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(RP] Lit de Justice de François de Bourbon
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Magdelaine
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PostPosted: 20/01/2018, 21:17    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

PublicitéSupprimer les publicités ?
Le Roy arrivait. et prit sa place. Une petite révérence et elle alla à sa place. Nous allons commencer le procès.
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Eduardo Montès
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PostPosted: 21/01/2018, 14:01    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Il était assis depuis quelques minutes lorsqu'en un seul mouvement, tout le monde se leva... Lui, resta un instant assis, à fixer ce siège vide... Il eut juste le temps de penser " le voila " que le garde le plus proche de lui lui donna un petit coup de crosse dans le dos en lui ordonnant à voix basse de se lever..
Lentement, il s'exécuta... Enfin, dans son champ de vision, apparut le Roi... Il le détailla... Il était jeune, bien plus qu'Eduardo ne le pensait.. En tenue militaire... Ce détail ralluma sa haine, déjà pourtant bien présente... Un soldat... Comme ceux qui martyrisaient son peuple... Il était celui qui ordonnait... Il était le fautif, comme l'avait été l'exilé de Saint Hélène, mort depuis, Epicure en soit remercié.. Il était celui qui depuis son trône était responsable de ce qui se passait loin, la bas, la ou on ne lui demandait rien. 
de l'avoir la, devant lui, à quelques mètres, était un moment plus difficile qu'il n'aurait cru.. Il était hors de sa portée, il ne pourrait rien lui faire, voir ses yeux se voiler et s'éteindre pour de bon, pour la paix de son peuple, pour le souvenir des siens disparus sans raison. 
Il ne lui restait que la haine... Mais ces gens la ne la prennent pas en compte... Ils vivent dans leur bulle, bouffis de leur propre suffisance... Ils se moquent bien du reste.. le seul sort qui les importe, c'est le leur.. 
Il n'eut pas le temps de se rasseoir alors que le Roi avait fait signe qu'il était permis de le faire... Le garde l'en empêcha... Puis ils se regardèrent... Les regards entrèrent en contact se soutenant mutuellement... Enfin, le souverain posa quelques questions..
Le Monsieur fit sourire l'Espagnol... Puis, il resta silencieux un long moment, hésitant à répondre... Le garde encore une fois lui parla à voix basse " Réponds à sa majesté quant il te parle ! " .  
Eduardo se tourna vers le garde, et lui murmura " Ce n'est pas mon Loi. C'est mon boulleau.." 
Puis, refixant le monarque, il finit par lâcher..


Je m'appelle Edualdo Montès.. Né à Alacena plès de Séville.. En 1785 ou 1786.. Je ne sais pas plécisément.. Mon domicile... 


Le regard toujours plongé dans celui du monarque, il laissa passer un silence avant de dire :


Une celllule.. Puante et classeuse. Flançaise en somme. Mais je ne sais ou elle est située exactement. 


Il se tut.. Le silence était parfait dans la salle.. Pas un qui osait bouger ne serait ce qu'un cil...  
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François-de-Bourbon
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PostPosted: 27/01/2018, 12:06    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

    Les hostilités commençaient. Une bataille de regards entre le prévenu et le Roi. Si nous étions déjà au XXIème siècle, on pourrait la comparer à celle entre Barack Obama et Vladimir Poutine sur les plages du Débarquement en Normandie. J'en fait un peu trop ? Oui c'est possible... Mais, au moins, tout le monde comprend la perception du Roi de cette scène. Il avait entre ses mains le pouvoir de le faire exécuter, comme n'importe quelle personne sur son Royaume, mais il souhaitait l'entendre, et il espérait au moins qu'il répondrait à ses questions. Visiblement oui, il y répondit, ironisant sur la qualité des prisons françaises. Il se contenta d'un sourire dédaigneux... au moins il n'avait pas eu la belle vie dans les geôles, c'est un bon point. Il dit alors : - Avant de laisser la parole au Procureur, je vais vous demander de réagir aux accusations portées contre vous.

    Il prit alors la première feuille du dossier posé face à lui qui comportait le résumé de cette journée sanglante : - Lors de la journée du 8 Janvier 1823, à la sortie de la Cathédrale Notre-Dame où venait d'être célébré le mariage de la Duchesse de Montpensier avec le Prince Frédéric d'Orange-Nassau, alors que le couple princier, la Famille Royale et les invités allaient rentrer aux Tuileries recevoir les félicitations du Peuple, une fillette passa la ligne de garde. Elle portait un panier de fleurs. Une déflagration se fit entendre, ayant pour origine une bombe placée dans ledit panier, et faisant deux victimes : la fillette et un garde chargé de la sécurité de la cérémonie. Lors de l'audition d'un enfant prénommé César, celui-ci révéla qu'un homme à l'accent hispanique les avaient abordés en leur donnant à manger, des vêtements, et ledit panier qui contenait la bombe.

    Il marqua une pause avant de reprendre : - Si vous comparaissez aujourd'hui devant moi, c'est que cet homme à l'accent hispanique, à l'origine de la bombe, ce serait vous. Qu'avez-vous à répondre à cela ?

