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[RP/Ouvert à tous] Le café Procope
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Alexandra
Membre de Monarchies

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Joined: 25 Nov 2013
Posts: 2,524
Localisation: Manoir de Montrieux (Seine)
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PostPosted: 30/09/2016, 12:42    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

PublicitéSupprimer les publicités ?


Le ton confidentiel reste présent puisque le jeune inconnu se pique au même jeu qu'elle. Cela lui plaît, pourquoi le cacher. Cependant, il n'est pas question de crier au scandale et de créer encore plus de tapage qu'il ne vient d'y en avoir. Alexandra déteste les conflits en tous genres. A présent parfaitement installée, elle découvre les traits de celui qui lui fait face. Sur l'instant elle pourrait dire "Bonne pioche !" tant le jeune homme est plaisant à regarder. Vrai quoi ! Elle aurait pu tomber sur un vieux bonhomme ventripotent et tout ridé. Et ben non ... tralalère ! Ce jeune homme est chou comme tout et chance pour elle : il semble loin d'être sot et avoir une sacrée répartie. Tout ce qu'elle aime.
*Continuons de nous amuser.* songe t-elle alors en persévérant à s'exprimer à voix basse tout en se penchant vers son interlocuteur.

Je m'en voudrais de vous voir vous battre avec une dame, fut-ce-t-elle la parfaite impolie à mon endroit.
Peut-être pourrions-nous lui faire un croche-patte, tout à l'heure, lorsqu'elle s'en ira ?


Doucement, elle reprend place convenablement sur son siège en pouffant de rire rien qu'à l'idée de voir la dame se rétamer, fesses à l'air. Difficile de redevenir sérieuse après çà. Après un très discret raclement de gorge, elle passe commande.

Une coupe de champagne pour moi, je vous prie.
J'imagine bien que vos écrits à vos administrés sont parfaitement rédigés. Le contraire serait inquiétant.


Les deux jeunes gens ne se sont toujours pas présentés et elle maintient volontairement cet aspect des choses car elle trouve cela plaisant. Dans ce contexte, il est possible d'imaginer tout et son contraire et c'est un luxe qu'elle n'a pas eu depuis longtemps. Il est vrai que sa toilette doit laisser penser qu'elle n'est pas une jeune élégante venant au café Procope tous les quatre matins. Elle pourrait avoir volé la toilette en question, pourquoi pas.

Vous peignez et vous dessinez ? Oh, voilà qui me plaît. Je suis fascinée par celles et ceux ayant un don pour les Arts.
Moi, hélas, je ne sais que les apprécier. Je suis incapable de dessiner, de jouer la moindre note de musique sans qu'elle écorche les oreilles de ceux qui m'écoutent.
Quant à être une Muse jamais encore je n'avais songé à cet aspect des choses.


Poser doit être... hum ... embarrassant, non ?
Et vous, avez-vous une Muse, Monsieur ? Plusieurs peut-être ?
Me montrerez-vous vos œuvres ?


Avec une vraie espièglerie dans l’intonation accompagnée d'un large sourire, elle ajoute :
Quand elles n'auront pas été détrempées par ...  du thé ?

En moins de quelques minutes, Alexandra vient de saouler de questions le charmant jeune homme ! Ouais, l'est forte la Alex !

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Alexandra de Montrieux
Pair de France
Comtesse de Beaulieu
Baronne de Sceaux
Chevalier des Ordres du Roi

25 mai 1800 - 30 décembre 1822
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Appoline
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Joined: 27 Sep 2016
Posts: 238
Localisation: Un pied ici, un autre là
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PostPosted: 30/09/2016, 14:17    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

 
 
 

 
 
 
C'est une main gantée de blanc qui pousse allègrement la porte peinte en noir.  
 
 

Et..c'est un chapeau enveloppé de velours vert sombre, à la dernière mode parisienne qui apparaît, "bouffant" littéralement, volontairement, une tête féminine.  


