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Thierry d'Argenson
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MessagePosté le: 23/02/2018, 00:44    Sujet du message: [RP Privé ] Une Visite Répondre en citant

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La Prison des Présentines.. Un établissement flambant neuf ou étaient incarcérées les femmes déjà jugées ou en attente de jugement.. Ici était emprisonnée Marie Fargela, condamnée pour vol et en attente de jugement pour la mort par empoisonnement de son époux, empoisonnement dont elle était accusée. 
Ce Mercredi 21 Février, peu après 9 h du matin, une berline s'arrêta devant les portes de l'établissement, et Thierry en descendit, doucement, en fixant la porte d'entrée au dessus de laquelle figurait l'inscription " Prison pour femmes ". Le jeune homme ouvrit son portefeuille, sortit un billet pour régler la course, puis regarda un instant le véhicule s'éloigner avant de se tourner vers la porte de la prison et de s'en approcher.. Il empoigna la corde suspendue à la droite de celle-ci, la tira à trois reprises, puis attendit.. 
En attendant qu'on lui réponde, il observa autour de lui ce quartier des Présentines, peu peuplé, à la lisière Est de la ville, ou les passants étaient rares.. Un regard s'ouvrit dans la porte, une paire d'yeux scruta l'avocat, puis une voix lui demanda ce qu'il désirait. 


Je suis Thierry d'Argenson, avocat.. Je viens voir Monsieur le directeur avec qui j'ai rendez vous. 


Le regard se referma, un bruit de verrous qu'on tourne se fit entendre et enfin, la porte s'ouvrit.. Lentement, Thierry pénètra dans une cour pavée, observa les murs ou sur trois étages, des coursives rejoignaient chacune des escaliers.. L'homme qui lui avait ouvert lui demanda de le suivre, et à sa suite, il franchit portes, couloirs, cour, puis encore portes et couloirs avant d'arriver dans la partie administrative de l'établissement.. Enfin, il arrivèrent dans une sorte de petit salon d'attente ou il lui fut demandé de patienter.. L'homme disparut et l'avocat prit place sur une chaise.. 
Il songa à sa cliente, qu'il allait rencontrer dans peu de temps.. Se demandant à quoi elle ressemblait.. Tout ce qu'il savait d'elle, c'est qu'elle était jeune.. 22 ans.. Le mort, son époux, en avait 53. A ce stade, il n'était assuré de rien, ni de l'innocence, ni de la culpabilité de la jeune femme. Etait elle marié avec un homme trop vieux qu'elle n'aimait pas ? Un amant jaloux était il de la partie ? Un associé de l'homme qui possédait plusieurs forges et était un notable qui aurait voulu se débarrasser de lui ? La famille du défunt détestait Marie.. Pourquoi ? Tant de question qu'il lui faudrait éclaircir.. 
Un homme se présenta à lui.. De haute stature, une barbe en pointe taillée impeccablement, lunettes d'écaille.. L'homme dégageait une certaine prestance, et un air amical qui néanmoins ne trompait pas... Cet homme avait l'air décidé et sûr de lui. Une main fut tendue..


Maître d'Argenson... Je suis Raymond Taillard, le directeur de cet établissement. Ravi de vous rencontrer... Veuillez me suivre dans mon bureau je vous prie..


Thierry se leva, saisit la main tendue, puis suivit le directeur.. Ils s'installèrent dans un bureau qui était avant tout destiné à être fonctionnel, et la discussion commença. 


J'ai bien reçu, cher Maître votre demande, concernant votre cliente, Madame Fargela.. Bien entendu, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous la rencontriez.. Cependant, je tiens à vous avertir qu'au vu des charges pesant contre la dame, car il vous faut savoir que sur les 14 femmes enfermées ici, elle est la seule à l'être pour assassinat, votre entrevue se passera en présence d'un gardien... Bien sûr, je me porte garant de la discrétion de celui-ci.. 


