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[RP] C'est la lutte finale !

 
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Alphonse Léodegard
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MessagePosté le: 16/10/2018, 11:35    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

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Le 11 octobre 1824.

Monsieur Dumont, patron des Imprimeries Dumont et Fils avait accepté l’excuse d’Alphonse pour lui permettre de se rendre à Cherbourg. Évidemment, il n’y avait aucune ‘‘affaires familiales’’ chez les Léodegard, vous en apprendrez plus tard sur lui. La seule et unique raison était cet article : le journal de droite indépendante qui a ses locaux au-dessus de l’imprimerie s’est faite l’écho d’un article anti-royauté d’un journal cherbourgeois. Parcourant le texte manuscrit, Alphonse s’était retrouvé parfaitement dans ce texte dont la plume a dû être plus que trempée dans le vitriol.

Il était sur la route de Cherbourg. Notre homme réfléchissait tout en regardant la route à travers la berline. Des champs à perte de vue en quittant Paris. Des paysans de tout âge, femmes comme hommes, s’affairaient à récolter le fruit d’un dur labeur. Dans la poche de son manteau se trouvait l’exemplaire manuscrit de cet article. Était-il possible que Cherbourg se réveille d’une longue léthargie politique ? Magnifique ville que Cherbourg : qui peut ignorer qu’elle fut jadis la capitale d’une lutte révolutionnaire ? Qui peut oublier que c’est à Cherbourg que fut fondé le premier parti républicain révolutionnaire : le ‘‘Mouvement libéral conservateur’’.

Toutefois, il essayait de tempérer son enthousiasme. ‘‘La chose’’ (nom donnée par Alphonse à la royauté) savait corrompre et appâter le chaland. Un titre de noblesse héréditaire, une médaille en or massif est plus sympa que de défendre les petits oubliés des Rois. Nicolas Davout : président du parti bonapartiste qui termina duc de Foix et vice-roi de France ; Giovanni Delavega, député bonapartiste de la Seine qui termina comte de la Marche et conseiller privé de feu François Capet troisième du nom de cette famille de criminels ; Mouchkin Macquart, député républicain qui termina président fantôme du conseil des Ministres ; Camille Desmoulins, leader de la lutte révolutionnaire à Cherbourg, député fondateur du M.L.C., qui termina comte de Montebello et premier conseiller de feu Louis-Antoine Capet… et actuellement : Jean Neu, président du parti bonapartiste, de multiples fois député de la Manche, qui n’a plus proposé une loi depuis longtemps, et qui enchaîne les passages gouvernementaux et cumule les médailles sans rien changer.

Il sorti ce papier et parcouru une nouvelle fois la note manuscrite. L’auteur de l’article dans la Manche était-il de ceux qui veulent réellement changer les choses (ce qui passe absolument par l’abolition de la Monarchie), ou bien était-il un républicain en carton ?
Pour sa part, il se faisait une promesse : si un jour le destin faisait de lui un député, sa première loi serait pour l’abolition de la Monarchie, jamais il n’accepterait un titre de noblesse, jamais il n’accepterait une médaille, jamais il n’accepterait une rente. Et si, ô miracle, il arrivait dans un gouvernement, il n’accepterait que la présidence du Conseil, et dans son face à face avec Louis Capet, il lui dirait : ‘‘ma nomination vaut abdication du trône de France’’. Il était fini le temps de l’opposition dite constructive. On n’est pas constructif quand on accepte des postes pour ne rien y faire. Pour notre homme, la Monarchie est un carcan qui empêche toute réforme. Dès lors, si l’on veut réformer, on commence par le régime politique.

Il passa ainsi le trajet : entre conjectures sur le républicain qu’il va prochainement rencontrer, et hypothèses sur son futur plus ou moins lointain. Il s’endormit pour le reste du trajet.
Il fut réveillé par le cocher qui frappa à la porte de la berline : « Monsieur, nous sommes arrivés. J’ai déjà déchargé votre bagage. »

Alphonse s’étira puis quitta la berline, et après avoir payé le cocher de cinq pièces d’argent, il prit son bagage et se dirigea vers l’auberge. Une très jolie auberge champêtre qui lui changeait de l’auberge malfamée qu’il fréquentait à Paris mais qui lui servait bien pour l’instant. Il posa son bagage et alla voir la patronne qui s’activait derrière son comptoir.

Madame, un petit verre de liqueur, s’il vous plaît.