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Eduardo Montès
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Joined: 07 Jan 2017
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PostPosted: 03/02/2018, 01:02    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Personne ne cédait au jeu du " tu baisseras les yeux avant moi "... Le Roi parce que justement il était roi et il était inconcevable qu'il laisse un prisonnier avoir le dessus, et le prisonnier en question parce que sa haine envers cet homme était telle qu'il refuserait de céder tant qu'il ne serait pas mort pour de bon. 
Il fixait toujours ce visage... Il nota le sourire dédaigneux.. Le sourire d'un homme qui était fier de pouvoir dominer et écraser par pur désir de le faire.. L'Espagnol ne pouvait que se répéter ce qu'il s'était déjà dit.. Les Rois sont tous les mêmes.. Peu soucieux du sort de leurs peuples en vérité, peu soucieux du bien être des êtres communs.. Ils n'étaient pas des hommes.. Juste des fonctions.. Vides de sentiments et d'empathie.. Ils n'aimaient qu'eux.. Et pour s'attacher la fidélité de gens qui les détestaient pourtant, juste retour des choses, ils distribuaient des titres, des médailles, des fonctions, comme on jette quelques pièces aux mendiants tendant la main. Ils mentaient.. Ils trahissaient.. Sans aucune mauvaise conscience.. Jusqu'au jour ou les peuples se lèvent.. Et les Rois finissent avec la tête tranchée. Il n'était qu'un enfant alors.. mais il aurait aimé voir cela de ses yeux, lorsque les Français avaient eu, une fois dans leur vie, du courage.. Depuis, ce peuple était redevenu une meute de chiens peureux et aux ordres de ce maître dédaigneux. 
Le regard d'Eduardo ne bougeait plus.. A peine s'il clignait des yeux... On aurait pu croire qu'il tentait de percer le regard d'en face, de le pénétrer, d'atteindre le cerveau pour le réduire à néant... Tuer l'ignoble.. Il ne pourrait pas.. C'était la son seul regret.. A son tour, il offrit un sourire au Roi, un sourire dans lequel on pouvait tout lire..


Ce selait moi ?? Tu n'en es pas sûle ?? Poulquoi suis je la alols ? 


Il tourna un instant le visage, regardant les personnes, ça et la... Toujours souriant.. L'emploi du tutoiement était sa façon à lui de dire qu'il ne se sentait pas inférieur... Ni respectueux. Son regard revint sur la figure aux cheveux blonds, à la barbe ridicule, à ce faciès méprisant et méprisable. 


Est ce moi ??  C'est ce que j'ai dit.. Aplès des heules passées à êtle questionné... Aplès qu'on m'ai blisé genou, nez, cheville, coupé un doigt... Oui, c'est ce que j'ai dit ... Mais ais je dit la vélité ?? Un galçon nommé oscal ??


De nouveau, il observa la salle puis revint fixer son regard d'ou il était parti..


Je ne vois nul galçon ici... Un Espagnol ?? Suis je le seul à Palis ?? Une bombe ?? Je suis bien incapable de fabliquer une bombe... Alols... Est ce moi ou pas ?? 


De nouveau, le sourire se fit... Un silence s'installa... La salle était toujours aussi immobile... Pas un mouvement.. Pas un toussotement..  Puis, le sourire disparut... La lueur changea dans le regard.. La colère froide prit la suite de l'amusement..


Je vais te lépondle ... Mais avant... Puisque tu clois un simple enfant qui appalemment me désigne comme coupable... Cloilais tu un homme qui dilait qu'il a été témoin du meultle de dizaines de ses amis, voisins, memble de sa famille ?? Que les meultliers étaient Flançais ? Que leul chef était un celtain Bonapalte ? Et que non content de ce passé, aujould'hui les soldats Flançais sont levenus, et lecommencent les mêmes atlocités ? Mais...


Il fut interrompu par une quinte de toux... reprit sa respiration et continua..


Mais Bonapalte est molt.... Aujould'hui, c'est toi... Alols... Toi qui me demande de leconnaîtle avoil du sang sul les mains, est tu plêt à leconnaitle celui que tu as sul les tiennes ?? Le sang d'innocents qui jamais ne t'on fait le moindle mal ?? De gens qui ne connaissent poul la plupalt même pas ton nom... Selas tu assez coulageux poul admettle que tu es le boulleau de tout un peuple ? Ou selas tu tlop fiel, tlop lâche, tlop je ne sais quoi poul cela ?? A moins que tu ne me dises que cela n'est pas ton plocès.... Poul esquiver... 


A chaque instant, il s'attendait à ce que le garde à ses côtés le fasse taire... Un bon vieux coup de crosse dans les reins, pour lui apprendre le respect du à sa majesté.. mais rien ne vint.. Il se tourna vers lui, et vit un homme à l'air abasourdi... Un simple hère qui se permettait de parler au Roi de France comme on parle au dernier des moins que rien.. Eduardo sourit à nouveau... Il se foutait de la suite... Il irait rejoindre quoi qu'il en soit celle qu'on lui avait enlevé des années auparavant... Il n'avait rien à perdre.. Il regarda son avocat, qui ne bougeait pas... Pas facile le client hein ?? Défendre un tel type.... Un type qui se passait lui même la corde autour du cou et s'amusait à vaciller pour renverser le tabouret.. Toujours souriant, il revint au Roi..


Je plaisantais Boulbon... Je ne dilais lien.. Si c'est moi, alols tu aulas la jouissance d'oldonner ma molt, tu jouilas ainsi de ce qui te lend puissant, à défaut d'autle chose... Si ça n'est pas moi, tu oldonnelas quand même ma molt, celle d'un innocent.. Mais tu n'en es plus à un innocent plès, n'est ce pas ?? La vlaie question est la suivante.... Qui de nous deux est un assassin ? 


Le sourire disparut... Le regard resta fixé... L'image du monarque devint floue... Celui de Maria apparut... Tel qu'il était avant de........   
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JeanditNeu
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PostPosted: 07/02/2018, 00:56    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Bonalpaté.. marrant comme dès que il y avait un truc, l' Empereur sortait de sa tombe pour tremper dans toutes les sauces. A tords ou à raisons d' ailleurs...
Mais il était question d' une enfante morte et d' un garde aussi, bon on pouvait estimer que le garde savait les risques. Mais l' enfant.. étrange procédé pour un homme se plaignant d' atrocités dans son propre entourage. Ha oui aussi l' attenta contre le Prince.. et son épouse. Un acte aussi ignoble que... loupé.

Plaisant aussi de voir le taureau espagnol affronter son toréro français dans son habit de lumière. Il n' avait rien à perdre, a part ses couilles et ses oreilles, heu sa tête.. le Eduardo. La question que se posait Jean , c' était pourquoi le Prince.. qui ne brillait pas dans les activités militaires. Le Roi ou Benoit , il aurait mieux compris.    
 
