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[RP] Salle Hérodote
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Louis-Auguste-de-Sevigné
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PostPosted: 28/12/2018, 11:54    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

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Question particulièrement intéressante. Il était même certain que de nombreuses personnes devaient déjà se l'être posée. Heureusement pour eux, la réponse était des plus simples.

En effet, c'est une particularité intéressante. En réalité, la raison n'est pas si extraordinaire que cela. Il s'agit en fait d'une explication familiale. Anne d'Autriche est issue de la Maison de Habsbourg aussi dite Maison d'Autriche, connue pour être à la fois la maison régnante en Espagne à cette époque mais également celle des empereurs d'Autriche, qui fournie par ailleurs les Empereurs du Saint Empire. Il s'agit de la même famille des deux côtés de la France. François Ier est aussi connu pour avoir mené une guerre à Charles Quint de Habsbourg. Son territoire s'étendait des deux cotés de la France par exemple. Anne d'Autriche était certes infante d'Espagne, mais elle était aussi Archiduchesse d'Autriche, d'où le fait qu'elle s'appelle ainsi.

Il espérait avoir été clair et que cela était compréhensible.

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Louis-Auguste de Sévigné - Spécialiste en Droit."L'éducation est le fondement de nos sociétés."
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Emilie
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PostPosted: 30/12/2018, 17:49    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Et la lumière fut.


Oh merci ! C'est beaucoup plus clair ainsi. répondit-elle, et elle prit quelques notes, puis parée à continuer.

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Louis-Auguste-de-Sevigné
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PostPosted: 02/01/2019, 15:32    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


La suite était là.

À la mort de Mazarin, en 1661, Louis XIV déclare qu’il gouvernera désormais seul, c’est-à-dire sans premier ministre. Il réclame de ses secrétaires d'État une stricte obéissance et leur interdit de décider sans lui. Pour être sûr d'être obéi de ses ministres, il les choisit parmi la bourgeoisie comme Colbert ou Le Tellier. Le règne de Louis XIV marque une centralisation extrême du pouvoir royal. Les grandes décisions sont prises par le conseil d'en haut qui se réunit deux ou trois fois par semaine et où ne siègent que 3 à 5 ministres. Les intendants sont plus que jamais la voix du roi dans les provinces. Dès le début de son règne personnel ,1661-1715, Louis XIV amorce le redressement de l'autorité royale. Les gouverneurs des provinces, issus de la haute noblesse n'ont plus d'armée à leur disposition et doivent résider à la cour, ce qui rend plus difficile le clientélisme. En 1665, Louis XIV interdit aux parlements de délibérer sur les édits et leur ordonne de les enregistrer sans vote. Les états provinciaux de Normandie, Périgord, Auvergne, Rouergue, Guyenne et Dauphiné disparaissent. Avec Colbert, il entreprend de réformer la justice et fait rédiger toute une série d’ordonnances ou codes applicables dans tout le royaume. N'étant pas sûr de la fidélité des officiers propriétaires de charges héréditaires, il confie leurs fonctions à des commissaires révocables. Ce procédé finit par contraindre les officiers à l'obéissance. La noblesse perd tout pouvoir politique. Elle est domestiquée à Versailles où son plus grand souci est de se faire remarquer du roi. Pour cela, elle doit faire des dépenses excessives et en est réduite à quémander des pensions au roi pour assurer son train de vie fastueux.

Louis XIV pense que la guerre est la vocation naturelle d'un roi. Mais au début de son règne, l'armée est encore une entreprise privée monopolisée par la noblesse. Sous l'égide de Le Tellier puis de son fils Louvois, les officiers sont contrôlés par des administrateurs civils qui appliquent des réglementations strictes, les dépouillant d'une grande partie de leur pouvoir. Les efforts faits pour moderniser et discipliner l'armée permettent à Louis XIV de remporter d'éclatantes victoires dans la première partie de son règne personnel. La guerre de Dévolution ,1667-1668, lui permet de conquérir de nouvelles places fortes au nord de la France parmi lesquelles Dunkerque, Lille et Douai. Le traité de Nimègue de 1678 met fin à la guerre de Hollande. Louis XIV n'a pu réduire les Pays-Bas mais acquiert la Franche-Comté au détriment de l'Espagne. Des échanges de places fortes permettent de régulariser la frontière au nord. En 1680-1681, Louis XIV, fort de sa domination sans partage sur l'Europe procède à la politique des « réunions ». Le but est de relier le chapelet de places fortes élaborées par Vauban. En pleine paix il annexe entre autres Nancy et Strasbourg. Cette violation du droit international indigne les États d'Europe. Louis XIV s'aliène les États protestants en révoquant l'édit de Nantes en 1685.

Ses rapports avec l'Angleterre se tendent. En effet la France commence à peupler la Nouvelle-France entre 1635 et 1654 la Guadeloupe est conquise par Léonard de l’Olive et Duplessis d’Ossonville, en 1682 Cavelier de la Salle découvre ce qu’il appelle la Louisiane, les Français fondent des comptoirs commerciaux en Inde, ce qui concurrence les projets britanniques. Les 25 septembre 1688 Louis XIV lance un ultimatum exigeant que la trêve qui lui accordait l'occupation des « réunions » pour 20 ans soit transformée en traité définitif. Il fait occuper et dévaster le Palatinat dont il revendique la succession. Ceci entraîne la guerre de la Ligue d'Augsbourg dirigée par Guillaume d'Orange, Stathouder de Hollande, devenu roi d'Angleterre avec sa femme Marie II. La guerre est indécise et coûte très cher alors que la France connaît une période de disette en 1693. Louis XIV accepte de négocier, il rend les « réunions » mais conserve Strasbourg par le traité de paix de Ryswick de 1697.

