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[RP] Domaine Corbières-Minervois

 
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Charles Heyral
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MessagePosté le: 27/07/2017, 01:21    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

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Domaine Corbières-Minervois
Situé dans la région du Languedoc
 

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Charles Heyral
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MessagePosté le: 27/07/2017, 09:53    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Mi-Mars 1823
Milieu d'après-midi



Qu'est-ce que c'est que ce merdier !

Lorsque Charles Heyral arrive devant les dépendances du domaine c'est un attroupement qui se masse devant lui avec de la rancœur, de la colère et de la tristesse dans les regards.

- Le toit de la dépendance sud vient de s'écrouler Monsieur !
- Pour l'instant on ne déplore pas de mort mais M'sieur Dupuis et son gamin vont sûrement boiter un bon moment.
-  Ouais sont coincés sous des planches et des gravats. On essaie de les sortir de là mais c'est pas facile.



Les contre-maîtres se sont exprimés avec une certaine précision mais il doit se rendre compte par lui-même de l'étendue des dégâts. Sans un mot, il s'avance jusque devant la catastrophe qui s'éparpille tout autour des dépendances et plus particulièrement celle sud. Charles est un taiseux, il ne parle que rarement et s'il le fait c'est toujours avec raison. Son personnel le sait et ne cherche donc pas à lui tirer les vers du nez surtout quand ce n'est pas le moment. Et là : c'est pas le moment. Il jauge, il évalue, il tourne et contourne autour du bâtiment fortement endommagé. Si ce foutu toit n'est pas réparé avant la période des vendanges, s'en est foutu des saisonniers ! C'est ici qu'ils sont logés de mi-Août à fin Octobre. Autant dire que c'est demain. Il reste un moment à réfléchir. Probablement que ce temps de réflexion doit sembler fort long pour tous ceux qui attendent les ordres. Vitesse et précipitation faisant rarement bon ménage, il prend le temps qu'il faut puis d'une voix sèche, il donne ses ordres.

Faites arnacher les deux juments avec des cordes solides, on va dégager Monsieur Dupuis et son fils en tirant les poutres et tout ce qui gêne. Pressez-vous ! Faites appeler le docteur Mondralant, on a besoin de lui ici et tout de suite. Magnez-vous !


Ses hommes se pressent d'exécuter les ordres et après plusieurs tentatives infructueuses, l'ultime est la bonne : son ouvrier et son fils sont enfin dégagés. Les pronostics du médecin pour la jambe gauche de Monsieur Dupuis ne sont pas bons. En aparté il s'en confie à Charles.


- Il va probablement falloir amputer la jambe gauche de Monsieur Dupuis. Le gamin, lui, n'a qu'une légère fracture.

Charles ne montre aucun signe particulier sur son visage buriné par le grand air de la région, c'est un dur qui en a vu tellement d'autres depuis qu'il travaille sur ces terres qu'il se contente de répondre :

Faites ce qu'il faut, nous paierons et verrons pour trouver comment assurer l'avenir de ce brave homme et celui de son fils.

L'homme et son fils sont transportés et le médecin s'active à prodiguer les soins nécessaires. Le reste de l'attroupement reste là, planté devant Charles, ce qui l'énerve passablement.

Qu'attendez-vous ? Que les gravats s'envolent par miracle ? Dégagez-moi tout çà et retournez à votre travail une fois fait.

Tout le monde sait ici que lorsque Charles Heyral hausse le ton et donne des ordres, mieux vaut les suivre sans discuter sous peine de perdre son emploi. Et par ici, le boulot ne court pas les rues. Tout le petit monde se disperse et vaque aux ordres reçus. Charles quant à lui reste encore un moment à évaluer ce que ces travaux à venir vont bien pouvoir coûter.  En colère, il marmonne :

C'est pas le moment !

Ce n'est jamais le moment et il le sait. La prochaine récolte va devoir être plus que bonne car sans quoi il se demande comment il pourra gérer ces frais qui tombent mal, vraiment mal. Préoccupé, Charles s'en retourne à son bureau où il déteste être, préférant cheminer le long des vignes à regarder pousser le raisin.

Il a quelques courriers à écrire et à faire porter en urgence ...





