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[RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis
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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 05/08/2017, 10:13    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

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Des monarques y séjournaient pour l'éternité et en cette seconde visite de la cité Frédéric jugea qu'il était temps de leur rendre visite, même si cette dernière serait brève. La révolution et ses horreurs avait laissé le bas peuple profaner les tombes, aujourd'hui elles étaient encore en piteux état et les corps n'étaient pas tous revenus à leur place. Certains sans culotte et sans âme avaient gardé ce qu'ils appelaient des "reliques" dans l'espoir de les vendre au plus offrant. Debout devant les ruines en début de restauration le prince resta silencieux. Il savait que ces gens étaient capables de toutes les bassesses et qu'il serait lui-même tourmenté au-delà de sa mort. Il resta un moment grave et silencieux devant les sépultures immaculées avant de s'en détourner, suivi par deux de ses gardes qui gardaient silence et dignité dans ce moment qui semblait important à leur prince.

L'homme avait hésité à demander la confession, mais quand un évêque s'était présenté à lui il avait refusé sa proposition d'un geste poli de la main non sans avoir laissé quelques généreuses pièces d'or dans le tronc. Il avait aussi allumé un cierge et souhaité en une silencieuse prière des choses qu'il n'aurait jamais mais qu'il espérait toujours d’acquérir: un enfant d'une épouse qui ne s'offrait qu'à son baron d'amant, des amis qui l’apprécieraient pour autre chose que son pouvoir et tant d'autres choses impossibles. Il finit par s'asseoir sur l'un des bancs en bois et de s'allumer un cigare, demandant aux gardes de le laisser seul, ce qu'ils firent. Autour de la basilique son équipage veillait, il savait qu'il était en relative sécurité.

La bâtisse était extraordinairement grande et haute de plafond, il se sentait comme un cafard que l'on viendrait écraser à chaque instant. Les demeures d’Épicure savaient rappeler au commun des mortels Ô combien il était puissant et Ô combien ils étaient vulnérables. Le soleil d'été sur les vitraux lançaient mille couleurs sur les sols de pierre et fumant sur son banc le prince observait le spectacle d'un œil, trop préoccupé par ses égoïstes pensées. Il regardait paisiblement les volutes de fumée monter dans les airs et ferma les yeux quelques instants, apaisé par la lourde et silencieuse atmosphère des lieux. Il promit en cet instant de s'y rendre plus souvent mais de ne pas faire pardonner ses péchés: il laissait cela aux vieilles personnes qui se repentaient réellement de peur de brûler en enfer, lui-même savait qu'il n'était pas encore prêt à renoncer à ses doux délices. Il chuchota cependant une prière pour la réussite de la campagne contre les espagnols:

-Très glorieuse Princesse des Armées célestes, ange Astrée, défendez-nous dans le combat contre les principautés et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs, contre ces chiens espagnols. Venez en aide aux hommes que Dieu a faits à son image et à sa ressemblance, et rachetés à si haut prix de la tyrannie du démon. C'est vous que la sainte Église vénère comme son gardien et son protecteur ; vous à qui Épicure a confié les âmes rachetées pour les introduire dans la céleste félicité. Conjurez l’Épicure de paix qu'il écrase Gravin sous nos pieds, afin de lui enlever tout pouvoir de retenir encore les hommes captifs et de nuire à l'Eglise. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, bien vite, descendent sur nous les miséricordes d’Épicure ; et saisissez vous-même l'antique serpent, qui n'est autre que Gravin le dieu borgne des enfers, pour le précipiter enchaîné dans les abîmes, en sorte qu'il ne puisse plus jamais séduire les nations.

Quand il releva la tête il vit l'écriteau de l'histoire d’Épicure qu'il avait déjà vu une fois lors de la crèche vivante et ce souvenir lui tira un sourire avant de reprendre à fumer.

Citation:

La Nativité de Notre Seigneur Épicure

Selon Saint-Wario

À Paris, De l'Imprimerie Royale
M. D C C C X X I I
 




L'épucurisme est une notion philosophique défendant la sensation comme étant à l'origine de toute connaissance sur notre monde. Pour Epicure, l'invisible est la base de chaque objet et de chacun, il ne connaît que le sens du toucher et affirme que le reste n'est que le fruit de notre propre imagination et pour cause : l'homme est né aveugle et sourd.

Son histoire remonte à l'antiquité, quand les hommes commencent à bâtir des empires, des royaumes ou encore des démocraties. Au temps où les dieux gouvernaient le monde depuis les cieux, Octave le dieu des dieux et maître du Temps menait une guerre fratricide contre la divinité de la guerre, Gravin, un dieu borgne et cruel qui ambitionnait le trône de son frère. Un jour une belle nymphe envouteuse nommée Sabazia vivant dans les jardins de Babylone chuchota à Gravin que sa belle-soeur, la déesse Erin était enceinte. En effet, l'ange Astre avait annoncé au couple divin la naissance d'Epicure dans les prochains jours, mais ne sut tenir sa langue en révélant la nouvelle à sa demie-soeur Sabazia. Furieux, Gravin voulut mettre fin à la vie d'Erin, il rêvait pendant des siècles de pouvoir succéder à son frère le jour de sa mort, un héritier ruinerait tous ses projets. Par crainte, Octave mit sa femme en sûreté sur la Terre. Epicure, né à Lugdunum, fruit d'un amour qui n'aurait jamais dû être productif et pour cause : les parents étaient deux septuagénaires considérés comme des divinités au sein de leur peuple. S'il était miraculeux que des personnes puissent vivre si longtemps, l'enfant né ne pouvait alors qu'être un Dieu. Epicure fut le nom que le peuple lui donna et chacun s'empressa de vénérer le nourrisson aux yeux blancs, les magistrats de Lugdunum apportèrent des milliers de présents somptueux à bord d'un traîneau attelé de rennes.

Ses parents moururent de vieillesse avant qu'il atteigne sa première année et les habitants de Lugdunum s'en occupèrent tour à tour, dans l'amour et le respect.


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Dernière édition par Frédéric d'Orange le 04/09/2017, 11:59; édité 1 fois
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 05/08/2017, 11:19    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

5 Août 1823

-Attends-moi là sagement, Lovely. Je n'en ai pas pour longtemps. J'ai deux mots à dire à Épicure.

Sa jument blanche attachée sur le parvis, devant les marches de l'entrée principale de la basilique Saint-Denis, Anastasie se demande, justement, comment Épicure la recevra car depuis qu'elle a quitté le couvent il y a sept bons mois de cela, elle n'a plus remis les pieds dans une chapelle, une église ou une cathédrale. L'overdose sans doute. Dans un couvent, hormis le fait de recevoir une bonne éducation, on passe un temps fou en prières et autres études théologiques bien trop rébarbatives pour qu'on y prenne du plaisir à moins d'avoir la "vocation". Ce qui n'est pas le cas de la jeune fille appelée à d'autres péchés, bien plus terrestres, ceux là.

Comme souvent lorsqu'elle a un peu de temps libre, c'est vêtue en "garçon manqué", comme aime à le dire Joris, qu'elle s'est échappée de l'appartement pour courir la campagne avec Lovely. Elle a encore beaucoup de progrès à fournir pour devenir une cavalière émérite et ce matin encore, elle s'est pris un gadin phénoménal en voulant sauter un petit obstacle. Lovely n'a pas failli et a accompli son saut sans faux pas mais Ana, quant à elle, n'a pas su se tenir solidement et a lâché les rênes pour finir en beauté, projetée  sur l'herbe. Pas de casse à déplorer sauf, sans doute, un beau bleu sur son arrière train. C'est en rentrant pour rejoindre Joris resté chez eux, qu'elle a découvert la magnifique bâtisse. Bien sûr, elle en connaissait son existence de par ses manuels d'Histoire mais de la voir jaillir sous ses yeux dans une splendeur fascinante lui a donné l'envie d'en franchir l'enceinte. Chacun le sait, Ana est curieuse, de tout.