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François-de-Bourbon
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PostPosted: 12/02/2018, 15:46    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

    L'Espagnol avait parlé. Après avoir bien ouvert les oreilles pour comprendre l'accent ibérique du prévenu, le Roi pensa la chose suivante : il a échappé au "François Capet". En venant ici, le Roi était persuadé que l'Espagnol l'aurait appelé ainsi, faisant le lien avec son grand-père Louis XVI et la façon dont il était mort... sous la guillotine. Non, au contraire, il l'appelait "Bourbon", le nom de sa branche dynastique dans la Maison Capétienne. Une volonté de plaire au Roi ? Impossible de le dire, mais s'était réflexion allait et venait dans sa tête. Il exposait un début d'explication à son geste : ainsi, ce serait une haine des Français venue de la Campagne d'Espagne de Bonaparte, et à la récente Campagne menée par le duc d'Aumale.

    Il n'avait pas à commenter en public les raisons qui l'ont poussé à autoriser une telle campagne à la frontière du Royaume, mais les raisons étaient aisées à comprendre : aucun pays n'avait réussi à sauver ses grands-parents des lames de la guillotine en Janvier et Octobre 1793, il ne souhaitait pas qu'un autre Bourbon vive autre chose en son Royaume... et c'est qu'elle est grande cette Maison de Bourbon : France, Espagne, Naples et Sicile, Eturie. Voilà à quoi se résume les royaumes de cette famille, et à la tête de celle-ci : le Roi de France.

    Il était de son devoir de protéger autant qu'il le pouvait son cousin Ferdinand des entreprises de ceux qui contestent son autorité. Il se contenta alors de répondre : - Nous ne sommes pas ici pour discuter de la politique diplomatique du Roi de France, mais des soupçons pesant sur vous dans l'attentat de Janvier 1823.

    Il n'allait tout de même pas divulguer ici des éléments de la Raison d'Etat ? Il se tourna alors vers la Procureure et lui dit : - Madame la Procureure, vous avez la parole.

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Anastasie Lévis-Mirepoix
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PostPosted: 14/02/2018, 09:07    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

C'est son tour. Le moment est autant redouté qu'espéré. Anastasie va devoir être claire dans ses propos afin qu'aucun doute ne subsiste dans ce qu'elle veut mettre en avant. Mais ... des doutes : qui n'en a pas ? Elle pourrait, par exemple, s'apitoyer un minimum sur le sort du présumé coupable après ses deux interventions et s'interroger sur le bien fondé de son réquisitoire à venir. Elle pourrait mais n'en fera rien car elle va foncer et défendre ses convictions becs et ongles. Le Roi vient de lui donner la parole et même si elle ne comprend toujours pas pourquoi elle se trouve placée auprès des Pairs de France, elle se refuse à montrer la moindre hésitation et à engendrer des bafouillements qui la rendrait alors peu crédible. Elle a tout de même besoin de prendre quelques discrètes inspirations-expirations afin de combler ce léger manque d'assurance, dû probablement, à la solennité du moment. Ce n'est pas tous les jours que l'on doit présenter un réquisitoire avec un Roi pour Juge ! Discrètement, elle cherche à croiser le regard de son tendre époux. Bien que tous deux, en cet instant, soient des ennemis jurés, elle sait pouvoir trouver, dans les émeraudes de son Beau Brun, le soutien nécessaire.

Elle se lève, la position debout étant, par nature, un gage d'assurance, elle regarde avec respect le Roi sans trop insister car cela, pour le coup, deviendrait irrespectueux. Elle regarde également chacun des Pairs de France, puis l'Avocat de la défense et son client, enfin et rapidement, elle jette un œil en direction de celles et ceux venus assister à ce Lit de Justice. Elle a besoin de s'imprégner de ces présences pour mieux appréhender comment elle circulera, plus tard, au moment de la présentation de son réquisitoire. Anastasie est prête. Que se lève le rideau sur ce qui va se jouer ici et maintenant !

- Majesté, Mesdames et Monsieur les Pairs de France, Monsieur l'Avocat de la défense, nous sommes ici réunis en Lit de Justice selon la volonté de Sa Majesté.

Une courte pause est volontairement marquée afin que ce qu'elle va énoncer par la suite ait l'impact qu'elle souhaite donner.

- Le 8 janvier 1823, au cœur de la matinée, alors que le cortège royal circulait dans Paris, à hauteur du Palais des Tuileries, après la célébration religieuse du mariage princier de la Duchesse de Montpensier, sœur du Roi, et du Prince des Dombes, une bombe a explosé non loin et en direction du carrosse princier. Cette bombe a eu pour incidence de dénombrer de nombreux morts aussi bien au sein du Peuple de France, qu'au sein de la Police Royale mais aussi, de dénombrer des blessés dont la nature des blessures est encore à déplorer aujourd’hui et au moment où je parle, tout particulièrement pour Madame la Duchesse de Montpensier, sœur du Roi.

Une autre très courte pause est marquée afin que tous les présents puissent appréhender avec sérieux ce qu'elle vient de dire. Puis, avec le même ton solennel chargé d'assurance dans les propos tenus et à tenir, elle poursuit.

- Le présumé coupable de cet attentat visant spécifiquement la famille royale, perpétré le 8 Janvier 1823, répond au nom de Eduardo Montès, il est ici présent et se trouve donc ce jour et pour les faits que je viens de vous présenter :  sujet à ce Lit de Justice.
Lors de mon réquisitoire, je vous démontrerai qu'aucun doute ne peut subsister quant à la culpabilité de Monsieur Eduardo Montès.

Afin que chacune et chacun porte le regard vers l'accusé, Anastasie pointe l'index dans sa direction avec une grande détermination dans le geste.

- Majesté, Mesdames et Monsieur les Pairs de France, Monsieur l'Avocat de la défense, je vous remercie de m'avoir écoutée.

Aussi dignement que tout le temps où elle était debout, elle se rassoit et de nouveau va chercher le regard de son époux. Elle en a besoin pour continuer de se sentir aussi forte qu'elle doit l'être et qu'elle le sera, sans faillir à ce qui est attendu d'elle.
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Joris.de.Florensac
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PostPosted: 15/02/2018, 17:41    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Le procès avait débuté comme un procès normal. Le Roi le présidait en qualité de Juge et de victime. Il écoutait attentivement les échanges entre le juge et le prisonnier.