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Charles Heyral
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MessagePosté le: 29/07/2017, 11:56    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Fin juin 1823
Aux aurores


Voilà bien une journée qui va foutre en rage le Charles. Il va devoir rester enfermé dans son bureau une bonne partie de la journée et çà il déteste. Pas le choix puisque c'est aujourd'hui le jour de rapport de ses contre-maîtres et autres responsables de sites du domaine. Après un copieux petit déjeuner avalé comme chaque matin sur l'un des fûts des chais en maturation, il a fait un tour des terres du domaine et s'est arrêté longuement dans les vignes pour admirer le lever du soleil. Avec le coucher du soleil, c'est un moment privilégié qu'il ne raterait pour rien au monde. Seul avec la nature et ses bienfaits. Il lui faut bien çà ce matin pour pouvoir tenir alors il est resté sans doute plus longtemps que d'habitude, juché sur son bel étalon, à suivre la progression de l'astre solaire dans l'immensité azurée.

Il repense à tout ce qu'il va devoir mettre en œuvre pour couvrir les dépenses occasionnées par la toiture de la dépendance sud. La toiture est en partie réparée mais pas encore tout à fait. Le temps presse. Les courriers envoyés lui ont fourni une partie de réponse mais à présent il ne peut s'en contenter. Il n'est ici qu'un exécutant et même s'il rayonne sur tout le domaine comme étant le maître, il n'est qu'un employé. Rien ne lui appartient, quand bien même il a le sentiment que ces terres font partie intégrante de son être. Il est né ici, a grandi ici et mourra ici probablement. Il a repris la suite de son père à l'intendance du domaine dès le jour de son décès. Qui mieux que lui connaît comment la terre, les vignes et tout le reste sont capables de donner le meilleur ? Personne.

Installé à son bureau, fenêtres grandes ouvertes sur les vignes, à défaut d'y cheminer peut-il les voir pour se ressourcer entre deux entretiens, il a devant lui le livre des comptes. Des colonnes et des chiffres, plein de chiffres en noir le plus souvent mais depuis mars dernier le rouge colore un peu trop ces colonnes. C'est préoccupant. Charles est préoccupé.

Défilent les contre-maîtres, sont annoncés les résultats du trimestre, sont mis en lumière les réussites et sont prononcés à voix faible les échecs. Charles retranscrit tout cela de manière claire et limpide par des chiffres à l'appui avec factures et bons de commandes pour preuves qui seront soigneusement classés. Il est déjà 14H00 bien sonné et on lui annonce l'arrivée de Favier. Impatient, il fait le tour de son bureau et se charge d'aller l'accueillir. Les deux hommes se connaissent bien et travaillent ensemble depuis toujours. Comme lui, Favier est employé au domaine mais dans une branche que Charles ne maîtrise pas. Lui, tout ce qui l’intéresse c'est le bilan que Favier va lui produire et qu'il va retranscrire, comme le reste, pour en tirer un bilan général et prendre ensuite, les dispositions qui s'imposent.


Entre Favier et pose ton fessier où tu peux ! Comme tu peux le voir c'est un peu le foutoir ce bureau. Que veux-tu, un homme de la terre ne peut s'appliquer à ranger une pièce où il déteste se tenir. Seuls mes dossiers sont impeccablement rangés et tenus. Le reste, ce n'est que du blabla inutile.

Il sert deux verres de la dernière récolte. Il sourit, amusé par ce qu'il va dire en sachant que lui ne boira rien de ce qu'il va servir.

Goûte çà mon vieux ! Toi qui n'y connais rien tu pourras tout de même reconnaître qu'avec au moins trois bonnes années de maturation on aura un vin d'exception !

Sur ce coup là, Charles est un peu vache. Il aurait pu servir à Favier un bon nectar mais on ne donne pas de l'or à un cochon qui ne sait pas reconnaître un cru classé d'une piquette innommable.

Bon alors : que m'apportes-tu comme bonne nouvelle ? Si tu pouvais m'épargner les catastrophes, je t'assure que ce ne serait pas du luxe. Comme se portent les affaires ?

Anxieux sans pourtant le montrer, Charles garde toujours tout à l'intérieur, il se cale sur son siège et fixe Favier, prêt à l'entendre.



Paul Favier - Responsable des carrières de marbre de Caunes et Corbières-Minervois -

Il prend place, où il peut, car il est vrai qu'ici çà ne transpire par l'ordre et le rangement discipliné. Tout l'inverse de lui qui aime que chaque place ait sa chose et chaque chose ait sa place. Il avale une gorgée du vin offert et le trouve fort bon.