La guerre de Succession d'Espagne, menée par une coalition européenne pour empêcher le comte d'Anjou second fils du dauphin de devenir roi d'Espagne commence en 1701. La France après quelques victoires connaît de nombreux revers. La paix est signée à Utrecht en 1714 et confirme l'accession d'une branche des Bourbon sur le trône d'Espagne. Le vieux roi qui meurt en 1715, voit son fils et son petit-fils mourir avant lui. Son héritier est donc son arrière-petit-fils né en 1710.

Nouvelle pause. En document, le portrait de Louis XIV.


Quote:


Louis XIV


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Emilie
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PostPosted: 02/01/2019, 18:49    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Emilie prit des notes, et se ft la remarque de ce que la majeure occupation de ce Roi semblait avoir été de créer des façons de se faire obéir. Cela en disait long sur combien devait jusqu'alors en faire à son goût seul...

Elle regarda son Professeur et fit un petit signe de tête pour lui indiquer que pour une fois elle n'avait pas de questions et qu'il pouvait poursuivre.

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Louis-Auguste-de-Sevigné
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PostPosted: 07/01/2019, 17:19    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


Pas de question cette fois. Louis allait poursuivre. Il avait rarement eut une élève aussi impliquée et régulière. Pour une fois, la formation avançait bien et se terminerait sans doute.

Louis XV règne de 1715 à 1774. N'ayant que cinq ans à la mort de son arrière-grand-père, Louis XIV, le pouvoir est confié à un conseil de régence dirigé par le duc d'Orléans. Celui-ci a pris soin de faire casser le testament du roi défunt, qui limitait son pouvoir, par le parlement de Paris en échange d'un retour au droit de remontrance. Un des pouvoirs autonomes muselés par Louis XIV retrouve ainsi un pouvoir de contestation de la monarchie dont il se servira tout au long du XVIIIe siècle. L'époque est au relâchement des mœurs, au boom économique, à la spéculation. Le goût pour les produits exotiques favorise le développement des ports de l'Atlantique. Les marchands de produits coloniaux, la monarchie et les trafiquants d’esclaves font d’éclatantes fortunes et les colons importent des produits manufacturés de France. Le port de Nantes se développe et les négriers se font construire à Nantes, à Bordeaux et à La Rochelle d’imposants bâtiments. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718.


Quand le régent meurt en 1723, Louis XV s'appuie sur un de ses ministres, Fleury, son ancien précepteur en qui il a toute confiance, jusqu'à la mort de celui-ci en 1743, date à laquelle le roi prendra alors les rênes effectives du pouvoir. Sous son règne, la France s'agrandit. En 1735, la Lorraine, principauté souveraine, plusieurs fois occupée par la France, est donnée à Stanislas Leszczyński, roi malheureux, chassé du trône de Pologne par les Russes et les Autrichiens, et beau-père de Louis XV. À sa mort en 1766, elle entre dans le domaine royal. La Corse, indépendante de facto depuis 1755, est symboliquement cédée par la République de Gênes en 1768 puis soumise militairement après la bataille de Ponte-Novo en mai 1769. Auparavant en 1762, la région des Dombes avait, elle aussi, rejoint le domaine. Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, est entreprise une politique de simplification et de régularisation des frontières. Il s'agit de procéder à des échanges de places avancées avec les États voisins pour éviter les enclaves aussi bien françaises en dehors des frontières qu'étrangères à l'intérieur du territoire. En 1789, il n'existe plus que trois enclaves étrangères en territoire français, Avignon et le Comtat qui appartiennent au pape, la principauté de Montbéliard et la République de Mulhouse

C'est d'ailleurs au XVIIIe siècle que se forge la théorie des frontières naturelles de la France. Un mémoire adressé au roi précise : « La France effectivement doit se tenir bornée par le Rhin et ne songer jamais à faire aucune conquête en Allemagne. Si elle se faisait une loi de ne point passer cette barrière et les autres que la nature lui a prescrites du côté de l'occident et du midi : mer céane, Pyrénées, mer Méditerranée, Alpes, Meuse et Rhin, elle deviendrait alors l'arbitre de l'Europe et serait en état de maintenir la paix au lieu de la troubler. » Pendant son règne, Louis XV refuse plusieurs fois les propositions qui lui sont faites d'annexer les Pays-Bas autrichiens, la Belgique actuelle, en échange de son alliance ou de sa neutralité, sans que les historiens en comprennent bien la raison. Le refus de Louis XV d'annexer les Pays-Bas autrichiens montre que cette idée n'est pas, à ce moment, la doctrine officielle de l'État.

En perdant la guerre de Sept Ans ,1756-1763,, la France perd son importance politique d'outre-mer, notamment en Amérique (perte de la Nouvelle-France) et en Inde ,où elle ne conserve que Yanaon, Chandernagor, Karikal, Mahé et Pondichéry, en cédant ses territoires à la rivale Grande-Bretagne par le traité de Paris de 1763.

Le règne de Louis XV est très brillant sur le plan culturel, avec l'apparition des philosophes des Lumières tels Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot et D'Alembert. Le plus grand problème de l'État est alors le déficit budgétaire chronique qui conduit à rendre le roi dépendant des financiers et des manieurs d'argent. Autre source de paralysie des systèmes de gouvernement, l'opposition des parlements, se posant en défenseur des lois du royaume et en contre-pouvoir. S'opposant à toute tentative de réformes du royaume, elle contribue à la crise de la monarchie absolue sous le règne de Louis XVI.
Le petit-fils de Louis XV, Louis XVI, arrive au pouvoir en 1774. Il est gauche et timide. Il vit dans une cour traversée par les intrigues et les coteries. Son règne est marqué par une politique velléitaire. Face aux pressions de la cour, des parlements et de la noblesse, il est incapable de prendre les mesures nécessaires pour combler une dette publique et un déficit budgétaire démesurés. L'aide apportée aux insurgés américains aggrave encore le déficit. Plusieurs autres facteurs expliquent les difficultés de la monarchie absolue.

