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[RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental

 
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François-de-Bourbon
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MessagePosté le: 27/12/2017, 15:50    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

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    Saint-Epicure à l’oriental – 24 décembre 1823, vers 18 heures.

    Lorsque l’on est Prince, on est amené à penser aux autres, et plus particulièrement quand ce Prince a « le malheur d’être Roi ». Dans son dernier message de Nouvel An, le Roi avait attiré l’attention sur les plus démunis et rappelait les paroles des Saintes Ecritures : recueillez le sans-abri, nourrissez l’affamé, logez-le, etc. On connait le texte par cœur. Mais en ce soir de Réveillon de la Saint-Epi, c’est au tour du Roi d’être seul.

    Sa sœur est toujours dans sa bulle où nul ne peut l’atteindre ni comprendre le fonctionnement de son esprit, son beau-frère Dombes est à Saint-Denis pris par ses fonctions de maire et la plupart des employés des Tuileries ont reçu leur congé pour passer les fêtes en famille. Seul le service minimum était assuré.

    Et passer une Saint Epi seul… c’est vraiment pas gai. Aussi, François avait voulu passer cette soirée avec quelqu’un dont l’état de santé l’inquiétait au plus haut point. François pensait que la Princesse Asmahane ne devait pas recevoir beaucoup de visites à cause de cet état, et il concluait donc que de la compagnie le soir de la Saint Epi l’aiderait peut être à se rétablir et à guérir.

    Mais qui dit Saint Epi… dit cadeau.

    Il aurait bien voulu dire à sa chère Princesse qu’il avait fait diligenter une enquête pour retrouver son frère, mais avec la poisse bien connue du Roi, si jamais l’enquête s’avérait négative, au grand malheur de la Princesse s’en ajouterait un autre. François se mit alors en quête d’un cadeau. Il n’avait pas oublié, en effet, le magnifique cadeau de la Princesse qu’elle avait fait à François lors du bal costumé. Une pomme de senteur de toute beauté que le Roi utilisait très fréquemment.

    Pour elle, il ne fallait donc pas du toc. Et cette quête fut compliquée, oh oui ! Trouver un cadeau quand vous ne connaissez pas les goûts du destinataire, ce n’est pas chose aisée. Donc, il faut trouver un cadeau qui doit faire plaisir à coup sûr. Depuis le début du mois de Décembre, le Roi y avait réfléchi, et l’idée lui était venue le soir de la Saint Nicolas, lorsqu’au détour d’un journal, le Roi lit un article à propos des bijoux de la Couronne (ne pensez pas à mal, je vous connais) dérobés pendant la Révolution.

    Le Roi eut alors une illumination (la première de son règne diront certains) : il regarda sa main droite dont le majeur portait fièrement la bague de son père, le duc d’Angoulême mort contre les Bonapartistes dans les Pyrénées en 1814. Cette bague était revenue à François le jour de son départ pour la France, le 23 Avril 1821. Cette bague était magnifique, d’une ciselure remarquable, offerte par The King’s Mum à son mari lors d’un anniversaire. Il l’a portait sur lui au moment de rejoindre Epicure et un émissaire avait été tout exprès dépêché par le duc de Wellington pour la rapporter à Madame Royale avec la seconde bague, celle du mariage.

    La bague héritée par le Roi comportait en son centre un bijou d’une rare finesse incrustée dedans, et depuis le jour du départ, le Roi la portait à sa main droite, la même main qui portait l’anneau royal. François, ce soir-là, celui de la Saint Nicolas, retira donc cette bague, la posa sur son bureau et la regarda. Non, il ne pouvait pas offrir la bague… alors il réfléchit encore. L’idée ne fut pas longue à venir : retirer le diamant incrusté pour le monter sur un autre bijou, celui-ci plus féminin, pour être offert à la Princesse. Le bijou qui recevrait le diamant serait un collier.

    Le lendemain matin, il demanda au comte d’Etiolles de faire venir le meilleur joaillier de la Capitale, et le Roi ajouta de le faire venir avec ses plus beaux colliers encore en vente. Celui-ci s’exécuta et revint accompagné de Monsieur de Magny, directeur de la plus importante joaillerie de la Capitale, et qui possédait depuis plusieurs années le titre très recherché de Fournisseur de la Cour. François exposa donc son idée : - Monsieur de Magny, j’ai besoin de vos services. Je souhaiterai faire un présent pour une dame, à l’occasion de la Saint Epi. Et j’ai eu l’idée de faire monter sur le pendant central d’un collier, le diamant incrusté dans cette bague. C’est chose possible selon vous ?

    François lui tendit alors la bague en question, et Monsieur de Magny, quinquagénaire toujours pourvu d’un monocle, examina le bijou. Il répondit qu’un tel diamant, malgré une taille moyenne pour être montée sur une bague, était assez grand en effet pour être incrusté dans un collier. De Magny qui était venu avec plusieurs écrins, en ouvrit plusieurs sur le bureau du Roi, et invita ce dernier à les examiner. Le collier qui attira l’œil du Roi était le suivant : un collier draperie en or composé de guirlandes et pendeloques à décor floral rehaussées de saphirs et de diamants taille rose.

    De Magny proposa de changer le diamant rose central par le diamant de la bague du Roi. Le Roi accepta l’idée, et accepta d’avance le prix… lequel restera secret : un cadeau est un cadeau.

    Le Roi fixa toutefois la date de la livraison : le 23 Décembre au plus tard. De Magny promit de faire mettre ses artisans au travail jour et nuit s’il le fallait pour honorer la commande. François répondit alors, d’un ton plus que cynique : - Je l’espère pour vous, il serait regrettable que votre prestigieuse Maison perde le titre de Fournisseur de la Cour.

    Le 23 Décembre, De Magny vint en personne livrer le collier au Roi. Celui était parfait, le Roi donna ordre au Trésorier de sa Maison de verser sur-le-champ la somme convenue avec le joaillier. Puis le cadeau fut emballé selon la tradition avec un joli nœud doré sur le dessus du paquet.