La dame lui servit ce petit verre, et Alphonse le but d’un trait. Il reposa son verre et lui réserva une chambre pour deux nuits. Notre homme engagea alors la conversation sur la raison de sa venue à Cherbourg :

Madame, connaissez-vous le journal ‘‘Aux armes’’ ? Je suis attendu à son siège.

La patronne fronça les sourcils et lui répondit : « ‘‘Aux armes’’ ? Le journal qui a placardé son mauvais article un peu partout et qui nous amène la colère du gouvernement ? Il se trouve du côté de la préfecture, vous ne pourrez pas le louper… Mais un conseil : faites attention, ce sont des républicains. »

Hochant la tête, il alla poser son bagage dans la chambre qu’on lui avait attribué. Il pensa que la Chose avait bien œuvré pour que la capitale révolutionnaire oublia son histoire. Il n’hésitera pas à montrer le bilan de la politique gouvernementale pour Cherbourg et le bilan de leurs dirigeants.
Il quitta l’auberge et se dirigea donc vers la préfecture. Celle-ci se trouvait sur la grand’place de la ville. Sur cette place une petite rue partait avec une veille bâtisse. S’était le journal visiblement. Il franchit le pas de la porte et trouva derrière son bureau un homme dont la coupe de cheveux ressemblait à la tonsure monastique. Alphonse lui adressa la parole :

Monsieur, pourrai-je rencontrer le journaliste qui a écrit cet article ?

Notre homme sorti de sa poche le feuillet manuscrit sur lequel on pouvait lire la transcription de l’article qui a tant fait de bruits. Le monsieur arqua les sourcils et lui répondit en se levant d’un bond : « Si vous êtes de la maréchaussée royale, vous pouvez déjà quitter cette demeure ! » Il accompagna sa parole d’un bras tendu et d’un index pointé vers la porte.

Alphonse se reprit et lui répondit : Je ne suis pas policier, je travaille pour les Imprimeries Dumont et Fils, votre imprimeur parisien… et je suis républicain également.

Le monsieur tomba sur sa chaise et lui répondit blême : « Un républicain de Paris ? Mais cela existe encore, ils ne sont pas tous passés au Capet ? Mais bien sûr, je vais le chercher. »
L’homme quitta la pièce. Alphonse attendait donc… qui allait-il voir ?
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Edouard de Gontaut-Biron
Membre de Monarchies

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MessagePosté le: 16/10/2018, 13:08    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

*Hum…à quoi il doit ressembler le nouveau Capet ? Hum…ces dégénérés sont rongés par la consanguinité mais elle n'est pas visible physiquement…maybe est-elle visible sur le nouveau Loulou? Ahah..et si je le représentais tel Charles II d'Espagne ? Ahah le résultat s'annonce grandiose!*

Plongé dans ses pensées, le jeune journaliste s’adonnait à l'étage, ce jour là, à une de ses passions : le dessin et plus particulièrement la caricature. Une passion pour laquelle nombre de personnes le disaient doué. L'affiche était toujours au centre des discussions des cherbourgeois. L'affiche dérangeait de nombreuses personnes certes mais Edouard entendait de plus en plus de cherbourgeois réclamait un profond changement du pays. Ils ne parlaient pas encore de se convertir au Républicanisme mais cela ne saurait tardé de l'avis d'Edouard…du moins il l'espéré.

Alors qu'il était toujours absorbé dans les esquisses de ses dessins, le vieux Maurice Laubier pénétra d'un pas pressé, essoufflé.

Il y a…euh…un parisien euh…de Paris…un Monsieur… Edouard arqua le sourcil et sourit longuement.

Du calme Papy, Papy étant le surnom affectif que donnait désormais Édouard au vieil homme.

Que se passe t-il? Reprenez votre souffle et respirez !

Y'a un homme, un Parisien qui travaille dans l'imprimerie parisienne où on été acheminé les affiches qui souhaite vous rencontrer.

Edouard dit, l'air amusé.

Quoi…un espion? Que me veut-il? M'enlever?

Non…il est républicain!

L'homme à l'imposante barbe prit une mine grave. Un républicain qui plus est parisien? Sa curiosité s'éveilla.

Du haut de son mètre 86, il descendit les escaliers d'un pas affirmé. Là, il aperçu un jeune homme, à l'âge sensiblement équivalent au sien, l'aspect soigné et arborant des favoris qu’Edouard trouva, en son for intérieur, très amusante. Il en vint à penser qu'en France, les républicains se reconnaissaient à leur barbes. Edouard arborait une importante barbe de type dandy et le Monsieur encore inconnu des favoris atypiques. Ah les républicains…toujours à vouloir se différencier!