- Pas mal du tout !

Il en reboit une autre grande rasade sans se douter que Charles jubile de son bon tour et de  la réponse qu'il vient de donner. Il repose son verre sur un coin de bureau à peu près en ordre et fixe Charles.

- La carrière de Caunes et celle de Corbières tournent à plein régime. L'extraction de ce trimestre a porté sur plus de quatre tonnes de marbre incarnat. Une grosse commande vient de me parvenir de l'Académie de Montpellier qui souhaite marbrer son hall d'entrée ainsi que les couloirs principaux. Au bas mot nous lui fournirons environ deux tonnes et demi de marbre incarnat après que celui-ci ait été travaillé à la marbrerie de Caunes par nos maîtres marbrier. La livraison et le paiement son prévus fin juillet. Pour le marbre gris et pour le blanc l'extraction a été plus faible car nous avons manqué de sable qui n'a pas été livré à temps. Mais tout est en ordre à présent. Il est prévu de livrer deux tonnes de marbre blanc et une tonne de marbre gris aux écoles d'art de Montpellier, Marseille et Lyon.

Favier sort de son porte-documents les factures, les bons de commandes ainsi que deux billets à ordre au montant plutôt substantiel. Les deux hommes devisent encore un bon moment, Favier ne boudant pas le second verre de vin servi puis l'entretien touchant à sa fin, il quitte l'intendant par une poignée de main amicale.

- Au trimestre prochain Heyral ! Tu sais où me joindre en cas d'urgence.

Un rire un peu niais s'échappe tandis que Favier quitte le bureau.


Charles n'a pas réussi à sortir un mot sauf à serrer la main tendue. Sans plus réfléchir, il se penche sur son livre de compte et aligne les chiffres qui vont enfin redonner un petite bouffée d'air aux affaires du domaine. Mais rien n'est joué, la vigilance va rester de mise encore un long moment. Peut-être qu'après ... il pourra souffler et annoncer de meilleures nouvelles. Il se donne encore deux semaines avant d'adresser le courrier qu'il redoute d'écrire. Deux semaines ....
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MessagePosté le: 03/08/2017, 12:27    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Mi-Juillet 1823

Finalement, Charles Heyral aura laissé passé plus de temps qu'il ne le prévoyait initialement pour envoyer LE courrier qui verrait sa demande exprimée clairement et sans détours. Sans doute est-ce l'espoir de jours meilleurs qui l'ont bercé d'illusions. A tout dire : la situation financière du domaine n'était pas catastrophique puisque les ventes aussi bien de vin que de marbre tournaient régulièrement. Ce qui clochait résidait dans les liquidités sonnantes et trébuchantes pour pouvoir gérer les urgences, les impondérables. La toiture de la dépendance sud en étant une ainsi que la paie de tout le personnel. Charles Heyral n'admettait pas que ses ouvriers, ses contre-maîtres et les responsables de sites ne soient pas payés rubis sur l'ongle. Ils avaient tous une famille à faire vivre et un retard dans le règlement de leurs émoluments pouvait s'avérer catastrophique. Les clients se faisaient lents pour régler leurs factures et Charles passait son temps à les relancer à coup de courriers répétitifs ou de déplacements dans les terres avoisinantes. Un temps qu'il ne passait pas dans les chais ou dans les vignes.  Et cela commençait à lui courir sur le haricot.

Après être passé par les chais afin de surveiller, comme il le faisait chaque jour, la maturation des vins, il prit place à son bureau toujours aussi désordonné. Dans quelques jours, à peine, les soixante saisonniers seraient là pour lancer cette nouvelle vendange qui se présentait bien. Les pieds de vigne étaient solides, la sécheresse avait été évitée mais les fortes chaleurs avaient permis que le raisin se gorge de sucre plus que d'ordinaire. La cuvée serait donc plus fruitée que l'année passée. Charles envisageait d'ailleurs de produire un vin dit d'apéritif en plus des productions habituelles. Il fallait renouveler leur carte et l'agrémenter de produits dont les grands restaurateurs de la région lui en avaient fait la demande. Il travaillait avec eux depuis de nombreuses années et la confiance était installée. Certains faisaient même le chemin jusqu'au domaine pour s'imprégner directement des senteurs et des saveurs propres à chaque cuvée.