    Le lendemain, le Roi avait dit à tout le monde de libérer son agenda pour après 18 heures, il avait le droit aussi à son Réveillon. Aussi, Etiolles et le Roi se dépêchèrent de boucler toutes les travaux de la journée à temps pour que le Roi puisse partir. Seul son officier d’ordonnance l’accompagnerait, mais resterait dehors.

    A 18 heures, c’est donc une berline royale qui pénétrait dans la cour de l’Hôtel de Bade. L’officier d’ordonnance du Roi descendit en premier, et alla voir celui qui, de par sa stature, avait l’air d’être le responsable des gardes du corps de la Princesse. Les deux militaires parlèrent, le militaire du Roi avertissant le militaire de la Princesse que le premier souhaitait voir la seconde. Passant sur cette discussion, voilà que la berline du Roi s’arrête devant le proche, et le Roi sort.

    Le majordome de la Princesse, celui-là même qui avait averti le Roi de l’état de santé alarmant d’Asmahane, vint à la rencontre du Roi. François lui demanda : - Alors, l’état de santé de la Princesse s’est-il amélioré ?

    Le majordome répondit : « L’état de santé de Madame est toujours préoccupant, mais au moins, elle a repris conscience. C’est déjà ça, mais il lui reste beaucoup de chemin à parcourir pour recouvrer une bonne santé. »

    Les deux hommes marchèrent donc ensemble dans les longs couloirs de l’Hôtel de Bade, couloirs que le Roi arpenta de fond en comble lorsqu’il était venu voir la Princesse il y a plusieurs mois. Le majordome ouvrit la porte de la chambre de la Princesse, et invita le Roi à y entrer. Celle-ci n’avait pas changée, la chambre bien sûr. Et ses yeux se posèrent alors sur la Princesse.

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MessagePosté le: 27/12/2017, 20:31    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

De la terrible volonté de Sélim, sa dernière fille avait hérité un courage à toute épreuve.
Qualité qui s'était d'abord manifestée par une certaine obstination à braver les interdits de sa jeunesse et de son genre, lui valant de nombreuses réprimandes de l'Empereur jusqu'à même les fâcher ainsi qu'avec plusieurs de ses frères.

L'air de târ joué admirablement par Gülen ne suffit pas à ôter de son esprit cet immense sentiment de culpabilité. Parmi la nombreuse descendance que le Tout-Puissant avait accordée au calife, pourquoi avait-Il épargné la plus insubordonnée d'entre eux ? Pourquoi avoir choisi celle qui s'était montré la plus décevante pour ce père prodigieux ?
C'est ce poids si lourd qui n'accordait aucun repos à la jeune princesse. La trouvant au matin, lui rappelant sans cesse qu'elle n'avait pas le droit de disposer de sa vie -encore moins de sa Mort ! - tant qu'Il n'avait rien décidé pour elle.


Pourtant j'ai failli. Pourtant je n'ai pas réussi à le sauver.

Asmahane posa une main diaphane sur sa poitrine et sentit battre son cœur. Imperturbable, la musicienne poursuivit son oeuvre comme pour tenter de soulager la peine de sa maîtresse.

Depuis quelques jours elle restait éveillée plus longtemps et la parole lui était devenue plus aisée. Elle ne se sentait pas mieux pour autant, mais s'en remettant à la volonté de son Créateur l'impériale prenait cette amélioration comme elle était venue. Si le chagrin ne la quittait plus, elle ne cherchait plus à fuir la santé dans l'inconscience ni dans de muettes prières pour que vienne sa dernière heure.


Je ne souhaite qu'une trêve...

Il serait toujours temps d'aviser ensuite.

A cet instant Jarvis fit son entrée pour annoncer un visiteur. A l'écoute de son nom Asmahane leva les yeux avec surprise.


Majesté.

Le ton était un salut, presque une question.
Légèrement nerveuse ( "Ciel je ne suis pas même coiffée ! ", "Ah pourquoi faut-il qu'il me voit dans une posture si... " ) elle chercha le soutien d'une suivante avant de renoncer à se lever quand la tête lui tourna un peu.


Pardonnez mon manque à l'Etiquette mais mon état de santé ne me permet pas de révérence.

Un sourire un peu las étira furtivement ses lèvres pâles.

Si j'avais su que Vous veniez, j'aurais... enfilé une tenue plus coquette ? Bof, son habillage ne faisait pas vraiment partie de ses préoccupations actuelles. Guéri miraculeusement pour mieux Vous accueillir ? Ah si seulement, mais infaisable. Tout fait pour succomber avant votre arrivée histoire d'avoir une bonne raison d'être si peu présentable ? Aaaah, ça par contre...
La princesse troublée par les petites voix dans sa tête ne sut comment terminer sa phrase et opta pour une nouvelle.


Je Vous imaginais en pleines festivités pour ce jour épicurien si particulier.

Voilà, un simple constat, c'est pas mal et ça évite de dire trop de bêtises.

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MessagePosté le: 27/12/2017, 21:32    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    Le majordome et le Roi pénétrèrent donc dans la chambre de la Princesse, François avec le cadeau sous le bras. Elle était allongée dans son lit, comme la dernière fois qu’il était venu la voir. C’était il y a huit mois, elle parlait déjà mieux… Faut reconnaître que la dernière fois, elle se réveillait dans un long sommeil, il y avait au moins du progrès dans ce point de vue. Revenant à lui par les paroles de la Princesse, tout en lui rendant son sourire, il lui répondit : - Oui Princesse, vous ne rêvez pas.

    Voyant qu’elle commençait des efforts pour se lever, il marcha d’un pas très rapide vers son lit, tout en disant : - Non non, ne vous fatiguez pas Princesse, il faut vous ménager.