Ce qui la saisie en un premier temps en levant la tête devant la splendide architecture de Suger, ce sont les vitraux qui doivent, de l'intérieur, déployer une belle lumière et dont l’iconographie fournie nécessiterait qu'on prenne le temps de la détailler pour en comprendre les messages. Messages livrés en ce temps là sous cette forme ou sous celle de sculptures,  pour permettre aux fidèles illettrés d'en interpréter le sens voulu sans qu'il soit besoin de recourir à la lecture d'un texte qu'ils ne pourraient pas lire. Anastasie, pour aujourd'hui, n'ira pas découvrir la Nécropole où reposent les rois et les reines de France. Non, ce matin, elle a à s'entretenir avec le Très Haut afin de lui poser quelques questions dont les réponses, elle le sait, ne dépendront que d'elle seule. Pas folle la guêpe ! Cependant, élevée dans la foi depuis sa naissance, il y a des habitudes qu'on ne perd pas. Elle franchit donc la lourde double porte de la basilique et s'étonne de la majesté, de la grandeur des lieux. Elle doit sembler n'être qu'un petit moucheron dans cette immensité et cela la fascine véritablement.

Sa petite menotte droite  plonge dans le bénitier et elle se signe, réalisant que sa tête n'est pas couverte comme il se doit en un tel lieu. Puisqu'elle porte pantalon, chemise et redingote, qui le lui reprochera ? Dans un lieu religieux : les hommes ôtent leur couvre-chef tandis que les femmes posent un voile, un foulard, sur leur tête. Elle se hâte de natter sa longue chevelure de blondinette et la coince à l'arrière de sa chemise. OUF ! L'honneur est sauf dans sa peau de garçon manqué. Ana s'avance donc dans l'allée centrale menant à l'autel. Ne lui reste qu'à choisir un banc sur lequel elle s’installera pour converser silencieusement avec Épicure. Tout en avançant, elle peut discerner, assez nettement, comme un large nuage de fumée. Étrange. La seule fumée qu'elle connaît au sein d'un tel lieu est celle de l'encensoir qui répand ses volutes depuis l'autel et pas au cœur des places assises. Sa curiosité prenant le dessus, une fois de plus, elle s'avance jusqu'à hauteur de ce nuage qui a une bonne odeur ne ressemblant en rien à celle de l'encens. Vraiment étrange.

Ce n'est qu'en prenant place qu'elle réalise que derrière ce nuage de fumée se tient un corps, d'homme, de ce qu'elle aperçoit.  A présent qu'elle est installée, elle ne va fuir pour aller s'asseoir ailleurs ! Il est vrai que la basilique est immense, que les bancs sont en nombre suffisant pour ne pas empiéter l'espace de ce fumeur mais bon, on est curieuse ou on ne l'est pas. Et pis c'est tout ! Alors elle reste là, intriguée, jusqu'à ce que ...

- AAAAtchoum !

La fumée est venue s'insinuer dans ses petites narines. Mince alors. L'air de rien, Ana baisse la tête et se replie dans une prière à sa façon.

- Oh Epicure ! J'ai atchoumé dans votre demeure, je vous en demande mille pardons mais je ne savais pas qu'on pouvait y fumer !

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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 07/08/2017, 18:23    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

C'est en communiant avec Épicure -ou avec lui-même car il ne s'était jamais vraiment senti en communion avec un être qu'il ne connaissait pas, aussi spirituel soit-il- que Frédéric fut surpris pas un éternuement. Pensant que ses gardes auraient laissé personne entrer tant qu'il était seul dans la basilique il en laissa tomber son cigare dont la fraise se détacha du reste du tabac signant là un bien funeste présage. Le prince regarda son mégot pensif avant de l'écraser de la semelle de sa chaussure et de se lever, faisant face à celui ou plutôt à celle qui avait troublé sa fausse prière. Là, il plissa les sourcils et regarda durement celle qu'il venait de reconnaître:

-Madame Lévis Mirepoix, diantre que faites-vous donc ici ?

Il avait lancé cela comme s'il l'avait trouvée dans ses appartements des Tuileries ou dans un autre lieu incongru où elle n'avait pas ses entrées. Se rendant compte du ridicule de la situation et jetant un coup d’œil aux statues saintes qui semblaient le dévisager de manière peu avenante il se détendit et secoua légèrement la tête avant d'esquisser un sourire:

-Veuillez pardonner notre audace, ce lieu est autant le notre que le votre.

Frédéric la regarda quelques instants avant de se rasseoir sur l'un des bancs et de toiser ses cendres qui fumaient toujours. En ces temps, tout était permis dans tous lieux, au moins quand l'on faisait partie de la famille royale et il pensait que si l'envie d'ouvrir un tripot dans la sacristie le prenait cela ne choquerait personne. Peut-être aurait-il osé faire cela dans les Pays-Bas Unis mais en France il avait conscience qu'il devait tenir un certain rang pour ne pas être répudié à nouveau. De toute façon, il savait que la demoiselle lui faisant face était la seule au fait du cigare dans la basilique et que si cette histoire devait s'ébruiter il saurait d'où viendrait la fuite.

-Venez donc prier avec nous, à plusieurs nos voix s'élèvent plus haut... Allons, vous aiguisez notre curiosité: que pouvez-vous bien avoir à demander au très Haut ? Vous avez maintenant une fonction tout à fait respectable, un physique qui ne rebutera pas les prétendants et un esprit qui nous a paru assez aiguisé, à moins que vous ne soyez venue ici pour vous confesser mais nous ne vous croyons pas capable de commettre le moindre péché.

Aux dernières paroles il la regarda en coin, attentif, regrettant en cet instant de ne pas être pour une heure un ecclésiastique recueillant ses vices. Faith avait raison, il y avait peu de choses à Saint Denis et il fallait bien qu'il se trouve une occupation. Sa rédaction des nouvelles formations de maire avançait, mais d'ici le mois de septembre il savait qu'il avait aussi largement le temps de se prélasser et d'ennuyer les rares habitants un tantinet intéressants qu'il croisait.
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 09/08/2017, 09:30    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

C'est fortement étonnée qu'elle relève la tête. Étonnée d'entendre cette voix, de reconnaître cette voix. Que fabrique le Prince, tout seul sur son banc ? Pour le coup, elle comprend mieux pourquoi cette fumée de cigare se diffuse en ces lieux. Un Membre de la famille royale ne peut-il pas tout s'autoriser ? Elle n'a pas la réponse mais s'imagine que si, il doit pouvoir faire ce qui lui plaît, quand çà lui plaît et où çà lui plaît. Pffff ! La chance !
Bon, là, maintenant, que doit-elle faire ? Se lever et effectuer une belle révérence ? Voilà qui est compliqué vu que c'est une fille habillée en garçon. Il serait ridicule de se ployer en révérence en mode fifille alors que... De toute façon, elle est grillée, le Prince l'a reconnue sans la moindre hésitation, alors lui vient une idée.

Elle se lève de son banc et se courbe en mode garçon, le buste étalé devant le Prince, la main d'abord placée sur son torse, l'autre main collée sur le bas de son dos, puis la main se déplaçant du torse vers le sol mimant le chapeau qui balaie le sol comme le ferait un monsieur faisant révérence devant un Prince. Grillée pour grillée, autant faire les choses avec un brin d'excentricité. Cela passera ou cela cassera, elle sera très vite fixée, le Prince ne mâchant pas ses mots. Elle le sait, il a été son professeur durant de longues semaines.

- Bonjour Votre Altesse Royale !

Elle est toute contente, la Ana, de revoir son Prince ! Même si elle risque de se faire envoyer sur les roses dans cet accoutrement et avec son culot dans sa façon de l'avoir salué. Vrai qu'un lieu religieux appartient à tout le monde, alors Anastasie se sent un peu moins fautive d'avoir été là et d'avoir ainsi dérangé le prince dans ses prières. Elle ne juge pourtant pas utile de s'en excuser  à son vis-à-vis venant de s'excuser lui-même de l'avoir un peu vertement accueillie.

Elle ne peut s'empêcher de sourire lorsque le Prince la convie à venir prier à ses côtés en lui rappelant combien le Très haut a été généreux avec elle.


- Il est vrai que jusqu'à aujourd'hui, Épicure a eu un regard bienveillant sur ma petite personne. Sans doute doit-il me récompenser de toutes ces longues années de patience, recluse au couvent, à écouter... là elle poursuit en murmurant comme une confidence offerte au Prince.

- ... Les leçons de moral souvent barbantes de la Mère Supérieure et celles de toutes les autres sœurs.

Puis, elle prend place auprès du Prince mais à distance raisonnable et protocolaire, - Voui, voui, voilà une des leçons qu'on lui a enseignée au couvent. -
Car il ne s'agirait pas qu'elle soit embarquée par la garde royale pour avoir osée être trop proche du Prince. Ana, si elle aime bien le Prince, tient aussi à sa tête !


- Prier oui et sans doute confesser mon pêché du jour ? Façon amusante pour Anastasie de faire comprendre qu'elle n'est pas toujours très sage, contrairement à ce que semble penser le Prince.