Le jeune expatrié s'approcha de l'homme, lui présenta sa main puis lui dit d'un ton neutre et teinté d’accent américain.

Bonjour Monsieur, je suis Edouard de Gontaut-Biron, l'auteur de cette affiche qui fait tant de bruit. En quoi puis-je vous aider?



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Alphonse Léodegard
Membre de Monarchies

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MessagePosté le: 23/10/2018, 12:27    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

Le vieil homme qui dirige ce journal quitta la pièce pour aller chercher l’auteur de ce magnifique écrit. Il essayait d’entendre la conversation de l’autre côté du mur, mais il ne percevait qu’un vague brouhaha. Quelques instants plus tard, deux hommes sortirent de la pièce annexe : le vieil homme de tantôt et un homme de grande taille. Il devina que s’était là l’homme qu’il recherchait. Notre homme remarqua tout de suite sa barbe bien fournie, qu’Alphonse considérait comme un symbole du républicanisme : qui pouvait se payer un vrai barbier ?

Le monsieur brisa le silence en se présentant, et en confirmant au passage être l’auteur de l’affiche. Alphonse répondit alors :

Bonjour monsieur, je me nomme Alphonse Léodegard, je travaille pour les Imprimeries Dumont et Fils à Paris.

En quoi le monsieur pouvait-il aider Alphonse ? Entrons tout de suite dans le vif du sujet, au moins, ils ne perdront pas de temps en mondanités. Notre homme appréciait cela. Il lui dit, bien franchement :

Je suis républicain comme vous, et je désespérai de voir un jour cette noble idée avoir pignon sur rue à Cherbourg. Cette ville qui a été le théâtre d’une lutte sanglante entre les républicains et les armées de Henri de Savoie, je me morfondais à l’idée qu’elle abandonnât sa spécificité au profit de ci-devant bonapartistes qui ne sont que des royalistes cachés.

Voilà c’est dit, l’abcès est crevé. Il regardait les deux hommes et, reprenant le fil de la discussion, il leur dit à propos de sa venue depuis Paris :

Donc, lorsque j’ai eu entre les mains votre article à imprimer, j’ai demandé à monsieur Dumont quelques jours de congé. Je ne devrai peut être pas vous le dire mais…

Notre homme prit quelques secondes de réflexion. Ils ne se connaissent que depuis quelques secondes, Alphonse pouvait-il se permettre de leur révéler son petit manège l’autre nuit dans Paris. Alphonse ne connaissait que trop d’opposants à la royauté qui ont fini avec les plus hauts honneurs de la Chose. Après tout… notre homme verrait bien, s’il finissait embastillé, il y aurait bien quelqu’un en France pour le venger et terminer son travail inachevé. Il les regarda et poursuivit :

Mais… je profite le soir de l’imprimerie pour faire des affiches appelant à l’abolition de la Chose… je veux dire, de la Royauté, en France. Il suffit de ces hommes qui se disent républicains ou bonapartistes et qui terminent leur carrière politique comme vassaux du prétendu roi de France, couverts de titres, de rentes, de châteaux, payés avec notre argent !

Sur cette dernière exclamation lyrique, notre homme avait accompagné la parole d’un poing gauche qui vint se nicher dans sa paume droite, comme s’il voulait se battre avec le citoyen Capet s’il l’avait devant lui. Au moins, Alphonse avait ‘‘vidé son sac’’ selon l’expression consacrée. Il pouvait terminer-là, agrippé par les deux hommes et jeté dehors sans ménagement, ou bien être accueilli les bras ouverts.
Quelle option les deux bonhommes allaient-ils choisir ? Avant de leur laisser la parole, qu’Alphonse monopolisait depuis quelques instants, il ajouta en guise de conclusion, de cerise sur le gâteau :

Si je suis venu, c’est que cherche des alliés et des soutiens pour fonder un tout nouveau parti politique, le premier parti d’opposition, un parti que je nommerai : Parti Républicain Révolutionnaire Français.