En regardant ces vignes qui s'étalaient sur plusieurs hectares, Charles sortit du papier à lettre, de l'encre et une plume. L'exercice auquel il allait se prêter n'était pas son favoris. Les mots et lui c'était compliqué.
Il écrirait à celui qui à présent serait le maître ici puisque ce cher Monsieur le Vicomte n'était plus. Le Vicomte de Mirepoix depuis qu'il s'était éteint, avait laissé le domaine livré à la seule responsabilité de Charles Heyral. Il était temps, aujourd'hui, que cela change.
Il n'avait rencontré Joris de Florensac qu'une seule et unique fois. Le jeune homme lui avait fait bonne impression, semblant fort proche du Vicomte qui ne faisait pas un pas sans lui. Les deux hommes n'avaient que peu échangé mais Charles avait appris de Monsieur le Vicomte de Mirepoix, lui-même, qu'il serait son futur héritier avec son unique fille encore au couvent. Charles avait pris la nouvelle plutôt avec satisfaction, n'imaginant pas une seule seconde qu'une femme puisse un jour diriger le domaine. C'était inconcevable pour l'homme de la terre qu'il était. La femme aux fourneaux, les hommes à soigner la terre et à la faire prospérer. C'était çà et pas autre chose et c'est d'ailleurs ainsi que tournait le monde depuis des millénaires.

Après quelques échanges épistolaires avec le notaire de la famille Lévis-Mirepoix/de Florensac, Charles avait à présent le feu vert pour passer le relais. Cela le déchargerait un peu, du moins le souhaitait-il. Il espérait que son courrier serait acheminé rapidement et que la réponse ne se ferait point trop attendre. D'ici quelques jours : il aurait 60 personnes de plus à payer.



 
Citation:
 

   



Corbières le 17 Juillet 1823

Monsieur de Florensac,

C'est en me rapprochant de Monsieur Froissard, Notaire de la famille, que j'ai obtenu votre nouvelle adresse et autorisation de vous livrer désormais les rapports financiers du domaine Corbières-Minervois.



Le domaine se porte bien si tant est que j'ai à faire face à des urgences.
Il y a quatre mois, la toiture de la dépendance sud s'est effondrée. Cela a engendré, vous vous en doutez, des frais substantiels puisque la dépendance sud est celle réservée aux saisonniers. Saisonniers qui seront au nombre de soixante d'ici début Août au plus tard car les raisins étant gorgés de sucre, il nous faudra vendanger plus tôt cette année.

Ce qui m'amène à vous aujourd'hui :  c'est le manque de liquidité pour pouvoir payer l'ensemble du personnel. Si les chais et la marbrerie tournent convenablement, les clients, eux, sont plutôt frileux pour régler leurs factures dans les temps.
Une solution est envisageable mais elle requiert votre assentiment car jusqu'à aujourd'hui, aussi bien Monsieur le Vicomte que moi-même, n'y avons jamais recouru. Mais si nous voulons assurer les vendanges, terminer de réparer la toiture, il y a un besoin urgent de faire entrer de l'argent liquide au Domaine. Certaines cuvées sont laissées à maturation dans des fûts au bois spécial. Ce qui permet au vin de se charger en senteurs boisées et plus épicées que d'autres vins.  Deux de ces cuvées sont embouteillées et prêtes à être achetées par un de nos clients qui nous règlera en espèces. Se séparer de cuvées exceptionnelles est douloureux et encore jamais vu ici mais aujourd'hui, je ne vois que cette solution pour faire face aux dépenses nécessaires et urgentes.

J'ai donc besoin, Monsieur de Florensac, que vous me donniez votre accord en urgence avant de pouvoir procéder à cette vente. Cet argent couvrira la fin des travaux de la dépendance sud et les salaires jusqu'à fin Octobre 1823. Entre temps, je ne désespère pas d'avoir réussi à ce que nos clients soient enfin raisonnables dans leurs règlements courants.

Je souhaite tout de même vous rassurer, si besoin était, les affaires sont prospères, le Domaine tourne bien et les terres sont plus que jamais généreuses. La tombe de Monsieur le Vicomte de Mirepoix est entretenue quotidiennement par Madame Marie, notre cuisinière, qui ne se remet toujours pas de ce départ pour l’au-delà.

Il me reste à espérer votre réponse dans les meilleurs délais et à vous adresser mes cordiales salutations.





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MessagePosté le: 11/08/2017, 18:56    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Un messager se présenta au Domaine Corbières-Minervois pour remettre un pli à l'attention de Monsieur Charles Heyral.