Malgré les tentatives de centralisation administrative, le pays est loin d'être unifié. Il existe des douanes intérieures entre les provinces, il n'y a pas d'unité des poids et mesures. Tout ceci entrave le développement économique de la France à un moment où l'Angleterre est en plein décollage industriel. Les impôts ne sont pas perçus de la même manière dans tout le pays, même si les intendants en supervisent la répartition et la levée. Malgré les efforts entrepris depuis François Ier avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts, les lois ne sont pas les mêmes dans tout le royaume. Le nord est encore soumis au droit coutumier, à peu près 300 coutumes, alors que le sud est régi par un droit écrit, inspiré du droit romain. L'Ancien Régime avait l'habitude de ne rien supprimer mais de superposer. De ce fait dans les années 1780, il existe un enchevêtrement de circonscriptions de tailles et de fonctions différentes : diocèses de l'Antiquité, bailliage et sénéchaussées du Moyen Âge, généralités du XVIe siècle. Par exemple : « Un habitant de Saint Mesnin résidait dans le bailliage de Semur, payait ses impositions à la recette de Semur, avait affaire au subdélégué de Vitteaux et à l'évêque de Dijon. Si quelque affaire des eaux et forêts le retenait, c'était à la maîtrise d'Avallon qu'il devait se rendre ; s'il avait besoin de la justice consulaire, c'est à Saulieu que son voyage le menait ». Cette confusion s'explique par la manière dont le domaine royal s'est formé. À chaque acquisition, les rois promettaient de respecter les privilèges et les coutumes des provinces et des villes. À l'aube de la Révolution les particularismes régionaux restent très vifs.

C'est ainsi que nous terminons cette section.

Et en document, Louis XV et Louis XVI.


Quote:


Louis XV

Louis XVI


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PostPosted: 08/01/2019, 18:01    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Une fois encore, Emilie prit des notes scrupuleuses tout en réfléchissant. Elle comprenait les problèmes évoqués mais une chose l'interpelait : où est passé l'argent ? Elle avait bien compris que le soutiens aux Amériques avait coûté cher. Mais ce ne pouvait être la seule raison.


Sait-on pourquoi il y avait un si grand déficit ?


Après tout la chose avait peut-être été dissimulée avec soin.
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PostPosted: 12/01/2019, 11:42    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


Vaste question. D'autant qu'il n'y avait pas une seule explication mais bien une liste de facteurs.

La question du déficit n'est pas nouvelle. Depuis longtemps en fait, la France manquait d'argent. Cela n'est pas apparu sous Louis XVI. À la fin de son règne, Louis XIV laisse une France aux caisses vides. Sans doute aura-t-il trop aimé la guerre comme il le dit lui-même. Toujours est-il que le Régent est parvenu, grâce au système Law, bien qu'il soit un échec en lui-même, à renflouer les caisses pour laisser au jeune Louis XV un royaume en bonne santé économique. Du moins relativement.

Vous savez, la guerre coute cher. Louis XV a conduit quelques guerres dont les plus connues furent celle de succession d'Autriche dans les années 1740 et la guerre de sept ans, à la fin des années 1750-début des années 1760. Ce dernier conduit à la France à perdre également bon nombre de possessions ce qui affaiblie d'autant l'économie du pays. L'aide aux Amériques a également couté.

Il faut ajouter à cela une très mauvaise gestion économique. Les restes de la société féodale conduisait le pouvoir à régler les problèmes économiques par la levée d'un nouvel impôt chaque fois que le besoin s'en faisait sentir auprès du tiers état. La noblesse et le clergé n'en payaient pas. Le poids fiscal reposait donc entièrement sur les 97% de la société qui n'avait pas les épaules pour supporter l'intégralité de la fiscalité seul. Ajoutez à cela les dépenses de la vie de 3% les plus riches et en particulier la noblesse et la Cour, ajoutez les frais extraordinaires architecturaux, comme cela fut le cas pour Louis XIV à Versailles par exemple, et cela vous donne un mélange qui ne peut conduire qu'à la banqueroute de la France.

C'est ce pauvre Louis XVI, qui n'était pas le plus mauvais des bougres, qui hérita d'une telle situation. Il était trop jeune et trop peu préparé à une telle tâche. Louis XVI était timide et avait du mal à s'imposer. Pourtant, il est le premier à vouloir que la noblesse et le clergé paient des impôts. Un projet avait même été établie par le Roi et son intendant à l'économie mais les Parlements, la noblesse et le clergé l'avaient refusé par trois fois, alors que le Roi insistait. Le pauvre Louis XVI décida donc tout au long de son règne de baisser les dépenses de la cour et en premier lieu les siennes car c'était bien là la seule chose qu'il pouvait faire, ne parvenant pas à faire payer la noblesse et le clergé.

Malgré tout, cela n'était pas suffisant. La banqueroute aura eu raison d'une monarchie incapable de réformée. Louis XIV avait enfermé la noblesse à Versailles pour la contrôlée parce qu'elle avait frondée. 150 ans plus tard, cette même noblesse enfermée conduit à nouveau à une fronde, d'un nouveau genre certes, parce qu'elle n'a pas su voir l'intérêt de la France à la place du siens.

La révolution n'a pas permis de rembourser les très nombreuses dettes de la France et la banqueroute déclarée, la dette finie par être annulée.