    Agrippant de sa main libre une chaise, il la place aux côtés du lit, et s’assit dessus, posant sur ses genoux le cadeau emballé qu’il lui tardait tant à lui donner. Se tournant vers les domestiques présents, il leur demanda : - Pourriez-vous nous laisser s’il vous plait ?

    Notez l’emploi du « s’il vous plait ». Très rare dans la bouche d’un Roi, il vaut de l’or ! Se rendant compte de sa méprise, il se tourna vers la Princesse et lui demanda : - Enfin… si Votre Altesse Impériale y consent, j’oublie que vous êtes ici la maîtresse des lieux.

    C’est vrai qu’il ne s’était pas annoncé et que sa visite pouvait sembler plus que surprenante, alors, il se hâta de répondre aux interrogations de la Princesse : - Vous voulez que je sois franc avec vous ? En ce jour si particulier… je suis seul. Mon beau-frère est à Saint-Denis, ma sœur est dans sa chambre et se plonge dans ses prières, et je n’aime pas les messes de minuit… Voilà bien des raisons pour fuir les Tuileries cette nuit. Et puis…

    François s’arrêta quelques instants, la contemplant pour voir sur son visage quelques signes d’amélioration de son état de santé. Il poursuivit sa phrase : - … je m’inquiétais pour vous. Je voulais savoir comment vous vous portez depuis ma dernière visite chez vous, et m’enquérir de vos besoins si je peux vous aider en quoi que ce soit.

    Posant les yeux sur le cadeau qui était posé sur ses genoux, dont l’emballage laissait deviner une forme rectangulaire (celle du coffret renfermant le collier), il le posa sur le lit, à côté de la Princesse : - Je ne pouvais pas venir passez la Saint Epicure avec vous, si je ne venais pas vous apportez un cadeau. Voici celui que je vous fais, en espérant qu’il vous plaira. Toutefois, vous devrez attendre minuit pour l’ouvrir, je vous aurai à l’œil Princesse, vous ne l’ouvrirez pas avant.

    Le Roi rigola, il espérait qu’une visite en ce jour si particulier l’aidera à oublier ses soucis, ne serait-ce que quelques heures. François se sentait toujours redevable vis-à-vis d’elle depuis ce tragique accident de berline qui coûta la vie à la Princesse Seniha sa sœur. Revenant sur elle, il lui demanda : - Alors Princesse, comment vous portez vous ? Reprenez-vous un peu de vos forces ? J’espère que pour mon anniversaire vous pourrez venir aux Tuileries pour passer la journée. C’est un défi que vous lance en quelques sortes : je veux que vous soyez remise d’ici le 14 Mai.

    François sourit, il souhaitait, il espérait, il voulait plus que tout sa guérison. S’il fallait payer une somme donnée sa guérison, il l’aurait assurément payée… hélas, même le Roi le plus riche d’Europe est démuni face à la santé que le Créateur accorde à ses créatures.

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MessagePosté le: 29/12/2017, 00:08    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

Il aurait pu exiger, ordonner froidement comme le peut tout seigneur sur ses terres. Mais avec son habituelle délicatesse il se comporta en hôte soucieux de respecter les us de la maisonnée. La jeune fille confirma son désir d'un léger signe de tête et tous se retirèrent après avoir qui terminé son phrasé musical, qui posé sur une table basse en bois précieux un plateau d'oranges et mandarines.
Alors qu'il expliquait les circonstances de sa venue elle exprima sa surprise d'une voix encore faible.


Majesté, j'étais loin de me représenter la situation telle que vous me la dépeignez. Seul me dites-Vous ? J'en suis bien marrie. L'on me dépeignait ce jour comme la célébration de la famille, dans les foyers les plus humbles comme dans les palais de la capitale et je Vous enviais presque votre baptême pour posséder si belle tradition.

Comme souvent lorsqu'elle parlait de son français enrobé d'accents fauves son visage s'anima d'abord. Le buste se releva de ses coussins et elle se mordit la lèvre.

Seriez-Vous assez bon pour m'aider à m'asseoir ?

Un peu gênée, quand même. C'est un Roi pas un valet, mais puisqu'il n'y a personne d'autre... Elle avait tant de choses à dire, si faible son corps peinait à contenir une âme passionnée par le moindre sujet abordé.

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MessagePosté le: 29/12/2017, 14:56    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    François hocha de la tête lorsque la Princesse demanda une confirmation sur sa solitude lors de la Nuit Sacrée. Il ajouta, sur un ton plutôt monotone : - Hélas, la vie de Roi n’est pas toujours facile.

    Il se garda d’ajouter : « il vaut mieux être seul que mal accompagné », mais il ne souhaitait pas s’épiloguer lors de cette soirée autour de ses problèmes politiques et personnels qui l’avaient frappé cette année, et que la fin de celle-ci lui faisait ressasser sans cesse. Il ajouta cependant : - Il se peut parfois que ce soit la famille qui vous fasse défaut.

    Sur ce point précis, Asmahane et François avaient un point commun. Par pour les mêmes raisons certes, et le Roi a une implication directe aussi dans la solitude de la Princesse. Mais le Roi imaginait aisément ce que pouvait ressentir la Princesse. Lorsqu’elle mentionna les traditions issues de l’Epicurisme, François lui demanda : - Vous n’avez rien d’analogue dans la vôtre ?

    La Princesse lui demanda l’aider à s’asseoir, François se leva alors et lui répondit : - Oui je peux bien sûr.

    Il alla chercher alors le fauteuil dans lequel la musicienne était assise tantôt, et le rapprocha du lit, vers le sien, et dit à la Princesse : - Si Votre Altesse Impériale veut bien s’accrocher à moi, je vais la conduire jusqu’à ce fauteuil.