Pour la première fois depuis son arrivée à Paris, au début du mois d’octobre, il confiait à quelqu’un d’autre que sa conscience le projet qu’il mûrissait depuis des semaines. Voilà la véritable raison de son départ de Bordeaux : fonder un parti, gagner les élections, censurer le gouvernement, abolir la Chose, proclamer la Seconde République une et indivisible. Un programme simple qui donnera au pays la véritable place de la France que les rois n’ont jamais réussi à lui conquérir.
Notre homme se tut, regardant les deux hommes alternativement, attendant une réponse.
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Edouard de Gontaut-Biron
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MessagePosté le: 23/10/2018, 18:23    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

La conversation ô combien possiblement importante débuta. Tout au long du "discours" du sieur Léodegard, Édouard resta de marbre, son visage était comme dénué de toute émotions. Si d'apparence il était stoïque, intérieurement il jubilait. Jamais il n'avait put espéré entendre ces mots de la part d'une personne autre que le vieil homme.

De temps en temps, il adressa un regard complice à Maurice où se massa la barbe l'air songeur. Ce dernier resta tout aussi stoïque. C'en était peut être trop pour lui ! 3 républicains réunis en un même lieu ? Une première depuis des lustres sûrement !
A la fin du monologue de son interlocuteur, il prit quelques instants de réflexion avant de proclamer sur un ton plus enjouée que sa première intervention.

Monsieur, j'admets être très surpris et enjoué de vos propos. Ils dénotent d'un engagement total pour le Républicanisme.

Un sourire à son intention avant de continuer.

Je suis d'avis que votre long périple vous à donner un « Ogre's appetite »…je voulais dire…un appétit d’ogre. Je suis désolé, j'ai beau être parfaitement bilingue je pense d'abord en anglais et puis en français et la traduction...c'est pile ou face je dirais! Il y a de l’agneau, du cidre, du boudin et même une tarte. Suivez moi je vous prie nous pourrons discuté plus aisément.

Edouard invita son invité et Maurice dans l'étage supérieur, passant par plusieurs pièces avant d'atterrir dans une petite pièce faisant office de salle à manger. Il présenta trois assiettes puis servit les différents plats mitonnés par ses soins avant d’inviter les 2 autres protagonistes à se joindre à lui.

Vous aussi vous avez fait du grabuge à Paris ? Ahah that interesting. Pour moi, le consanguin, c'est le nom que que je donne à tout les Capet, et son troupeau, veulent enquêter sur mon affiche pour appel à l'insurrection ou quelque chose comme cela. Ils n'ont pas compris que « Aux Armes » est le nom du journal…il faut les comprendre…ils ne sont pas très futé !

Il sourit longuement avant de conclure.

Joli nom pour un parti politique. C'est une brillante idée de créer un parti. Je soutiens votre initiative et souhaite m'y associer. La vie politique française est complètement asleep. C'est le moment où jamais pour faire renaître cette idéologie. Au préalable de la création d'un parti, nous devrions taper fort, marquer les esprits avec d'autres affiches ou pamphlets ou caricatures…bref il faut montrer to all people que nous sommes déterminés.

Entamant son repas, il dit ensuite sur un ton plus neutre.

Cependant j'ai tout de même plusieurs demandes. J'aspirerais à ce que le siège du parti puisse se situer hors de Paris…à Cherbourg…par exemple...du moins pour ces débuts à la limite. Pourquoi ? D'une part car je pense que nous devrions être légèrement retiré de Paris, nous devrions être en embuscade de la capitale. Et puis, comme vous l'avez si bien dit, Cherbourg est où, du moins, à été la capitale du Républicanisme. Ne serait-ce un beau signe, un symbole pour la ville ? Et puis cela ramènerait peut-être un certain engouement dans ma ville non ? Qu'en dites-vous ?


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Alphonse Léodegard
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MessagePosté le: 24/10/2018, 12:09    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

Finalement, il ne sera pas jeté dehors par la porte ; il ne recevra pas coups non plus. Visiblement, notre homme avait en face de lui deux républicains convaincus, pas cette mauvaise vermine qui profite des théories confirmées du républicanisme pour finir aux plus hauts honneurs. Il n’avait pas remarqué la première fois l’accent anglais du journaliste. À la seconde fois, il l’entendit et lui répondit :

Je suis totalement engagé pour notre Cause, et je suis heureux de constater que depuis Cromwell, il reste en Angleterre des hommes prêts à se battre contre les Choses.

Il lui rendit son sourire. À ce moment-là, on aurait presque pu entendre son ventre crier famine. En effet, depuis son arrivée à Cherbourg, il n’avait pas encore cassé la croûte. S’adressant à Edouard, il lui dit :

En effet, le voyage depuis Paris m’a mis en appétit.