Des erreurs, Louis XVI en avait fait, certes. Mais il n'avait pas été le seul. Malheureusement, il fallait bien que cela tombe sur quelqu'un. Même Louis XV s'était aperçu que son successeur allait avoir des ennuis, mais n'avait rien fait, puisqu'à ses yeux, tant qu'il vivrait, la situation resterait. Et c'était le plus conscient de tous les souverains de la situation et celui qui voulait faire le plus d'effort qui avait payé pour tous les autres le prix fort. Peut-être aurait-il dû s'appuyer sur la bourgeoisie plutôt que sur la noblesse pour imposer cet impôt.

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PostPosted: 12/01/2019, 22:27    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Elle opina doucement du chef. Elle avait posé la question car elle se doutait qu'un seul règne n'avait pas pu créer quelque chose d'aussi considérable. La dévastation des égoïsme et des intérêts particuliers... Un discours royal qu'elle entendrait par ailleurs lui rappellerait que cela n'a finalement pas cessé d'exister.



Qu'est-ce que le Système Law ?
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PostPosted: 18/01/2019, 17:31    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


Un nouveau sourire. Décidément, elle posait les bonnes questions.

C'est une excellente question Mlle Ledoux. Le système Law est un système bancaire imaginé par l'écossais John Law. Il s'agit de l'invention du papier monnaie, une monnaie totalement fiduciaire puisqu'elle n'a aucune valeur réelle mais seulement une valeur nominale. Concrètement, afin de régler le problème de la circulation de la monnaie, c'est à dire la nécessité de frapper une importante quantité de pièces, Law invente un système selon lequel un agent économique dépose sa monnaie sonnante et trébuchante auprès d'un organisme bancaire en échange d'une monnaie papier qui certifie le dépôt de cette somme. Par exemple, 1000 livres tournoi déposées sont remplacées par un titre qui certifie que vous possédez cet argent et que vous l'avez déposé. En échange, le système s'engage à vous échanger vos titres papier contre la somme correspondante en monnaie sonnante et trébuchante.

Le Régent décide de mettre en place ce système afin de faciliter commerce et investissement. Mais souvenez-vous de ce que je vous disais à propos de la monnaie fiduciaire, elle repose sur la confiance. Puisque ce ne sont plus les pièces qui circulent, mais dans ce cas des titres finances, des actions si vous voulez, il fallait que les agents puissent avoir confiance en la valeur nominale du titre puisque sa valeur réelle était nulle. D'où la possibilité de l'échanger.

Il se trouve que ce système commence plutôt bien et rapporte gros. Mais l'administration bancaire, afin de favoriser toujours plus les échanges de ces titres -qui lui rapporte très gros, ce qui est parfait pour éponger l'immense dette laissée par Louis XIV- décide de faire un pari risqué : elle part du postulat que les agents ne devraient, statistiquement, pas demander l'échange tous en même temps et que le système est donc suffisamment fiable pour se permettre d'émettre plus de titre que les réserves d'or ne pourraient en rembourser. Et subitement, la confiance des individus en ces titres décline. Quatre ans après le début du système, les actionnaires et détenteurs des billets demandent à être remboursés de façon massive. Or, Law avait fait le calcul que si ce cas de figure arrivait, les richesses coloniales permettrait d'équilibrer la balance. Sauf que ces demandes en or arrivent trop tôt et les richesses coloniales des investissements ne sont pas encore arrivées. La monnaie fait alors défaut pour rembourser. (note HRP : pour la petite histoire, c'est exactement ce qui s'est passé en 1971 avec la fin du $ indexé sur l'or : plus de titre que de réserves. Comme quoi, on n'apprend pas toujours de ses erreurs.)

Le système Law, qui n'était ni plus ni moins qu'un jeu financier de spéculation, s'effondre et doit admettre sa banqueroute en 1720. Toutefois, bien qu'éphémère, il aura fait le bonheur du Régent puisque malgré l'échec du système, il aura permis l'impensable : rembourser la dette de Louis XIV et laisser à Louis XV un royaume en bonne santé économique.

C'était une des expériences économiques les plus formatrices du XVIIIe siècle, et avant les "pères" de l'économique puisque Adam Smith et son maitre ouvrage n'arrivent qu'un demi-siècle plus tard.

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PostPosted: 18/01/2019, 20:45    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Et une fois de plus, c'étaient la magouille qui avait tout gâché. Emilie dodelina de la tête.



Merci beaucoup. dit-elle, ayant bien compris la chose et étant parée à la suite.
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PostPosted: 22/01/2019, 17:32    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


Le professeur continua son cours

Nous passons maintenant à la partie relative à la France intérieure du XVIe siècle au XVIIIe.

François Ier est le premier roi de France à avoir compris que le rayonnement artistique d'un pays est un élément de gloire et de puissance. Comprenant l'importance des possessions coloniales, François Ier finance des expéditions lointaines. En 1534, le Breton Jacques Cartier découvre la Nouvelle-France.

C'est à l'époque moderne et sous l'égide des Bourbons que la France se dote d'un premier empire outremer, en élaborant, pour la première fois de son histoire, une vaste entreprise de colonisation. Celle-ci, qui débute véritablement dans la première moitié du XVIIe siècle, s'appuie principalement sur le commerce maritime sucrier avec les Antilles, la traite des noirs en provenance d'Afrique et celle des fourrures en Amérique du Nord. Malgré les efforts de Richelieu puis de Colbert, le vaste ensemble que forme la Nouvelle-France, s'étalant du Québec actuel à la vallée du Mississippi, n'arrivera jamais vraiment à se développer, hormis en quelques points localisés, du fait d'une récurrente faiblesse démographique et du désintérêt progressif du pouvoir royal pour ces contrés lointaines. Les possessions antillaises, au contraire, prospèrent à partir de la fin du XVIIe siècle et se hissent au sommet d'un système commercial atlantique lucratif qui concentre davantage l'attention de la monarchie. L'Inde est également l'objet de convoitises françaises qui échouent cependant à s'imposer face aux Britanniques au XVIIIe siècle, tandis que plusieurs comptoirs, notamment au Sénégal actuel, sont implantés sur la côte ouest de l'Afrique afin de servir de bases pour le commerce des esclaves. Ils seront, plus tard, le point de départ de la seconde expansion coloniale de la France sur le continent africain.