    Se rapprochant, lui passant son bras droit autour de son cou, et le bras gauche du Roi alla agripper les jambes de la Princesse… et hop… la voici levée de son lit, dans les bras de François. Prenant garde à ne pas faire de gestes trop brusques qui pourraient la blesser (à cause de son état encore bien fragile), il la conduisit jusqu’au fauteuil rapproché, et la posa délicatement dans celui-ci. Il ajouta avec une pointe d’ironie : - Madame est arrivée à bon port.

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MessagePosté le: 04/01/2018, 02:17    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

- Hélas, la vie de Roi n’est pas toujours facile.

Ni celle d'héritière. La princesse tourna le regard vers les branches d'un arbre proche que le vent agitait.

Je... pense comprendre. Je n'ai été que la dernière fille de l'Empereur pendant presque toute ma vie, et sans... sans la trahison de mon oncle j'aurais vécu une toute autre vie. Infiniment plus paisible.

Le temps était agité, cette année nulle neige au soir du 24 décembre.

- Vous n’avez rien d’analogue dans la vôtre ?

Son regard se reporta sur lui.

Oui et non. A la vérité presque toutes nos cérémonies se pratiquent en communauté plus ou moins restreinte. Je suppose que Dieu nous ayant créés fiers et farouches même entre nous, il a multiplié les rites collectifs afin de nous forcer à nous supporter, conclut-elle les yeux brillants de malice.

En fait d'aide elle avait imaginé qu'il lui servirait d'appui, puisque la chose aurait déjà fait hurler les professeurs d'Etiquette les plus laxistes.
C'est dire si elle retint avec peine un "Wouoooops !! " quand il se révéla bien décidé à la soulever toute entière. Bah. Ils n'étaient plus à cela près depuis la fâcheuse posture dans laquelle ils s'étaient retrouvés devant le mausolée de Seniha il y a quelques mois.
Pour une fois, elle ne sut que dire. Se contenta de se cramponner.
Est-ce que cette taille de barbe si particulière qu'il arborait portait un nom ? Son visage était si près qu'elle ressentit quelques chatouilles sur le front à l'endroit où les bouclettes brossées l'effleurèrent. Tiens, elle n'avait jamais remarqué que contrairement au reste de ses cheveux, sa barbe avait une teinte légèrement rousse quand on la regardait de près. Certes il faut dire que peu de personnes avaient dû la voir d'aussi près.


Madame est arrivée à bon port.

Installée dans le fauteuil elle chassa une poussière imaginaire de sa robe d'intérieur avant d'attraper un ample châle dont elle se couvrit les jambes.

Je vous remercie, Majesté. Vous êtes sans conteste la plus auguste béquille sur laquelle j'ai eu le loisir de m'appuyer.

Elle ne pouvait s'empêcher de plaisanter. Parce que peut-être les réjouissances qui devaient se dérouler en ce moment partout dans la ville finissaient par atteindre même la prisonnière dans sa cage dorée. Ou qu'elle sentait qu'il était venu à la recherche d'une présence amicale, lui entouré de ministres toute la journée si seul le soir venu, et que dans leurs solitudes respectives ils trouvaient réconfort ensemble. Ou peut-être simplement parce qu'une partie d'elle, celle de l'adolescente enlevée à la société pendant de nombreuses années, était un peu nerveuse.
La princesse l'observa en silence pendant qu'elle se couvrait, puis l'invita à s'asseoir près d'elle sur un siège savonarole. Dans l'intimité du décor feutré elle n'avait pas pris garde au fait qu'ainsi il se trouvait dans une posture plus basse qu'elle. Espérons que lui non plus...


Alors comme ça vous n'aimez pas les messes tardives. C'est pas bien, sérieux. Non non non ! Elle ne pouvait pas lui dire cela et n'y pensa pas une seule seconde. Peut-être une demie. Grand max.

Puis-je Vous demander, Sire, les causes de votre aversion pour les messes nocturnes ?

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MessagePosté le: 05/01/2018, 16:34    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    Alors que les deux têtes royales étaient encore à leur position « initiale », la Princesse fit part de ses regrets de ne plus avoir de ne pas avoir eu une vie plus paisible. François hocha de la tête, il partageait les mêmes sentiments en ce qui concernait sa propre existence. Il ajouta d’ailleurs : - Je ne peux que vous comprendre Princesse. Il m’arrive aussi de penser la même chose. Lorsque j’étais en exil en Angleterre, j’étais tranquille, on s’occupait de moi et je ne devais rien à personne. Dans un sens… cela m’arrangeait bien que deux cousins usurpent la Couronne mais vous savez…

    Il marqua alors une pause dans sa phrase. Dans un soupir, il ajouta, avec un ton laissant poindre une forme de résignation : - Vous avez sûrement entendu cette phrase dans la bouche de vos professeurs : ‘‘nous ne sommes pas nés pour notre bonheur, mais pour celui de nos Etats’’… alors parfois, on ne fait pas toujours ce que l’on veut.

    Ecoutant ensuite la Princesse, il ne peut s’empêcher de sourire en constatant que son humour revenait. D’ailleurs… pourquoi revenait ? Ce n’est pas en deux visites par an qu’il pouvait constater s’il était parti pendant ce laps de temps. Il ajouta, sur un ton rieur cette fois-ci : - Cela ne marche pas bien je crois, même chez nous les Epicuriens.

    Il pensa alors que le problème de départ, s’était sûrement la religion. Mais cette pensée s’effaça aussitôt. La dernière fois qu’une telle pensée lui était venue à l’esprit, il avait fini par être victime collatérale d’un attentat, alors il n’imagine pas cette fois-ci ce que pourrait lui réserver Monsieur-Tout-En-Haut-Perché-Dans-Les-Nuages s’il entendait cette réflexion. Avoir des pensées heureuses que dit l’autre ?

    Après sortie Son Altesse Impériale de son lit pour l’installer sur une chaise, et répondant à ses remerciements, François se contenta, prenant un air sérieux de dire : - Avé moi !