Cependant, Montès n’avait pas tout à fait tort dans ses raisonnements. Les guerres avaient fait tant de victimes et d’énormes ravages dans tous les pays du monde. Son client comme tant d’autres avait perdu tous les siens à cause de ce fléau des grands du monde.

Il faisait allusion à l’impérialisme bonapartiste et à l’absolue monarchie. En fait, étaient-ils différents dans la manière de gérer et de guider un pays en temps de guerres car les guerres, elles, ne différaient pas et se ressemblaient ? Carnages et tueries et qui en payait les pois cassés, les gens du peuple et les sous-fifres en uniforme chargés des basses besognes et cela tout le monde le savait car nul n'était censé l’ignorer. Qu'importe la raison d'Etat, les faits étaient bien là et bien ancrés dans les annales de l'Histoire.

Il comprenait en partie son client mais ne pouvait ni approuver et ni admettre la façon inconcevable de s’être servi de deux enfants pour arriver à ses fins machiavéliques. Lui qui avait été le témoin de la tuerie des enfants de son village.

Alors que penser d’une telle contradiction dans un tel acte ? Son client termina par la notion d’innocence. Innocence pour tentative d’attentat qui avait échouée contre la famille royale mais assassinat pour l’acte commis sur la personne d’une enfant et des gens du peuple.

Il était certain que Montès ne comparaissait pas pour discuter de la politique diplomatique du Souverain ni des actions menées par ses prédécesseurs mais à tout bien considéré, cela avait contribué largement à cette tentative d’attentat afin de venger les siens et ses compatriotes. C’était finalement une de ses raisons majeures.

Il laissa ses pensées lorsque le Roi donna la parole à la Procure. Joris regarda dans sa direction et il savait qu’elle devait être assez émue de prendre la parole devant le Monarque et ses Pairs. Il essaya sur les quelques mètres qui les séparaient, de croiser son regard pour la rassurer et lui faire comprendre de foncer sans crainte par un petit signe de la tête. Il buvait chacune de ses paroles et la trouva parfaite comme d’habitude. Au deuxième croisement du regard, Joris lui souriait tout en plissant les yeux pour lui dire : « Oui, mon Amour, tu as été excellente… »

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François-de-Bourbon
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PostPosted: 26/02/2018, 21:32    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

    La Procureure avait pris la parole. Le Roi pensa qu'elle semblait plutôt à l'aise dans l'exercice... à mois qu'elle ne le cache bien. Il écouta donc ses propos, et notamment le résumé de cette "journée des horreurs" comme François l'appelait depuis en privée. L'Espagnol avait sa version des faits, le Roi lui, avait son interprétation toute personnelle.

    Le Roi ne voulait pas se marier, pourtant c'est là le premier devoir d'un Souverain et le fondement de la Monarchie : la procréation devant aboutir à l'arrivée d'un héritier. Il ne voulait pas car sa dernière relation... poussée dirons-nous... avec une femme termina tragiquement. Il s'en voulait : la Monarchie était alors plus qu'affaiblie et rien... pas même un bâtard... ne devait tacher encore plus la réputation de la Maison de France. C'est pour cette raison qu'il ramena en France sa soeur, titrée duchesse de Montpensier. Elle accomplirait ce que le Roi ne voulait plus faire. Alors le Roi sorti ses vieux Almanachs à la recherche de Princes célibataires qui pouvait convenir à une Fille de France. Et c'est ainsi que le choix du Conseil Royal s'est arrêté sur le Prince Frédéric d'Orange-Nassau, second fils du Roi des Pays-Bas.

    Pour cette union, il avait renoncé à tout : titres, propriétés, et même à ses origines, pour recevoir à la place deux titres parmi les plus prestigieux de la Maison de France : prince des Dombes et duc de Vendôme. Certes, cette promotion a été controversée. Le Roi a fait confiance à son beau-frère en lui confiant des responsabilités gouvernementales au sein de son nouveau pays. Le prince a été l'artisan de la chute du précédent gouvernement...

    Epicure ramenait le Roi à la réalité : en frappant sa sœur dans les rouages compliqués du savoir, l'empêchant ainsi de donner le premier héritier direct de la Couronne depuis Louis-Joseph, fils aîné de Louis XVI... il obligeait le Roi à accomplir son devoir.

    La fin du discours du Roi le ramena au Lit de Justice. Il répondit à la Procureure : - Vous avez la parole Madame pour l'appel de vos témoins.

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Anastasie Lévis-Mirepoix
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PostPosted: 27/02/2018, 11:17    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Encouragée, rassurée, par les échanges de regard avec son tendre époux, la voici confiante bien que sans exagération car il faut savoir rester humble, pour poursuivre ce grand moment dans la vie d'un Procureur du Roi.
La procédure suit son cours et en toute logique à ce stade du Lit de Justice, le Roi lui redonne la parole puisque arrive le moment de faire entendre les témoins de la Procure. Oui, mais voilà, si Anastasie a bien recueilli les témoignages des principaux témoins et des victimes, au moment présent, ils ne sont pas en capacité de venir témoigner à la barre. C'est embêtant mais pas insurmontable. Elle va devoir, si le Roi y consent, se faire l’interprète de ces voix absentes. Et il y a matière !

De nouveau, Anastasie se lève et s'adresse au Lit de Justice, tout particulièrement au Roi. Dans sa main, le courrier reçu de la Vicomtesse de Saint-Rémy.

- Majesté, j'ai le regret de porter à la connaissance de ce Lit de Justice que les témoins ne sont pas en capacité de se présenter à la barre, ce jour. J'ai reçu un courrier de Madame la Vicomtesse de Saint-Rémy qui en donne les raisons.

Elle remet la copie du dit courrier à un huissier afin que celui-ci puisse le présenter au Roi.