Au XVIe siècle, des marins français commencent à naviguer le long des côtes nord-est de l'Amérique du Nord. En 1524, Giovanni da Verrazzano explore pour le compte de François Ier le littoral et les environs de l'actuelle New York, puis descend jusqu'aux Antilles. Dix ans plus tard, en 1534, le même François Ier envoie le malouin Jacques Cartier explorer de nouvelles terres aux environs de Terre-Neuve. Cartier parvient jusqu'à l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, puis remonte celui-ci, prend officiellement possession des lieux découverts au nom du roi de France, et atteint plusieurs campements amérindiens. Un second voyage s'ensuit, l'année suivante, lors duquel il pousse jusqu'à l'actuelle Montréal et croit avoir découvert une région riche en or, ce qui motive le roi dans la préparation d'une troisième expédition, cette fois-ci de colonisation. Mais celle-ci, qui a lieu en 1541, échoue et il faut désormais attendre un demi-siècle pour assister à l'installation des Français sur les rives du Saint-Laurent. Néanmoins, si cette première entreprise de colonisation n'atteint pas ses objectifs et si les guerres de religion détournent longuement le regard de la monarchie de l'Amérique, les flottes des pêcheurs bretons, basques et normands fréquentent régulièrement les côtes de Terre-Neuve et l'estuaire du Saint-Laurent dans leurs campagnes de pêche à la morue, assurant une présence française indirecte, discrète et périodique.

Profitant de cette présence qui s'intensifie à partir des années 1580, Henri IV, souhaitant relancer l'effort maritime et outremer de la France pacifiée par la fin des guerres de religion, octroie en 1598 puis en 1603 des monopoles commerciaux, destinés à encourager l'installation à Terre-Neuve. C'est l'Acadie qui est colonisée en première, lorsque Pierre Dugua de Mons et Jean de Poutrincourt fondent Port-Royal en 1605. En 1608, Québec est officiellement fondée par Samuel de Champlain, qui s'efforce de développer la colonie naissante. En 1614, il scelle, au nom de la France, une alliance avec les Indiens Hurons, qui engage les Français dans la guerre contre les Iroquois, ennemis des Hurons. Alors que, plus au sud, les Anglais s'installent sur les côtes de Virginie ,1607, puis du Massachusetts ,1620, et que les Hollandais font de même sur l'île Manhattan, la Nouvelle-France s'étend timidement, sous la pression iroquoise et avec des moyens financiers, militaires et politiques limités, voire parfois presque dérisoire. Le cardinal de Richelieu, qui perçoit l'importance et les avantages du commerce maritime et de l'expansion coloniale, réussit à relever partiellement une colonie québécoise délaissée par la régence de Marie de Médicis, et créé en 1627 la Compagnie des cent-associés, qui détient le monopole de tout commerce avec la Nouvelle-France mais également la gestion de celle-ci. Elle ne parvient toutefois pas à s'imposer, subissant des revers d'abord militaires en 1629, lorsque les Anglais s'emparent de Québec une première fois - rendue en 1631 - et détruisent une flotte de secours, puis commerciaux, la traite des fourrures ne constituant pas un atout économique assez fort pour faire face aux dettes qu'accumule la compagnie. Elle survit au cardinal un peu plus de vingt ans, jusqu'à sa dissolution par Louis XIV en 1663.

A la même date, la colonie passe sous contrôle royal direct. Colbert, dont l'objectif est de former une industrie nationale puissante et de développer pour ce faire le commerce maritime, se lance dans un projet de modernisation et de peuplement de la Nouvelle France, qui doit devenir à réellement devenir un empire économiquement prospère et politiquement imposant. Depuis la mort de Richelieu en 1642, une nouvelle période d'oubli de la part de la métropole s'était ensuivie pour la colonie, sous-peuplée au regard de l'essor démographique des possessions anglaises. L'exploration du territoire repose alors sur les missionnaires, notamment jésuites, qui évangélisent les tribus amérindiennes, et sur des aventuriers et trappeurs individuels, parfois hors-la-loi, nommés coureurs des bois ou voyageurs. Les Grands Lacs sont atteints dans les années 1640, Montréal est fondée en 1642, mais, dans l'ensemble, la présence française est fragile à l'arrivée de Louis XIV. Celui-ci, conseillé par Colbert, entreprend de pacifier la colonie en acculant les Iroquois à la défaite en 1666, de s'assurer le contrôle de l'Acadie rendue par les Anglais en 1667, puis de peupler la colonie, notamment par l'envoi, au cours des années 1660 et 1670, d'orphelines ou de veuves - les fameuses filles du roi.