Il suivit alors les deux cherbourgeois jusqu’à la salle à manger, en passant par un dédale de plusieurs pièces. Attendant le retour du journaliste, notre homme discutait avec le patron du journal, racontant son parcours de républicain. Le patron faisait de même, et Alphonse pût constater que Maurice était un ‘‘vieux de la vieille’’ du combat républicain. Heureusement, il n’était pas tombé chez des royalistes refoulés. Maurice en profitait pour narrer les événements de l’insurrection de Cherbourg sous Henri de Savoie. Alphonse en avait eu connaissance de Bordeaux, via les journaux du moment, mais la plupart étant contrôlés à l’époque par le duc de Genève, ceux-ci s’étaient contentés de raconter une version favorable au pouvoir.
Maurice nuança beaucoup le récit d’Alphonse en y apportant des éléments qui étaient jusqu’ici inconnus de notre homme. Alphonse avait conclu en disant que depuis cet événement, la France manquait cruellement de personnes prêtes à s’engager pour renverser le roi.

C’est à ce moment-là qu’Edouard revint avec les assiettes fumantes. Alphonse commençait par attaquer par le boudin noir. Edouard lui demanda alors des explications à propos de son activité politique, il lui dit également que suite à une mauvaise compréhension de leur part, une enquête planait sur les deux hommes. Alphonse lui répondit alors, toujours en train de découper son boudin :

En plus de corrompre l’esprit des français, voilà que les royalistes sont idiots. On le savait déjà… Il termina cette phrase en lâchant un rire. Il poursuivit après avoir avalé une bouchée du boudin : La liberté d’expression pour tout le monde, sauf pour l’opposition. Comme quoi, le nouveau roi ne changera pas les pratiques du passé.

Avant de répondre sur le second point, il déboucha la bouteille de cidre et remplit les trois verres. Alphonse reposa la bouteille, se leva de sa chaise et leva son verre bien haut en disant d’une voix un peu forte :

A bas la royauté ! Vive la République une et indivisible !

Puis il but une gorgée et se rassit. Il répondit alors à Edouard, à propos de Paris :

Il m’arrive de travailler à l’imprimerie pour l’édition du soir du journal parisien au-dessus de nous. Je suis aide-typographe et j’ai donc un trousseau de clés à moi pour fermer l’imprimerie une fois le travail fait. L’autre nuit, après la minuit, je me suis donc introduit dans l’imprimerie et j’en ai profité pour tirer dix exemplaires d’une affiche de ma composition.

Il but une nouvelle gorgée du verre de cidre, avala une bouchée du boudin, et continua son propos :

J’ai souligné dans cette affiche que depuis Louis XVIII, nous n’avons eu que des rois nommés par le chef des curés depuis Rome, et que son choix s’est porté que sur des princes étrangers qui ne connaissent rien de notre pays et qui à chaque fois le laisse encore plus en crise que sous le précédent règne.

Notre homme posa alors ses couverts et se mit à compter sur ses doigts :

Louis XVIII a passé sa vie en Angleterre. Il regarda alors Edouard comme porte s’excuser de critiquer ainsi son pays. Il poursuivit : Henri V était de Piémont-Sardaigne, Louis-Antoine de Bade et François d’Angleterre. Nouveau regard désolé vers Edouard.

Il ajouta pour terminer son raisonnement :

J’ai donc souligné que le Pape devrait exercer son talent inné de choisir des souverains tous aussi incompétents les uns que les autres, dans un autre pays que la France. Avec le prochain, à quoi va-t-on avoir droit : une augmentation des impôts ? À l’inflation des prix ? Au rappel des conscrits pour une guerre? Nous devons empêcher la France de tomber en de mauvaises mains.

Le boudin étant fini, mais ayant toujours faim, il se servit une assiette d’agneau, proposant de même aux deux autres hommes. Il dit, d’un ton mystérieux :

J’ai quelques idées pour les prochaines affiches. Cette fois-ci, j’attaquerai frontalement les nobles qui entourent les rois. J’ai pleins d’idées de ce genre, les gens qui se gavent avec notre argent sont légions. Ce ne sera pas dur de trouver.

Il rit une nouvelle fois. Oui, le règne des nobles était terminé. Nous n’avions pas fait la révolution pour abolir les privilèges, et au final les voir revenir vingt ans plus tard. Il se tourna vers Maurice et lui dit :

Votre journal avec mes affiches, on devrait pouvoir attirer l’attention de l’opinion sur le caractère néfaste de mille ans de royauté.