Azelma wrote:

Quote:

De
Azelma d'Argenson
Vicomtesse de Saint Rémy

A l'attention de:
Madame Anastasie de Florensac Lévis-Mirepoix

Saint Rémy de Provence
ce 2 janvier 1824,

Madame,


En ce qui concerne  le Lit de Justice, je vous prie de bien vouloir excuser mon absence mais  également celle du Petit César qui a passé un mauvais hiver et est  actuellement souffrant d'après les nouvelles reçues il y a peu de la  mère supérieure. Il semblerait qu'il ait une vilaine pneumonie, je pense  à le faire transférer dans un cadre montagneux plus angélique que Paris  afin qu'il se remette de cette maladie.


En vous souhaitant bonne réception, recevez, Madame, l'expression de mes sincères sentiments.








- Si Sa Majesté y consent, je souhaite pouvoir être la porte-parole des deux témoins principaux de cet attentat du 8 Janvier 1823 ainsi que celle des victimes qui ne sont pas non plus en état de témoigner. Monsieur l'avocat de la Défense a bien entendu été prévenu par mes soins de ces impossibilités.

Elle parle là, pour les victimes : de la sœur du Roi et du Prince des Dombes. Elle n'a plus qu'à attendre la décision royale pour savoir comment avancer.



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Joris.de.Florensac
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PostPosted: 04/03/2018, 19:06    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Il y eut encore un échange entre le Juge et le Procureur puis ce qu’il entendit l’amusa sur les derniers propos de la Procure qui devait se porter sur les témoignages des deux principaux témoins. Il se leva pour objecter la demande de la Procure et se tourna vers le Souverain.

Sire ! Je me permets d’objecter la demande de Madame le Procureur qui veut se faire le porte-parole des deux témoins car celle-ci est irrecevable dans la mesure où il n’y a pas de partie civile et que c’est le rôle des avocats et non point celui de la Procure qui, je le rappelle est là, pour représenter uniquement le peuple et le Roi.

Il attendit la décision du Juge tout en regardant son épouse avec un léger sourire sur les lèvres lui faisant comprendre que le bras de fer entre la Procure et la Défense semblait s'être amorcé.
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François-de-Bourbon
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PostPosted: 04/03/2018, 20:30    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

    La Procureure reprenait la parole pour faire savoir que les victimes et les témoins clés du procès ne pouvaient plus témoigner devant le Lit de Justice. Situation délicate pour le Roi... très délicate même, accentuée par la remarque de Maître de Florensac. S'était la première fois qu'il voyait le Bâtonnier du Royaume, il avait eu l'occasion d'échanger quelques lettres pour lui permettre d'intégrer le barreau malgré l'absence du Bâtonnier d'alors : Maître Macquart. Etrange situation que cette scène, et qui coïncide avec cet évènement exceptionnel que la France a connu : une tentative de régicide... ni plus, ni moins.

    Il regardait l'avocat avant de répondre. Il savait la Procureure et le Bâtonnier mariés, et devoir être ennemis le temps d'un procès devait être une situation difficile pour eux... du moins, c'est ce que pensait le Roi à ce moment-là.

    L'argument présenté par le Bâtonnier était défendable en effet... Il réfléchit, et donna sa réponse : - Maître, je rejette votre objection. C'est précisément parce qu'il y a eu attentat que certaines personnes ne peuvent plus venir ici. Je ne préjuge pas sur la culpabilité de votre client, entendons-nous bien. Mais une action commise a eu pour conséquence des troubles psychologiques chez ces personnes. Les témoignages ont d'ailleurs été recueillis dans des conditions particulières pour certaines, et en amont de la convocation du Lit de Justice, vous avez du recevoir de la Procureure, que j'ai expressément autorisée à le faire, le dossier complet. Aussi... les éléments qui vont être dit par la Procureure dans quelques instants, vous les avez également, vous pourrez répliquer dessus en toute connaissance de ces éléments.

    Se tournant vers la Procureure : - Poursuivez Madame.

    Cette première interruption, justifiée, du Bâtonnier annonçait un procès long... et qui pourrait rester dans les annales du règne. En entrant dans la salle aménagée du Palais du Luxembourg, le Roi n'avait aucune décision prise à l'avance. Il n'avait pas condamné par avance l'Espagnol qui se tenait devant lui. A vrai dire... il suffirait d'un seul mot (mais lequel ?) et le Roi s'était promis intérieurement de le gracier... ou tout du moins... lui éviter la peine capitale ou profit d'une place à vie dans les galères royales.

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Anastasie Lévis-Mirepoix
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Féminin

PostPosted: 06/03/2018, 11:34    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Nul étonnement pour Anastasie de constater que son époux, Avocat de la Défense, cherche à la contrer en cet instant précis. C'est de bonne guerre et elle l'accepte bien volontiers. Elle note le petit sourire qui vient orner les lèvres masculines. Un sourire narquois qui est une forme de déclaration ouverte, dans une guerre entre deux parties opposées dans le cadre d'un procès. Il se trouve que le Roi réfute l'objection. Ana s'en trouve ravie car cela la soulage d'un petit aparté verbal, à sa façon, qu'elle aurait pu envoyer à la Défense. Elle va donc s'en dispenser puisque le Roi l'a déjà formulé.

Anastasie se lève de nouveau et se munit des témoignages.

- Merci Majesté.

Là, elle tirerait bien la langue à Joris mais au lieu de cela, elle se concentre sur ce qu'elle souhaite mettre en avant.

- Monsieur l'Avocat de la Défense, je ne ferai ici, que lire quelques extraits des témoignages recueillis. Témoignages dont les copies intégrales sont toutes en votre possession, il vous sera donc facile de vérifier.

Son regard se porte à présent sur toute l’assistance afin d'en recueillir toute l’attention.

- Je commence par le témoin principal répondant au nom de César. César étant un enfant âgé d'à peine dix ans qui, le jour de l'attentat, était en compagnie de sa petite sœur répondant au prénom de Victoire, âgée de moins de 6 ans.
- A la question qui lui fut posée le 29 Octobre 1823, je cite : Comment ta sœur et toi avez-vous fait la connaissance de l'homme méchant ? Dans quelles circonstances ? Connais-tu son nom ?