    Puis de partir dans un éclat de rire. Le Roi s’assit sur la chaise que lui proposait la Princesse et la remercia d’un signe de tête. La Princesse lui demanda alors pourquoi le Roi n’aimait pas les messes nocturnes. Il est vrai que si le protocole était « suivi à la lettre », et ce n’est pas sa préoccupation première à cet instant, il devrait y être. Maintenant… le pourquoi ? Vous avez trois heures devant vous histoire d’avoir tous les détails ? Bon, on va résumer alors : - Et bien… tout simplement parce qu’avec les journées de fou que j’ai, j’ai développé une fâcheuse habitude qui consiste la nuit à dormir.

    Il ajouta, cette fois-ci plus sérieusement : - En vrai, tout simplement parce que je n’y crois plus à tout ça. La religion et tout ce qui l’entoure… cela me dépasse maintenant. Trois ans que je règne, et bien pas un jour sans lequel je me demande ce que j’ai bien pu à faire à… Qui-Vous-Savez… *tout en pointant le plafond de la pièce avec son index* …pour avoir autant de problèmes.

    En la regardant, il lui dit : - Vous savez, vous avez de la chance d’être une femme. Si on me demandait de formuler un vœu, c’est peut être celui que je formulerai. Ainsi, je pourrai laisser ma couronne à quelqu’un d’autre et retourner dans ce que je considère comme mon pays de cœur : l’Angleterre.

    Un Roi de France qui souhaite retourner en Angleterre ?! Si les Ultras entendaient ça, ils s’étrangleraient ; les Républicains feraient la révolution… et les Bonapartistes feraient un échange avec Bonaparte. Tout le monde y trouverait son compte. Pourquoi ne pas le faire alors ? Et bien, parce que le Roi applique ce qu’on lui a appris : le bonheur de ses Etats avant le sien.

    Il se surprit à penser alors, que finalement, tout cela pouvait avoir du bon : il pouvait s’octroyer librement une petite nuit loin de tout, et avec une de ses « semblables ».

    Puis, rompant le silence, il lui demanda : - Vous vous souvenez du bal du 15 août pour ma prestation de serment ? S’était une belle soirée… ça me manque parfois ce genre de manifestations. Par contre, je vous promets de m’améliorer la prochaine fois afin de protéger vos pieds de mes gros sabots. Je me souviens encore de la tête de Monsieur de Borderouge quand je suis passé devant lui pour la danse. Et d’Orcanie qui a débarqué avec ses « Comtesses »… quel fou rire à ce moment-là.

    Peut-être qu’en lui rappelant les quelques souvenirs « heureux » qu’elle possédait en France, elle se sentirait mieux ce soir.

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MessagePosté le: 06/01/2018, 18:02    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

Les confidences auxquelles il se laissait aller étaient inouïes. Asmahane les recevait avec toutes les précautions qui se devaient. De fait, ce que disait le Roi aurait pu choquer toute autre oreille. Mais au fur et à mesure de leurs rencontres elle avait appris à déchiffrer un peu de ce Roi qui semblait si hermétique au premier abord. Ces mots n'étaient qu'un appel.
Un appel qu'elle entendait, comprenait, et auquel elle répondrait avec les forces qui lui restaient. Elle n'était pas un sujet de ce Roi, elle aurait pu s'en moquer. Mais le sang parlait au sang et ils étaient tous deux issus d'une race de meneurs. Elle laissa passer le flot de paroles amères.


Mais si vous étiez né femme, Sire, vous vous seriez éteint tout comme j'étais appelée à le faire avant tout cela : dans l'anonymat. A peine peut-être aurait-on retenu Votre nom pour le prêter à quelque couvent pour jeunes filles. Et chaque nuit vous vous seriez endormi avec le sentiment que vous aviez fait votre possible pour votre royaume tout en sachant que ce n'était pas assez.
Le Devoir n'a aucune limite, Majesté, pourtant vos jupons en sont la pire.


Un silence s'installa entre eux, chacun pesant les mots de l'autre. Rompu par une éclaircie de souvenirs légers et colorés. Il parla du bal donné pour sa Prestation de Serment, que ce jour lui semblait loin !

Ça oui, j'ai bien cru que certaines habituées de votre Cour allaient défaillir devant les parfums capiteux des "bonnes amies" de ce cher baron ! Comme un jonc elle savait ployer docilement la nuque pour mieux accompagner le vent en attendant qu'il se fasse plus doux. De son père elle avait hérité l'ascendant du sang impérial, de sa mère la souplesse des esclaves.

Pauvre Gr... Monsieur de Borderouge. Oh ne vous moquez pas, il veillait simplement à ce que je ne me sente pas trop esseulée ce soir-là. C'est un homme très prévenant. La scène, les mots surtout prononcés la dernière fois qu'ils s'étaient vus s'imposèrent à ses souvenirs. Des instants si doux, si naïfs écrasés par la terrible réalité. Pourrait-il lui pardonner de s'être montrée si froide ?
La duchesse de Vermandois était splendide ce soir-là. Que devenait-elle ? En fait que se passait-il au-delà des quatre murs de sa chambre ? A son grand effroi elle s'aperçut que cela la touchait à peine. Son âme était tournée vers ses propres tourments et on aurait pu lui annoncer un cataclysme qui balayerait le lendemain toute la vie civilisée, elle n'en aurait pas plus réagi. Mais un Roi se tenait à son chevet et se souciait d'elle, alors si cela pouvait le réjouir elle donnerait le change.

Oh... Ça y est. Je sais quel présent vous accorder à minuit, Majesté. Je vous prierai simplement de ne pas vous attendre à de l'or ni des biens précieux. Mon présent sera d'une autre nature, et non, pas en nature ! Roh. Une idée ?

