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[RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 14/01/2017, 00:55    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

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Couvent d'Abbecourt - Poissy-
En extérieur par une matinée de janvier 1823


Le séant enfoncé dans une terre humide des pluies torrentielles de la veille, le pantalon maculé de boue, les bottes crottées, elle ne voit plus que la paire de bottes de son maître d'arme, tout aussi crottées que les siennes et l'épée venue s'échouer à quelques mètres d'elle après sa chute. Elle pensait pourtant avoir anticipé cette attaque et se sentait même prête à donner la parade. Il faut croire qu'il lui reste encore beaucoup à apprendre, bien qu'elle soit très régulière dans les cours d'escrime ordonnés par son père.  La main qui se tend pour l'aider à se remettre debout n'est pas refusée mais elle bougonne intérieurement de s'être encore laissée avoir. Bien que toujours en apprentissage, elle déteste perdre la partie.

Voilà déjà plus de quatre années qu'elle reçoit son maître d'arme au couvent d'Abbecourt, ce qui ne manque pas de faire grincer les dents de la mère supérieure qui déplore tout acte violent dans ses murs. Les ordres sont les ordres, surtout lorsque celui qui les donne participe substantiellement aux frais de toute nature pour que le couvent et ses sœurs avec, ne manquent de rien. Elle non plus ne manque de rien, à part peut-être de l'amour de ce père trop souvent absent qui a décidé le jour de ses dix ans de l'envoyer s'instruire dans un lieu, selon lui, bien plus adapté. Il faut dire qu'orpheline de mère depuis ses quatre ans, son père s'est très vite senti dépassé  lui qui rêvait d'un fils. C'est pourquoi Anastasie Lévis-Mirepoix fut élevée comme le garçon que ce chef de famille n'a jamais eu tout en recevant une éducation plus appropriée à sa condition de jeune fille au sein de ce couvent.

Après avoir salué son maître d'arme, elle se dirige à présent vers le bureau de mère Éloïse de Gaces qui vient de la faire prévenir qu'elle désirait la voir. Épée crasseuse de boue en main, dans sa tenue d'exercice encore plus crasseuse, elle entre dans l'antre de la mère supérieure.



Mère supérieure Éloïse de Gaces


Celle-ci la dévisage avec une grimace qu'elle ne cherche même pas à masquer.

- "Asseyez-vous, Mademoiselle. Ou plutôt non, restez debout, par Épicure, vous allez salir mon siège ! Vous auriez tout de même pu prendre le temps d'aller vous changer  et de laisser cette chose où elle devrait être." Mère de Gaces fixe l'épée puis reprend.
- "Enfin ... Il est dit que nous n'arriverons pas à vous modeler à l'image des jeunes filles de la bonne société." Mère de Gaces soupire longuement.

- "Quoi qu'il en soit, je n'ai pas une bonne nouvelle à vous annoncer. Votre père vient de mourir. Paix à son âme." Mère de Gaces soupire de nouveau et cette fois,  bruyamment. Sans doute voit-elle s'envoler à tout jamais :  la manne financière de son cher couvent.
- « Je ne sais rien de plus de cette triste nouvelle, sinon que vous êtes attendue aujourd'hui même,  à l'étude de Maître Froissard, notaire à Poissy. Veillez à vous changer et à vous présenter convenablement. Un fiacre passera vous prendre dans moins d'une heure. Vous pouvez disposer, Mademoiselle. »

Tout ce que note Anastasie à ce moment précis, c'est que la mère supérieure ne s'encombre pas d’atermoiements, elle ne va donc certainement pas marquer devant elle, son éventuel chagrin, Un chagrin très relatif puisqu'elle connaissait si peu son père. Il lui faut le temps de digérer l'information, de se faire à cette horrible idée que la voici désormais totalement orpheline. L'année 1823 commence bien mal pour Anastasie Lévis-Mirepoix tout juste âgée de dix neuf ans.

C'est le visage sans émotion qu'elle pousse la porte du notaire de Poissy, quelques heures plus tard car comme d'ordinaire, elle s'est faite attendre par le cocher du fiacre en arrêt devant le couvent d'Abbecourt. Elle n'a pas traîné pour choisir une robe adéquate à la circonstance car s'il n'avait tenu qu'à elle, elle se serait présentée en chemise et en pantalon avec ses éternelles bottes qu'elle ne quitte que contrainte et forcée. L'une des sœurs du couvent a été obligée de la suivre dans chacun de ses mouvements afin de garantir à la mère supérieure que la demoiselle ne sortirait pas accoutrée comme un garçon. Dans la salle attenante au bureau du notaire, elle patiente donc, assise, le regard se promenant sur un tableau qu'elle trouve affreux. Dans ses bottines, elle a très mal aux pieds et bougonne contre cette manie de devoir toujours afficher le paraître plus que l'être. Si ce notaire tarde trop à la recevoir, c'est certain, elle entrera dans son bureau pieds nus car évidemment, en prenant soin de ne pas se faire surprendre par la sœur chargée de la surveiller, Anastasie s'est bien gardée d'enfiler ses bas.

Enfin la porte du bureau s'ouvre et un vieux bonhomme affublé d'un monocle s'empresse de venir l'accueillir comme s'il la connaissait depuis toujours.

Étude de Maître Froissard - Poissy -
Quelques heures plus tard



Monsieur Froissard - Notaire -


- "Je suppose que vous devez être Mademoiselle Lévis-Mirepoix ? Entrez, je vous en prie et installez-vous. Nous attendons encore quelqu'un avant de commencer."

Étonnée de savoir qu'elle va devoir attendre, la patience n'étant pas sa qualité première, Anastasie se contente de répondre sans grande amabilité  un bref : - Vous supposez bien.
La demoiselle prend place et se demande qui peut bien manquer à ce rendez-vous somme toute particulièrement privé. N'ayant pas envie de nouer le dialogue, elle ajoute plutôt séchement :

- Espérons que je n'ai pas à attendre plus de cinq minutes. Dans le cas contraire, il me faudra vous revoir un autre jour. Je déteste attendre.

N'y tenant plus, elle dénoue quelques crans de lacets de ses bottines et agite avec agacement ses orteils bien trop à l'étroit dans ces souliers pour dame. Un long soupire fuse dans le même temps.
_______________


Dernière édition par Anastasie Lévis-Mirepoix le 03/12/2017, 13:35; édité 1 fois
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Joris.de.Florensac
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MessagePosté le: 01/02/2017, 13:23    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Demeure des Yvelines - Ville de Poissy



Son regard n’arrivait pas à se détacher du ton bleu vert pastel de l’étendue d’eau que la main de l’artiste peintre avait voulu sublimer pour l’éternité. Le tableau représentait un lac où glissaient deux cygnes majestueux et sur lequel reflétaient, sur un fond, les colonnes argentées des ruines d’un temple dédié probablement à l’amour. Il chassa ses idées mélancoliques en détournant la tête vers le vieux fauteuil de cuir rouge du Vicomte à tout jamais vide tout en reprenant son verre de cognac qu’il avait posé sur la cheminée.