- La réponse de César fut, je cite : C'était un matin, avec Victoire, parce que je pouvais la laisser toute seule car elle était trop petite. On marchait dans la rue, je cherchais du travail. Vous comprenez elle était aussi trop petite pour travailler mais je l'amenais avec moi. Ce matin là, Victoire avait très faim, elle était fatiguée, elle avait froid, elle me retardait. Je me suis un  peu fâché contre elle pour qu'elle presse le pas. Si je trouvais pas de travail, elle pouvait pas manger. Elle pleurait, j'étais énervé.
L'homme marchait vers nous, il nous a parlé, il nous a demandé où on allait et où étaient nos parents. Pourquoi ils nous laissaient traîner dans la rue et pourquoi Victoire pleurait. Il nous a demandé si on était perdus.
Je voulais lui mentir, lui dire qu'on était pas perdus qu'on allait retrouver nos parents justement. Mais... Mais Victoire c'était une petite fille vous savez ! Alors elle lui a dit que papa et maman étaient morts. Moi, je voulais rien dire à l'Homme alors j'étais pas content du tout. Mais il nous a proposé son aide... Enfin j'y croyais pas trop au départ mais il avait promis qu'on allait manger.
C'est comme ça qu'on la rencontré, il nous a jamais donné son nom, jamais ! Il parlait bizarrement, il disait jamais les R. Je sais maintenant qu'on aurait jamais du le suivre... Mais elle avait si faim...


En donnant lecture de ce témoignage, Ana en a la gorge nouée mais poursuit cependant.

- A la question posée au petit César, je cite : L'homme vous promet donc de quoi manger. Vous conduit-il chez lui ou dans un endroit particulier pour vous offrir de quoi manger ? Que vous propose-t-il ensuite, un échange de nourriture contre un travail ou contre autre chose ? S'est-il montré doux avec vous deux ou a-t-il été ferme dans ses propos ?

- La réponse de César fut, je cite : D'abord il nous a amené dans un drôle d'endroit comme une auberge pour manger. Même que au début je voulais pas y aller mais on a fini par le suivre parce que Victoire me suppliait d'accepter. Sur le chemin il a dit à Victoire qu'il voulait nous aider que lui aussi quand il était petit avait eu faim comme nous. Au bar, il a commandé de la viande et des légumes pour nous... Cela faisait des jours qu'on avait pas mangé de viande alors je m'en souviens très bien. il voulait savoir où on dormait mais nous on répondait à ses questions mais pas lui. Pour que Victoire cesse de poser des questions il avait dit qu'être trop curieux nous apporterait des ennuis et il a ajouté que son nom n'avait pas d'importance.
Puis il m'a dit que si je cherchais un travail il pourrait m'en donner un le temps qu'il serait sur Paris. Un travail qui me ferait gagner assez d'argent pour que je puisse m'occuper comme il faut de Victoire. Il a dit qu'il faisait du commerce, achetant des objets pas chers pour les revendre plus chers. Il me demanda de revendre les objets pour lui et il m'avait promis de me donner la moitié du bénéfice qu'il ferait.
Il disait qu'il avait un projet... Et c'est là qu'après il nous a amené chez lui... Enfin c'était pas vraiment chez lui, il avait un chambre chez un logeur. Le lendemain il nous a laissé seul dans la chambre mais on pouvait pas en sortir, il avait fermé derrière lui. Après il partait la nuit et la journée il m'envoyait vendre des objets mais il gardait ma soeur dans la chambre. Il disait qu'elle serait jamais seule mais ça voulait dire aussi qu'on pouvait pas partir.... La nuit, la chambre était fermée à clef et le jour j'étais tout seul alors je me dépêchais de faire le travail pour retrouver ma sœur. Cela a duré des nuits et des jours comme ça.

- A la question posée à César, je cite : Tu as parlé d'un projet que cet homme avait pour vous. Peux-tu m'en dire plus ? De quoi s'agissait-il exactement ?

- La réponse de César fut, je cite : Non il a jamais dit ce qu'était son grand projet mais il nous disait qu'il allait nous faire une surprise. Cette surprise c'était d'aller voir la princesse se marier. Maintenant je crois que c'était ça son projet, on savait juste qu'il lui fallait beaucoup d'argent pour son projet et que quand il l'aurait fait, il quitterait Paris.
Vous savez Victoire, elle rêvait de voir la Princesse et elle lui avait dit. Quand j'étais pas là les derniers jours avant la mort de Victoire, il lui parlait souvent de la Princesse.

- A la question posée à César, je cite : Peux tu me raconter comment ta sœur Victoire et toi vous avez pu assister à ce mariage princier ? Donne-moi le plus de détails te revenant en mémoire, même ce qui te semble sans importance car tout est extrêmement important dans ce que tu indiques depuis le début.

- La réponse de César fut, je cite : Ce matin là, il nous offrit de beaux vêtements, quand on fut habillé on est parti vers les Tuileries.
Sur le chemin, on s'était arrêté dans une rue, il nous a dit devoir aller chercher les fleurs qu'il avait commandé. On devait l'attendre au coin d'une rue un peu plus loin. Un peu plus tard, il nous avait rejoint avec un grand panier. Victoire était aux anges, elle voulait le porter. Il a pas voulu, il a dit qu'on l'apporterait tous les deux à la princesse.
Il a réussi à nous frayer un chemin dans la foule. On s'est mis presque au premier rang pour regarder les carrosses qui revenaient de notre Dame, il avait dit que c'était de là qu'on verrait mieux. Quand on les a vu arriver, il nous a donné le panier.
On le portait à deux avec Victoire, parce qu'il était lourd, je pensais pas que des fleurs pouvaient être si lourdes. Mais c'était pas les fleurs en vrai qui pesaient.
J'aimais pas le sourire qu'il m'avait fait quand on avait commencé à marcher vers la Princesse, alors je regardais souvent derrière moi pour le voir. Victoire a trébuché une fois, on a rattrapé le panier sans qu'il touche le sol. C'est là que je l'ai vu s'éloigner dans la foule. Je comprenais pas pourquoi on était à mi-chemin.
J'ai lâché le panier, je me suis presque arrêté, Victoire continuait à marcher. Elle a trébuché encore, le panier était trop lourd pour elle toute seule. J'ai voulu aller l'aider, mais j'ai aussi entendu crier, Victoire s'éloignait de moi et je sais pas comment mais Azelma m'a attrapé. Victoire a à nouveau trébuché, le panier a heurté le sol.
C'est la dernière chose que j'ai vu, elle était à quelques pas de moi. J'ai entendu l'explosion, Azelma me tenait, elle a été poussée par le souffle elle m'a raconté après. On est tombé tous les deux. Je me souviens qu'elle m'entourait de son corps quand on était par terre, elle avait ses mains sur ma tête.
Quand j'ai voulu regarder ma sœur, Azelma m'a serré encore plus fort contre elle pour pas que je vois. Un homme est venu près de nous. Il nous a aidé à nous relever. J'ai juste vu un linge sur la silhouette de ma sœur couchée par terre. Azelma a dit à l'homme de m'emmener, après je sais pas ce qui s'est passé.
Voilà. Vous savez tout.