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MessagePosté le: 07/01/2018, 14:55    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    La Princesse et le Roi avait sur la nation du devoir une conception légèrement différente. La Princesse semblait plutôt satisfaite de son état de Princesse, alors que le Roi y était résigné de par son vécu et ce qu’il vivait actuellement ; du moins… François le percevait ainsi. Toutefois, ils se rejoignaient sur le même point, François le fit remarquer, dans le même ton résigné que tantôt : - Le devoir avant tout… Je ne puis faire autrement : jusqu’à mon dernier souffle, ma vie sera consacrée au Royaume et aux Français. J’aimerai bien faire, résoudre leurs problèmes tout de suite, mais ce qu’ils demandent parfois… demande du temps, et ne dépend pas de ma volonté. La nouvelle année qui s’annonce sera celle des grands changements. J’aurai de graves décisions à prendre assurément, et elles seront prises.

    François repensait alors à la discussion houleuse (peut être la seule qu’ils aient eue ensemble) qu’il avait eue avec son secrétaire particulier, le comte d’Etiolles à propos du mariage du Roi. Regardant la Princesse, il ajouta : - 1824 sera obligatoirement l’année de mon mariage. Avec qui… je l’ignore encore. J’ai eu une vive discussion avec Etiolles mon secrétaire, lequel m’a présenté une liste de Princesses de mon âge et célibataires… Aucunes d’entre-elles ne m’offrent la garantie de ne pas rentrer dans un clan diplomatique, et de ne pas être mêlés malgré-moi à une guerre que le pays de ma belle-famille pourrait déclencher. J’ai retardé le plus possible cette échéance, mais je dois là aussi me rendre à l’évidence : j’ai le choix entre une Infante de Portugal ou la fille morganatique du duc de Sussex.

    Il soupira, ajoutant nonchalamment : - Choix très tentants n’est-il pas ?

    Puis, parlant de la soirée du 15 Août, ils se laissèrent aller à se raconter les souvenirs de cette soirée : le baron d’Orcanie et ses « comtesses », le malaise d’une des invités, le bal, la tenue des invités.


    A la question concernant le cadeau, le Roi souriant fit non de la tête. Sa curiosité venait d’être piquée et il lui tardait maintenant d’être minuit. Il lui dit toutefois que la valeur du cadeau lui importait peu. Et il ajouta qu’il détenait toujours la pomme de senteur qu’elle lui avait offerte lors de son anniversaire masqué.

    Puis de là, la Princesse et le Roi dévièrent leurs conversations sur leurs souvenirs et leurs anecdotes concernant leur éducation reçue ou leur vie avant les grands bouleversements qu’elles connurent ces dernières années. Pour François, ce fut l’Angleterre, les deuils successifs, son éducation politique très stricte, les bals à la Cour d’Angleterre, et les projets qu’il avait s’il n’avait pas obtenu la Couronne : l’armée, ou le mariage avec une riche aristocrate britannique, voir avec l’héritière d’une Couronne qu’on lui aurait sûrement imposé… En fait : rien de bien différent de ce qui se passe maintenant, car l’affaire du mariage revient toujours sur la table.

    La soirée passa plutôt rapidement à l’Hôtel de Bade quand l’horloge fit retentir les douze coups de minuit. S’arrêtant de parler, le Roi compta les coups, quand le douzième et dernier coup se fit entendre, le Roi se tourna vers la Princesse et lui dit : - Joyeux Saint-Epicure Madame.

    Il se leva alors, pour aller chercher le paquet qu’il avait posé quelques heures plus tôt sur le lit de la Princesse. Il le tendit alors à la Princesse tout en lui déclarant : - J’espère qu’il vous plaira autant que j’ai pris de plaisir à le faire faire.

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Asmahane
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MessagePosté le: 12/01/2018, 02:24    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

De quelles graves décisions parlait-il ? Souhaitait-il qu'elle le questionne pour se livrer davantage ? Peut-être n'en eut-il pas besoin car il aborda un tout nouveau sujet qui visiblement le tracassait.

- 1824 sera obligatoirement l’année de mon mariage. Bla bla, vive discussion... liste de Princesses... célibataires… Bla, clan diplomatique, cette échéance...

Oh.
Il est vrai que de tous les bruits de Cour qui avaient circulé et circulaient encore dans Paris, aucun ne lui prêtait de favorite. Pas même une maîtresse ! Sauf... Il y avait bien cette...
"discussion" qu'elle avait eue avec le baron d'Orcanie le soir où ses hommes l'avaient ramené manu militari dans ses appartements du Grand Hôtel. De digression en digression, à travers les délires embrumés de Vincent, il avait fait allusion à une femme qu'il avait empêchée de trop distraire le Roi... A l'époque elle avait refusé de lire entre les lignes, d'en demander plus aussi. Aujourd'hui Vincent n'était plus et ce n'était pas au Roi qu'elle demanderait ce qu'il était advenu de son ancienne amante.
Pour la première fois il eut droit à un sourire légèrement crispé.
Elle mesurait l'importance du rôle que tiendrait la femme qu'il choisirait pour se tenir à ses côtés. Malgré sa volonté de lui être agréable le sujet la mettait mal à l'aise.


- Choix très tentants n’est-il pas ?

Il était étrange comme de son point de vue, de... juste un peu plus haut, sa barbe ne lui mangeait plus autant le visage, lui ôtant les années supplémentaires qu'il s'évertuait à porter. Son air d'adolescent en quête d'approbation lui tira un deuxième sourire, parfaitement sincère cette fois.

Il ne m'appartient certes pas de faire ce choix à Votre place, mais... je suis sûre que vous ferez le bon.

Et à cet instant elle comprit plus que jamais sa solitude, ses questionnements sans fin et la torture que ce devait être d'être le seul à pouvoir décider du devenir d'une nation sans jamais pouvoir s'en ouvrir totalement à qui que ce soit, sans jamais pouvoir confier la moindre de ses faiblesses, sans jamais espérer se reposer même un instant...
Elle avait failli à sa mission de préserver le souvenir de son père, soit, c'était irréversible. Mais ça, ce soir, tout ce qu'ils se disaient... Il l'invitait à y prendre part, sans la forcer ni la brusquer. Il était encore trop tôt pour la rejeter ou l'accepter, mais lorsque résonnèrent les coups de minuit elle se souvint de son cadeau.