Le thème du parti politique revint sur la table. Alphonse percevait qu’Edouard semblait intéressé par cette idée. Elle permettrait de fédérer l’opposition qui n’a jamais eu droit de cité au Parlement. Edouard posait quelques exigences d’ordre pratique, notre homme hocha la tête en guise d’approbation :

Oui, installer le quartier-général à Cherbourg serait un beau symbole et montrerait que nous nous occupons mieux de Cherbourg que le gouvernement ou le pseudo-député réélu parfois sans voix en sa faveur… Il nous faut juste attendre les trois mois pour pouvoir reprendre le parti. Soyons dignes de martyrs de l'insurrection. Maurice m'a raconté... ils ont quand même été jusqu'à les enfermer dans la préfecture de la Manche et à y mettre le feu pour y mettre fin. Vous vous imaginez ? Des barbares ! Bruler vivant des femmes et des hommes qui luttaient pour la liberté ! Les journaux du pouvoir ne nous racontait pas ça.
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Edouard de Gontaut-Biron
Membre de Monarchies

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Localisation: Cherbourg

MessagePosté le: 26/10/2018, 13:53    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale ! Répondre en citant

La discussion intéressait beaucoup le jeune homme qu’était Edouard. Il écoutait avec attention « l'autre barbu » afin de pouvoir ou, du moins, essayer de cerner le personnage. Il en conclu qu’Alphonse avait une certaine haine des royalistes. Edouard avait-il une haine concernant les royalistes ? Sûrement que oui mais il préférait utiliser des termes comme « aversion » ou « répulsion ». Il s’s'efforçait d’essayer de différencier l'Homme de ses convictions...plus facile à dire qu'à faire pour un républicain !

Il entama également le repas par le boudin noir qu'il trouva relativement assez bon puis continua la discussion.

Croire qu'il puisse exister la liberté d’expression dans une État Royal n'est que chimère. Et dire que beaucoup gobent cela...c'est comme croire que démocratie et royalisme est compatible...m'enfin les individus cessent de réfléchir et préfère transmettre ce droit à des incapables. Le jour où ils se poseront les bonnes questions, c'est ce jour-là qu'une nouvelle révolution aura lieu !

Continuant de déguster le boudin, il trinque ensuite avant de poursuivre.

Concernant le nouveau Roi, j’aime à dire « Les Louis et les Capet se succèdent mais leur médiocrité reste ». Je ne me fais pas trop d'illusion mais, au risque de paraître peut-être naïf, j'attends de voir ses premiers pas. Se fera t-il sacré dans la pure tradition des Capet avec les 6 pairs laïcs ? Ah mais j’suis bête…il n'y a même pas plus de 3 pairs laïcs. Ou peut-être fera t-il la mascarade de prestation de serment comme réalisée par son prédécesseur vous savez celui avec d’affreux favoris ?

Son interlocuteur argua que tout les derniers Capet était en réalité étranger. Edouard ne s'y était jamais attardé mais le Parisien disait bien la vérité. Il sourit longuement d'un air amusé à chaque regard désolé du Léodegard. Il comprit que ce dernier le pensait être un ressortissant anglais.

Monsieur il y a méprise sur ma provenance. Je ne suis pas anglais. I'm american ! Le pays républicain par excellence, la nation de Benjamin Franklin et de Georges Washington ! Vous dîtes vrai concernant l’origine des Rois. Mais après tout que pouvons-nous attendre de bon du Pape ?

Il sourit longuement avant de poursuivre.

Attaquer les nobles ? Très bonne idée c'est eux qui l’entourent. Maurice m'a dit que nombre d'entre eux voient les titres pleuvoir sur leur têtes alors qu'ils ne font absolument rien…désolant mais peu surprenant. On récompense la soumission et la loyauté plutôt les aptitudes et le mérite !

Puis Léopold en vint à parler d’événements antérieurs controversés. Edouard fronça les sourcils puis se massa la barbe.

J'ai eu écho oui de ces événements…mais les journaux qui nous arrivaient à New-York relataient la version royale…or que tout n’était qu'artifice !
Concernant les 3 month, ils nous permettront de nous imposer dans la vie politique et de gagner en visibilité. Mieux vaut être patient parfois je pense ! Par contre on ne pourra faire réussir avec le parti à seulement deux. Raisons pour laquelle nous allons devoir recruter. Je pourrais m'en occuper à Cherbourg et vous à Paris qu’en dîtes-vous ? Plus nous seront nombreux et plus nous nous ferons entendre. Ajouter à cela la possession du journal « Aux Armes » et de nos qualités respectives, nous avons un boulevard devant nous et une belle carte à jouer!

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:33    Sujet du message: [RP] C'est la lutte finale !

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