À partir de 1689, commence une série de guerres coloniales contre les Anglais, les deux adversaires ajoutant à leurs rivalités continentales une concurrence commerciale, maritime et territoriale dont les colonies constituent la principale scène de conflit. La fondation de la Louisiane française en 1699, qui achève d'encercler les possessions anglaises confinées sur le littoral atlantique, ne fait qu'exacerber les tensions. Par le traité d'Utrecht de 1713, la France reconnaît la perte de l'Acadie et de la Baie d'Hudson. Si les années 1730 et 1740 sont celles du développement relatif du commerce atlantique et d'une longue paix avec la Grande-Bretagne, propice à la croissance économique et à la stabilité sociale, la Louisiane reste sous-développée et le Canada sous-peuplé face aux concurrents anglais. L'empire français nord-américain manque de plus d'une véritable continuité, l'intérieur de son territoire officiel ou revendiqué étant le plus souvent à l'écart de la présence française, qui ne s'y manifeste qu'au travers d'un réseau décousu de forts. Les colons britanniques se sentent cependant de plus en plus menacés, surtout lorsque les Français s'implantent dans la vallée de l'Ohio au milieu du XVIIIe siècle. En 1754 éclate la guerre de la Conquête, pendante de celle de Sept Ans en Europe. L'issue en est désastreuse pour l'empire colonial français : Québec est prise en 1759, Montréal se rend en 1760, et le traité de Paris de 1763 entérine la perte par la France du Canada et de la Louisiane. Momentanément récupérée en 1800, celle-ci est définitivement vendue aux États-Unis trois ans plus tard.

En 1635, la Guadeloupe et la Martinique passent sous contrôle français. La culture du tabac, qui demande une demande en main-d'œuvre fournie au départ par des engagés européens, subit la concurrence du tabac de Virginie, plus compétitif. Les îles se tournent donc, à partir des années 1660 et 1670, vers l'exploitation sucrière, qui fera leur richesse. Au même moment, Louis XIV envoie aux boucaniers de l'île d'Hispaniola, établis à Saint-Domingue, actuelle Haïti, soit la partie ouest de l'île, un gouverneur, afin de faire passer les républiques boucanières et flibustières sous sa coupe. L'opération est un succès : en 1697, l'Espagne, présente sur la partie est d'Hispaniola, reconnaît à la France la possession de Saint-Domingue. S'y développe durant les années qui suivent l'exportation du sucre, qui dépasse bientôt celle de la Jamaïque anglaise, pourtant grosse productrice.

La traite des esclaves africains prend de l'importance avec l'émergence de la culture de la canne à sucre, nécessitant une main-d'œuvre importante à l'heure où les engagés se font de moins en moins nombreux. Le commerce triangulaire se met en place sur l'Atlantique, les Européens échangeant des armes, munitions ou objets de pacotille en Afrique contre des esclaves, avant de revendre ceux-ci dans les colonies en échange des produits exotiques produits par celles-ci. Ces produits, dont le sucre, fortement demandés en Europe, y sont écoulés sur un marché dynamique et lucratif. Ce commerce, véritable système économique et maritime atlantique qui concerne toutes les Antilles, contribue autant à l'essor des colonies antillaises de la France que de grands ports comme Nantes ou Bordeaux, qui s'embellissent.

Ce qu'il faut retenir c'est que le rayonnement de la France atteint son apogée sous Louis XIV : toute l'Europe parle français, la France est la première nation au monde et c'est le pays le plus puissant. Pour anecdote : lorsque Louis XIV mourut et que la nouvelle se rependit en Europe, l'on annonce que le Roi est mort aux autres souverains d'Europe : pas besoin pour eux de savoir quel roi, c'était forcément Louis le Grand.

Le cours serait bientôt terminé

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PostPosted: 22/01/2019, 20:21    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Et là, on s'en fut dans un bien lointain voyage. A quoi ces endroits pouvaient-ils ressembler ? On entendait tant de choses. Des animaux étranges, des plantes qui l'étaient tout autant.

Emilie notait, empêchant son imagination de trop galoper pour ne pas se laisser distraire.

Elle n'avait pas de questions, elle fit un signe de tête à son enseignant pour le lui indiquer.

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PostPosted: 28/01/2019, 11:38    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


Et de passer à la dernière partie.

Notre dernière partie s'intitule "de la révolution à la restauration. Elle sera découpée en deux sous parties : une sur la révolution et une sur l'empire.

Je commence par l'introduction :

La période révolutionnaire commence vers 1787. À cette époque la monarchie absolue est incapable de conduire les réformes, notamment fiscales, indispensables à la modernisation de la France face à la contestation des groupes privilégiés, parlements et noblesse en tête. D'autre part, les idées nouvelles portées par les philosophes des Lumières et les économistes anglais ont pénétré les couches aisées de la population qui réclament une monarchie parlementaire, la rationalisation des institutions et la libéralisation d'un système économique archaïque. La réaction nobiliaire et la crise économique jouent un rôle non négligeable dans l'ébranlement populaire. La période révolutionnaire se termine en 1814-1815, quand l'empereur Napoléon Ier est envoyé en exil d'abord à l'île d'Elbe et ensuite dans l'île de Sainte-Hélène. Napoléon Bonaparte, en consolidant certains acquis révolutionnaires, en exportant certains de ses aspects au cours de guerres et des conquêtes qui marquent son règne, en mettant fin à la guerre civile entre les Français, est considéré, aux yeux de ses contemporains, comme le continuateur de la Révolution. Traditionnellement les historiens distinguent deux temps majeurs pendant la période révolutionnaire : la Révolution française de 1789 à 1799 et la période napoléonienne, Consulat et Premier Empire, de 1799 à 1815.