Elle ne va pas aller jusqu'à demander au Prince s'il a des péchés à confesser car dans ce cas, il serait côté confessionnal et non assis sur ce banc. Pour sa part, Ana en a une tonne de pêchés à confesser alors elle préfère ne pas s'étaler de trop sur la question.

- Quel serait le sujet de prières qui plairait à Son Altesse Royale ?

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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 17/08/2017, 10:09    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Frédéric n'avait pas relevé de suite la tenue de la dame, d'ailleurs il avait déjà vu Augellin dans ce même état et cela était loin de le choquer, d'ailleurs ses nombreuses maîtresses des Pays Bas Unis ne divaguaient-elles pas au beau matin seulement vêtues de ses propres chemises ? Il était certain que le travestissement était de mise en France, aussi eut-il un sourire aux dernières paroles d'Anastasie:

-Nous voulons prier pour vous, madame, vous est les autres femmes en France.

Il la regarda furtivement avant de se concentrer sur l'autel et de reprendre:

-Nous avons toujours beaucoup plus craint notre mère que notre père, d'ailleurs c'est elle qui règne en réalité car tout ce qu'elle murmure à son oreille est sacré. Dans notre pays, la femme ne peut pas avoir les postes qu'elle peut parvenir à avoir en France mais derrière chaque homme de pouvoir une femme existe, généralement ces hommes les choisissent intelligentes et cultivées, capables de les contrôler, cela les rassure et les ravit même si aucun d'eux n'oserait admettre la vérité lors des mondanités.

Le prince secoua la tête quelques instants en pensant à sa propre femme qui n'avait à ses yeux aucun de ces attraits avant de reprendre:

-Quand l'on entend s'approcher un froufrou de taffetas nous sommes aux aguets, sentant qu'un danger peut approcher de manière irrémédiable. Il n'y a rien de plus dangereux pour un homme qu'un sourire ou une chevelure parfumée, qu'un gant de dentelle qui frôle le sol et que nous nous devons de ramasser par galanterie. Nous ne sommes pas si fort que nous en avons l'air, du moins c'est ce que nous pensions avant d'arriver en France.

Il haussa un sourcil, ne lâchant pas l'autel du regard avant de reprendre:


-Ici les femmes sont des hommes, pour la grande majorité elles ne nous inspirent ni désir, ni dangerosité, ni même le respect que nous avions alors pour elle. N'est-il pas triste de se démettre de ses charmes et de ses pouvoirs jusqu'à se travestir ? Si nous osions, nous irions jusqu'à vérifier si vous avez glissé un mouchoir au creux de votre pantalon, qu’Épicure nous soit témoin: nous sommes incapable d'une telle indélicatesse.

Frédéric regarda Anastasie de haut en bas avant de sourire faiblement. Il l'avait pendant les cours et le stage trouvée parfaite: une force d'homme dans un esprit aiguisé, une silhouette féminine dans des souliers veloutés, aujourd'hui il avait l'impression de se retrouver devant Augellin, quoique de la part de l'artiste toute vulgarité était devenue chose sensée, jamais il n'aurait pensé Anastasie capable de ces tristes fantaisies.

-Ainsi donc, en France le couvent vous apprend à devenir un homme madame ?

Comment aurait-il pu lui en vouloir ? Il n'avait aucune connaissance de l'enseignement que les jeunes femmes recevaient dans ce royaume et loin de lui faire des reproches, le prince se trouvait plutôt inquiet.

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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 17/08/2017, 12:55    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Au fond, dans cette immensité offerte par la majestueuse et gigantesque bâtisse, ils sont un peu seuls au monde, loin des oreilles indiscrètes avec pour seuls témoins : leur conscience et le regard du Très Haut. Très dignement assise, elle pose son regard sur l'autel qui leur fait face. Existe-t-il un endroit plus propice aux confidences, aux mots échangés qui vous gonflent le cœur, qui vous rendent nostalgique d'une époque révolue, qui font ressurgir l'image d'êtres chers à tout jamais disparus, qui ravivent certaines plaies pas encore cicatrisées ? C'est tout cela qui assaille Anastasie à présent complètement immergée dans cet espace qu'elle a toujours perçu comme son unique cocon. Couvent oblige. Depuis et petit à petit après sa sortie du couvent, elle a découvert qu'existaient d'autres lieux propices à cette sérénité, à ce tête à tête avec le Très Haut. Comme se retrouver au bord de l'étang de Saint-Denis, seule à seule avec elle-même et en osmose parfaite avec Dame Nature. Comme chevaucher Lovely en se moulant à son encolure en frôlant les feuillages, en humant les fragrances fruitées et acidulées d'une campagne en pleine maturation. Comme parcourir les terres ensemencées, prêtes à livrer ses fruits telles des offrandes que les Hommes n'auraient plus qu'à cueillir pour s'en nourrir. Jamais avant, on ne l'avait autorisée à toutes ces merveilleuses promenades, à toutes ces découvertes stupéfiantes, à ces moments de partage avec l'immensité azurée d'un grand ciel la recouvrant de ses nuages bienfaiteurs et protecteurs.

Alors elle écoute le Prince non plus comme l'étudiante qu'elle fut à ses côtés de nombreuses semaines durant mais un peu comme celle qui partage quelques émotions, livrées sans artifice, sans faux-semblant et qui viennent se poser là, doucement, comme une confidence ou un état d'esprit adouci par ce que cet endroit impose naturellement. Elle ne sent aucun reproche dans ce qui lui est dit dans cette simple phrase " Nous allons prier pour les femmes de France" mais plus, peut-être, comme de la déception. Elle peut le comprendre bien qu'elle ne calcule rien, ne projette rien dans ce qui l'a conduite à vouloir se travestir. La vie, sa vie, ne fut pas si douce que cela au long de toutes ces années de sa courte existence. Il fallait bien qu'elle s'en défende, qu'elle essaie de marquer son territoire, qu'elle se révolte aussi, qu'elle tente de se faire remarquer par ce père si lointain, si distant, si absent. Se faire remarquer en se travestissant en garçon pour attirer son attention, pour remplacer ce fils qu'il désirait tant et qui jamais n'est venu adoucir ses vieux jours, exception faîte de Joris. Anastasie voulait tant être à l'image de celui que son père désirait tant. Alors, jour après jour, elle s'est un peu métamorphosée sans véritablement le vouloir, Elle ne voulait que retenir l'attention de son père, qu'il lui témoigne l'amour qu'un père est censé offrir à son enfant.

Lorsque le Prince évoque sa mère, elle sourit tristement. Elle ne se souvient plus de la sienne car morte trop tôt, l'abandonnant à la vie cruelle qui se préparait sans qu'elle le sache.

- Je ne me souviens que très peu de ma mère. Je vous envie de pouvoir en parler avec des souvenirs précis. Les miens sont si flous que, jour après jour, ils perdent leurs couleurs, leurs senteurs. Je n'arrive même plus, en fermant les yeux, à revoir la silhouette ou le visage de ma mère. C'est ... c'est comme si elle n'avait jamais existé.

Ses grands yeux ne quittent pas l'autel. Il est comme le point de repaire nécessaire à l'équilibre qui pourrait lui faire défaut si elle se surprenait à trop en dire, à trop s'épancher sur sa vie passée.

- J'avoue n'avoir que fort peu expérimenté ces ressentis que peuvent avoir ceux de la gente masculine à l'approche d'une jeune fille, d'une femme. Mais ... aujourd'hui, j'en comprends la portée et je crois que ce sont des émotions qu'il faut savoir vivre.

Et puis arrive cet instant où Anastasie a besoin d'expliquer le pourquoi du comment de ce travestissement. Elle a confiance en ce Prince qu'elle considère comme son Mentor, ce qu'il fut d'ailleurs dans le cadre de ses études. Elle ne s'illusionne de rien, ne fait que collecter ce que cet homme au sang bleu consent à lui offrir. Elle ne souhaite rien d'autre car au fond, elle seule pourra, jour après jour, se construire.
Furtivement, elle pose son regard triste sur le Prince et lui sourit avant de reporter son regard, droit devant elle, sur son repaire.

- Vous avez raison sur un point, Votre Altesse Royale, jamais ce qu’Épicure a créé, a voulu, a imaginé pour cette terre, ne devrait se voir modifier. La pureté, l'élégance, le charme, la force mais la fragilité aussi, qui émanent de certaines femmes, ne devraient pas être modifiables, ne serait-ce que d'un iota.