L'homme eut un sourire qui pouvait vouloir dire bien des choses.. Thierry resta silencieux un instant, fixant sans ciller l'homme face à lui.. De qui celui-ci tenait il ses ordres ?? Du juge ?? Du procureur ?? On entendait tout savoir de ce que dirait la jeune femme.. En y réfléchissant un peu, cela était compréhensible.. Le dossier d'enquête ne permettait toujours pas d'assurer sans erreur possible que sa cliente était bien l'empoisonneuse.. Le juge avait fixé la clôture de l'instruction à une date reculée, signe qu'il entendait laisser le temps au Procureur d'étayer son dossier accusatoire... Même si finalement cela lui laissait le temps à lui de faire des recherches afin de tenter de trouver les failles.. Thierry aurait mis sa main au feu que le directeur renseignait le Procureur... 


Je vous remercie, Monsieur le directeur, de me recevoir.. Je vous remercie également de bien vouloir accéder à ma demande, bien que celle-ci ne fut pas extraordinaire et ne pouvait supporter de refus de votre part, sans motivation sérieuse.. Cependant, concernant le garde, vous me pardonnerez de ne pas tenir compte de votre... Avertissement.. Que vous vous portiez garant, ou non.. Puisque je suis tenu au plus grand secret concernant ce que peux me confier ma cliente, la présence de votre garde ne saurait être tolérée.. Donc, de deux choses l'une... Soit je puis la rencontrer seule, à l'abri des oreilles indiscrètes qui pourraient s'empresser d'aller fournir au ministère public des renseignements qu'il n'est pas censé avoir en sa possession, soit je ne le peux pas. Dans le deuxième cas, Monsieur le directeur Taillard, alors je repartirai sans la voir. Puis, dès mon retour en mon cabinet, j'écrirais un courrier à Monsieur de Sévigné, garde des sceaux, que je connais bien pour avoir été un temps son supérieur, et avec qui j'entretiens d'excellentes relations, pour lui expliquer la façon dont vous concevez votre travail... Cela l'intéressera sûrement au plus haut point.. Et l'homme est empli de principes, croyez moi... 


Les deux hommes se jaugèrent un instant.. Puis, Taillard enfin eut un geste d'apaisement..


Ne voyez pas de mauvaise intention de ma part Maître.. Mais comprenez que je sois obligé de prendre toutes les précautions nécessaires... Il n'y a la rien de personnel, bien sûr.. 


Thierry hocha la tête d'un air entendu... Il ne servirait à rien d'expliquer au directeur que cette tentative était maladroite.. Il serait sûrement appelé à revenir, mieux valait ne pas s'en faire un ennemi... 


Je comprends parfaitement Monsieur.. Tout comme vous comprenez ce que signifie le secret qui entoure tout échange entre une accusée et son conseil... Car ma cliente n'est pas enfermée ici pour assassinat, mais pour vol.. Concernant l'assassinat, elle n'est pour le moment qu'accusée, en aucun cas coupable. Vous vous doutez bien, du reste, que je ne suis pas venu ici pour la faire évader.. Mais, avant de la rencontrer.. Puis je vous demander les conditions d'incarcération dans lesquelles elle est placée ?? 


Taillard sourit à nouveau.. Joignit les mains...


Le régime auquel elle est soumise est loin d'être insupportable Maître.. Deux repas chauds par jour, linge propre tous les deux jours, et une toilette chaque matin.. Elle a droit aux journaux chaque samedi, et d'écrire un courrier par semaine. De plus, elle à droit de sortir dans la cour arrière, trois fois la semaine, durant une heure. Voyez que ça n'est pas l'enfer. 


Thierry hocha la tête, se retenant de dire que de toute façon, il demanderai à la jeune femme si elle était bien traitée.. Le directeur sonna, et un garde se présenta..


Veuillez amener Maître d'Argenson en salle d'audition, puis amenez lui Madame Fargela afin qu'ils puissent s'entretenir.. Seuls. 


Puis, il rajouta en regardant Thierry :


Je ne puis vous laisser qu'une heure maître. C'est le règlement de l'établissement. 


Il se leva, serra la main du jeune homme, et quelques instants plus tard, alors qu'il attendait dans une salle vide ou étaient disposés une table et trois chaises, par une porte au fond de la salle, un garde fit entrer une jeune femme habillée de la tenue grise des prisonnières.. 
Thierry observa la jeune femme.. Bien que le visage était un peu émacié, assez pâle, elle était restée jolie.. Elle s'avança doucement, sans bruit, jusqu'à arriver de l'autre côté de la table devant laquelle Thierry était posté... Sans lever le regard, elle prononça d'une voix douce, presque enfantine :


Je suis Marie Fargela.. Vous vouliez me voir Monsieur ? 