 
 
 
Adroitement et légèrement penché pour qu'on ne distingue que peu le visage de la demoiselle, il est principalement discret rempart contre la curiosité des autres. Ses atours la rattachent à la bourgeoisie, les couleurs et le choix de l'étoffe sont ostentatoires d'un certain goût, d'un raffinement certain. Pourtant lorsqu'elle chemine vers le comptoir, c'est la tête droite et haute et le corps ancré sur deux cuisses fuselées et solides lui conférant une démarche assurée. 


 
Elle n'a rien de l'oiselle qui espère plaire de par des manières trop précieuses, et pourtant elle plaît quelques fois ardemment...ou déplaît  d'ailleurs tout autant : sans demi-mesure. Devant elle, sur son chemin vers le comptoir elle aperçoit un couple attablé qu'elle salue courtoisement d'un mouvement du front, les dépasse sans hâte, et vient se jucher sur le premier tabouret qu'elle croise. Là, tout en leur tournant le dos, et à tout Paris qui pourrait s'engouffrer dans les lieux s'il lui en prenait l'envie, elle n'accorderait d'indiscrétion qu'un dos droit, une taille fine et une cou de cygne qui trahit la couleur mate de sa peau.  


 
Le chapeau est précieusement disposé sur l'assise en cuir du tabouret adjacent, la nuque est révélée grâce à une coiffure dans l'air du temps, laissant surgir une tâche de naissance qui fait penser à des îles dispersées. Si elle a le désir de tourner le dos au monde ce soir, ce n'est point par sauvagerie ou par inexplicablement caprice féminin. Non. Dans les yeux de la mulâtre..ce soir..il y'a une affligeante peine qui trahit quelques déboires. Affliction qu'elle peine de plus en plus à brider, depuis qu'elle a remis les pieds sur le sol français, depuis qu'elle a décidé de s'accorder quelques années de sédentarité à Paris.  
 
L'essentiel de la vie a été passé sur un navire négrier dont chaque mission a duré au minimum douze mois, puis le reste du temps, elle fut éduquée en Angleterre chez l'amante à son père, une duchesse altruiste et cultivée, mécène d'artistes et d'hommes de lettres. Les voyages l'ont forgée autant que tous ces grands hommes côtoyés, polissant en elle des facettes diamétralement opposées, surprenantes. Ceux qui la croiseraient en société seraient à peine aptes à deviner, sous cette élégance de circonstance, qu'elle fut des années durant bras droit, travesti en garçon, d'un père négrier. Ceux qui admirent la délicatesse et la grâce de ses gestes, de ses courbes sont à l'abri de se douter, que cette main fine qui tient un verre de cognac, est la même qui fut amenée à fouetter-bon gré, mal-gré- des nègres par milliers. 
 
 
Pesante vie qu'elle espère secrètement changer, et cela ne saurait se faire sans l'aide de l'homme qu'elle attend, ici-même, au point d'oublier tout ce qui l'entoure. 
 
 

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Miguel Luis Voudat
Membre de Monarchies

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Joined: 30 Sep 2016
Posts: 3
Localisation: Enterré à Dax
Masculin

PostPosted: 01/10/2016, 10:32    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

L'automne a beau être ma saison, je suffoque ainsi accoutré en homme du monde. Tout en déambulant, une canne en ébène polie à la main, j'essaye de m'y faire désespérément à cette étouffante idée que toute ma vie est à refaire. Les yeux quelques peu éteints, je me laisse parfois dépasser, submerger par les promeneurs et les ouvriers à midi, juste parce qu'ils m'offrent parfois l’ambiguë impression que je suis au milieu d'une marée..humaine. Si tant de turpitudes au large des océans ne m'ont pas tués, je sens que le deuil d'un ami, d'une vocation, d'un bateau négrier m'assènent le coup fatal.