Ses fines mains se croisent, se posent délicatement sur ses cuisses pantalonnées.

- Mon père est mort il y a quelques mois. J'aurais tellement aimé qu'il porte un œil bienveillant sur moi, qu'il s’intéresse à moi autrement qu'en versant de substantielles sommes d'argent au couvent où il m'a placée dès l'âge de mes dix ans. Moi, je voulais qu'il m'aime, qu'il me visite souvent, qu'il soit fier de moi. Alors, petit à petit, j'ai accepté les cours d'escrime qu'il m'a imposés et j'ai pensé, bien naïvement avec le recul,  que c'était l'une des voies possibles pour qu'enfin il me remarque et me voit telle que j'étais naturellement.
Monsieur mon Père ne s'en est jamais caché et surtout pas à moi :  il désirait un fils plus que toute autre chose. Et .. de fils il n'a jamais eu, puisque ma mère est morte en couches pour leur second enfant, qui était encore une fille, morte elle aussi. C'est d'ailleurs à ce moment là que je fus confiée aux bons soins de la Mère Supérieure du Couvent d'Abbecourt par un Père probablement tellement déçu de son infortune, qu'il ne supportait plus de m'avoir sous les yeux.
En grandissant dans cet univers fermé, hostile à l'épanouissement d'une jeune fille, je me suis alors dit, que je n'avais plus rien à perdre en modifiant mon apparence et en devenant ce fils que mon père souhaitait tant. Pantalon, chemise, bottes ne sont qu'une triste reproduction de ce que je ne serais jamais ... Un fils aimé par son père.

Anastasie est véritablement ébranlée par tout ce qu'elle vient de confier au Prince, jamais encore elle ne s'était autant livrée.

- Alors je peux vous répondre avec toute sincérité que non, ce n'est pas ce que l'on enseigne au couvent, Votre Altesse Royale. Si vous saviez le nombre de fois où je fus consignée dans ma cellule à devoir me repentir et à faire pénitence après mes escapades de garçon manqué. Non, c'est ce que la vie m'a renvoyé en pleine face avec violence, depuis tant d'années, et qui fait qu'aujourd'hui encore, je voudrais tant être "celui" qui aurait été aimé, admiré, adulé par ce père si fantomatique dans ma vie ... Et pas "celle" ...

Ses petites mains se serrent et se desserrent sur ses genoux, nerveusement.

- Je venais d'ailleurs ici, aujourd'hui, pour régler mes comptes à ce propos avec le Très Haut, pour chercher à comprendre pourquoi il m'avait imposé cela jusqu'à m'en faire souffrir mille morts.
Pensez-vous qu'il soit possible de devenir celle que j'aurais dû être depuis toujours ? Croyez-vous qu'une jeune fille qui n'a cessé de vouloir être aimée de son père jusqu'à se fondre dans la peau d'un fils imaginaire, pourra avancer sans plus aucun artifice ?
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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 18/08/2017, 09:50    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Frédéric regardait l'autel de la basilique pendant que la jeune femme se confiait: il avait été surpris par la simplicité de cette pierre posée au milieu des richesses et en déduisit quelle esquissait la plus simple des âmes dans un corps complexe. Il avait toujours pensé que l'exagération dans laquelle baignait la religion était inutile et ridicule puis quand il se rendit compte qu'Anastasie était en train de lui compter ses malheurs alors qu'il la connaissait à peine il arrêta sa silencieuse prière pour les française et la regarda de temps à autre en coin tout en s'efforçant de ne pas rire aux éclats. Il était hors de question qu'il raconte à son tour sa relation avec ses parents, moins encore la haine qu'avait eu son père quand sa sœur avait été emportée par Épicure et qu'il avait hurlé qu'il aurait préféré que ce soit lui qui y reste... S'il avait pris ce prétexte pour devenir une femme le ridicule aurait été à son paroxysme, d'ailleurs il était tout aussi ridicule pour le prince de voir un homme en femme qu'une femme en homme.

-Allons, madame, ressaisissez-vous et cessez de geindre cela ne sert à rien. S'en remettre à Epicure est une chose facile voyez-vous, cela nous permet de nous cacher derrière une illusion et éviter de prendre nos problèmes à bras le corps, surtout que dans votre cas le problème ne subsiste plus puisque voilà votre père mort, il s'agit là d'une belle affaire, nous aimerions avoir cette chance mais voilà: nous composons avec voyez-vous et rêvons de ce jour en venant visiter les anciens rois de pierre qui dorment sous nos pieds. Vous n'êtes pas à plaindre et pouvez aujourd'hui mener la vie qui vous sied et si vous vous affublez encore de ce déguisement ridicule c'est bien que vous le voulez.

Frédéric mesurait la dureté de ses paroles, elle avait dit au début de son monologue qu'elle l'enviait de se souvenir de ses parents, voilà la belle affaire ! Il s'en serait bien passé pour sa part et s'il n'avait connu que son frère en roi alors il l'aurait laissé vivre à sa guise. Certes, il y pensait souvent mais se morfondre était une chose qu'il se refusait de faire, comme il refusait d'entendre les autres le faire surtout quand la liberté et le bonheur pouvait s'offrir à eux. Les fantômes du passé ne surgissaient jamais d'entre les morts, sauf quand notre esprit arriéré les faisait revenir.

-Vous avez la chance d’œuvrer aujourd'hui pour Sa Majesté, ce qui vous donne un salaire et donc un pouvoir non négligeable au sein du royaume: vous pouvez désormais épouser qui vous sied sans rendre de comptes à vos parents puisqu'ils ne sont plus là, tout comme vous êtes libre d'être carriériste et de marcher sur les pas de la duchesse de Vermandois, tout vous est offert vous n'avez plus qu'à choisir et vous voir vous lamenter ainsi vêtue dans une basilique nous donne des hauts le cœur. Combien de personnes peuvent se targuer d'avoir votre chance, madame ? Aujourd'hui nous gageons que même certains hommes vous envient et il ne sert à rien de venir ici défier les morts, ils ne nous entendent pas et vous aurez tout le loisir de le faire quand à votre tour vous gagnerez les cieux et croyez-nous, nous aurons bien plus de temps à tuer là haut qu'ici bas.

Le prince resta pensif quelques secondes, il savait que rendre ses comptes après sa mort lui prendrait déjà bien quelques siècles alors qu'il n'avait sur terre que vingt cinq ans. Il esquissa un fin sourire: au moins avait-il l'assurance de ne pas s'ennuyer après son trépas, pourvu qu'il soit le plus tard possible.


-Allez donc vous vêtir décemment et sortez faire quelques mondanités, observez les gens, regardez les hommes, analysez leurs réactions, déroutez-les puisque vous en avez la possibilité et cessez de nous faire croire que les femmes sont fragiles nous en avons assez connu pour savoir que cela est faux. Pour avancer dans le monde il faut savoir se forger une carapace puisque les autres ne vous feront pas de cadeau et savoir rire de soi en toutes circonstances pour prouver que nous n'avons pas de faiblesse. Vous savez, nous même à notre arrivée en France nous avons été secoué de toutes parts par des membres de la cour et aujourd'hui que sont-ils devenus ? Morts ou en exil... Notre tort a été de vouloir prendre des cours sur l'étiquette en France et de garder privé notre domaine de Chenonceau, nous avons abandonné la première idée et ferons décapiter sans procès quiconque passera les grilles de notre domaine sans notre permission. Agissez, madame et n'ayez pas peur des piques qui s'élèveront autour de vous: avec de l'esprit vous les briserez comme de bâtons.

Certes, l'aide du roi lui avait sans doute été précieuse et Frédéric tourna son regard sur Anastasie:

-Il n'est nullement nécessaire de vous suggérer quelques alliés de taille vous en trouverez aisément... Du moins lorsque vous vous serez débarrassée de vos démons.

Une fois de plus, il la regarda de haut en bas, il lui semblait voir Antoine son garde Suisse, aussi fin et aussi frêle.
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Dernière édition par Frédéric d'Orange le 18/08/2017, 11:53; édité 1 fois
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MessagePosté le: 18/08/2017, 11:25    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Il ne se passe que fort peu de temps entre le moment où Anastasie achève de se raconter et celui où le Prince lui répond. Ce qu'elle entend alors la laisse comme deux ronds de flan. Que s'imaginait-elle en livrant ce qui la rongeait depuis tant d'années ? Qu'un Prince de sang se lamente sur son sort ? Qu'il la console ? Qu'il pleure avec elle ? Qu'il lui tende son mouchoir ? Pour le coup, elle réalise le grotesque de la situation qui l'a conduite à venir ici et à s'épancher auprès d'un presque inconnu. Pourquoi a-t-elle foutu les pieds dans cette basilique ! Pourquoi n'a t-elle pas tracé sa route directement vers la pension Garnier comme elle le fait chaque fois qu'elle décide de courir la campagne avec Lovely ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi !

Elle qui se sentait nerveuse en narrant son désarroi, se sent à présent prête à se fondre dans la pierre des larges colonnes de la travée se trouvant non loin d'elle, pour ... disparaître tout simplement. Bon sang de bonsoir : il décoiffe le Prince ! Sa dureté la déconcerte à un point tel, qu'elle d'ordinaire si spontanée et ne mâchant pas ses mots,  se retrouve sans savoir quoi répondre. Si le Prince n'était pas Prince, elle te l'enverrait bouler manu militari en le traitant de "sans cœur". Joris ferait bien de prendre des cours avec le Prince, cette fois sur le
"Comment mâter la petite peste en une seule leçon." et non en droit comme déjà fait. Il apprendrait assurément comment la faire taire, comment ne plus l'entendre vociférer, tempêter à qui mieux-mieux. Parce que là, la Anastasie ne pipe plus un mot et continue de fixer l'autel face à elle.

- Ahem ...

Réussit-elle à dire pour ne pas laisser penser qu'elle soit morte. Et Prince ou pas, elle a besoin de comprendre tout ce qui vient d'être dit. Alors, humblement, elle baisse la tête et ferme les yeux. Elle repasse dans sa petite tête, chacun des mots prononcés par le Prince qui ont fait mouche : "geindre" "vous n'êtes pas à plaindre" "des hauts le cœur", "chance", "forger une carapace", "savoir rire de soi" "prouver que nous n'avons pas de faiblesse" " se débarrasser de ses démons".

Peu à peu, elle réalise que bien que les propos soient durs et sans fioritures dans la façon de les annoncer, elle vient tout bonnement de recevoir de précieux conseils. Elle mesure combien elle s'est enfermée dans son chagrin, sa déception, ses vaines attentes. Combien ce père fut chronophage à son épanouissement personnel. Elle saisit bien plus précisément combien, en effet, elle est chanceuse d'avoir pu étudier et d'être arrivée où elle est arrivée, combien la présence de Joris à ses côtés pourra lui permettre d'affronter ces démons dont a parlé le Prince et combien il sera celui sur qui s’appuyer en cas de doutes. En quelque sorte, elle réalise qu'une fois encore, elle va devoir grandir et assumer ce qui lui pèse.

Lentement, elle se tourne vers le Prince.


- Merci Votre Altesse Royale d'avoir su m'ouvrir les yeux.

Elle ne fera pas de long discours, cette simple reconnaissance exprimant avec sincérité qu'elle a compris où le Prince voulait la mener et ce qu'elle avait à faire pour y parvenir.

- Comme vous le voyez, la route est encore longue avant que je sois capable de marcher sur les pas de la Duchesse de Vermandois.

A ce moment précis, elle ne sait trop comment elle envisage sa carrière, sinon à se perfectionner encore et encore à sa charge de Procureur du Roi et à continuer de croire en la Justice du Royaume de France. Timidement, elle sourit.

- Je promets à Son Altesse Royale que lorsqu'elle me recroisera, ici ou là, j'évoluerai dans l'une des belles robes dont Paris et ses créateurs modélistes ont le secret.

Elle ne ment pas en promettant cela mais si demain le Prince devait la croiser à travers la campagne au moment où elle monte Lovely alors sans doute que sa tenue actuelle serait encore de rigueur... ou pas.

- Montez-vous à cheval, Votre Altesse Royale ? Connaissez-vous la campagne des environs de Saint-Denis ?

Bon, là elle embraye sur un sujet n'ayant plus rien à voir ni avec la belle leçon qu'elle vient de recevoir, ni avec les prières normalement attendues en un tel lieu mais elle ne va pas non plus demander au Prince de se remettre à prier.

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MessagePosté le: 22/08/2017, 10:42    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Le prince considéra la jeune femme du regard quelques instants, satisfait de la voir plus raisonnable et disposée à vivre dignement. Il espérait la croiser en d'autres lieux, souriante et débordante de jupons et parfums dont elle devait avoir le secret comme toutes les autres femmes de ce monde. Depuis qu'il était enfant, les hommes murmuraient à l'oreille de Frédéric que les françaises étaient les moins sages et les plus distinguées, il s'étonnait toujours de n'avoir d'yeux que pour une écossaise.

A la première question qui lui fut posée il ouvrit de grands yeux:


-Bien entendu que nous montons à cheval, madame, c'est l'une des premières choses que nous avons su faire avec le maniement des armes, des mots et de l'étiquette.

Il esquissa un fin sourire:

-Cependant, nous ne connaissons pas les environs de cette cité, nous n'avons que peu de temps à consacrer aux loisirs et devons nous pencher sur les tâches que nous confie Sa Majesté. Il nous arrive parfois de chasser à Marly ou de chevaucher dans notre domaine de Chenonceau, par sécurité nous ne nous aventurons pas en dehors des terrains royaux: des gens que nous ne connaissons même pas veulent notre mort et nous apprenons aujourd'hui l'Art de les éviter.

Voilà une autre manière de dire que ses seuls moments de liberté se cantonnaient à la basilique, là où il pouvait faire face aux royales statues dévisagées par les révolutionnaires du siècle dernier. Il était fort probable que lui-même finisse avec sa tête au bout d'une pique et il détourna ses yeux des sculptures pour les poser sur Anastasie:

-Peut-être connaissez-vous quelques salons littéraires ? Nous n'avons jamais eu encore l'occasion d'en fréquenter et nous sommes friands des mondanités d'appartements.

Paris était réputée pour ses salons de réceptions, mais là encore une fois sur place la désillusion avait été grande. Il savait Saint Denis peu habitée mais espérait que ses habitants soient d'une qualité certaine. L'homme n'y resterait pas, il voulait cependant garder un bon souvenir de ce séjour dans cette ville qui serait peut-être bien le dernier. Une autre idée lui vint alors et son sourcil droit se releva:

-Ou peut-être aimez-vous la chasse ? Vous avez l'audace de vouloir vous habiller comme un homme, cela n'aurait aucun sens si vous ne savez pas aussi vous comporter comme tel.

Une lueur de défi illumina le regard princier.

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MessagePosté le: 24/08/2017, 09:32    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Elle ne peut éviter de sourire largement à la réponse qui lui est faite. Sotte d'Anastasie ! Comment un Prince ne saurait-il pas monter à cheval ? Sans doute a-t-il appris à monter avant même de savoir marcher.

- Ma question était idiote, j'en conviens. Elle sourit au Prince de nouveau et ajoute, cette fois avec grand sérieux.

- Il vous faut être prudent et attentif depuis cet horrible attentat. Cela doit être pesant. Votre sécurité est importante à chaque instant, à chaque sortie. J'imagine que cet Art dont vous parlez, doit vous sembler nécessaire certes mais aussi envahissant. Et .. je ne peux que comprendre que devoir effectuer le moindre petit pas encadré de toutes parts doit être perturbant. Sans doute s'y habitue-t-on, plus par force et raison que par envie ?

Si elle connaissait de nom quelques célèbres salons littéraires, jamais Anastasie n'y avait mis les pieds et pour cause, elle n'était sortie de son couvent qu'au premier jour de Janvier 1823 pour se plonger assidûment dans les études et tenter de se faire à sa nouvelle vie. Néanmoins, la demande du Prince lui fit penser qu'il serait sans doute bon, pour parfaire ses connaissances, de songer à en fréquenter quelques uns, de temps à autre. Ses lectures avaient toutes été surveillées jusque là et elle avait sans conteste du temps à rattraper en ce domaine.

- Je ne connais que de nom certains salons littéraires. Enfermée dans mon couvent jusque fin décembre 1822, je n'ai jamais pu découvrir les dernières œuvres littéraires faisant parler d'elles soit au niveau du scandale qu'elles généraient soit au contraire pour leurs grandes qualités. J'ai un immense retard à combler, je l'avoue, puisque mon enseignement n'a porté que sur les grands classiques.

Ce qui en soit n'était pas si mal en regard de certaines autres demoiselles n'ayant pas eu la chance d'être parfaitement éduquées.