Seul le crépitement du feu rompait le calme pesant qui emplissait le salon. Il s’asseyait nonchalamment dans un fauteuil et tendait ses longues jambes vers les flammes comme le faisait si souvent le Vicomte. Ainsi installé, son esprit vagabondait ici et là, dans toutes les pièces de la demeure comme un adieu au lieu où il avait passé des jours heureux aux côtés du Vicomte. Il ne pleurait pas mais il était bien triste puis il relisait le bref contenu du pli de Maître Froissard, Notaire de son état, se demandant s’il ne rêvait pas ou si ce n’était pas une plaisanterie de mauvais goût. Que cela ne le fut ou pas, il devait s’y rendre. Repliant le papier, il le remettait dans la poche de sa redingote, vida son verre d’un trait et se releva prestement, vu l’heure qu’indiquait sa montre à gousset, il risquait d’avoir un léger retard.




Étude de Maître Froissard - Ville de Poissy



Comme il n'avait plus rien à faire dans cette maison, il avait préparé depuis la veille son départ d’où la présence d’une petite malle qui attendait patiemment dans le hall d’entrée. Il s’en occuperait dès son retour car était temps pour lui, d’y aller.

Ralentissant son cheval auquel il faisait adopter le trop, il guida son équidé vers un hôtel particulier où se trouvait l’enseigne de l’Etude du notaire. Avant d’entrer dans le bureau, il remettait de l’ordre dans sa sobre tenue de couleur bleu foncé puis ôtant ses gants, son chapeau et sa cape qu’il suspendit sur le porte-manteau de l’antichambre. Un instant plus tard, il entendit des pas se diriger vers la porte qui les séparait puis celle-ci s’ouvrit, enfin. Un homme d’un certain âge, porteur d’un monocle, l’invita à entrer avec un geste théâtral de la main plutôt mécanique que gracieux. Il le salua en inclinant la tête.


- Monsieur Joris de Florensac, je présume ? Bonjour ! Je vous en prie, entrez et installez-vous.

- Bonjour, oui, en effet, je suis bien celui que vous présumez, Monsieur !


Précédent le vieil homme, Joris pénétra dans le bureau et ne fut donc pas surpris d’y voir une autre jeune personne déjà assise qui devait sans doute attendre avec impatience son bon vouloir, ce qui l’amusa d’entrée puis il s’avança vers un des fauteuils pour prendre place quand le notaire continua sur sa lancée.

Nous n’attendions plus que vous, Monsieur de Florensac !

Puis-je vous présenter Mademoiselle Anastasie Lévis-Mirepoix, fille de Feu le Vicomte de Mirepoix.


Avant de poser son séant sur le moelleux coussin du fauteuil de cuir marron qui se trouvait à quelques pas de celui de la demoiselle, Joris inclina légèrement la tête en guise de salut jusqu’à ce que vieil homme fasse l’inverse des présentations, ce qui d’ailleurs ne tarda point.

Mademoiselle Lévis-Mirepoix, je vous présente Monsieur Joris de Florensac.

N’attendant pas le salut de la fille du Vicomte, il s’asseyait tout bonnement en prononçant bêtement la sempiternelle formule réponse de circonstance.

Enchanté, Mademoiselle Lévis-Mirepoix !

Puis regardant le notaire qui prenait place derrière son grand bureau d’acajou, finement sculpté.
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 01/02/2017, 18:31    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Que le temps lui semble long. Voilà déjà trois fois au moins qu'elle détaille le tableau fixé sur le mur au-dessus de la tête du notaire. Un tableau aussi affreux que celui de la salle d'attente. Cet homme n'a décidément aucun goût pour la peinture. La scène représentée est aussi insipide qu'un verre d'eau chaude. Elle lève les yeux au ciel à l'entrée de celui qui s'est fait attendre et ne peut retenir un : - Oui, oui, bonjour Monsieur. On a failli vous attendre.

Elle profite de ce moment de brèves présentations pour pousser du pied les bottines qu'elle a fini par enlever tout à fait. La voici donc pieds nus pour son plus grand soulagement. Ce n'est certes pas idéal comme tenue mais elle s'en moque, ce Monsieur n'avait qu'à se dépêcher d'arriver. Discrètement, elle le détaille du coin de l’œil. Un beau jeune homme bien propre sur lui, c'est toujours çà, bien qu'elle ne comprenne toujours pas ce qu'il fabrique ici.

- Je n'ai pas toute la journée, moi ! A présent que ce Monsieur est installé, pourrions-nous, je vous prie, savoir de quoi il retourne ?

On ne peut pas dire qu'Anastasie soit aimable en prononçant cette dernière phrase mais à cause de ce rendez-vous, elle a dû écourter sa leçon d'escrime alors il est à souhaiter que ce ne soit pas pour rien.





Monsieur Froissard - Notaire -


- "Puisque vous voilà tous deux réunis dans mon étude selon les volontés de feu Monsieur le Vicomte de Mirepoix, je vais pouvoir vous donner lecture de ses dernières volontés."

Le notaire réajuste son monocle, se racle la gorge plutôt bruyamment et fixe le document afin de ne rater aucun mot important.

- "Étant entendu que ... blablabla .... je vous épargne ce qui est long et ennuyeux. Moi, Vicomte de Mirepoix,  blablabla .... souhaite que la totalité de mes biens soit partagé à part égale entre ma fille Anastasie Lévis-Mirepoix et Monsieur Joris de Florensac mon Aide de camp.

Maître Froissard repose le document et porte son regard sur les deux jeunes gens.

- "Je me dois de vous dire que Monsieur le Vicomte comptait adopter Monsieur de Florensac afin qu'il porte le nom des Lévis-Mirepoix et devienne officiellement son fils. Il n'en a pas eu le temps, hélas, terrassé par ce mortel accident mais il avait évoqué cette disposition avant sa mort, ici même, dans ce cabinet et en ma présence, dans le courant de l'année dernière."

S'attendant à une volée de bois vert, il patiente quelques secondes avant de poursuivre. Bizarrement, pas un son, pas un bruit, pas une réaction n'est à signaler de la part des deux jeunes gens. Il peut donc enchaîner, plutôt content d'échapper à un règlement de compte.

- "Il va de soi que je vous listerai la totalité de ces biens mais avant de pouvoir en devenir les bénéficiaires, quelques mesures sont imposées par Monsieur le Vicomte."

- Non mais je rêve ! Comment osez-vous prétendre que ce .... ce ... cet homme là puisse prétendre à quoi que cela soit ? Je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu et mon père ne m'en a même jamais parlé de ce ... ce... comment s'appelle-t-il déjà ?"

- Monsieur de Florensac, Mademoiselle.
A cet instant, le notaire est dans ses petits souliers, c'était trop beau pour durer ce calme.