Pour le vieux chacal de mer quinquagénaire et solitaire que je suis, débarquer du Vénus Noir me fait souvent l'effet d'une énième renaissance. Pas forcément dans le bon sens, hélas. Je me sens aussi creux et entravé qu'un nouveau né emmailloté destiné au gavage mammaire. Faut dire que je passe ma vie dans l'entrepont où sont enchaînés les esclaves, je les soigne du mieux que je peux pour que la marchandise parvienne aux destinataires en bon état. Et pour éviter aussi des rebellions. Terribles rebellions ravageuses qui parfois, si elles sont organisées adroitement par un groupe soudé pourrait mener à notre perte. Cette constante peur, prudence met tout l'équipage sous tension. Et c'est là un terrible guet-apens  que de vivre un peu moins que la moitié de sa vie continuellement sous tension. Sans elle nous ne savons plus vivre. Régulièrement entre deux expéditions négrières, nous passons quelques mois sur le continent dispersés, se ressourcer principalement auprès des proches. Tandis que L'amiral Dubois et sa fille Jeanne allaient essentiellement à Londres rejoindre sa grâce Deborah Cavendish Devonshire. Moi je les laissais là-bas pour errer dans le pays qui m'a accueilli enfant : la Gascogne. Je n'ai jamais voulu l'admettre jusqu'à il y'a peu : mais dieu ce que je crève à petit feu sur terre. J'ai l'impression de vieillir plus vite, de dépérir à petit feu.


Et pourtant, tôt ou tard il faudra m'y faire. Le Vénus Noir est vendu depuis la mort de l'Amiral Dubois, je sors à l'instant de chez le notaire, où j'avais retrouvé quelques marins de l'équipage dont j'eus besoin en tant que témoin pour valider son testament. Tous les détails de sa succession dont il m'a chargé, en tant que son secrétaire et grand ami, je les ai exécutés à la virgule près, soucieux de lui rendre un dernier hommage. La reconnaissance légitime de sa fille mulâtre Jeanne a fait partie de mes préoccupations. Si ses fils d'un premier mariage, éparpillés entre Londres et Cherbourg ont hérité de la quasi-totalité de sa fortune sans la mériter, Jeanne qui a passé toute sa vie à assumer des responsabilités surhumaines à bord du Vénus Noir n'aurait elle hérité de rien, s'il n'y avait pas eu cette reconnaissance.
Non je ne pouvais pas m'éloigner d'elle sans l'aider à accomplir ces lourdes et pesantes formalités.


Chargé de papiers administratifs sous mon bras, fourrés précautionneusement dans une serviette en cuir embouti, mes yeux torves s'accrochent un peu aux façades en quête d'un numéro, d'un nom d'enseigne. Annoncer la bonne nouvelle à ce bout de femme que j'ai vu grandir sous mes yeux me réjouit certes, mais la réjouissance est assombrie par d’inexorables adieux.
Dans un soupir rauque je pousse la porte du café où elle m'a donné rendez-vous. Mes yeux mettent un peu de temps à se familiariser cette lumière légèrement tamisée. A cinquante ans, tous les réflexes sont en déclin, et sur terre je le sens mieux ce déclin que nulle part ailleurs au large.


Un dos soudain me parle, il a l'air de lutter pour rester droit sur ce tabouret par très convenable pour les longues attentes. J'en déduis qu'elle est là depuis un long moment et je presse un peu le pas, en saluant d'un lever de chapeau le couple attablé. Bientôt je suis à sa hauteur, l'imitant tant bien que mal. Je sais qu'elle a senti et reconnu ma présence, et sans même la regarder, le regard braqué sur les bouteilles d'alcool pour faire mon choix, je sais également qu'elle me fixe. Je prends sadiquement mon temps avant de tourner le visage vers elle. Entre nous, au fil des années, des voyages, des épreuves partagées, une complicité filiale s'est crée plus solide que le fort James.