Au premier coup ils s'étaient tus, se regardant en souriant comme deux enfants impatients.


- Joyeux Saint-Epicure, Madame.

Au douzième il se leva et revint avec un joli paquet à nœud doré -aux boucles inégales, il avait dû le faire lui-même.

- J’espère qu’il vous plaira autant que j’ai pris de plaisir à le faire faire.

Les yeux brillants elle dénoua le noeud et écarta le tissu coloré qui l'enveloppait, révélant un coffret dans lequel reposait un collier d'or et de pierres sombres, à l'exception d'un diamant en son centre. Et quel diamant... Son eau était d'une limpidité sans pareille et sa taille complexe le faisait briller comme s'il émanait sa propre lumière.
L'adolescente tapie tout au fond d'elle écarquilla les yeux tout grand.


C'est une splendeur... Sire, je ne sais que dire...

Elle effleura la double chaîne de roses divinement ciselées, la première, plus courte argentée, la seconde d'or pur. Sous le diamant et de part et d'autres pendaient trois breloques composées elles-mêmes de deux petites roses et deux bourgeons. Asmahane se plut à imaginer comme elles devaient danser au rythme des pas de leur propriétaire.

De grâce racontez-moi son histoire, un tel bijou à la fois discret et d'une facture si remarquable a dû appartenir à une personne de qualité, j'en suis certaine, n'est-ce pas ?

Car en effet le diamant était unique de beauté, mais le bijou n'était pas de ceux, tapageur, que s'arrachent les belles de la Cour pour rehausser leur tenue.
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François-de-Bourbon
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MessagePosté le: 12/01/2018, 15:55    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    Alors que la Princesse et le Roi discutaient encore à propos du prochain mariage de François, dont l’heureuse élue restait à déterminer, la Princesse semblait montrer de la compassion vis-à-vis du Roi qui lui, ne cachait pas du tout que le mariage ne le tentait guère. Ils étaient nés à la place voulue par celui qui décide du destin de quiconque, même du dernier insecte sur cette Terre. Le Roi pensait qu’elle ne pouvait que le comprendre, et se garda d’ajouter que si le destin avait voulu autrement, elle y serait passée aussi par le mariage lorsqu’elle aurait atteint l’âge raisonnable de convoler en justes noces.

    Il se contenta de lâcher un : - Ma décision sera annoncée le 14 Mai, pas avant.

    D’ici là, il aurait tout le temps de peser le pour et le contre entre toutes les prétendantes. Et puis, le seul point positif de cette affaire était l’amusement qu’éprouvait le Roi de voir les Ambassadeurs de chaque pays faire antichambre pour parler des qualités de chacune des Princesses qu’on lui proposait. Enfin, le 14 Mai était une date symbolique : à la fois le jour de l’anniversaire du Roi, lequel fêterait son 24ème anniversaire, et enfin, la fête nationale que François a déclaré férié.

    Lorsque les douze coups de minuit retentirent et que le temps de déballer les cadeaux étaient venus, le Roi ne pouvait s’empêcher d’arborer un grand sourire aux lèvres, espérant intérieurement que le cadeau offert à la Princesse la contenterait. Visiblement… oui, c’est pari gagné !

    Le Roi lui répondit alors : - Contentez-vous de l’arborer fièrement le jour de mon anniversaire, car je veux absolument vous voir remise sur pied à cette date-là.

    La curiosité de la Princesse semblait piquée à vif, et elle demandait à en savoir un peu plus sur le diamant qui ornait le centre du collier. Il lui conta alors son histoire : - Et bien, ce diamant provient d’une bague qui appartenait à mon père, Louis-Antoine, duc d’Angoulême. Elle était montée sur une bague donc que ma mère offrit à mon père. Il ne la quittait jamais, et il l’avait à la main lorsqu’il mourut à la frontière de son Royaume ans les Pyrénées en 1814. Le duc de Wellington sous les ordres de qui il servait ramena en personne la bague à ma mère, et cette dernière m’a offert la bague le jour de mon départ définitif de l’Angleterre pour la France, à l’occasion de mon vingt-et-unième anniversaire.

    Il ajouta : - Je ne porte que rarement cette bague, et je trouvais dommage que ce diamant dépérisse ainsi, sans avoir la chance d’être montré fièrement. Et puis… je n’ai pas oublié le cadeau magnifique que vous m’aviez offert pour mon anniversaire… vous vous souvenez, la pomme de senteur ? Vous avez mis la barre très haute, alors, voici le témoignage de mon affection.



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Asmahane
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MessagePosté le: 16/01/2018, 04:17    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

Racontée par l'enfant survivant du couple tragique l'histoire du diamant émut beaucoup la jeune fille.
Ainsi ce bijou avait été offert et porté par des personnes qui s'étaient beaucoup aimés... Sa foi dans le brahmanisme et sa doctrine étaient solides, pourtant au contact du désert après leur fuite de Topkapi la petite princesse avait peu à peu laissé son esprit s'ouvrir aux croyances non officielles mais si pleines de bon sens des nomades. C'est tout naturellement qu'elle porta sur le collier un regard bienveillant.


J'ai entendu les gens du désert dire que les objets témoins de tant de belles émotions en gardent une empreinte bénéfique indélébile...

A nouveau elle posa l'index sur le diamant central et en suivit la courbe jusqu'à la breloque végétale. Un sourire accompagna le geste.