Restant silencieux un instant, la regardant, la, le visage baissé, l'air presque craintive, Thierry laissa le temps à la surprise de s'évanouir.. Il s'était attendu à rencontrer une jeune femme plus battante, plus agressive, criant d'entrée son innocence... Il ne s'attendait pas à tomber face à une femme si discrète.. 


Asseyez vous je vous prie Madame.. 


Une fois qu'elle eut prit place, il s'assit à son tour, et enfin, elle leva son regard vers lui... Ce regard le frappa.. Elle avait 22 ans, son regard était celui d'une femme qui en avait bien plus... Un mélange de tristesse, de fatigue, de lassitude y était ancré... 


Je m'appelle Thierry d'Argenson. Je suis avocat au barreau des Bouches du Rhône... Le bâtonnier m'a écrit pour me demander d'assurer votre défense dans l'affaire du décès dont vous êtes accusée.. 


Il laissa passer un silence, la jeune femme le regardant sans bouger. 


Il vous faut bien comprendre qu'étant votre avocat, je suis la pour vous aider, et trouver la ou les solutions pour, au mieux, vous sortir de la, au pire tenter d'adoucir au mieux votre sort.. Tout ce que vous me direz sera confidentiel, et restera strictement entre nous... Personne, quoi que vous me disiez ou me confiez, ne saura ce que vous m'avez dit... Comprenez bien que je suis aujourd'hui le seul ami que vous ayez Madame... Il va vous falloir m'accorder une confiance pleine et entière. Je ne suis pas la pour vous juger, quoi que vous me disiez. Je suis la pour vous aider... Vous comprenez ?? 


La jeune femme émit un oui fluet... 


Bien... Avant de vous poser les questions qui m'aideront à y voir plus clair, pouvez vous me dire si vous êtes bien traitée ?? Vos conditions de vie ne sont pas trop pénibles ?? Y a t il quelque chose que vous voudriez et que je pourrai vous aider à obtenir ?? 


Immobile un instant, elle baissa les yeux, avant de les relever et de prononcer d'une voix toujours aussi douce :


Je n'ai pas à me plaindre.. Mais j'aimerai juste avoir une couverture de plus.. La nuit, le poële s'éteint.. Et j'ai froid.. 


Le jeune homme hocha la tête..


Je vais en parler au directeur et lui demander de vous la fournir.. Bien... Dans ce que vous me répondrez, il sera important que vous n'omettiez rien, et surtout Madame... Que vous me disiez la stricte vérité.. Si vous me mentez, ou me cachez des choses, et qu'au jour du procès ce mensonge apparaît, alors je ne pourrai absolument plus rien faire pour vous... Croyez moi, même si cela peut être difficile, c'est pourtant nécessaire... Je vais vous demander de bien peser votre réponse à la question que je vais vous poser... De cette réponse dépendra toute la suite de notre relation... 


Il la fixa un instant, puis, doucement, se penchant en avant pour prendre appui sur ses avants bras, posa la première question :


Madame Fargela... Etes vous, oui ou non, d'une manière ou d'une autre, responsable de la mort de votre mari ?  
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Thierry d'Argenson
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MessagePosté le: 27/02/2018, 20:57    Sujet du message: [RP Privé ] Une Visite Répondre en citant

La jeune femme baissa à nouveau les yeux, fixant un point indistinct sur la table... Le silence s'installa... Thierry guettait la moindre réaction, le moindre geste qui eut pu trahir une pensée, une émotion... Mais il ne décela rien... Au bout d'un instant, il reprit..


Je comprends parfaitement ce que cette question contient de violent Madame... Cependant, il n'y a que deux possibilités, et des manières d'agir pour moi qui dépendent de ces possibilités... Soit vous êtes responsable et alors il me faut trouver ce qui vous a conduit à cette extrémité, soit vous ne l'êtes pas, et alors il me faut trouver des preuves irréfragables. Dans les deux cas, mon travail est de vous aider, je vous le répète... Alors quelle que soit la....


Il n'eut pas le temps de finir sa phrase... Marie venait de relever le visage et prononça d'une voix douce, mais néanmoins ferme :


Non... Non Monsieur, je ne suis pas une meurtrière... Je n'ai pas tué Charles. 