-J'ai des bonnes, et des mauvaises nouvelles


Le ton est donné, et tout en levant la main pour attirer l'attention du barman et lui soumettre ma commande, j'enchaîne sans lui laisser le temps de réagir. Mes yeux pourtant s'assurent que les siens me sont acquis et je me rends compte quand nos regards se croisent que je la tiens en haleine de manière à peine soutenable


-Vous êtes officiellement Jeanne Duval, fille légitime de Jean Pierre Duval


Je l'observe pendant qu'elle s'offre une gorgée du breuvage ambré pour noyer son émotion bien vive.


-Ce n'est pas un peu trop fort le cognac pour une jeune femme qui rêve de passer inaperçue dans la société parisienne?


Le ton est chuchoté, un peu taquin, un peu paternel aussi. Je poursuis enfin


-Et vous êtes aussi l'héritière de l'appartement de votre père sis au deuxième arrondissement. Le reste, tout le reste de sa fortune va aux deux garçons Hugo et Valery issus d'un premier mariage.


Je murmure un "merci" avenant à l'adresse du barman qui choisit cet instant précis pour déposer mon verre devant moi et je la regarde


-Bien. Passons aux mauvaises nouvelles. Ses deux fils de vingt huit ans et trente et un ans, haut placés, réfutent et s'opposent ardemment à cette reconnaissance ne souhaitent pas en rester là. Ils souhaitent prouver, en jouant de leurs connaissances, que votre mère n'était que négresse qui a profité d'un instant d'ébriété, que le mariage n'a aucune valeur en France puisqu'il a eu lieu en Sénégambie. Ils veulent récupérer cet appartement coûte que coûte et certainement vous persécuter.


Alors je l'ai mis en vente Jeanne. Vous aurez bientôt avec l'argent la possibilité d'en acheter un autre à l'abri de leur convoitise. Je les ai croisés et je sais qu'ils sont assoiffés de pouvoir et d'argent et tueraient père et mère. 


Ou comment omettre une part de la vérité : Les deux enfants de Jean Pierre haïssaient surtout l'idée qu'une mulâtre puisse entacher de sang nègre leur arbre généalogique mais connaissant l'intelligence de Jeanne, je me doute qu'elle en a une petite idée.


-Je leur ai également menti pour vous protéger. J'ai affirmé que vous aviez repris le chemin de Loangue.


Puis...


Je me penche suffisamment pour qu'elle puisse elle-seule m'entendre


-Le notaire est un ami collectionneur, je l'ai couvert de cadeaux ethniques de valeur, de ceux que votre père m'avait légué en remerciement pour l’exécution de son testament.


Vous allez devoir donc vivre à Paris sous un faux nom. Apolline Blanchaerts.


Mes doigts retrouvent machinalement mon verre en quête d'une gorgée salvatrice.
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Appoline
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Joined: 27 Sep 2016
Posts: 238
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PostPosted: 02/10/2016, 10:02    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Treize bouteilles de spiritueux et deux bouteilles de vin.

Elle eut le temps de toutes les compter, alignées en rangs d'oignons sur ces étagères qui lui font face. Elle les scrute intensivement d'autant plus que le verre réfléchit les mouvements de la porte derrière elle, si rares soient-ils. Mais les pupilles dilatées y guettent un quelconque mouvement lumineux délateur de l'arrivée tant attendue. Quand il fut là enfin, elle était incapable d'estimer son éventuel retard, l'était-il à déjà à la base, était-elle venue en avance. Toutes ces considérations étaient passées en arrière plan, se contentant de le couver d'un regard aussi pressé que pressant.

Bientôt, il investit à son tour le tabouret libre de chapeau, à sa droite, balaie d'une paume ouverte et calleuse le cuir marron usé comme s'il eut à balayer machinalement d'invisibles miettes et expire bruyamment quand enfin, le dos rond, il se laisse aller à son activité favorite : Choisir la boisson adéquate à la situation. Tout cela, n'a pas échappé à l'oeil vigilent de la jeune femme qui lutte contre ses impatiences et l'envie de brusquer le vieux chacal de mer par quelque directe question. Fort heureusement son ex métier lui a appris à user de patience jusque dans les situations les plus extrêmes. Ses doigts serrent son verre de cognac et l'amènent une dernière fois jusqu'à ses lèvres.