- J'ai entendu parler de celui de Madame de Staël, de celui de Madame Tallien mais je crois que toutes deux ont eu quelques démêlées à cause de leurs pensées politiques dont elles ont cherché à se détacher plus tard. Il y a le célèbre café Procope à Paris,  qui a vu et voit encore aujourd'hui, défiler les grands noms de la littérature française. Je sais que sont organisés régulièrement des débats littéraires dans des salons privés au sein de l'établissement.
Vous rendez-vous compte, Votre Altesse Royale, que Madame de Staël fut une proche de Monsieur de Chateaubriand ?


Cette dernière phrase est prononcée avec ferveur.

- J'ai lu avec appétit "René ou les effets des passions" Et je dois dire que le lyrisme de cette œuvre m'a emportée. Je crois que Monsieur de Chateaubriand reçoit toujours dans le salon de l'Abbaye aux bois à Paris, Madame de Staël n'étant plus de ce monde. Sans nul doute que vous pourriez y avoir votre entrée privilégiée, Votre Altesse Royale.

Anastasie se promet de s'y rendre et de tenter d'approcher Monsieur de Chateaubriand qu'elle admire. Qui sait, peut-être que le Prince lui proposera un jour de l’accompagner à une grande réunion littéraire ? Elle est bien vite interrompue dans ses pensées grandioses, trop grandioses sans doute, par la dernière phrase du Prince qui la voit sourire.

- La chasse ? Euh ... Je n'ai jamais eu l'honneur d'y être conviée.

Comment lui dire que tuer des animaux n'est pas ce qu'elle préfère bien qu'elle reste fascinée par la grande procession et le cérémonial des chasseurs à courre. Voilà encore quelque chose qu'il lui faut découvrir. Sa liste s'allonge sacrément ! Elle ne relève pas la remarque sur sa tenue du jour, elle en a déjà pris pour son grade alors elle ne va pas tendre le bâton pour se faire battre de nouveau.

- Avez-vous à Chenonceau, une meute de chiens de chasse à courre, Votre Altesse royale ?

Elle se souvient du molosse qui dormait au pied du bureau du Prince et qui l'avait quelque peu effrayée les premiers temps pour s'apercevoir ensuite que l'animal était doux comme un agneau.

- Y emmenez-vous ce magnifique et ... impressionnant chien qui se tenait auprès de vous lors de mon stage de fin d'études ?



 
Citation:

Note HRP : Édit car je me suis plantée sur Madame de Staêl - morte en 1817 - Embarassed



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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 25/08/2017, 12:00    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Frédéric se souvint que depuis la réunion de crise il n'avait plus aucune nouvelle de l'attentat, ni même du suspect que la police était sur le point d'arrêter. Soit l'affaire n'avait pas avancé, soit il avait été écarté de toutes sources d'informations et loin de s'en trouver déçu il sentit une certaine forme de soulagement.

-Nos gardes ne sont jamais loin, en effet, d'ailleurs trois devraient venir dans la basilique sous peu: ils ne nous laissent jamais totalement seul bien longtemps, il arrive même que nous ayons leur visite la nuit quand nous oublions de leur ordonner de nous laisser tranquille.

Le prince regarda quelques secondes Anastasie:

-Cela pourrait vous arriver en tant que procureur s'il vous arrive d'être sur une affaire dangereuse et délicate. Si un jour le garde des sceaux vous propose une protection nous vous conseillons fortement de l'accepter, vous aurez à faire à de nombreux dépravés et malades.

Il repensa à ce fameux Jean Jacques, il était certain qu'un jour il reviendrait et referait des siennes car ce pauvre garçon n'avait pas l'air bien malin. A cette pensée pourtant Frédéric ne sourit pas, il avait fait son possible en tant que garde des sceaux mais il lui semblait qu'un certain laxisme était toléré avec certains criminels, même si ces derniers avaient agressé une altesse impériale. La France était bien différente de ce qu'il avait toujours connu en bien des points et s'il commençait à s'y faire ce n'était pas sans difficultés.

Quand les récits sur les salons parisiens commencèrent le prince resta attentif, déçu qu'aucun lieu culturel à Saint Denis soit mentionné par la jeune femme. Paris, ce dépotoir où se mêle richesse et nécessiteux dans une proximité indécente attirait les grands esprits et les artistes dans un brouhaha incompréhensif. Le prince ne comprenait pas cet engouement pour la capitale, cette ville sale et noire, lui qui la fuyait dès qu'il en avait l'occasion et il hocha la tête:


-Il est nullement question pour nous de côtoyer des personnes ayant à un moment défendu la révolution, ces gens là ont beau faire de l'esprit ce ne sont que des girouettes prêtes à vous asséner dans le dos un énorme coup dès que le vent tournera. Nous n'avons cependant entendu que du bien concernant ce Chateaubriand, quant au café Procope... Etes-vous sérieuse ?

Frédéric ouvrit de grands yeux:

-Il y a quelques mois de cela, des affiches avaient été placardées dans toute la Seine pour un débat dans ce café... Un débat révolutionnaire pour faire tomber la couronne de Sa Majesté. Ce lieu est tout sauf fréquentable et malgré nous nous soupçonnons chaque personne y mettant les pieds d'être contre la monarchie. Nous ne considérons pas ce lieu comme un salon mondain, mais comme un dépotoir accueillant la haine et l'ignorance de ceux n'ayant jamais œuvré pour le royaume. Nous espérons ne pas vous y voir, nous serions déçu, plus encore que de vous voir à nouveau vêtue de la sorte.

Pour lui, ce café ne valait pas mieux que cette taverne parisienne du Chat qui chasse où les nécessiteux volaient quand les âmes légères se chuchotaient à l'oreille des obscénités. Personne ne savait s'y tenir et c'est pour cela qu'il n'y mettait que fort rarement les pieds. Il avait entendu parler d'un lieu semblable à Saint Denis et ne l'avait pas visité, pourquoi cela serait-il différent dans cette ville que dans la capitale ? Le constat de la France était au fond bien alarmant: les français étaient bien trop creux pour souffler une étincelle à la poudre de la culture, préférant se noyer dans la facilité, la luxure et la critique. Le prince émit un long soupir:

-Diantre, où avons-nous donc été envoyé ? Jamais encore nous n'avions croisé de peuple aussi haineux, ignorant et désireux de reprendre les rênes d'un royaume qu'il mènera immanquablement à sa perte. Finalement, ces salons étaient peut-être grandioses lors de la monarchie absolue, mais cette conversation nous fait craindre qu'aujourd'hui il s'agisse de nids révolutionnaires où nous serions piégé à coup sûr si nous nous y rendons.

Il secoua légèrement la tête avant de continuer la conversation qui, immanquablement, dévia sur la chasse:


-Avec votre minois, nous gageons qu'un noble ou un homme d'importance vous invitera bientôt à l'une de ces chasses dans l'espoir de vous séduire, les hommes pensent toujours que tuer un sanglier ou un cerf peut les montrer forts et désirables aux yeux des demoiselles et même si cela est faux il s'agit d'un jeu auquel nous aimions beaucoup jouer autrefois.

Les portes de la basilique se firent entendre et trois gardes entrèrent pour rester en faction, rassurés de pouvoir visualiser le prince.


-Nous n'avons pas de meute dédié à la chasse à Chenonceau, point encore et le chien que vous avez vu, Hund Von Fürstenberg, est un présent du gardien de notre domaine. Il en a plusieurs, il s'agit de grands danois et ils font de superbes gardiens. Hund est à Saint Denis lui aussi, dans les appartements où nous résidons pour faire son travail de gardien. Nous l’amenons partout, c'est l'âme qui nous amène le plus d'affection dans ce bas monde.

Frédéric posa ses yeux sur Anastasie:

-Vous devriez aussi prendre un chien, madame, ne serait-ce que pour soigneur les maux de votre âme.
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MessagePosté le: 26/08/2017, 10:49    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Tandis qu'ils conversent, chacun fixant un point de fuite permettant cette relative connexion avec le Très Haut, Anastasie observe de temps à autre, le magnifique jeu de lumière qui jaillit depuis les vitraux qui se hissent au-dessus de l'autel. Du jaune, du rouge et du bleu qui tournoient en étalant leur palette avec une incroyable harmonie. Elle est fascinée par tant de beauté. Elle écoute avec intérêt ce que le Prince lui dit et petit à petit, elle prend conscience de la grande solitude, de l'inévitable méfiance qui s'est installée envers tout à chacun, de la part de cet homme à peine plus âgé qu'elle. Elle mesure également combien il doit souffrir de se sentir exclu. Sa condition le lui impose mais qu'en est-il de son cœur ? N'aimerait-il pas pouvoir battre au même rythme que celui du commun des mortels ? Devoir sans cesse être accompagné, surveillé, épié, observé où que l'on aille, doit être pénible et particulièrement agaçant. Voilà quelques questions et observations qui lui viennent au fil de cet échange imprévu mais qui ne lui déplaît nullement.