Citation:


A l’attention de Monsieur Charles Heyral
Intendant du Domaine Corbières-Minervois
Chais du Languedoc

De Monsieur Joris de Florensac
Pension Garnier
Saint-Denis



Saint-Denis, le 18 juillet 1823



Monsieur Heyral,

J’accuse bonne réception de votre missive. En ce qui concerne les cuvées exceptionnelles, n’en faites rien. Les traditions resteront ce qu’elles sont et loin s’en faut, de contourner les règles ancestrales du Domaine du Vicomte de Mirepoix au profil d’autres desseins plus hasardeux et peu orthodoxes.

Sur ma demande expresse, une certaine liquidité va être débloquée et vous sera envoyée avant la fin du mois de juillet par l’Etude de Maître Froissard. Je vous laisse le soin de régler les formalités administratives d’usages avec le notaire.

Mes vifs remerciements pour la bonne santé du Domaine et si vous rencontrez d’autres soucis, n’hésitez surtout point à me le faire savoir.


Bien cordialement,






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Dernière édition par Joris.de.Florensac le 21/08/2017, 00:22; édité 1 fois
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MessagePosté le: 20/08/2017, 10:20    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

20 Août 1823
Aux aurores


La vie au domaine Corbières-Minervois s'est vue accélérée quand Charles a reçu la liquidité demandée pour terminer les travaux de toiture de la dépendance sud. Il devenait urgent de finaliser ces travaux qui nécessitaient que ses ouvriers s'y consacrent prioritairement laissant de ce fait, les autres obligations en second plan. Cette situation ne pouvait durer car les vignes atteignaient le point de maturation lié aux fortes chaleurs de l'été.

Il n'est pas tout à fait cinq heures du matin. Charles est déjà au milieu de ses vignes, son fidèle Pépin sur ses talons. Pépin III  est un labrador pure race, couleur sable, qui fait partie intégrante de la famille. Il est de la troisième génération des labradors du domaine, celui de la première génération ayant appartenu au Vicomte de Mirepoix. Un jour, le Vicomte décida d'offrir la première portée au père de Charles, depuis, cette famille à quatre pattes s'est perpétuée et continuera de le faire jusqu'au dernier souffle de Charles et il espère par Joris de Florensac après lui. Charles s'était senti extrêmement soulagé à la réception du courrier du nouveau Maître des lieux. Ce jeune homme semblait comprendre que le vin du domaine ne pouvait se brader à fortiori avec des cuvées exceptionnelles. La solution trouvée était idéale et permettait que les vins poursuivent leur bonification après leur mise en bouteille.

Depuis une semaine, chaque matin et chaque soir, Charles chemine au milieu des vignes pour y goûter le raisin. Cela lui demande du temps car il doit pour se faire : se placer devant chaque rang afin de juger de la maturation des pieds. D'un rang à l'autre, le raisin ne se gorge pas en sucre de la même façon, ni au même rythme. De ses observations, dépendra l'ordre de coupe. Son rituel est immuable depuis des années pour être en mesure de décider à quel moment débuteront les vendanges. Précautionneusement, il prend un grain de raisin , il l'examine d'abord attentivement, il le sent, il l'évalue. Puis en un second temps, il le passe en bouche, le laisse rouler sous son palais, le croque avec délicatesse, savoure le premier jus, laisse les pépins du raisin se frotter à sa lange puis enfin d'un coup sec, il croque un, puis deux pépins. Il laisse le tout en bouche un moment avant d'avaler.


Pépin, je crois que nous y sommes !

Le visage de Charles s'illumine, il a reconnu cette saveur inégalable du réglisse qui lui donne le signal tant attendu. Les vendanges sur la partie Est du Domaine vont pouvoir commencer d'ici à deux jours. Il jugera du moment pour les autres expositions mais cela devrait se suivre à une ou deux semaines au grand maximum. La partie Ouest sera quant à elle vendangée à la mi-Septembre et la fin de ces vendanges cuvée 1823 s'étirera jusqu'à début Octobre.

Allez mon vieux on rentre casser la croûte !