- Monsieur de Florensac, ou Monsieur Duchemol, peu m'importe ! Cet homme est un étranger et jamais, vous m'entendez, jamais il ne touchera le moindre petit bout de MON héritage !

Le Notaire affirme sa voix en la haussant un peu et poursuit du mieux qu'il peut.

- "Il va pourtant le falloir, Mademoiselle, ce sont les volontés de votre père ici notifiées avec un document signé de sa main en ma présence. Si vous le permettez Mademoiselle, j'aimerai poursuivre et vous donner lecture des mesures imposées par Monsieur le Vicomte."

Anastasie se décompose littéralement. Son visage est marqué par la tristesse, l'incompréhension et la colère. Comment son père peut-il lui jouer ce sale tour ? Comment se fait-il qu'elle n'ait jamais entendu parler de ce Joris de Florensac ? Elle doit gagner du temps pour réfléchir.

- Non, non, non. Vous n'allez rien lire du tout puisque tout ce que vous lirez sera un faux ! Mon père ne peut pas avoir décidé de cela ! C'est un complot ! Une machination ! Vous n'êtes tous deux que de sales voleurs !  Des usurpateurs, des brigands ...des...

Elle n'a plus de mot. Machinalement, elle se laisse glisser de son fauteuil, s'agenouille afin d'essayer de récupérer ses bottines qui sont à présent enfouies sous le bureau du notaire. Au moins, cela va laisser quelques minutes à sa petite tête pour trouver une parade ...





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MessagePosté le: 03/02/2017, 01:51    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

A ses propos déplaisants, Joris ne releva pas la chose, il se contenta simplement de la dévisager en souriant. L’examen de sa personne en quelques secondes lui suffisait amplement pour s’en faire une idée précise. Enfant gâtée, désagréable et discourtoise envers lui, l’inconnu, mais surtout envers ce pauvre notaire qui ne savait plus comment faire pour avoir l’avantage sur cette petite peste. Joris se retenait difficilement de rire voire même de sourire, mettant une main devant sa bouche pour ne pas que certains traits de son visage ne fussent pris pour des grimaces de moquerie.

Soudain, plongeant son regard sur le large tapis de sol étendu sous le bureau du notaire, il fut surpris par un détail assez particulier surtout venant d’une demoiselle de très bonne famille, de surcroît noble et qui venait tout droit d’un couvent. Elle était pieds nus. Elle avait donc osé ôter ses bottines pendant la lecture du testament dans un complet irrespect des convenances. N’en croyant pas ses yeux, il les ferma un instant puis les rouvrit, faisant remonter leur trajectoire sur le vieil homme au monocle qui tachait tant bien que mal à poursuivre la lecture du texte sans être interrompu par un des deux intéressés et d’après sa drôle de mine, il devait languir que cela se termine très vite.

Après avoir passé préambule et certaines formules de présentation sans grand intérêt, il entra dans la partie principale où les deux noms des héritiers furent mentionnés et les biens du Vicomte dans leur totalité étaient scindés en deux à part égale. La nouvelle était de taille. Non, Joris ne rêvait pas, il avait bien entendu. Jusqu’à maintenant tout allait au mieux mais cela fut de courte durée pour le notaire qui asseyait de se faire entendre. Il resta silencieux afin d’accuser le coup, écoutant les propos échangés assez houleux entre la fille du Vicomte et le notaire. Au cours de la discussion, elle porta de graves accusations non fondées envers sa personne et celle du vieil homme. Elle parlait de lui tout en l’ignorant, c’est à cet instant, qu‘il coupa court à son mutisme pour lui répondre.


Mademoiselle, fulminer et insulter comme vous le faites ne changeront rien à ce qui a été écrit et dit à part de mettre les gens dans l’embarras au risque qu’ils fussent à leur tour aussi désobligeant que vous. Alors, ressaisissez-vous, s’il-vous plait et écoutez la suite du testament avec plus de discernement et de maturité que vous ne le faites.

Tout en lui parlant, il la regarda en même temps se liquéfier littéralement de son siège pour se retrouver sur les genoux afin d’aller récupérer ses fameuses bottines qui se trouvaient sous le bureau près des pieds du notaire.

Du coup, le notaire la regardait disparaître à son tour de son fauteuil qu’il en tomba son monocle et plus elle glissait plus il avançait la tête et le buste par-dessus le bureau pour savoir ce qu’il en était.


Mademoiselle Lévis-Mirepoix, que vous arrive-t-il ? Etes-vous souffrante ?
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 10/02/2017, 10:27    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

A présent complètement affalée sous le bureau du notaire, Anastasie fournit de gros efforts pour pouvoir extraire ses bottines de ce lieu pour le moins incongru. Il faut dire que les épaisseurs de jupons de cette maudite toilette de fille n'aide en rien ses mouvements un peu désordonnés. Il faut dire aussi que ce laps de temps à ne pas croiser le regard du jeune homme voleur d'héritage, lui est salutaire car sans quoi elle se serait ruée sur lui pour le faire taire tandis qu'il la sermonne comme s'il pouvait se le permettre.

Sous le bureau, il lui est facile de répondre en grommelant :
- Gnagnagnagna !

Cet impudent se permet de lui donner des leçons de moral et de se faire passer pour une victime. Il pousse le bouchon un peu loin tout de même. La victime c'est elle ! En moins d'une minute elle se voit dépossédée de la moitié de ses biens et  de ce qui lui revient de plein droit.

- Père a perdu la raison ! C'est évident Monsieur le notaire. Je conteste. Je conteste tout ce que vous venez de lire un point c'est tout !

A la question posée, il lui semble temps de sortir de sa cachette improvisée et de se redresser fièrement, bottines en main, qu'elle brandit sous le  nez du notaire tel un trophée.

- Comment puis-je aller bien après ce que vous venez de lire ? Je vous le demande !

L'homme est médusé par ce qu'il voit et en perd son monocle ce qui amuse grandement la jeune fille si tant est qu'elle ait envie de s'amuser. La situation ne s'y prête guère mais à vingt ans sans doute ne voit-on pas le verre à moitié vide et préfère t-on le voir à moitié plein. Anastasie reprend place sur son siège en jetant un œil noir du côté de son voisin qui comme un premier de la classe est tout attentionné à ce qui se dit.




Monsieur Froissard - Notaire -

- Bien. Reprenons. Je vais à présent vous donner lecture des conditions imposées par feu Monsieur le Vicomte de Mirepoix.

Quelque peu décontenancé, l'homme se racle la gorge à plusieurs reprises, réajuste son monocle et regarde les deux jeunes gens avec une certaine bienveillance.

- Avant de pouvoir toucher mon héritage, ma fille et Monsieur Joris de Florensac devront prouver qu'ils sont capables de se débrouiller seuls. Pour ce faire, ils devront trouver à se loger, à se nourrir, à travailler pour subvenir à leurs besoins de chaque jour. Un petit pécule sera remis à Monsieur Joris de Florensac qui en tant qu'aîné sera responsable de ma fille et devra s'assurer qu'elle participe à leur nouvelle vie à deux.



