieu de leurs ennemis.

Ainsi que ma soeur et ses enfants, mais eux sont pas en danger pour le moment : son mari est un proche collaborateur des constitutionnels, bien que elle soit résolument contre.

Et notre neveu d'Amérique est lui aussi en Espagne : mon frère son père et votre soeur sa mère l'ont envoyé chez nous pour ses études.
Le bébé que nous avons tenus au dessus du baptistère vous et moi est maintenant un beau jeune homme de 18 ans, fougueux, vigoureux, et par certain cotés me rappelle ses oncles, dont
particulièrement un d'entre eux...
Quand je suis parti il allait encore bien, mais qui sait ce qu'il peut se passer dans cette poudrière, avec ses camarades étudiants..."


"Je vois : le temps presse donc, autant pour votre souverain que pour votre famille.

Autre chose ?"


Un nouveau silence, agrémenté d'un regard de la Marquise vers le Duc, oscillant entre le sidéré et l'outragée
Puis, d'une voix blanche, la dame reprend la parole

""Votre" famille...

Je confirme, ce sont bien les bons mots, en particulier le premier.

Alors oui, si une fois que vous serez lancés, ces documents peuvent vous aider a accélérer et défaire les forces constitutionnelles en limitant les dégâts, et surtout les veuves, alors ainsi soit il.

Et tant pis si je suis considérée comme traitre pour avoir aider mon roi, les miens et mon pays a sortir de cette impasse.

Quand au danger identifié à Tolosa, assurément, vous êtes une cible de choix, mais pas uniquement : il se trouve en Navarre et Catalogne une forte communauté de Français ennemis de l'actuel roi de France, ça vous le savez surement déjà.

Ces gens là, ils ne visent pas que décapiter votre Armée des Pyrénées en s'en prenant aux hauts gradés ou officiels : ils veulent la dissoudre en retournant les troupes et les faire marcher sur Paris dés que possible.

C'est pourquoi ils ont déployés des agents qui oeuvrent contre les royalistes espagnols et tentent aussi de faire déserter les troupes ou les retourner."


Petit moment de réflexions, regards échangés avec les officiers français, qui acquiescent
"Vous confirmez nos informations...et aussi notre analyse de la situation en cas de mouvement de notre part

Soit on ne bouge pas, ni nous, ni vos compatriotes que nous ré-armons...et ça part au massacre des royaux à la moindre étincelle dans la péninsule...

Soit on bouge mais alors, outre devoir aller au plus vite que l'incendie, c'est la France qui s'enflamme...

Charmant, vraiment !

D'un autre coté, si on ne bouge pas, on va aussi voir les troupes se retourner, car au final, a force de ne rien faire de concret, les soldats vont s'ennuyer et commencer à écouter les agents de l'ennemi...

C'est aussi ce que les chefs constitutionnels et leurs partenaires doivent se dire, que l'armée en française est un tigre de papier qui osera pas bouger peu importe les provocations ou bonnes raisons qu'on lui donne ou se désintégrera à la première difficulté."


Un nouveau silence, à peine troublé par le bruit des feuilles que Benoit replie et replace dans leur sacoche
"Vous nous avez donné certaines de ces raisons qui nous inciteraient à amorcer le mouvement...Mais je doute que Sa Majesté et ses conseillers les considèrent comme recevables.

Je prend également en compte certains intérêts personnels de votre part, dont bien sur, un qui pourrait me concerner à titre individuel...mais cela ne justifie pas pour autant faire couler le sang entre nos deux pays, fusse en aidant une faction du votre contre l'autre, les deux se réclamant en toute légitimité de votre roi.

Quand aux rageux anti royalistes de tout poils, nous sommes effectivement informés de ceux là et avons pris ses possibilités en ligne de comptes pour composer les corps d'armées et organiser les forces restant en France.
Selon nos sources, il y aurait aussi des Italiens du coté de la Catalogne, et lors de votre traversée mouvementée on a repéré des Anglais et même des Américains à coté d'uniformes de la Garde Impériale.

On se doute également d'éléments subversifs de notre coté de la Bidassoa, mais les concernant, le dispositif les concernant est dore et déjà en place, et pas seulement à la frontière

Et donc, il y aurait une autre menace...Pouvez-vous être plus précise sur ce danger venant de Tolosa ?"


La Marquise souffle un peu et reprend sourire
"Je vois que nous avons la même vision des risques de mouvements prématurés de votre part

Mais cette menace dont je vais vous faire part n'est pas seulement dirigée contre vous ou vos troupes...mais bien au delà et explique surement certains actions que vous avez vues récemment..et peux vous faire deviner les prochaines.

Jugez vous même : un des voisins de notre domaine de Tolosa, dont l'inspection était la raison officielle de notre venu dans la région, est un certain prince Français

...qui de part ses actions envers les Bourbons de France est particulièrement bien vu par certains ultra libéraux des Cortès  profondément anti Français de surcroit
 
...qui de par les financements qu'il a consenti auprès d'eux, à titres personnels ou officiel c'est aussi attiré la sympathie des plus modérés comme de certains chefs de bataillons mercenaires étrangers,

...et qui, comme à peu prés tout membre de la haute noblesse Européenne affiliée à la famille Bourbon, s'avère en outre un potentiel prétendant au trône d'Espagne si jamais il arrive malheur à Sa Majesté, toujours sans héritiers à l'heure actuelle.

Certes, il n'est qu'en 13eme ou 14eme position dans la liste de succession,  juste avant votre roi si je me souviens bien...mais il me semble que vous savez que ce genre de détail n'a que peu d'importance pour lui s'il décide de réduire la distance"


Et là, nouvelle tempête sous scalp pour un benoit, qui n'en demandait pas tant
"...?"
"Bon, alors là, on se calme : c'est quoi encore que ce délire ?

En fait, tout ça, là, c'est qu'un rêve, un vilain cauchemar...

Après avoir raté d'être roi de France, Il va pouvoir être Roi d'Espagne l'autre régicide...et pourquoi pas Pape aussi, pendant qu'on y est...

Ben voyons !!!

Et sa reine c'est quoi ? un Pingouin ?

Je me disais que le confit de canard d'hier soir était trop épicé...à moins que ce soit la piperade de moules...ou alors le vin de pays trop frais...ou que le cochon qui a servi pour les jambons de ce midi a mangé des cochonneries avant de voir le boucher : trop bon pour être honnête...

Bref, en fait tout va bien : elle, la folle qui me la joue famille désespérée d'avoir de mes nouvelles après avoir manqué de me mettre une balle dans la tête, elle est pas là, j'ai pas un neveu caché et je ne sais quoi d'autre de ces gens là, il n'y a pas eu de coups de feu sur la Bidassoa ou à coté, et l'autre prince est toujours en cavale et loin d'ici.

Cool...

Allez on se réveille, tranquillou, on termine le boulot sur place, au passage on digère et ensuite on rentre à la maison."

_______________


-Lt Gen.Roy., Régent de France(1820/21)
-Mch. Gendarmerie.Roy. (1816/17)
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-Ministre d'Etat (1816/17, 1820/23)
-Juge de Seine(1816/17)
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