Une patience d'ailleurs souvent récompensée car Miguel entamera de lui même un flot de paroles entre phrases salvatrices et d'autres annonciatrices de problèmes.
Jeanne s'était contentée d'un imperceptible mouvement de tête, au début, validant chaque bonne nouvelle, interrompant cette religieuse écoute que pour répondre à sa galéjade :


-"Mon cher Miguel, vous savez que je ne serai jamais complètement comme toute autre". Elle a beau se plier aux bonnes manières inculquées par son père Français et par son amante Anglaise, il n'en demeure pas vrai qu'elle est à moitié Sénégambienne, petite-fille d'un chef de tribu influent. La jeune femme est pétrie d'un mélange des deux cultures : occidentale tout autant qu'Africaine. Son père ne lui a-t-il pas asséné mille fois qu'elle avait pris par on ne sait quel tour de force le meilleur et le pire, de chaque culture.

Puis le temps de la galéjade évanoui, elle découvre les entraves à ses projets, à sa nouvelle vie. Fut-elle en colère? Non, elle s'y attendait plus ou moins que cette reconnaissance aurait un prix à payer. Elle ne savait en outre pas lequel. Malgré le pincement au coeur ressenti, il y'avait là, parmi foultitude d'émotions complexes, un peu de soulagement de savoir enfin à quelle sauce, ses demi-frères souhaitent la manger. Car oui, un homme averti en vaut deux, une femme avertie en vaut plus que deux.

Mutique et submergée par cette joie incommensurable qui n'aurait duré que quelques instants, elle accuse à présent le coup le visage fermé et les doigts serrés, à s'en blanchir les jointures, autour du verre en cristal. Ses yeux rivés au profil sculptural de son "Oncle" de coeur, elle trouve dans ses intentions un peu de baume.

Un silence bientôt les baigne tous deux, la spontanéité et les émotions n'ayant nulle place dans ce virage que pourrait prendre sa vie. Seule la raison est invitée à leur discussion malgré ce qui l'anime.


-Bien. Alors je n'en veux pas de son appartement je le leur laisse .

Allait-il contester sa décision? du moins elle interprète ainsi son regard interloqué posé sur elle, le devance et poursuit, plus péremptoire que jamais

- Je vous demande en outre Miguel de me l'ouvrir, je verrai s'il recèle quelques souvenirs et objets personnels appartenant à père. Ils auront à l'évidence plus de valeur à mes yeux que la pierre.

Ses doigts fins font tourner lentement le verre sur son support verni, pesant chaque mot, chaque décision, car tous deux savent que ce qui sortira de sa bouche sera irrévocable

- La traite négrière est vivement condamnée en France. Les lois là-dessus sont on ne peut plus claires. Nous le savons tous deux mon cher ami.

Un léger soupir s'échappe de ses lèvres, et son regard se fait un instant vague, entretenant délibérément un instant de silence avant de l’éviscérer

J'ai été longtemps le bras droit de mon père. Comme vous Miguel. Une vocation facilitée par mes origines sans doute, les liens de sang et donc la confiance aveugle acquise, puis mon érudition acquise à chaque escale à Londres, mes recherches en ethnologie ainsi que celles en éthologie guidées par messieurs Nodier, Jouffroy, Magnin tous amis à mon père. Ils m'ont permis de m'épanouir dans le milieu le plus rude qu'un humain puisse connaître. Je suis même reconnaissante à mon père de m'avoir donné autant d'opportunités à Londres et lors de ses expéditions d'approfondir autant mes recherches et de les mettre même à profit de son commerce, et du bien-être des nègres transportés comparativement à d'autres compagnies.