S'en est trop pour Anastasie qui se lève comme une furie et se met à hurler à qui veut bien l'entendre : - Comment çà notre vie à deux ? Vous n'imaginez tout de même pas que je puisse vivre sous le même toit que cet homme ! C'est insensé ! C'est ... Monsieur Froissard, vous rendez-vous bien compte ? Admettez que mon père ne devait plus avoir toute sa tête pour m'imposer de vivre avec un parfait étranger !

- Pourtant Mademoiselle ce sont bien là les souhaits de votre père. Je vous confirme qu'il était en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels au moment où il a rédigé ses dernières volontés.

Anastasie se laisse retomber sur son fauteuil. La tête lui tourne, elle est à deux doigts de défaillir. Elle voit son avenir foutu, complètement foutu. Dans un petit sursaut de combativité, elle se tourne vers Joris.

- Et bien dites quelque chose vous ! Dites que vous refusez de vous occuper de moi et surtout dites que vous refusez de vivre sous le même toit !
Je vous conseille de le dire car sans quoi, je ferai de votre vie : UN ENFER !

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MessagePosté le: 12/02/2017, 16:26    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Il souriait en l’entendant grommeler sous le bureau et le notaire avait une patience d’ange tout comme lui, d’ailleurs. De se faire traiter de tous les noms d’oiseaux, il en avait que faire mais de l’entendre dire qu’elle contestait le testament de son propre père parce qu’il n’avait plus sa tête, l’interpella.

Non contente de ne point savoir vous tenir comme une jeune fille bien éduquée, vous mettez en doute la crédibilité de votre père. Sachez, Mademoiselle, que votre père jusqu’à sa mort accidentelle, avait toute sa raison et la tête bien ancrée sur ses épaules. Vous contestez, c’est votre droit mais ne faites point allusion à la démence lorsqu’il s’agit de votre père.

Après avoir fait son numéro de cirque, elle reprenait place dans le fauteuil et si ses yeux avaient été des boulets à canon, j’aurais été déjà pulvérisé sur place sans sommation.

Le notaire reprenait le cours de sa lecture.

Souffrante ? Laissez-moi rire ! Elle était loin de souffrir pour son parent défunt car la souffrance qui l’étreignait était toute autre, le pactole et les biens qui s’y rattachaient lui passaient de moitié sous le nez et ajouter à cela, une dépendance pécuniaire de la demoiselle aux dépens d’un inconnu. Amusant me direz-vous ?

Et ce qu’il entendait ne le faisait plus sourire.

La vie à deux ! Misère de misère, il ne s’attendait pas du tout à cela et devait donc s’occuper d’elle en plus de la supporter quotidiennement. Connaissant sa fille, le futé Vicomte lui aurait-il fait une sale blague à laquelle il ne pouvait plus reculer, à part celle de refuser entièrement sa participation à la succession, ce qui arrangerait fort bien la petite peste. Il n’avait jamais rien demandé ni exiger quoi que se soit mais il ne laisserait pas passer la chance de sa vie, cette chance qu’on avait qu’une fois dans sa misérable vie mais à quel prix ?

Un parfait étranger, la comparaison le faisait sourire. Elle se levait furieuse en hurlant puis comme un animal blessé, retombait dans son fauteuil au bord du malaise plutôt hystérique que syncopal et la scène théâtrale se tourna alors vers Joris et c’était à son tour de défaillir.


Comment ça ? Vous avez du toupet, tout de même ! C’est vous qui monopolisait la situation en hurlant, gesticulant dans tous les sens, disant que votre père était cynique au point d’avoir perdu la raison et vous demandez mon aide parce que Mademoiselle vient de s’apercevoir qu’elle est surpassée par les évènements.

Eh bien oui, je vais vous dire ce que je pense et je n’irais pas par quatre chemins, que cela vous plaise ou pas.

Vous n’êtes qu’une enfant gâtée qui ne pense qu’à elle et si feu votre père a volontairement pris ces dispositions sous clause envers nous deux, c’est qu’il avait ses propres raisons vous concernant. A part votre beauté insolente, vous n’avez sans doute rien d’accrocheur ni d’attirant pour la gent masculine en ce qui concerne votre personnalité, votre caractère et votre éducation.

Et cela vous arrangerez bien que je renonce à honorer la clause faisant de nous, les deux doigts de la main jusqu’à votre majorité et jusqu’à ce que nous touchions l’héritage. Je sais ce qui m’attend avec vous, l’enfer comme vous le dites si bien mais je refuse de déshonorer les dernières volontés du défunt. Dites-vous bien que le fait pour votre père, pas pour vous.


Maintenant, elle pouvait défaillir, il en avait cure. Il reposa son regard sur le vieil homme qui devait jubiler intérieurement derrière son monocle.
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Anastasie Lévis-Mirepoix
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MessagePosté le: 13/02/2017, 09:58    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Mais qu'est-ce qu'il lui raconte ? Les deux doigts de la main, lui et elle ? Non mais il ne va pas bien celui-là ! Plutôt être manchot que d'imaginer ce cas de figure. A présent complètement tassée dans son fauteuil, Anastasie réalise concrètement que tout ceci n'a pas l'air d'une blague et qu'elle va devoir composer avec cet intriguant ... Jusqu'à sa majorité, soit pendant un temps interminable. Oui, vraiment, sa vie est foutue. Un long soupir s'échappe de sa gorge, elle voudrait pouvoir mourir, là, sur le champ. Jamais elle ne saura attendre si longtemps. Il ne lui reste qu'à espérer qu'en se montrant encore plus peste que ce que ce jeune homme prétend, il rende les armes et prenne ses jambes à son cou pour se tenir loin d'elle. Du coup, cela lui redonne un peu d'espoir.

- Oh comme vous voilà un saint-homme ! Quelle belle leçon de sacrifice que la vôtre, Monsieur. Ne pas vouloir décevoir feu mon père en acceptant tout ce qu'il demande.

Anastasie lève les yeux au ciel de façon très théâtrale.

- Dites plutôt que c'est l'héritage qui vous donne cet élan de générosité ! Que ne ferait-on pour l'appât du gain, n'est-ce pas ?
Et, je vous interdis de juger quel pourrait être, ou non, mon chagrin ou ce que je pense de tout ceci. Vous ne me connaissez pas, vous ne savez rien de moi.


Elle ne va certainement pas se mettre à pleurer devant ces deux hommes qui sont de parfaits étrangers. Elle aura tout le temps de pleurer lorsqu'elle sera seule. Du reste, Anastasie n'est pas vraiment une larmoyante, son père en bon militaire de carrière qu'il était lui a toujours dit que pleurer, c'était afficher sa faiblesse. Au moins lui aura-t-il appris çà à défaut d'avoir été présent pour elle. L'aimait-il ? Elle n'en sait rien puisqu'il ne lui a jamais dit. Se tournant vers le notaire, d'une voix moins agressive, elle demande :
- En avons-nous terminé, Monsieur ?