Le jeune homme resta un instant à fixer le visage, le regard, les éventuelles mimiques de la Dame Fargela. Puis, hocha doucement la tête.. 


Pourrait il en ce cas s'agir d'une maladresse ?? Un accident ?? Un accident dont vous seriez la cause, de manière involontaire ?? 


Sa cliente secoua la tête en signe de dénégation.


Non, je vous le répète.. Je n'ai rien à voir, ni de près, ni de loin avec la mort de mon époux... 


Le ton était ferme, assuré... Pour autant, cela ne voulait rien dire.. Thierry ouvrit le dossier qu'il avait posé devant lui, lut un instant, puis reprit.. 


Parlez moi un peu de vous Madame... Avant d'être l'épouse de Monsieur Fargela, quelle était votre vie ?? 


Marie resta un moment silencieuse, eut, pour la première fois un léger sourire.. Puis, d'une voix toujours fluette, elle répondit..


Je suis la fille de Pierre Michel Caprelle. Fille unique.. Mon père était Baron d'empire. J'ai été orpheline très tôt, lorsque j'avais cinq ans.. Mes parents ont trouvé la mort alors qu'ils se rendaient à Paris... Le véhicule dans lequel ils étaient a versé dans un ravin, et ils sont morts, tout comme les deux autres occupants de la malle. C'est ce que l'on m'a dit lorsque l'on a estimé que j'étais en âge de savoir.. C'est mon oncle, Théodore Caprelle, frère de mon père, qui m'a recueillie, élevée, et expliqué ce qu'il s'était passé. Mon oncle était un homme riche.. Il a fait fortune comme munitionnaire... Il possédait un vaste domaine près de Toulon. j'ai mené une vie heureuse et oisive à ses côtés... Il vivait seul, ne s'était jamais marié.. Il est mort il y a deux ans... Et de nouveau, je me suis retrouvée seule. La vie a été difficile, car mon oncle n'avait fait aucun testament, ne m'a rien légué. Il a fallu que je travaille pour survivre. Il y a eu des moments difficiles.. J'ai été femme de ménage, ouvrière, bonne à tout faire.. Chez des gens pas toujours gentils. 


Le visage penché sur un velin ou il couchait quelques notes, Thierry écoutait sans rien dire.. Puis, le silence s'étant de nouveau installé, il releva le visage et relança la discussion. 


Vous avez du travailler pour survivre.. Bien, votre situation s'est dégradée après le décès de votre oncle.. De quoi est il mort cet oncle ? 


Le regard de Marie se voila légèrement... Manifestement, le souvenir était pénible, ce qui se comprenait au vu de son caractère relativement récent. 


Des amis, les Guillemin, m'ont expliqué que depuis quelques temps, Théodore subissait revers sur revers... Il se serait retrouvé ruiné... 


Elle fixa Thierry, puis prononça d'un ton sourd..


Il a mis fin à ses jours.. Il s'est pendu dans le grenier de sa propriété.. 


La première réflexion qui vint au jeune homme fut de penser que la mort était décidément très présente dans la jeune vie de Marie.. Puis il s'en voulut de penser une telle chose... Pouvait elle forcément être responsable du destin ?  
Il refixa le velin devant lui un instant, laissant passer un silence qui se voulait respectueux, le temps pour la jeune femme d'évacuer ce triste souvenir.. 


Vous avez ensuite rencontré votre époux... Avez vous travaillé pour lui ?? L'avez vous rencontré d'une autre manière ?? 


La jeune femme inspira profondément.. Puis répondit..


Les Guillemin.. Ce sont eux qui m'ont présenté à Charles. Lors d'un repas à leur domicile.. C'était au mois de Mars 1823. Ils me l'ont présenté comme un riche veuf, m'assurant que me marier avec lui me mettrait à l'abri du besoin pour le restant de mes jours.. Les Guillemin sont de vrais amis Monsieur d'Argenson. Ils se faisaient beaucoup de souçis à mon sujet, et étaient peinés de ma condition d'alors... Lors de ce repas, j'ai donc rencontré Charles Fargela.. Un homme sans charme, pas séduisant du tout. Mais il avait une situation, et étais je en position de faire la difficile ?? 


Elle lui jeta un regard troublé..


Vous devez me trouver bien vile n'est ce pas ?? 


Thierry la fixa, puis sourit..