Et voici maintenant la première section consacrée à la révolution :

1789 est une année riche en événements. Incapable d'établir un impôt universel, Louis XVI a convoqué les États généraux pour le 5 mai 1789 à Versailles. Les députés du tiers état parviennent en deux mois et sans violence à mettre fin à la monarchie absolue avec l’aide d'une partie du clergé et de la noblesse, en se faisant reconnaître comme assemblée nationale à la suite du serment du jeu de paume, pris le 20 juin 1789. Le 14 juillet 1789, les Parisiens, exaspérés par la crise économique, l'instabilité gouvernementale et redoutant l'arrivée de troupes autour de Paris, prennent d'assaut la Bastille, accélèrant ainsi le processus révolutionnaire initié par les députés, en faisant plier un symbole de l'absolutisme royal. En effet, le 17 juillet, le roi, venu à l'hôtel de ville de Paris entériner les nouvelles institutions parisiennes nées de la prise de la Bastille, accepte de porter la cocarde tricolore : le blanc, la couleur royale, entouré des deux couleurs de la garde municipale de Paris, le bleu et le rouge. Cette association de couleurs préfigure le drapeau tricolore qui est utilisé à partir de 1794 pour symboliser la république. À la fin du mois de juillet 1789, les campagnes sont agitées par la Grande Peur, une révolte contre les droits féodaux. Pour mettre fin à l'agitation les députés votent dans la nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges et des droits féodaux. Même si ces derniers sont déclarés rachetables lors de la rédaction des décrets, entre le 5 et le 11 août, cette date marque la fin de l'Ancien Régime et le début d'une nouvelle société. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen votée le 26 août 1789 en est l'acte de baptême. Ce texte reconnaît l'égalité des citoyens devant la loi, consacre la souveraineté nationale et légitime le droit à la résistance à l'oppression. Avec le retour forcé du roi à Paris les 5 et 6 octobre 1789, la Révolution semble avoir atteint ses buts : faire naître une monarchie parlementaire en rabaissant le prestige du roi et en restreignant ses pouvoirs. Le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille, la fête de la Fédération célèbre, sur le Champ-de-Mars à Paris, la réconciliation nationale et l'unité de tous les Français.

L'abolition des privilèges et de la féodalité pousse les constituants, pétris de rationalisme et des idées de Lumières, à réorganiser la France pour lui donner l'unité qui lui faisait défaut. L'assemblée décide de supprimer l'enchevêtrement des anciennes circonscriptions administratives et décide, le 15 janvier 1790, de créer une circonscription administrative unique pour la justice, l’administration, la religion, la collecte des impôts, gérant la chose publique de manière très décentralisée. Il s'agit des 83 premiers départements, gérés par des conseils de département élus et divisés eux-mêmes en districts, en cantons et en communes. La suppression des douanes intérieures, la décision de créer de nouvelles unités de poids et mesures basées sur le système décimal et valables dans toute la France, la rédaction de codes unifiant le droit à l'échelle nationale, l'égalité en droit pour les protestants et les juifs sont autant d'initiatives propres à consolider l'unité nationale à mettre au crédit des Constituants. La suppression des corporations par le décret d'Allarde et l'interdiction des rassemblements paysans et ouvriers par la loi Le Chapelier en 1791 participent de ce désir d'unité, mais entraînent à long terme une faiblesse des corps intermédiaires, notamment des syndicats. L'affaire des princes possessionnés d'Alsace et de l'annexion d'Avignon et du Comtat Venaissin en 1790 permet aux révolutionnaires de poser un nouveau principe du droit international, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Par contre, la réorganisation du clergé Epicurien sans l'autorisation de la papauté suscite une profonde division dans le royaume. La constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 transforme les évêques et les curés en fonctionnaires élus et devant prêter serment de fidélité à la Nation. Cette loi est condamnée par le pape Pie VI, ainsi que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. La France est alors divisée en deux : le monde rural soutient plutôt les prêtres réfractaires, ceux qui refusent de prêter serment pour obéir au pape, les citadins plutôt les jureurs, ceux qui acceptent le serment à la Nation. L'hostilité du roi et d'une immense majorité de la noblesse aux changements est un autre élément fondamental de division. De nombreux nobles émigrent, formant à la frontière allemande une armée d'émigrés prête à intervenir. Louis XVI louvoie, espère la guerre et une défaite française pour retrouver son pouvoir absolu. Celle-ci est déclarée le 20 avril 1792 par la toute nouvelle assemblée législative issue de la Constitution de 1791, la première jamais votée en France. Les défaites des premiers combats et l'invasion du territoire national ont pour conséquence la chute de la monarchie le 10 août 1792 et la proclamation de la République le 22 septembre 1792. Deux jours avant, le 20 septembre 1792, une armée composée de jeunes volontaires patriotes avait arrêté l'avance prussienne à Valmy. Si la victoire militaire est minime, son impact symbolique est très fort.

À l'automne les armées de la Révolution occupent les Pays-Bas autrichiens, la rive gauche du Rhin, la Savoie et Mulhouse. Danton fait sienne la théorie des frontières naturelles et encourage les guerres de conquête bien loin de l'idéal révolutionnaire de libération des peuples opprimés. À Paris, la nouvelle assemblée élue au suffrage universel pour voter une nouvelle constitution, la Convention, est occupée par le procès du roi à partir de décembre 1792. Son exécution le 21 janvier 1793 soulève l'indignation de l'Europe monarchiste et entraîne la formation de la première coalition en février.

La jeune république est vite assaillie de toutes parts par les coalisés qui franchissent les frontières aux printemps 1793. À partir de mars 1793, l'Ouest de la France est la proie d'une insurrection Epicurien et royaliste, appelée guerre de Vendée. Les Girondins, l'aile droite de la Convention, qui dirigent le pays depuis la proclamation de la République, veulent respecter les institutions en place et veulent réduire Paris où l'agitation et la pressions des sans-culottes sont permanentes, à 1/83e de la France. Ils tiennent à maintenir des institutions décentralisées face à l'aile gauche de la Convention qui réclame des mesures d'exception face aux difficultés.