Elle fronce légèrement les sourcils sans pour autant quitter le bas de vitrail qu'elle a choisi de mirer avec application. Quoi ? Sa vie pourrait être en danger à elle aussi ? Mais, cela ne fait pas partie de son contrat ? Si ? mince ! Elle n'a pas envie de trépasser ! Elle a encore tout plein de choses à vivre.

- Ah ?

Elle essaie de se souvenir si ce point concernant la sécurité d'un Procureur du Roi a été abordé au long de son cursus. Elle ne s'en souvient pas. En même temps dire à ses étudiants : "Devenez Procureur du Roi mais craignez pour votre vie.", c'est pas franchement vendeur !

- Je vais me souvenir de ce précieux conseil.

Et inévitablement, lui revient l'affreux jojo attaché sur une chaise dans le bureau de la Ministre de l'Intérieur. Et si demain s'ouvrait un procès - ce qui a de fortes chances de se produire - l'homme pourrait-il lui envoyer ses sbires à ses trousses pour la dissuader à tout jamais de parler ? Son sang se glace. Mince alors ! Elle n'avait pas envisagé sa carrière sous cet angle. "A peine âgée de vingt-un printemps, on retrouve dans les bas-fonds parisiens,  le corps sans vie du Procureur du Roi, horriblement tailladé et mutilé." Gros titre de la Gazette de Paris au lendemain de la découverte du petit corps éteint.
Quelle horreur !


Anastasie se fige sur son banc et essaie de penser à autre chose car sans quoi, elle va rendre son tablier manu militari et demander à Joris de prendre la fuite avec elle, loin, loin, loin.

- Pourquoi ne pas créer votre propre salon littéraire, Votre Altesse Royale ?

Oui voilà, c'est bien de revenir à un sujet plus gai ! Elle tourne sa tête du côté du Prince, plutôt confiante dans cette idée qui en vaut bien d'autres.

- Ne dit-on pas que l'on est jamais mieux servi que par soi-même ? Vous pourriez convier qui vous voulez et organiser des débats, des réunions, selon votre bon vouloir, selon votre inspiration, votre envie du moment.

Il faut laisser le temps au Prince de réfléchir à l'idée mais elle trouve que ce serait là le moyen pour qu'enfin, il puisse se distraire car à l'entendre, ses journées n'ont pas l'air réjouissantes.

- Pourquoi pas sur Saint-Denis où vous résidez de temps à autres ? Ou encore à Chenonceau ? Ceux qui sont passionnés de Littérature, d'Art et qui estiment Son Altesse Royale, feront le chemin pour se rendre dans son Salon, j'en suis convaincue. C'est aussi un moyen de faire le tri autour de vous ? De ne vous entourer que de celles et ceux que Vous aurez choisis ?

Elle dit cela à tout hasard, ne sachant pas par qui le Prince est entouré mais comme elle sent sa méfiance, elle ne peut éviter de lui en faire part.

- Bien sûr, ceux de la Cour paraderont plus qu'ils ne s'intéresseront mais je crois que de tous temps et pour chaque Cour royale il en fut ainsi, non ?

Elle lui sourit timidement, prête à se faire sermonner une nouvelle fois pour son audace. Venant du Prince, elle l'acceptera, non pas parce qu'il a toujours raison mais bien parce qu'elle pense qu'il est constamment sur la défensive et qu'il aime bien contrer celle ou celui qui lui fait face. C'est de bonne guerre, elle n'a rien contre cela.

Elle ne sait trop si elle doit dire au Prince qu'elle vient de se fiancer et que Joris est bien loin d'être celui qui aurait pu abattre de sang froid un sanglier ou un cerf pour la séduire. Et c'est heureux car sans quoi il aurait eu tout faux ! Elle a compris que parler d'elle n'est sans doute pas la meilleure des choses à faire alors elle hésite à le lui dire bien qu'elle en brûle d'envie puisque heureuse et confiante dans cette nouvelle perspective de vie à deux.

- Les galants ne se pressent pas et du reste, il ne m'intéresse pas d'en croiser. Elle pourrait ajouter : "J'ai le mien rien qu'à moi et pour rien au monde je n'en changerai".

L'idée d'un chien la séduit. Son père n'en était-il pas toujours entouré de plusieurs ?

- Père était toujours entouré de chiens. Il ne se déplaçait jamais sans eux. Mais la lignée est sans doute éteinte à présent. Je crois qu'il avait un élevage de labradors dans son domaine du Languedoc.
Je ne sais si cette race est vouée au gardiennage. Ce qui est certain, Votre Altesse Royale c'est que Hund est persuasif et que même si je le sais doux pour l'avoir vu, il ferait fuir n'importe qui par son imposante stature !
Dois-je vous avouer que lorsque je l'ai vu la première fois dans votre bureau, je n'en menais pas large ?


Les gardes du Prince viennent de se manifester. Anastasie ne bronche pas sachant que si le Prince souhaite clore cette entrevue, il le fera.

- Mon âme ne se porte pas si mal au fond, enfin, je crois, mais pourquoi pas avoir, comme père, un chien qui m'accompagnerait partout ? Qui mordrait les mollets des irrespectueux ?

Rien qu'à l'idée, elle sourit.

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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 27/08/2017, 10:12    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Le prince secoua la tête:

-Nous sommes en France depuis moins d'un an et ouvrir ce genre de salon serait plus du rôle de notre épouse, si nous voulions en trouver un c'était justement pour être surpris, pour être inspiré et pour en découvrir davantage sur la culture française qui nous a l'air très riche, quoique très ébranlée par les derniers événements révolutionnaires.

Après ces dernières paroles il regarda en coin quelques statues au visage cassé par le peuple fou et regretta d'être né quelques siècles trop tard. Etre prince dans une cour de l'ancien régime aurait pu être fabuleux, l'être aujourd'hui était d'un ennui profond. Qui lui avait écrit depuis qu'il avait quitté la capitale sans prévenir personne ? Qui s'était inquiété de son absence aux Tuileries ? En fait... personne. S'il n'avait pas ses gardes à ses trousses il aurait tout aussi bien pu être un baron ou vicomte de moindre importance que personne ne remarquait jamais.

-Nous avions pensé faire de Chenonceau un domaine des plaisirs où organiser de temps à autre de grandes festivités, d'ailleurs nous y pensons encore mais pour un avenir lointain... Quant à la cour...

Frédéric se souvint que même chez son père il état en marge de tous les nobles, préférant ses jeux pervers avec la cour qu'il s'était personnellement constituée. Il avait espéré changer cela en arrivant en France, mais s'il y a bien une chose chez le prince qui n'était jamais comblé, c'était bien ses espoirs. Finalement, il ne savait pas bien si c'était lui qui manquait d'intérêt ou si les nobles étaient réellement bêtes mais quand il pensait que les nobles étaient aujourd'hui créés par le Roi et qu'il prenaient un melon d'enfer comme la baronne de Joinville ou de Château Porcien il se surprenait à sourire: certains paillassons se prenaient pour des tapis d'Orient et il n'était donc pas étonnant qu'ils lassent rapidement leur monde.

-Nous nous portons bien mieux sans elle, nous n'aimons guère la majorité des nobles de France, d'ailleurs nous ne comprenons pas comment certains ont pu mériter leurs titres, fort heureusement ces gens là ne pourront pas être élevés davantage, du moins nous l'espérons, puisque les voilà physiquement ou intellectuellement incapables aujourd'hui de servir la France. Les nobles ne paradent pas autour de nous, ils ont bien compris que nous ne nous embarrassons pas de personnes que nous n'apprécions pas et nous laissons cet embarras à Sa Majesté et la princesse avec grand plaisir. Il n'est pas besoin de faire le tri autour de nous, nos alliés se comptant déjà sur les doigts d'une seule main.

Un instant, le prince resta silencieux puis il se tourna vers la jeune femme blonde:


-Nous sommes heureux et pallierons seul à notre ennui, il est temps maintenant de nous parler de vous, nous espérons qu'en dehors du tribunal et du travestissement vous avez des centres d'intérêt.

Il écouta le discours de la dame sur les chiens et eut un léger sourire.