Madame... Vous êtes issue d'un certain milieu... Vous avez connu la difficulté, voir le dénuement... Loin de moi l'intention de vous blâmer.. Il est naturel de vouloir être à l'abri des difficultés... Non, je ne vous trouve pas vile... Du reste, je vous ai indiqué que je n'étais pas la pour vous juger, mais pour comprendre... 


Il sourit à nouveau, puis lui demanda de continuer. La jeune femme reprit..


Charles m'a fait une cour effrénée les jours suivants ce repas... Il m'a fait miroiter une vie oisive, faite de plaisirs ou rien ne me serait refusé et ou tout me serait permis... Alors... Lorsqu'il a demandé ma main, j'ai dit oui... Retrouver la vie que j'avais toujours connue était pour moi nécessaire, et le moyen tout trouvé.. Même si c'était au prix d'un mariage avec un homme bien plus vieux que moi, et peu ou pas attirant de surcroît.. Nous nous sommes mariés en Août 1823, hâtivement.. Puis il m'a emmené chez lui, à Marseille, dans ce qu'il m'avait décrit comme un petit palais.. 


De nouveau, elle se tut.. Thierry finit de griffonner quelques notes, puis l'observa.... Il comprit à la regarder que la désillusion avait suivie de peu le mariage...


Le conte de fée qu'on vous avait vendu n'était qu'une illusion ?? C'est cela ? 


La jeune femme hocha doucement la tête.. 


Le petit palais était bien délabré... Il aurait fallu une petite fortune pour le restaurer de la base au toit... J'ai vite compris que Monsieur Fargela, homme bien installé financièrement, connaissait en fait la plus vive difficulté à maintenir ses affaires à flot... j'ai une fois, lors d'une de ses absences, trouvé des papiers dans son bureau... Il était proche de la banqueroute... Il était proche de la ruine... 


Thierry mit de l'ordre dans ses pensées... ce qu'il entendait ne lui plaisait pas... Une femme mariée à un homme qu'elle n'aimait pas parce qu'elle le pensait riche, et qui finalement apprenait qu'elle avait été dupée... A ce moment la, il se demanda si finalement elle n'allait pas lui annoncer que prise par le désespoir, entrevoyant un retour à une vie difficile, elle l'avait purement et simplement éliminé... 


En avez vous parlé avec lui ?? Lui avez vous fait savoir que vous étiez au courant ? 


La réponse fut immédiate..


Non. Avec Charles, il y avait des domaines dont je n'avais rien à connaître... Ses affaires en faisaient partie..  Un soir, il a pourtant abordé le sujet, m'expliquant qu'il était préoccupé, que ses... Fabriques connaissaient des difficultés... C'est quelques jours plus tard que j'ai reçu un courrier, émanant d'un notaire de Toulon.. 


Un notaire ? Thierry fronça les yeux... 


Un notaire ?? Et que vous voulait ce notaire ? 


La jeune femme renifla puis joignit ses mains..


Il m'annonçait que mon oncle, Théodore, avait bloqué pour moi une somme jusqu'à mes 21 ans, que je venait d'atteindre... 15 000 Francs.. Et que cette somme, selon les dispositions prises, ne revenaient qu'à moi.. Je vous avoue que j'aurais aimé disposer de cette somme avant de rencontrer Charles. 


Pour le coup, Thierry était de moins en moins ravi de ce qu'il entendait... Une femme déçue, qui touchait une somme, modeste certes, mais lui permettant peut être de voir les choses autrement... L'arsenic, sur lequel il lui faudrait revenir... 


Cet argent... Qu'en avez vous fait ? 


Marie baissa le regard... C'est sans le relever qu'elle répondit... 


J'ai décidé de dire à mon époux que j'étais au courant de l'état de ses affaires... En lui faisant croire que les rumeurs circulaient à ce sujet.. Il n'était pas question de lui dire que j'avais lu ses papiers...


Thierry posa sa plume, et sans quitter du regard sa cliente, reposa la question..


Madame Fargela... Ces 15000 francs... Qu'en avez vous fait ?? Les avez vous mis de côté ?? Les avez vous plaçés ?? Il est important que je le sache... Car cet argent représente une arme à double tranchant... 


Ce fut un visage empli d'une certaine fierté qui le regarda... Puis la réponse fut apportée sans la moindre hésitation..