Sous la pression des sans-culottes les Girondins sont chassés de la Convention par les journées révolutionnaires des 31 mai et 2 juin 1793. Les Montagnards qui forment la partie la plus radicale de l'assemblée arrivent au pouvoir. Ils n'hésitent pas à satisfaire certaines revendications du peuple parisien pour garder le pouvoir et surtout, sauver la République menacée de chaos face aux menées contre-révolutionnaires des royalistes en Vendée et ailleurs, à la révolte des Girondins contre la « dictature parisienne » appelée révolte fédéraliste et à l'avancée des coalisés sur le territoire français. Les Montagnards instaurent un gouvernement révolutionnaire, c’est-à-dire un gouvernement extrêmement centralisé dans lequel les décisions sont prises par un organe issu de la Convention, le Comité de salut public, dominé par la forte personnalité de Robespierre. Ces mesures extraordinaires doivent sauver la révolution par la Terreur, envers les ennemis de la République, et la vertu ,des patriotes. Le 23 août 1793, la levée en masse est décrétée. C’est le premier exemple dans l'histoire de France d'une conscription obligatoire de tous les jeunes hommes célibataires. C'est aussi la première fois que l'économie nationale est presque entièrement tournée vers l'effort de guerre. Lors des journées des 4 et 5 septembre, les sans-culottes demandent que la Terreur soit mise « à l’ordre du jour ». Cette demande est transmise à la Convention le 5 septembre, mais sans que les députés ne l’instaurent officiellement. Le 10 octobre 1793, le gouvernement est déclaré révolutionnaire jusqu’à la paix avant d’être régi officiellement par le décret du 14 frimaire ,4 décembre,. Sous la pression du peuple qui souffre de la faim, relayée par les sans-culottes, les députés adoptent des mesures économiques d’urgence : à la loi du 27 juillet 1793 contre l'accaparement qui punit de mort la spéculation, ils ajoutent le 11 septembre le maximum national des grains et des farines et le 29 septembre 1793 une nouvelle loi du maximum général sur les denrées et les salaires. L'ensemble de ces mesures d'exception permet de vaincre les révoltes et de dégager les frontières dès l'automne 1793. Les armées françaises, commandées pour la plupart par des généraux issus du rang, passent de nouveau à l'offensive. Les régions conquises deviennent des départements : celui du Mont-Blanc, des Alpes-Maritimes et du Mont-Terrible, Mulhouse-Bâle. En 1794 la Belgique est reconquise ainsi que la rive gauche du Rhin. Robespierre, qui veut renforcer la Terreur alors que la situation ne le justifie plus, est renversé le 9 thermidor an II ,27 juillet 1794, et exécuté le lendemain.

Les Conventionnels mettent fin au régime d'exception qu'a été la Terreur. Ils rédigent une nouvelle constitution, celle du Directoire, qui partage le pouvoir exécutif entre 5 directeurs et le pouvoir législatif entre deux assemblées. Le suffrage censitaire est rétabli. Mais la constitution ne permet pas de résoudre les conflits entre les différents pouvoirs. Le Directoire est une période où les multiples élections et les coups d’État se succèdent. L'insécurité est très grande ainsi que la misère populaire. Par contre, sur le plan extérieur, les conquêtes et les annexions sont nombreuses. La Belgique et une partie de la Hollande sont transformées en 9 départements français le 1er octobre 1796. En 1798, c'est au tour de la rive gauche du Rhin et de Genève d'être organisés en cinq départements. Les frontières naturelles sont largement atteintes. Si on ajoute que les Provinces-Unies, la Suisse et l'Italie sont transformées en républiques sœurs avec des institutions calquées sur celles du Directoire et une politique étrangère inféodée à celle de la France, les frontières naturelles sont même dépassées. Si les républiques sœurs bénéficient des acquis révolutionnaires comme la suppression de la féodalité et l'égalité en droit, elles doivent fournir des réquisitions et des œuvres d'art, ce qui rend vite la présence française impopulaire.

La lassitude des français induite par les désordres intérieurs permet au général Napoléon Bonaparte d'être favorablement accueilli, quand par le coup d’État du 18 brumaire ,9 novembre 1799, il met fin au Directoire. Le général est en effet très populaire depuis ses éclatantes victoires lors de la première campagne d’Italie ,1796-1797. Il bénéficie de plus de puissants appuis politiques. Son frère Lucien Bonaparte est président du conseil des cinq-cents, une des deux assemblées du Directoire. Sieyès fait appel à lui pour renverser le régime et pouvoir ainsi en établir un autre plus stable. Mais dès qu'il est au pouvoir Napoléon Bonaparte le confisque à son profit et établit un régime personnel : le Consulat.

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PostPosted: 30/01/2019, 21:19    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote

Emilie poursuivait sa prise de notes scrupuleuses. Tout était clair et devenait de plus en plus familiers au fur et à mesure que l'on se rapprochait de leur temps.

Qu'est-ce que "brumaire" ? demanda-t-elle, intriguée par cette appellation

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PostPosted: 03/02/2019, 17:54    Post subject: [RP] Salle Hérodote Reply with quote


A la révolution, tout ce qui pouvait être symbole de la monarchie a été détruit. Et la monarchie étant évidemment liée à la religion, les révolutionnaires ont eu à coeur de s'en détacher aussi. Vous savez peut-être que le mois que nous connaissons, de janvier à décembre sont issus du culte épicurien. Un nouveau calendrier à donc été établi à la révolution pour couper avec ce symbole religieux qu'est le calendrier. Brumaire est l'un des mois du calendrier révolutionnaire utilisé entre 1793 et 1806 mais commence de façon rétroactive en 1792. C'est un calendrier qui utilise un système décimal contrairement au calendrier classique. Et il se voulait universel.

Louis ne pouvait que se satisfaire une fois de plus de l'implication et de l'intérêt de son élève.

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