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MessagePosté le: 16/09/2017, 12:04    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

1er septembre 1823
Au lever du jour


Depuis plus de deux semaines, un tintamarre joyeux avait envahi le domaine Corbières-Minervois, le faisant résonner comme un énorme tonneau vide. On entassait des barriques, des hottes, des paniers dans les cours du domaine, on ouvrait les portes sombres des celliers. Partout, on martelait, on frottait, on lavait à grande eau. L'air sentait le moisi et le bois humide. Les villageois et les saisonniers allaient et venaient, empressés. Ils avaient tous l'air heureux. Le lendemain, ils commençaient les vendanges.

Ces nouvelles vendanges constituaient le dernier évènement important de la saison agricole. Pas question pour Charles de le rater. La cueillette du raisin destiné à la production de vin étant l’occasion d’un travail collectif, de même que les opérations qui lui succèdent : transfert de la récolte, foulage, pressage, mise en tonneaux ou en bouteilles. De ce fait, les vendanges s’accompagnaient de nombreuses fêtes et coutumes villageoises autour du vin nouveau dont il aimait à voir perdurer les traditions ancestrales.

Charles, ce matin là, comme chaque matin d'ailleurs, se tient debout devant les rangs de pieds de vigne, son fidèle Pépin flanqué sur ses talons. Il est un homme heureux qui respire l'air matinal avec bonheur et jouissance. Son regard se promène sur cet aréopage d'ouvriers agricoles et l'agitation qui règne, ici et là, le fascine toujours autant. Une paysanne en sabots, droite, le regard pur fixé au loin, un panier tressé rempli de grappes de raisin à la main. Près d’elle, un jeune enfant est penché sur l’un des trois grands bacs de bois où les cueilleurs déversent les fruits. Plus loin, deux femmes et un homme eux aussi occupés à cueillir le raisin. À gauche, un homme debout sur une haute charrette traînée par deux bœufs, l'homme attend de charger les bacs, il regarde la belle jeune femme. Derrière lui, un champ s’élève en pente douce. Des haies et quelques arbres bornent l’horizon.

Le grand jour arrivant, le domaine était tout aussi animé que la veille. Les gens se pressaient, se bousculaient dans les rues et dans les cours des maisons, transbahutant des affaires, chargeant chevaux, mulets et charrettes, criant et riant à la fois. Les charrettes était remplies à ras bord de bouilles et de hottes. Des paniers vides étaient accrochés aux ridelles.
Les étoiles brillaient dans le ciel bas. Au milieu d'elles, l'étoile du Berger scintillait comme la flamme d'un cierge. Il sembla à Charles, un instant, que c'était bien sa flamme qui embrasait le soleil matinal et que c'était elle aussi qui, courant au devant de lui, lui montrait le chemin dans la nuit. Au loin, à l'horizon, sous le ciel qui commençait à s'éclaircir, au pied des flancs sombres du domaine brillaient d'autres lumières, éparpillées sur le sol noir. Le chemin des saisonniers  et villageois se perdait quelque part par-là, en direction des vignes, là où des vendangeurs plus expérimentés qui y avaient passé la nuit, avaient allumé des feux. Toutes ces lumières qui brillaient dans le ciel et sur la terre, l'éclat de l'étoile du Berger, étincelle projetée par-dessus le domaine par le brasier du soleil, se fondaient dans un halo transparent qui faisait imperceptiblement reculer l'obscurité. Malgré l'air vif qui glaçait son visage, Charles allongeait le cou afin de ne rien perdre de ce qui se passait tout autour. Des changements inattendus se produisaient dans l'obscurité. Des ombres sombres surgissaient et se métamorphosaient comme par enchantement en arbres et en buissons bruissants sous le souffle du vent matinal. Des deux côtés du domaine, les contours d'étranges talus pentus apparurent, puis un long muret de pierres. Enfin, l'éclat d'un grand feu allumé en contre bas, sous les branches déployées d'un vieux noyer, illumina son feuillage et fit luire le mur blanchi à la chaux d'une petite maison où étaient rangés les outils nécessaires aux vendanges. Autour du feu, des gens étaient assis en rond, le visage rougi par les flammes.
La lumière claire du soleil automnal inondait les ramures argentées des châtaigniers du domaine, le feuillage clairsemé des vignes qui fléchissaient sous le poids de lourdes grappes rouges, roses et or. Comme de petits moineaux friands, les jeunes enfants gambadaient dans les rangs se gorgeant de grains de raisin qui éclataient entre leurs dents en emplissant leur bouche de leur délicieux jus sucré. Le reste des vendangeuses venaient d'arriver : des jeunes filles, des femmes, des proches et des voisines. Deux vieilles femmes s’étaient jointes à elles afin d'emporter un bon panier de raisin mûr chez elles. Tout le monde s'installa sous le noyer pour le petit déjeuner.
Le soleil s'éleva haut dans le ciel. Tout autour, les fichus blancs ou chamarrés des vendangeuses dansaient au milieu des vignes, les gens allaient et venaient, les essieux des charrettes grinçaient sur les chemins terreux qui bordait les vignes, partant, chargées à ras bord, en direction du domaine Corbières-Minervois. D'autres en revenaient à vide.