 
Monsieur Froissard - Notaire -

Ces deux là vont faire une sacrée paire se dit le notaire. Il n'est pas mécontent que cet entretien se termine car un instant, il s'est imaginé voir son étude sans-dessus dessous avec un, ou pire encore : deux morts à la clé. Après un raclement de gorge et un ajustement de son monocle il s'adresse de nouveau aux deux jeunes gens.

- Nous en avons presque terminé Mademoiselle Lévis-Mirepoix.

L'homme se lève, se dirige vers son coffre, d'où il sort un coffret en bois. Calmement, il reprend place et tend le coffret à Monsieur de Florensac.

- Ce coffret contient le pécule dont je vous parlais peu avant. Cette somme doit vous permettre de tenir trois mois pour subvenir à vos premiers besoins. Après, il faudra vous débrouiller seuls tous les deux. Je ne pourrai pas vous aider, Feu Monsieur le Vicomte n'ayant laissé aucune autre directive dans ce sens.

Il présente le document qui engage Joris de Florensac à veiller sur Anastasie Lévis-Mirepoix, à gérer leur avenir jusqu'à la majorité de celle-ci ainsi qu'à gérer la somme versée dont le montant est indiqué sur le document en question.

- Si vous voulez bien signer ici, Monsieur de Florensac, nous en aurons fini pour aujourd'hui.

Il s'adresse à présent à la jeune fille qui boude dans son coin.

- Mademoiselle Lévis-Mirepoix vous voici à présent confiée à l'entière responsabilité de Monsieur Joris de Florensac jusqu'à votre majorité.

A cet instant le notaire se recule un peu, se demandant s'il ne risque pas de recevoir une baffe ou un dossier en pleine figure. Mieux vaut être prudent.

- Monsieur de Florensac afin de vous aider, j'ai pris contact avec la pension Garnier à Poissy. Madame Garnier tient à votre disposition un petit appartement meublé. Je vous conseille de prendre rapidement contact avec elle pour vous loger car je ne peux plus vous laisser habiter dans la demeure du Vicomte. De même, le couvent ne gardera pas Mademoiselle puisque je me dois d'informer la mère supérieure des dernières volontés de son père. Ce que je compte faire dès aujourd'hui afin de respecter le souhait de Monsieur le Vicomte.
Avez-vous des questions ? Sachez que vous pourrez toujours venir me voir pour des conseils.


Anastasie se lève, complètement décontenancée par ce qu'elle vient d'entendre. Ainsi n'a t-elle même pas le temps de s'habituer à l'idée de devoir vivre avec Monsieur de Florensac que déjà il lui faut quitter le couvent. Ce n'est pas qu'elle y soit particulièrement attachée mais cela valait mieux que cette vie qui l'attend à présent. Cette fois, elle ne peut plus retenir ses larmes et sort du bureau en annonçant péniblement :
 - Je vous attends dehors Monsieur de Florensac.

Que va-t-elle devenir ? Les larmes coulent à flot tandis qu'elle quitte l'étude de Monsieur Froissard. Elle est si retournée qu'elle en a oublié ses bottines sur place et se retrouve pieds nus sur le trottoir de la rue.

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MessagePosté le: 13/02/2017, 19:26    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Excédé au-delà du supportable car trop, c’était trop, il répondit rageusement, histoire de crier plus fort qu’elle afin d’essayer de l’intimider.

Décidément, vous ne pliez jamais devant l’adversité même si vous savez pertinemment que c’est contraire à la raison logique et vous avez raison sur un point, je fais cela pour l’appât du gain afin de m’en mettre plein les poches, voyez-vous et je ne compte pas m’arrêter là.

Joris se mit à rire sur l’image malsaine qu’il lui envoyait.

Depuis le début, elle était tantôt dans l’offensive et tantôt dans la défensive et Joris, très maître de lui, haussa les épaules en ne répondant plus, à quoi bon, transporté à la fois par le plaisir de la lutte, la joie de la vengeance et le désir de la faire plier qui le jetait contre cette proie, que la révolte rendait encore plus attrayante. Le notaire s’adressa à Joris pour la suite à venir. L’écoutant attentivement, il lui remettait un coffret en bois qu’il sortit de son coffre et dans lequel se trouvait le pécule qui devrait les soutenir pendant trois mois. Il signa le document et s’empara du coffret tout en écoutant les dernières directives du notaire.


Je vous remercie pour tout, Maître Froissard, je prendrais contact avec Madame Vermandois pour l’appartement dès que je sortirais de votre Etude. Bien entendu, il va de soi que je quitte dès à présent la demeure de Feu le Vicomte.

Maître Froissard, j’aurais tout de même une question ? Puisque Mademoiselle Lévis-Mirepoix est obligé de quitter définitivement le couvent, je me demande si le petit appartement meublé de la Pension Vermandois serait assez grand pour la cohabitation de deux personnes de sexe opposé et qui ne se connaissent pas.


Enfin, il put parler au notaire sans être interrompu par la petite peste car celle-ci avait abandonné le bateau en l’attendant dehors sans compter que ses bottines avaient encore chu sur le fauteuil et qu’elle était donc sortie encore pieds nus.
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MessagePosté le: 14/02/2017, 10:35    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant



Monsieur Froissard - Notaire -

Le notaire regarde partir la jeune fille qui n'a même pas la correction de lui adresser un au revoir ou un merci. Il hausse les épaules et se dit que feu Monsieur le Vicomte a réservé un sale coup à ce pauvre Monsieur Joris de Florensac en lui confiant ainsi sa fille. La petite a du caractère et du tempérament et il n'aimerait pas être à la place de ce jeune homme. La question qui lui est posée le voit sourire avec bienveillance.

- Je vous conseillerai d'aller vérifier par vous-même cet appartement en question, Monsieur de Florensac. Personnellement, je ne l'ai point vu et ne saurais vous le décrire. J'ai cru bien faire en y mettant une option auprès de sa propriétaire qui est aussi ma cliente. De plus, il va vous falloir voir en fonction de votre bourse qui ne sera pas extensible à l'infini.
Je dirai que c'est à vous d'estimer ce qui conviendra le mieux pour la gestion de votre nouveau budget. Je comprends néanmoins fort bien l'interrogation qui est la votre. Il est certain qu'une chambre chacun ne serait pas du luxe mais votre budget vous le permettra-t-il sur la durée ? Là est la question.
Madame Garnier est assez arrangeante, vous devriez pouvoir négocier avec elle.


Il n'ose imaginer la proximité décrite par Monsieur de Florensac. Ces deux là réunis dans une même pièce et c'est la guerre assurée. Alors dans une même chambre ! Il en a froid dans le dos rien que d'y penser.