J'ai fait ce que toute femme aurait fait pour son époux... Je lui ai donné, Monsieur d'Argenson.. Les papiers ont été faits devant avoué... Je lui ai tout légué, afin qu'il puisse relancer ses affaires... Il était mon époux. Il n'y avait la rien que de plus normal.. 


Dans les secondes qui suivirent, l'avocat resta comme saisi... Cette nouvelle apportait encore, si besoin était, un noeud supplémentaire à une affaire encore bien floue... Ses pensées défilaient sans cesse, sans repos... Deux minutes au moins étaient passées avant qu'il ne demande :


Qui était au courant pour ce legs de votre oncle, hormis le notaire ?? le sauriez vous ?? En avez vous quelque idée ?? 


Marie Fargela se contenta de faire non de la tête..


 


 






  
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Thierry d'Argenson
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MessagePosté le: 04/03/2018, 14:40    Sujet du message: [RP Privé ] Une Visite Répondre en citant

Thierry se leva... Fit les cent pas dans la salle ou ceux ci résonnaient... Une cliente accusée d'avoir empoisonné son époux... des experts qui n'avaient jusque la pas pu certifier que l'homme avait ingéré l'arsenic que l'accusée avait acquis à deux reprises... Une accusée qui s'était mariée pour retrouver une situation, qui avait été trompée sur la marchandise... Pour autant, la jeune femme avait appris que finalement, son oncle lui avait légué 15000 Francs bloqués jusqu'à ses 21 ans, somme qu'elle avait décidé de léguer à son époux dans son intégralité... 
Il se retourna, fixa le dos de Marie qui n'avait pas bougé... Une femme lègue t elle une somme à un époux qu'elle désire assassiner ?? A bien y réfléchir, pourquoi pas... Cela appelait à d'autres questions... Il revint près de la table, devant sa cliente, et restant debout, reprit l'interrogatoire..


Savez vous ce qu'il est advenu de cette somme d'argent une fois qu'elle fut en sa possession ? 


La jeune femme leva le regard, et répondit du même ton que celui utilisé précédemment :


Et bien... J'imagine qu'il les a réinvestis dans ses fabriques... Il ne m'a rien dit à ce sujet... 


Thierry prit conscience du travail qui l'attendait.. Faire une demande au juge pour avoir accès aux livres de comptes des fabriques du sieur Fargela et de ceux du défunt oncle de la jeune femme,  rencontrer les Guillemin, le notaire... La famille du défunt également.. Il lui faudrait aussi s'entretenir avec le Procureur.. Et l'instruction suivait son cours... La clôture de celle-ci était fixée à fin Mai.. 3 mois... Ca ne serait pas de trop.. 


Il tira sa montre gousset, et s'aperçut qu'il ne lui restait que quelques minutes pour finir cette première entrevue.. Il se rassit..


Votre époux et vous aviez vous signé un contrat de mariage ? Savez vous si un testament avait été dressé de sa part ??


La encore, la jeune femme fit non de la tête..


Aucun contrat.. Je n'apportais rien dans la corbeille Monsieur.. Du moins, le croyais je jusqu'à ce que j'apprenne que finalement, mon oncle me léguait une somme.. Quant au testament, Charles n'en a jamais parlé.. Pour cela, il faudrait voir son notaire, le même qui m'a contacté.. Maître Ballard.. A Marseille.. 


Thierry hocha la tête.. Les 15000 Francs auraient pu être un " investissement "... Si testament il y avait, alors Marie aurait bien pu penser qu'elle récupérerait sa mise une fois le mari occis.. A vérifier donc... Pensant à cela, le jeune homme se fit la réflexion que malgré les dires de sa cliente, il n'était toujours convaincu ni par son innocence, ni par sa culpabilité... Seuls, les vérifications lui donneraient une réponse plausible, qui se devrait d'être certaine au jour du jugement..


Vous avez acheté de l'arsenic... A deux reprises... Qu'en faisiez vous ?? Ou était rangé ce produit ? D'autres que vous avaient ils accès à ce poison ? 


Marie resta un instant silencieuse... Son regard se baissa, mais Thierry voyait que ses yeux restaient fixes... Au bout d'un instant, il s'impatienta, reprenant la parole d'un ton se voulant pourtant toujours calme..