Les lieux embaumaient le raisin mur et le cœur de Charles s'emplissait de ces images dont il ne se lasserait jamais.

Pépin, ce sera une excellente, une grande récolte !

Dit-il joyeusement à son chien en avalant un morceau de saucisson sur une tranche de pain beurrée.

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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 24/11/2017, 10:39    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Un pli privé est déposé à destination de Monsieur Charles Heyral
 

 
 

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Charles Heyral
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MessagePosté le: 27/11/2017, 14:42    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

27 Novembre 1823


Charles repose sur son bureau, le pli privé reçu la veille. Il sourit. Un peu béatement, il faut dire et interloqué. Comment ce diable de Florensac a t-il réussi à en venir à épouser l'héritière de Mirepoix ! Pour un beau coup, c'est un coup de Maître. Voilà que le jeune de Florensac sera à la tête de l'entière fortune du Feu Vicomte de Mirepoix, une fois le mariage prononcé.

Alors là, Monsieur de Florensac, je n'aurai pas mieux fait ! Tu es d'accord avec moi Pépin, hein ?

Le chien couché au pied de son maître, lève les yeux, histoire de se montrer à l'écoute puis aussi vite, repose sa truffe sur ses pattes de devant et pousse un gros soupir l'air de dire "si tu savais ce que je m'en tape de vos histoires d'hommes !"

Nous allons répondre à l'invitation de ce jeune homme et de sa future épousée. Ahaha ! Non mais là, je n'en reviens toujours pas. J'applaudis des deux mains mon brave Pépin, je t'assure. Au moins ici, les choses resteront ce qu'elles doivent être. C'est un homme qui gérera les affaires de la famille. Ahaha ! Non mais je me tape la cuisse, tant je suis hilare par la prouesse de ce jeunot !

Charles allie le geste à la parole en se tapant joyeusement la cuisse du plat de sa main tout en riant de bon cœur, ce qui dérange le chien qui se met à aboyer.

Ho mon gars, fais pas ta mauvaise tête !

Charles Heyral est à cent mille lieues de se douter que ce mariage est un vrai, un beau, un grand mariage d'amour. Lui tout ce qu'il voit c'est que le domaine restera aux mains des hommes et que la jeune Lévis-Mirepoix n'aura pas trop son mot à dire. Les femmes c'est fait pour être à la cuisine, pour porter et élever la descendance, devant un piano forte, à la limite, pour casser les oreilles de ces messieurs les écoutant jouer contraints et forcés, ou encore devant un ouvrage d'aiguille ou un roman à l'eau de rose et cela s'arrête là. - çà : c'est ce qu'il croit dur comme fer.-  Il ne connaît pas encore Anastasie qui n'est jamais venue à Corbières-Minvervois. Il risque de ne pas être déçu du voyage mais il aura bien le temps de s'en rendre compte le brave homme.

Riant de plus belle, il rédige sa réponse qui partira le jour même.


Citation:

 

    

Le Régisseur du Domaine Corbières-Minervois à Monsieur Joris de Florensac
 




Corbières le 27 Novembre 1823

Monsieur de Florensac,


C'est fort honoré par la demande qui est la vôtre que je prends plume ce jour pour vous confirmer que bien évidemment, j'accepte d'être votre témoin à l'occasion de votre prochain mariage. J'arriverai la veille de ce jour qui doit être le plus important pour vous mais aussi pour votre future épouse.

Il va sans dire que je me charge d'apporter avec moi les vins
ainsi que les liqueurs de nos meilleures cuvées.

Dans l'attente du plaisir de vous revoir, je vous adresse, Monsieur de Florensac, tous mes compliments.











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MessagePosté le: 26/12/2017, 12:28    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois Répondre en citant

Un pli privé est déposé à l'attention de Monsieur Charles Heyral.



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:42    Sujet du message: [RP] Domaine Corbières-Minervois

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