- N'hésitez pas à revenir me voir en cas de doutes, je vous aiderais du mieux possible. Il me reste à vous souhaiter une bonne installation dans votre nouvelle vie et ... beaucoup de ... courage.

Et à son avis, du courage et de la patience il va lui en falloir à ce jeune homme.

- Bonne fin de journée, Monsieur de Florensac.

Il raccompagne son client à la porte de son bureau et s'en retourne à ses occupations.

Pendant ce temps là, dans la rue, devant l'étude du notaire.

Elle se pèle de froid Anastasie et trouve le temps bien long à devoir attendre comme çà. Elle a séché ses larmes et songe déjà au moyen de rendre fou son "tuteur" pour que très vite il se dessaisisse de cette responsabilité et retourne voir le notaire afin de lui dire qu'il abandonne ses droits et donc ses devoirs. Oui, c'est ce qu'elle doit faire. Pour commencer, elle va héler un fiacre et s'y installer bien au chaud. Marcher pieds nus sur un trottoir humide et sale n'est pas idéal. C'est donc sur la pointe des pieds qu'elle entreprend cette quête. D'un signe de la main en hurlant afin de se faire entendre, elle tente d'arrêter une voiture.

- Hep ! Cocher ! Arrêtez-vous !

Fort heureusement le fiacre s'arrête pile à sa hauteur et c'est sans hésiter une seconde qu'elle monte à son bord. Elle doit réfléchir vite et bien.

- Nous attendons un Monsieur avant de pouvoir partir. Mais, je vous en prie, faites tourner les francs sans hésiter. Monsieur réglera votre note. Alors, nous irons d'abord au couvent d'Abbecourt où vous m'attendrez le temps que je récupère mes malles, que vous chargerez et ensuite... heu ... ensuite... je ne sais pas ...

De nouveau sa jolie petite bouille se renfrogne. Oui : et ensuite ? Qu'adviendra-t-il d'elle ?

 
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MessagePosté le: 15/02/2017, 01:16    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

La réponse du notaire ne se faisait point attendre. Attentif à ses propos, il était mais en même temps tout se chamboulait dans sa pauvre tête afin de chercher et de trouver une solution plus adéquate pour eux. Il savait le montant de la somme d’argent qu’il disposait pour vivre à deux pendant trois mois et c’était peu. Le Vicomte était-il plus radin qu’il avait l’air économe, néanmoins, tout porte à le croire ou bien serait-ce un stratagème de mauvais goût de sa part jusqu’à prendre cela pour un jeu tel que le jeu du chat et de la souris entre sa fille et lui ou peut-être donner une grande leçon de savoir-vivre à sa fille ? Des questions qui resteront sans réponses. Il acquiesça de la tête à ses dires.

Vous avez raison, Maître Froissard, je verrais avec Madame Garnier s’il y a lieu de négocier au moins pour le premier trimestre, le temps de trouver un emploi et de stabiliser la situation par la suite.

Je vais donc prendre congé et je ne manquerai point de venir vous voir en cas de doutes.


Oui, sa nouvelle vie, il grimaça légèrement tout en récupérant sur le fauteuil, les bottines de la petite peste puis sourire en coin adressé au notaire qui prenait la peine de l’accompagner jusqu’à la porte.

Certes, il me faudra une grosse dose de patience, j’en suis conscient et sur ces encouragements, je vous souhaite également une bonne fin de journée.

Le voilà maintenant dans la rue bien animée à cette heure de la journée. La première chose qui fit, c‘était de regarder à droite et à gauche où pouvait se trouver la petite peste. Elle ne se serait pas enfuie tout de même surtout les pieds nus. Ne la voyant pas, il l’appela.

Mademoiselle Lévis-Mirepoix ? Mademoiselle Lévis-Mirepoix ?

Une minute s’écoula sans qu’il obtienne de réponse. Joris était sous le point de s’en aller quand il visa droit devant lui, le fiacre en arrêt devant l’entrée de l’Etude du notaire. Il s’avança vers le bord du trottoir et plongea son regard à l’intérieur de la voiture.

Ah ! Vous voilà, enfin ! J’ai bien cru un instant que vous aviez pris la poudre d’escampette. Je suppose que vous avez héler un fiacre pour aller chercher votre bagage au couvent d’Abbecourt. C’est bien la première fois que je vous vois prendre une décision qui a son utilité. Bien, je ne vous accompagne pas car j’ai mon propre moyen de locomotion. Nous nous retrouverons donc à la Pension Garnier à Poissy.

Avant que le fiacre ne parte, Joris lui lança ses bottines de la fenêtre en lui criant d’un air amusé.

Chaussez-vous avant de prendre un mal de gorge, petite écervelée et j’espère que vous aurez de quoi payer le cocher.

Puis il tapa contre la paroi afin que le fiacre se mette en branle.
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MessagePosté le: 15/02/2017, 12:18    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Ah çà, si elle le pouvait, elle la prendrait la poudre d'escampette. Pour aller où, pour faire quoi : mystère. Anastasie est à présent à la merci de cet inconnu et elle se surprend à maudire son père. Pourquoi l'avoir contrainte à subir cette tutelle durant tout ce temps ? Sans doute son père n'imaginait-il pas passer dans l'autre monde au moment où il rédigeait son testament mais il n'empêche que les faits sont là et qu'elle est dans une panade monstre. Elle regarde celui qui s'adresse à elle en osant la narguer. Quel malotru que cet homme là. Il a beau avoir une gueule d'ange, elle s'en contrefout. Elle ne se laissera pas embobiner par un joli minois. Plutôt mourir.
Sa réflexion l'agace et elle lève les yeux au ciel, hausse les épaules en guise de réponse. Comment ose t-il se permettre de porter un jugement sur son bon sens ?
Elle n'allait tout de même pas rester plantée sur ce trottoir à attendre le bon vouloir de M O N S I E U R.

Le fiacre se met en route sans qu'elle s'y attende. Entre ses bottines qui atterrissent sur sa robe toute propre et le choc d'un démarrage aussi brusque qu'inattendu, autant dire qu'elle peste à voix haute. Très vite, elle passe la tête par la fenêtre du fiacre et tempête :
- Vous n'êtes qu'un monstre ! UN MONSTRE !

Joris la regarde s'éloigner en riant, ce qui la rend folle de colère tandis qu'elle reprend place sur sa banquette et que le fiacre poursuit sa route jusqu'au couvent.

Comment va-t-elle bien pouvoir régler la course ? Elle n'a pas un franc en poche. Tout cela ne sent pas bon du tout. Lui revient en tête ce que Monsieur de Florensac lui a avoué sans la moindre gêne : il compte bien la dépouiller de tous ses biens et s'enrichir sur le cadavre encore chaud de son père. Son sang se glace, sa raison  n'est plus très claire. Comment peut-elle lutter ? Quelle est la marche à suivre ? Et si elle demandait conseil à la mère supérieure ? Peut-être saurait-elle lui dire comment manœuvrer ? Tandis que mille et une questions défilent, le fiacre arrive au couvent. C'est le moment de ruser, de se faire aussi petite qu'une souris.
Sans se décontenancer, elle descend du fiacre et interpelle le cocher :
- La mère supérieure va venir pour vous régler la course !
Et Anastasie se carapate de là plus vite que son épée lorsqu'elle tente de botter en touche son maître d'arme.