-Prenez donc des chiens qui n'auront rien à voir avec ceux de votre père, il vous faut rejeter tout ce qui vous fera penser à lui: il ne nous a l'air d'aucun intérêt dans votre vie future.
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 30/08/2017, 09:18    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Il y a beaucoup de désabusement, de déception, dans le discours du Prince. Anastasie trouve cela bien triste. Si elle ne connaît pas le Prince plus que cela elle a pourtant pu constater plus d'une fois qu'il savait être mordant et ne pas manquer d'humour et de réparties savoureuses. Que peut-elle ajouter à ce qu'il vient de lui dire ? Lui seul sait mieux que personne ce qui serait bon pour que cette solitude, cette langueur et cet ennui qu'elle décèle, viennent s’éteindre pour laisser place à des jours plus gais. Enfin, c'est ce qu'elle croit mais que peut-elle bien savoir de ce que le Prince peut ou ne peut pas faire ? Les codes de conduite sont certainement bien différents de ceux auxquels la jeune femme est habituée.

- Sachez, Votre Altesse Royale, que vous pourrez toujours compter sur mon humble présence si vous le souhaitiez.

Que peut-elle lui proposer d'autre, elle simple mortelle ? Elle propose avec son cœur sans autre volonté que de partager un peu de joie de vivre. Ne pas le lui proposer ne serait pas honnête puisque son Prince, elle l'aime bien et l'apprécie. Il fera ce qu'il voudra de cette offre simple et sincère.

- J'ai évidemment quelques centres d'intérêt mais que je n'ai pas encore pu exercer car, à ma sortie du couvent, il a fallu que je me consacre prioritairement à mes études et à ma petite exploitation. Père ayant exigé sur son testament que je me débrouille avec mon Tuteur pour survivre et affronter la vie qui s'ouvrait à moi avant de pouvoir toucher mon héritage. Je crois pouvoir dire que c'est en grande partie réussi en terme de "survie" puisque aujourd'hui, nous nous assumons parfaitement Monsieur de Florensac et moi.

Elle sourit car plus assumés qu'eux deux à ce jour : on ne le pouvait pas.

- Je me suis essayée quelques fois à la sculpture, Père possédant une carrière de marbre. J'envisage de pouvoir avoir un petit atelier pour perfectionner cet art à mes moments perdus. Je suis aussi passionnée par la littérature, la poésie et les essais. L'Histoire m'intéresse aussi grandement et je cherche toujours à en apprendre sur ce qui a conduit le monde où il en est aujourd'hui. J'ai appris le piano et le chant au couvent et m'y débrouille bien mais je vous avoue avoir du mal à rester trop longtemps devant un clavier ou une partition. Je pratique l'escrime très régulièrement avec un Maître d'arme.

Là encore, elle s'attend à une volée de bois vert et s'empresse d'ajouter.

- C'est père qui a exigé que je sois formée au maniement de l'épée et, au fil du temps, j'avoue avoir appris à aimer cette discipline que je perfectionne encore aujourd'hui avec Monsieur de Florensac, excellent escrimeur puisqu'il était l'aide de camp de Feu Monsieur mon Père lors de ses campagnes militaires.

Alors même que le Prince lui demandait de faire ce que possible pour oublier ce père absent, voilà qu'elle en parlait encore. En même temps, comment faire autrement puisque celui-ci n'avait cessé d'exiger, de conditionner sa vie et ce même après sa mort.

- Je crois, Votre Altesse Royale, que je réalise depuis peu, combien il est important que je m'affirme dans ce monde sans devoir supporter les exigences paternelles qui ont régenté ma vie jusque là. Je suis bien décidée à avancer dans le chemin que je me trace, petit à petit, sillon après sillon.

Elle lui sourit.

- Sans doute suis-je en train de grandir ? Avez-vous eu un jour cette révélation ? Celle de vous dire : à présent j'assume seul mes choix ?

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Frédéric d'Orange
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MessagePosté le: 30/08/2017, 11:18    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis Répondre en citant

Aux premières paroles d'Anastasie le prince regarda le vitrail multicolore, se disant que ce genre de mensonge il l'avait déjà entendu plein de fois. Combien de personnes avaient affirmé qu'elles seraient toujours là pour lui ? Bien trop, trop qui aujourd'hui sans aucune raison lui avaient tourné le dos quand ils avaient reçu ce qu'ils voulaient. Il ne croyait plus aux promesses d'autrui, il savait que lui tenait toujours les siennes et que depuis son arrivée en France il n'avait jamais failli de ce côté-là. Il sourit donc, un peu amère et ne répondit pas, trouvant au fond que l'ingénue et son innocence avait un côté touchant qu'il ne voulait pas encore briser. Aujourd'hui, Frédéric comptait sur son beau frère royal qui ne lui tournerait jamais le dos, sur sa femme cloîtrée qui ne lui causait du coup aucun tort et sur la duchesse de Vermandois qui lui avait tout donné et à qui il donnait tout en retour... D'autres, il en avait apprécié d'autres depuis son arrivée, ils pouvaient aujourd'hui se noyer dans la Seine que cela ne le toucherait sans doute pas, ou si peu.

-Du marbre ? Voilà qui est intéressant, les personnes fortunées mettent des sommes incroyables dans les monuments de leurs défunts, c'est une façon pour eux de se faire pardonner de ne pas avoir été là comme ils l'avaient voulu du temps où ils vivaient encore. Si votre fonction de procureur royal n'est pas trop chronophage, peut-être pourriez-vous arrondir grassement vos fins de mois pour des toilettes et des parfums hors de prix.

Puis il secoua la tête en souriant quand l'escrime fut abordé:

-Il est important que vous sachiez vous défendre, madame, dites nous donc que vous apprenez l’escrime parce-que vous aimez cela et parce-que vous prenez soin de vous mais pas parce-que votre père l'a voulu: ce que votre père veut oubliez-le, ce que vous voulez est aujourd'hui le plus important. Si votre père avait voulu que vous portiez des poussins vivants dans votre chignon, nous doutons que vous le feriez encore aujourd'hui.

A cette pensée, il eut encore un sourire, imaginant les boules jaunes s'égosiller et se soulager dans la blonde chevelure de son interlocutrice.

-Il vous faut continuer l'escrime et nous vous conseillons aussi d'apprendre le maniement de la dague ou de la miséricorde, ces armes sont plus petites et se cachent donc plus facilement au milieu des jupons ou des manches doublées des toilettes les plus complexes. Il n'est pas rare que dans les cours certaines jeunes femmes apprennent la broderie le jour et le maniement des armes la nuit, nous avons donné quelques cours de manière personnelle à l'une de nos sœurs et nous n'en avons pas honte, si un jour notre femme nous donne une fille nous tenons à ce qu'elle soit en mesure de se défendre, surtout en France où le peuple frappe avant de réfléchir... Ou frappe et ne réfléchit jamais.

A la dernière question, Frédéric se trouva fort dépourvu et secoua légèrement la tête. S'il avait la réponse à la question, il se rendit compte qu'il n'en avait jamais parlé et il regarda le vitrail une fois de plus. De toute façon, il ne confiait rien de secret ou de honteux et il retint un rire avant tout, se trouvant un peu stupide:

-Nous avons suivi les paroles de notre père jusqu'à nos seize ans, là nous avons été amené à la bataille de Liepzig contre l'empereur Napoléon Bonaparte et ce que nous y avons vu était terrible. Nous avons compris que nous avons grandi lorsque nous avons vu notre premier mort: l'un de nos soldats à pied décapité par un officier ennemi à cheval. La scène restera gravée dans notre esprit jusqu'à notre mort et nous nous étions alors promis de mener notre vie comme nous l'entendions... Cela a été possible jusqu'à l'année dernière: quand nous sommes le fils d'un roi nous ne sommes jamais libre et les mariages imposés ne sont pas discutables.

Il réfléchit quelques instants avant de regarder Anastasie:

-Aujourd'hui nous sommes le sujet du Roi de France et si demain il désire que nous paradions toute la journée avec des poussins fixés à nos cheveux alors nous n'aurons d'autre choix que d'exécuter ses ordres. Profitez, madame, de votre liberté et priez pour que notre Roi reste toujours un homme censé et sérieux, sans quoi nous craignons pour le reste de notre dignité.

Frédéric se leva de son banc:

-Nous avons entendu parler d'un puits aux souhaits dans la ville, est-ce qu'il a déjà exaucé quelques désirs ou est-ce encore l'une de ces légendes ridicules pour effrayer les enfants le soir ?
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:52    Sujet du message: [RP/Ouvert à tous] La basilique de Saint Denis

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