Madame... Votre époux n'avait jamais montré de signes de maladie auparavant.. Cela aurait été inscrit au dossier... Soudainement, il meurt dans des souffrances terribles... Vous avez acquis du poison... Comprenez que la situation, que ces faits avérés ne plaident pas en votre faveur !! L'accusation a beau jeu de vous montrer du doigt, et le juge est pour le moment enclin à la croire !! Parlez moi de l'arsenic !


Sans relever le regard, elle finit par répondre..


J'en ai acheté à deux reprises pour nous débarrasser des rats Monsieur.. Et uniquement pour cela... 


Ou était rangé le produit ?? A proximité des aliments ?? Ailleurs ??


Marie secoua la tête..


Non, le poison était rangé dans un buffet, fermé à clef, à l'écart du reste..


Qui avait la clef de ce buffet à part vous ?? Des serviteurs ?? Monsieur votre époux ?? 


Elle releva le regard, fixa un instant Thierry...


Nous n'avions pas de serviteurs, car aucun moyen de les payer Monsieur.. Charles et moi vivions seuls. La clef était accroché au tableau des clefs, dans le vestibule d'entrée de la demeure. 


La encore, impasse... Thierry soupira... Il avait besoin de relire ses notes, d'approfondir certaines choses... La porte au fond de la salle s'ouvrit, et un garde entra et prononça :


Maître, l'heure est écoulée...


L'avocat le regarda, fit un signe de tête indiquant qu'il avait compris..


Juste une minute encore Monsieur.. Une seule question, et je me retire..


Il posa son regard sur Marie..


Votre belle famille vous a d'emblée accusée, votre belle mère en premier lieu... Pourquoi Madame ?? Auriez vous une idée sur la raison de telles accusations ?? 


La jeune femme détourna son regard, fixant un point lointain... D'une voix assourdie, elle répondit..


Elle m'a détestée d'emblée... Pour elle, je n'étais qu'une jeune poule à la recherche d'un homme riche... Elle m'appelait la garce en privé... M'assurait qu'elle ferait tout pour que je sois jetée hors du domicile... Elle a monté la fille de Charles également contre moi... Cette femme est une horrible marâtre.. 


Le garde prononça une deuxième fois " Monsieur " ...Thierry se leva, rassembla ses affaires, et alors qu'il allait saluer sa cliente, celle-ci lui posa une main sur le bras..


Il faut me croire Monsieur d'Argenson... Je n'ai rien fait.. Sortez moi d'ici, je vous en supplie.. 


Sa serviette sous le bras, Thierry la regarda, et d'un ton empli de complaisance, lui répondit la seule chose qu'il pouvait lui répondre..


Madame... Je ne fais jamais de promesse que je ne suis pas sûr de tenir... Je ne pourrai pas vous sortir d'ici avant le procès, il n'y a aucune faille dans la procédure, j'ai déjà vérifié... La seule chose que je puisse tenter, c'est de vous éviter d'y revenir après le procès... Il va vous falloir être patiente.. 


La jeune femme le fixa... 


Vous reviendrez me voir, n'est ce pas ?? 


Il hocha la tête..


Oui.. Ca, je vous le promet.. Quand, je ne sais pas, j'ai beaucoup de choses à vérifier... Encore une fois, la patience est la seule chose qu'il va vous falloir observer... A bientôt Madame Fargela..


Il dégagea doucement son bras, puis se dirigea vers la sortie... Il fit un signe de tête au garde, lui disant au passage de demander de sa part au directeur qu'une couverture supplémentaire soit apportée à sa cliente..


Et s'il vous plaît, demandez également à ce que le poële de sa cellule soit alimentée également la nuit... S'il y a des frais, que la note soit envoyée à mon cabinet, à Saint Rémy..


A son tour, le garde fit signe qu'il avait compris...


Quelques minutes plus tard, attendant une voiture qui le mènerait au centre d'ou partait la malle qui le rapatrierait à Saint Rémy, Thierry songea à la dernière remarque de Marie Fargela... Sa belle mère la considérait comme une coureuse de fortune... Une garce... mais cela signifiait également que la marâtre n'était pas au courant de l'état des affaires de son fils... Thierry soupira... Des semaines de vérifications en perspective...
La voiture arriva, il grimpa dedans, criant un lieu de destination au cocher...  


 


 
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