Afin d'éviter l'esclandre, la jeune fille explique son problème à l'une des sœurs passant dans le long couloir menant aux cellules. Comment cela se soldera, elle ne veut pas le savoir. Tout ce qui compte c'est qu'elle soit déchargée de cette note qu'elle ne peut de toute façon pas régler. Très vite, elle s'enferme dans sa chambre et se pose sur son lit. Et si elle restait là, sans plus jamais bouger. Monsieur de Florensac n'oserait tout de même pas la contraindre à quitter son couvent ? On use pas de la force dans la maison du Seigneur. C'est une évidence qui la conforte dans ce qu'elle imagine sur l'instant.

Voilà une bonne idée : c'est décidé, Anastasie ne bougera plus de ce lit. Peu à peu, sa colère se dissipe, certaine d'avoir trouver la solution. Insouciante, elle réussit même à s'endormir ...


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MessagePosté le: 15/02/2017, 13:46    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Il éclatait d’un rire sonore en se disant qu’elle ne mettrait pas une à deux secondes de temps à se pencher par la fenêtre de la voiture pour tempêter contre lui. Et un tonitruant MONSTRE se volatilisa dans le brouhaha de la rue, ne faisant même point retourner quelques têtes sur eux.

Devrait-il être content de lui ? Non car il n’était point au bout de ses peines et malgré ce gros coup dur qu’il lui tombait sur le coin de l’épaule avant qu’il ne prenne toute l’entièreté, il se dirigea vers l’écurie du quartier où il avait laissait son « Cyrus » aux mains du lad des lieux, lui glissant une petite pièce pour ses bons soins.

Il lança son équidé au trop en direction de la demeure de Poissy afin de récupérer sa malle et de faire ses adieux au couple de domestiques qui devait prendre soin de la maison pendant un temps indéterminé et cela, sous la gérance de Maître Froissard, notaire de Feu le Vicomte, avant de se rendre à la Pension Garnier.

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MessagePosté le: 17/02/2017, 20:11    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Couvent d'Abbecourt



Le fiacre passait près de l’étang en longeant le haut mur d’enceinte parallèlement dans la longueur du chemin communal qui menait à l’entrée du couvent tout en passant devant pour aller se perdre dans d’autres chemins de campagne. Il s'immobilisa devant la porte et Joris descendait de voiture avant de tirer sur la clochette au son, à vrai dire, assez tintamarre pour une oreille non avertie. Un instant d’après, la grande porte s’ouvrait sur une créature du Seigneur qui aussitôt baissa les yeux en le voyant. Il lui déclina son identité et lui expliqua l’objet de sa visite et la religieuse le pria de le suivre jusqu’au bureau de la Mère Supérieure. La Sœur guide le fit attendre dans un vaste et long couloir avant qu’il fut reçu dans son bureau.

Bonjour, mon fils, je suis Sœur Eloïse de Gaces, la Mère Supérieure de cette institution et Sœur Bénédicte vient de me faire savoir l’objet de votre visite en ces lieux. Je vous en prie, mon fils, prenez place. Vous cherchez à savoir si Mademoiselle Lévis-Mirepoix est revenue au couvent et si elle est toujours parmi nous.

Pour lui, ici, tout ce qui l’entourait était austère et triste, de même que la religieuse qui lui faisait face. Un havre de paix dédié à la prière et au silence, disait-on de ces endroits. Un sourire de circonstance se dessina sur ses lèvres, accompagnant les propos de la Sœur.

Eh bien, mon fils, ne cherchez plus. J’ai appris par une des Sœurs, que cette demoiselle était revenue pour s’enfermer dans sa chambre et je pense avec la ferme intention de ne plus y bouger et comme nous connaissons toutes depuis pas mal de temps, déjà, le caractère particulier et le comportement singulier de Mademoiselle Lévis-Mirepoix qui nous avait été confié par son père, le Vicomte de Mirepoix qui fut d’ailleurs un des grands donateurs pour la survie de notre institution.

Par un geste nerveux, elle se signa.

Paix à son âme et qu’Epicure, dans sa bonté, le garde et le protège. Alors, comme je vous le disais, elle nous a été confié très jeune par son père.

Blablabla… Blablabla… Il ne la croyait pas si bavarde, la chef.

Saviez-vous qu’elle nous impose un Maître d’armes pour ses leçons d’escrime et j’ai dû régler moi-même, aujourd'hui, la course du fiacre.

Non, c'était pas possible qu'il faillit avaler sa salive de travers en entendant que c’était la religieuse qui avait payé le cocher du fiacre.

- Je suis vraiment désolé pour elle et il va de soi que je vous rembourserai la course. Pardonnez-moi, ma Mère mais il serait souhaitable que je la voir pour la ramener et bien évidemment à votre présence et ne lui dites rien sur ma présence en ces lieux.

- Bien sûr, oui, je vais la faire chercher sur le champ.


La religieuse se leva pour disparaître un instant dans le couloir puis il entendit des chuchotements et des pas pressés de sandales qui claquaient sur le pavé à chaque mouvement de talons. En attendant son arrivée, l’idée qu’il se faisait sur la tête qu’elle allait faire quand elle entrerait dans le bureau, le faisait déjà pouffer de rire.
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Dernière édition par Joris.de.Florensac le 01/03/2017, 14:49; édité 1 fois
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MessagePosté le: 19/02/2017, 13:08    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Lorsqu'on vient la déranger dans son sommeil, ce sont bottines et tout ce qu'elle trouve à portée de main qui volent en direction de la porte. La sœur chargée de la conduire jusqu'au bureau de la mère supérieure esquive les projectiles du mieux qu'elle le peut et entre dans une colère monstre pour se faire obéir ce qui ne fait qu'accroître celle d'Anastasie.

- Je ne bougerai pas de mon lit ! Plus jamais !

Si elle avait connaissance de la présence de Joris dans les lieux, il est à envisager que cette colère serait décuplée force mille. En gigotant de la sorte sur son lit, la voici à présent tout à fait réveillée avec en plus une faim gigantesque, elle pourrait avaler un bœuf entier. Cet appétit lui laisse à penser que végéter dans son lit ne la nourrira pas, aussi, bon gré, mal gré, elle s'extirpe de sa couche et se dépêche d'enfiler sa chemise, son cher pantalon et ses précieuses bottes toujours crottées de son entraînement du matin,  ce qui va encore faire grincer les dents de la mère supérieure. Avec mauvaise humeur, elle consent enfin à suivre la soeur.

- Voilà, voilà, j'arrive.