Elle a besoin d'un grand verre d'eau. Un discret signe est porté afin qu'on le lui serve. Sa main fait tout ce qu'elle peut pour ne pas trembler et le verre d'eau est bu sans en laisser une seule goutte. Elle repose le témoignage de César et se munit de celui de la Vicomtesse de Saint-Rémy.


- J'en viens à présent au témoignage de la Vicomtesse de Saint-Rémy, recueilli le même jour, soit le 29 octobre 1823.

- A la question posée à Madame la Vicomtesse, je cite : Selon vous, Madame la Vicomtesse, était-ce bien une bombe qui a explosé sur le cortège princier ? J'entends par cette question que vous puissiez autant que faire se peut, me préciser la force de cette déflagration, sa portée. A quel endroit précis vous trouviez-vous ? Avez-vous été blessée physiquement ?
Quels dommages cela a-t-il occasionné autour du cortège princier ? Pouvez-vous me décrire précisément ce que vous avez vu et entendu, avant, pendant et après cette déflagration ?

- La réponse de Madame la Vicomtesse fut, je cite : Moi, j'étais tenue de veiller à la sécurité aux grilles des Tuileries tout au long de la journée.
Donc j'ai vu les deux enfants s'approcher avec le panier de fleur au loin, ils criaient "des fleurs pour la Princesse de France!", ils étaient touchants mais voyez-vous je ne pouvais les laisser s'approcher aussi je me suis dirigée vers eux.
Je comptais récupérer le panier de fleurs et le transmettre plus tard à la Princesse après qu'il ait été vérifié. Bien que je ne pouvais imaginer deux enfants lui vouloir du mal, il y a des règles de sécurité à tenir.
Puis j'ai vu que César avait un comportement étrange, il avait cessé de marcher et regardait derrière lui comme s'il cherchait quelqu'un dans la foule.
J'ai pressé le pas, ne comprenant pas ce qui se passait puis il a crié à sa sœur de l'attendre.
Ne me demandez pas pourquoi, je ne pourrai vous expliquer exactement ce qui s'est passé dans mon esprit hormis le fait que j'ai compris qu'il y avait un danger.
J'ai couru en direction de César pour le saisir, un de mes hommes s'est lui concentré sur la petite fille.
Mais elle a trébuché, la panier a frappé le pavé , je venais d'arriver à la hauteur de César.
La déflagration a eu lieu, le souffle m'a projetée, dans ce souffle violent j'ai machinalement pris l'enfant dans mes bras. Nous avons chuté violemment sur le pavé, je me suis mise en chien de fusil autour du corps de César pour le protéger.
Mon second réflexe a été de regarder les carrosses royaux, ils ont repris leur course jusqu'à l'intérieur des Tuileries, j'étais rassurée, j'ai tenté de me redresser une première fois. Mais n'y suis pas parvenue, les douleurs de la chute et des éraflures de morceaux de l'engin projetés au moment de l'explosion m'avaient meurtrie sans gravité les bras et la cuisse.
Un de mes hommes est venu m'aider à me redresser, j'ai empêché physiquement César de voir sa sœur, car en tournant la tête la vision d'horreur de son petit corps démembré sur le sol me fut si terrible que j'ai voulu l'en préserver. j'ai demandé à ce qu'on recouvre le corps de l'enfant et laissé César au soin d'un policier.
Pendant ce temps, des policiers observaient la foule et ont vu l'homme s'éloigner, ils se sont lancés à sa poursuite.
Tout est allé si vite et je vous assure que dans ces cas là on réfléchit tellement rapidement qu'il y a des choses que je ne puis expliquer en détail. On agit surtout à l'instinct je pense.
Concernant les dommages, les carrosses du cortège Royal ont juste été légèrement abimés au niveau des roues, aucun des membres de la famille Royale ni de leurs prestigieux invités n'ont été touché, heureusement.
Par contre, il y a eu des dizaines de policiers et militaires touchés et certains sont morts ce jour là.
Nous étions à bonne distance du cortège, plus proche de la foule même aussi des spectateurs ont été blessé ou sont décédés également.
La déflagration a été puissante mais bien moins que ce qu'elle aurait dû être, après enquête nous nous sommes rendus compte qu'il y avait un dysfonctionnement sur la bombe grâce aux morceaux réunis, sinon, je n'ose imaginer ce que ça aurait fait.


La jeune Procureur du Roi repose doucement le témoignage écrit sur son dossier ouvert et regarde l'assistance.

- Je n'ai hélas pu poursuivre ce témoignage avec la Vicomtesse de Saint-Rémy, celle-ci étant fortement ébranlée, il m'a fallu interrompre cet interrogatoire et depuis, Madame la Vicomtesse s'est retirée sur ses terres de Provence.


Il lui faut à présent passer aux témoignages des victimes mais volontairement, elle marque une pause afin que ce qui vient d'être dit puisse être ancré fermement dans les esprits.