Si une mère de nomade voulait protéger son enfant partant loin d'elle, c'est un talisman tel que celui-ci qu'elle aurait choisi. Son histoire... Votre histoire, Sire, est magnifique ! Il lui fallut une seconde pour se rendre compte de la maladresse de ses paroles.
Non ! Je veux dire... Inquiète, elle se leva et fit le tour du savonarole sur lequel état assis le Roi pour s'agenouiller à même le tapis, face à lui. Affirmer avec autant de passion qu'un décès pouvait être magnifique, aïe aïe... Elle chercha sur son visage une trace de colère, ou de déception.

"Kismetdén zyadé olmass", dit-elle avec une grande douceur. Cela signifie que rien n'arrive qui ne soit prédestiné. Comprenait-il ce qu'elle souhait lui faire entendre ? Ou cette énième erreur de langage le blesserait une fois de trop ? Ce serait bien la dernière chose qu'elle souhaitait. Si elle avait connu l'expression 'tourner la langue sept fois dans sa bouche avant de parler" elle l'aurait appliquée au centuple. Pour être sûre !

Votre affection est le plus beau présent que j'ai reçu depuis mon arrivée. C'est pourquoi le cadeau que je vous destine ne tient pas dans un coffret, pas plus que dans la main. Les mains posées sur le bord du tabouret sur lequel il avait pris place, elle ferma les yeux et inspira lentement, profondément. Puis toujours les yeux fermés elle prononça les paroles libératrices.

Majesté, je vous délivre dès cet instant de toute dette envers moi. De notre rencontre tragique, je vous pardonne. Des remords, du chagrin, de la culpabilité, je souhaite que vous soyez affranchi.
Je... Je vous pardonne. Pour tout. Puissiez-vous en être apaisé...


Quelque part, ancrée tout au fond de son être, se tenait tapie la certitude qu'elle s'étiolerait inexorablement et s'éteindrait après avoir donné le change, doucement, sans trop s'attarder. Mais même si elle n'avait pas su cela, elle aurait quand même pardonné.
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François-de-Bourbon
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MessagePosté le: 07/02/2018, 16:54    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental Répondre en citant

    La Princesse ouvrit le cadeau du Roi, laissant apparaître le collier avec incrusté en son centre un bijou du feu duc d’Angoulême. Elle semblait visiblement ravie du cadeau. Le Roi lui répondit : - Nous avons en effet, dans nos traditions, le concept de se léguer les bijoux familiaux. On se souvient mieux des personnes qui nous ont quitté ainsi, mais… ce n’est pas un bijou qui fera revenir mon père, et ce n’est pas ça qui m’empêchera de penser à lui chaque jour qu’Epicure fait. Autant que vous le portiez…

    Lorsqu’elle fit allusion à « la mère d’un nomade », le Roi tourna machinalement sa tête vers la fenêtre. Comme s’il s’attendait à son apparition… bien sur, elle était en Angleterre, et elle ne reviendrait jamais en Terre de France. Elle ne supporterait pas de vivre à Paris, ville où elle a tant souffert, des heures tragiques de la Révolution à sa détention à la Prison du Temple… les assassinats du Roi Martyr, de son épouse Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, et du petit dauphin Louis XVII… ce serait trop pour elle que de fouler la terre parisienne.

    Mais cette éloignement coûtait au Roi. Il restait un enfant qui a besoin de sa mère, et dont l’avis maternel, toujours bienveillant vis-à-vis de François, lui aurait sûrement permis de ne pas prendre certaines décisions qu’il regrettait aujourd’hui.

    D’un geste de la main droite, François fit comprendre à la Princesse qu’il avait compris le sens de sa phrase.

    « Rien qui n’arrive qui ne soit prédestiné ».

    Cette phrase-là, François la tourna et la retourna dans sa tête. Qu’entendait-elle par là ? Que leur rencontre fracassante où les chevaux royaux ont tués sa sœur, la Margravine de Bade, était l’œuvre du destin ? Que les soirées passées ensemble également ? Les questions se chamboulaient, et une question revenait : qu’a prévu le destin pour la suite ?

    Le Roi croyait profondément en ces choses-là, beaucoup plus qu’au Dieu qu’on lui avait assigné lors de son baptême. Il espérait alors que le destin serait bienveillant.

    Puis, ce fut au tour de la Princesse d’offrir son cadeau au Roi. François sourit tout en arquant un sourcil. Lorsqu’elle prononça les paroles « Je vous délivre en cet instant de toute dette envers moi », le Roi sentit comme un poids qui s’envolait… la hantise de devoir être condamné par le Très-Haut lors du jugement final pour ce meurtre, le Roi en angoissait parfois. Alors là… le Roi lâcha dans un soupir un simple : - Merci Madame…

    La regardant plus intensément, il ajouta : - Que le Dieu auquel vous croyez vous bénisse pour l’acte de miséricorde que vous venez d’accomplir, mieux que je ne pourrai le faire en ce jour. Qu’il vous accorde une longue et heureuse vie.

    « Rien qui n’arrive qui ne soit prédestiné ».

    Ces paroles prophétiques revenait à l’instant dans l’esprit du Roi. Etait-ce la fin de ce début de proximité qu’ils avaient commencé à nouer ? Après s’être confié l’un à l’autre comme deux gens du même monde, étaient-ils voué à s’éloigner à vivre la vie que la naissance leur a tracé ? Le Roi ne pouvait s’y résoudre : non, cela ne pouvait pas être LA FIN. S’il devait provoquer le destin, ce serait ce soir, ainsi, il lui dit : - Sachez Madame, que même si vous me pardonnez pour le mal que je vous ai causé, je ferai tout… tout… pour que vous viviez heureuse en France, et bouterait vos ennemis hors de mon Royaume pour que désormais votre vie soit la plus paisible possible.

    A cet instant, le Roi ne pouvait pas lui dire qu’il avait fait diligenter l’enquête pour savoir où se trouvait ce Prince impérial déchu… et personne imaginait que deux mois plus tard, Borderouge dépasserait les attentes du Roi et permettra de localiser le Prince.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:32    Sujet du message: [RP / Privé] Saint Epicure à l'oriental

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