Dans le couloir menant au bureau de la mère Eloïse de Gaces, Anastasie vocifère, bougonne et traîne des pieds, ce qui agace la sœur la conduisant. Il n'en faut pas plus à la jeune fille pour s'en amuser et lambiner à outrance. Hélas ce fameux couloir n'est pas tracé à l'infini et elle se retrouve devant la porte ouverte du bureau  où la mère supérieure l'attend en faisant les cent pas.

- Oh ma Mère, j'ai une faim de loup ! Si nous pouvions faire vite, je pourrais aller me restaurer sans tarder !



Mère supérieure Éloïse de Gaces

La mère supérieure est aux quatre cents coups. Non seulement l'impudente se fait attendre mais en plus elle se présente à elle dans la tenue qu'elle lui avait demandé de changer avant d'aller chez le notaire. De plus, il semble que la demoiselle ne comprenne pas bien l'enjeu qui est le sien désormais. A moins qu'elle fasse semblant de ne pas le comprendre ce qui ne la surprendrait pas. Eloise croise ses mains et lève la tête pour supplier Épicure de lui venir en aide. Un long soupir d'exaspération fuse dans l’entrebâillement de la porte.

- Mademoiselle, entrez dans ce bureau sans discuter.

Un geste bref de la main est adressé à la sœur accompagnatrice afin qu'elle attende devant la porte qui se referme très vite une fois la demoiselle enfin dans les lieux. Des fois qu'elle veuille s'enfuir Sait-on jamais.
Aussi Eloise se tient-elle résolument devant la porte fermée.

- Vous allez vous asseoir et m'écouter mon enfant. L'heure n'est plus aux caprices. Je sais combien votre chagrin doit être grand avec cette triste nouvelle venant de vous frapper mais Monsieur votre père a pris des dispositions vous concernant et vous comme moi, devons nous y plier. Nous n'avons d'autre choix aussi vous allez suivre Monsieur de ...

La mère supérieure ne peut terminer sa phrase car c'est une Anastasie furibarde qui prend la parole.

- Qu'est-ce qu'il fait là celui-là ! Les hommes n'ont pas leur place au couvent !

Il faut moins de deux secondes à Anastasie pour repérer celui qui ose se présenter dans son couvent. Son premier réflexe et de vouloir faire demi-tour et de quitter le bureau mais la mère supérieure fait barrage ce qui ne l’arrange pas bien. La jeune fille avise la fenêtre, elle aussi fermée. La voici prise au piège.

- Jamais je ne suivrai cet inconnu ! Jamais. Je resterai au couvent jusqu'à la fin de mes jours. Je me ferais même bonne sœur si vous voulez.

Il est à espérer qu'on ne la prenne pas au mot car elle n'a nullement l'intention de croupir dans une cellule en priant du matin au soir et du soir au matin. Il lui faut juste gagner un peu de temps. Du coin de l’œil elle observe Joris qui, comme toujours, sourit avec exagération. Il se moque d'elle ouvertement.

- Mais regardez-le ma Mère ! Vous n'allez tout de même pas me laisser aux mains de cet homme qui a ouvertement dit qu'il allait s'emparer de l'intégralité de mon héritage !

Il est temps de jouer la grande scène de sa vie et de fondre en larmes. Ce qu'elle réussit à faire sans avoir à trop se forcer.

- Bouhouuu..... pitié ma Mère. Gardez-moi auprès de vous. Je serai sage comme une image. Bouhouuuu.... Anastasie renifle comme un petit chien, ce qui n'est guère élégant mais il faut ce qu'il faut pour attendrir la mère supérieure.

Eloïse est un peu désemparée devant le chagrin de sa protégée. Elle n'a hélas pas le choix que de se plier aux dernières volontés, de surcroît à présent que son généreux donateur ne pourra plus l'aider.

- Allons, allons, mon enfant. Cessez vos pleurs et faites honneur à votre père qui n'a certainement pas décidé de vous confier aux bons soins de Monsieur de Florensac sans être certain que ce serait le mieux pour votre avenir. Vous allez suivre votre tuteur qui a déjà trouvé de quoi vous loger. Voyez comme il est efficace et soucieux de votre bien-être. N'est-ce pas Monsieur de Florensac ?

La mère supérieure regarde Monsieur de Florensac avec une certaine insistance afin qu'il puisse faire ce qui doit être fait, cette scène n'ayant que trop durée. Un autre regard est déposé sur la demoiselle qui bougonne et renifle dans son coin.


- Bouhouhou ...Gnagnagna ! Bouhouhou ..... Gnagnagna.



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MessagePosté le: 20/02/2017, 13:22    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy Répondre en citant

Dans le silence du couloir, l’écho de pas traînants sur le sol, suivaient la vive cadence de marche de la religieuse qui avait été envoyé par sa chef pour aller extirper la petite peste de sa couche. Plus les pas s’approchaient, plus il pouffait intérieurement et rien ne transpirait sur son apparence physique qu’il s’amusait follement. Elle s’arrêta devant la Mère Supérieure pour lui dire sans aucune retenue qu’elle avait faim. Il se retenait de sourire tout en prenant l’assurance devant la chef, d’un homme soucieux de la demoiselle.

Maintenant, consciente de sa présence et du piège qui se refermait sur elle, la parodie théâtrale reprit ses droits devant une Mère Supérieure désemparé et ne voulant que le bien de cette jeune fille, vilaine, certes mais touchante à ses heures. Le plus sincère des trois dans ce bureau était Sœur Eloïse à laquelle il adressa un authentique sourire tout en laissant la petite peste l’insulter sans qu’il ne prenne la peine de s’en offusquer et surtout d’y répondre.


Merci, ma Mère mais en tant que tuteur, j’ai été mandaté par Maître Froissard pour m’occuper du bien-être de Mademoiselle Lévis-Mirepoix jusqu’à sa majorité et je compte bien honorer les dernières volontés du défunt et de l’entière confiance qu’il avait mis en moi.

Donc le devoir m’oblige à prendre certaines prérogatives rattachées à ce statut, autrement dit, je serais contraint d’employer d’autres moyens, par exemple juridiques afin que Mademoiselle Lévis-Mirepoix puisse se plier aux exigences de la clause testamentaire.

Oui, en effet, ma Mère, Maître Froissard nous a trouvé un modeste petit appartement meublé à la Pension Garnier.


Puis Joris s’adressa à la petite peste qui râlait dans son coin tout en pleurant des larmes d’hypocrisie qui cherchaient uniquement à émouvoir la Sœur.

Bien, assez jouée, Mademoiselle ! Maintenant, je crois bien que tout est clair et net dans votre petit esprit d’entêtée. Vous allez donc, sans rechigner si possible, rassembler quelques effets personnels pour ce soir et demain, dans la matinée, j’enverrai une voiture chercher le reste de vos bagages.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:13    Sujet du message: [RP/Privé] Couvent d'Abbecourt et Etude de notaire à Poissy

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