- Quand vous le souhaiterez Majesté, j'en viendrais aux témoignages des victimes.


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Eduardo Montès
Membre de Monarchies

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PostPosted: 11/03/2018, 14:31    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Eduardo entendait les échanges, mais ne les écoutait pas vraiment.. Que lui importait ce que disait la femme en rouge, celle la même qui l'avait interrogé, fait torturer, pour obtenir ce qu'elle voulait ? Que lui importait le fait que son avocat se démène, ce qui était tout à son honneur,   puisque de toutes façons le juge était le Roi, et que par nature, un Roi n'a rien d'impartial ? 
On parlait des enfants... Il sourit... Voudrait on finir par lui faire dire qu'il regrettait la monstruosité d'un tel acte ?? Le sacrifice dans lequel la fillette avait donné sa vie et auquel le jeune garçon avait échappé par le pur produit du hasard ??
Il observa la foule, les acteurs.. Tous avaient des visages graves... De circonstance... On parlait de vies innocentes jetées en pâture.. On parlait de douleur, de souffrance.. Il resta à les observer, les lèvres serrées, avec cette puissante volonté de se mettre à hurler.. On le jugeait lui... Qui jugerait les autres ? Le très haut ?? Eduardo n'y croyait plus à celui la, mieux, il crachait au ciel en pensant à lui.. Si très haut il y avait, jamais le spectacle d'horreur qu'il avait vécu comme témoin impuissant n'aurait eu lieu.. Jamais le massacre ne se serait commis.. Jamais il n'aurait retrouvé le corps de sa Maria pendu et à moitié carbonisé.. Jamais il ne se serait repus de sang durant les années qui avaient suivies.. Le sang versé comme pour éponger celui des siens qui étaient morts pour rien, ce jour la.. 


Il les fixait, un à un, tous ces lâches... Que venaient ils parler de souffrance, plaindre une fillette dont d'ordinaire ils se foutaient bien, au point de la laisser miséreuse et crevant de faim dans les rues puantes de cette ville ? Que savaient ils eux, de la souffrance ?? Pendant que leur Roi ordonnait aux soldats d'aller perpétrer leurs massacres dans un pays qui n'avait rien demandé, eux étaient bien à l'abri de leurs salons, échangeant sur le dernier auteur ou la dernière robe à la mode.. Et pendant ce temps, son peuple était en enfer.. 


Son regard revint sur le monarque... cet être fait de chair et de sang, qui comme lui avait deux yeux, un nez, une bouche... Mais que la loterie de la vie avait plaçé, pour le plus grand malheur de bien des gens, sur le trône de France.. Le petit chien obéissant aux autres nations, prix à payer pour la honte subie suite à la défaite de Waterloo.
Ce Roi, qui entendait rendre la grandeur à un pays au prix du sang du peuple d'un autre... Un monstre, un de plus... Il aurait aimé que le corps de la fillette se désintègre devant les yeux de ce souverain la, lui sautant au visage, lui parsemant ses habits de sang et de viscères.. Qu'il sache ce qu'était réellement la mort, celle contre laquelle on ne peut rien faire, celle d'innocents qu'on pleure, qu'on plaint, qu'on érige en martyrs.. Qu'il ait le goût de ce qu'il avait provoqué, cette amertume métallique dans la bouche, cette sensation de honte pour tant de malheurs inutiles..


Non... Jamais il ne montrerait aucun remords... La fillette n'avait pas souffert, il l'avait libérée... Quelle aurait été sa vie ? La misère ?? La faim ?? La prostitution pour survivre ?? Qui aurait fait un geste dans cette foule de bien pensants sans honte pour cette petite vie sur laquelle des hommes puants se seraient vautrés pour un plaisir fugace en échange d'une piécette ?? Hypocrites que vous êtes tous.. Vous mériteriez tous qu'elle revienne du royaume des morts pour vous hanter... 


Oui.. L'Espagnol avait envie de hurler tout cela.. Sa fureur ne s'éteignait pas, elle ne s'éteindrait jamais.. Si on lui demandait s'il regrettait, il répondrait que la seule chose qu'il regrettait, c'était d'avoir manqué son acte.. Pour un détail.. Un infime détail qui aurait pu libérer son peuple, faire réfléchir ce Roi qui n'était qu'un boucher comme les autres..


La seule chose qu'il souhaitait, c'était qu'on en finisse vite... Qu'on retire de sa vue ce souverain qu'il maudirait jusqu' à son dernier souffle... Qu'on le condamne, qu'on le tue... Qu'on le laisse retrouver ses proches, assassinés en toute impunité.    
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Joris.de.Florensac
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Conseil des Ministres

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Joined: 10 Jan 2017
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Localisation: Où que vous soyez, ma blondinette d'amour, mon cœur ne cessera de crier votre nom.
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PostPosted: 11/03/2018, 15:42    Post subject: (RP] Lit de Justice de François de Bourbon Reply with quote

Il n'était point devin ou médium mais il était sûr et certain de la réponse à sa taquine intervention vis à vis de son épouse bien aimée. Il avait tenter en vain de rappeler quelques règles transgressées car c'était son rôle de ramener sa fraise de temps à autre mais comme le Juge était le Roi donc le Droit Divin se faisait entendre et gare à qui oserait le contrer.

Il savait également que la prestation de son plaidoyer serait du pipi de chat ou de la crotte de chien puisqu'il serait mis au rébus des affaires perdues, jugées d'avance par la Haute Instance. Il se demandait en fait pourquoi il était là à représenter le prisonnier puisque à chacune de ses interventions, il serait contré jusqu'au terminal du procès.

Etant donné qu'il n'y avait plus d'équité et d'impartialité sur le juste et l'injuste, la seule chose qu'il avait à faire et de reprendre place sur son siège, croiser les bras sur son torse, fermer les yeux, écouter religieusement ce qui se disait et la fermer jusqu'à sa plaidoirie. Hilarant ! C'était vraiment un programme enrichissant et surtout reposant car il n'avait plus qu'à continuer sa nuit.

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