Ses interventions sur le Vénus Noir, malgré leur ponctuelle violence ont permis certainement à son père de mieux comprendre comment fonctionnent ces sociétés lignagères. Au lieu de mater de violentes rebellions comme il le faisait avant, usant et abusant du fouet jusqu'à tuer un nombre conséquent de sa marchandise..de par les recherches ethnologiques de la jeune femme, elles furent étouffées dans l'oeuf. Il a appris grâce à elle à disposer les nègres dans l'entrepont selon ce qu'ils pourraient apporter à la dynamique des groupes. Elle lui a appris qu'il était primordial d'embarquer quelques vieux qui apaisaient de par leur chant entraînant régulièrement les tourments des plus jeunes. Elle lui a appris à laisser tout au fond les plus forts. Elle lui a appris qu'une fois leurs besoins assouvis ils n'étaient que plus calmes : les baquets de déjections vidés au moins deux fois par jour, leurs blessures soignées fréquemment grâce au dévouement de Miguel, et surtout, grâce à son intermédiaire et à sa connaissance des langues vernaculaires, elle put faire lien et leur expliquer ce qui les attendrait en occident s'ils coopéraient. Elle leur a vendu le plus sincèrement du monde l'espoir d'une nouvelle vie, du rêve, n'ayant jamais connu elle même une quelconque violence de la part des blancs qu'elle eut à fréquenter. Naîf espoir qui fait fi d'un élément primordial et décisif dont elle n'a que peu conscience : Si elle n'a jamais réellement souffert c'est parce qu'elle fut protégée avec véhémence par son père et son aura, la puissance que ce commerce lucratif lui a allègrement conférée.

-Aussi la perspective de changer de nom afin d'avoir enfin une chance de bâtir un avenir vierge de mes exactions ici à Paris me séduit fortement.


Non, elle n'a nulle envie que Hugues et Valéry puissent entacher ses chances de quelque manière qui soit. In fine ils savaient à quel commerce s'adonnait leur père. Ils l'ont ,à travers leurs dettes et leur vénalité exacerbée, sucé jusqu'à l'os, montant les échelons sociaux sans mérite, jouant de la fibre de culpabilité d' avoir négligé leur éducation pour utiliser à chaque étape de leur vie ses ressources et ses connaissances. De ce que son père lui a raconté, elle rejoint Miguel définitivement dans ses craintes et les soupçonne capables du pire.

Sans prévenir soudain, la jeune femme affiche une mystérieuse et indicible expression sur son visage, quitte du regard son voisin, remet délicatement son chapeau, délaisse sur le comptoir ses gants, puis se laisse glisser de son tabouret jusqu'à poser ses pieds chaussés sur le parquet. Elle lui tourne le dos le faisant languir quant à ses intentions, aimant tout autant que lui l'idée de le laisser mariner dans de folles supputations. Sa main gantée touche la porte, l'ouvre, et la laisse peser contre son dos tandis qu'elle s'engouffre dehors. Mais son absence n'aura duré que quelques secondes, cette fois le chapeau refait son apparition, posé comme il se doit sur son chef, sans se soucier de cacher son visage. Le port de tête en devient altier de cette fierté qui illumine sourdement son regard. Les yeux enjoués sont rieurs bien que la bouche n'exprime rien pourtant. La créature qui lui fait face était la même et pourtant changée quand elle lui donne sa main à baiser.


-Bonjour monsieur, je me présente Apolline Blanchaerts.

De simples mots policés et oints d'enjouement, or ils ont incontestablement le goût de la liberté, du renouveau, d'une nouvelle vie. Elle se sent en cet instant précis telle un phœnix qui aurait survécu à la mise en cendres du Vénus Noir, à la mort de son père. Mieux encore, elle renaît là, de par cette poignée de mots, encore plus forte qu'elle ne l'a jamais été.
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Charles de Laviguerie
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Joined: 22 May 2016
Posts: 122
Localisation: 3 Rue Dominique
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PostPosted: 02/10/2016, 20:16    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Charles avait ce soir-là décidé de se rendre au Café Procope. Lui qui ne sortait pas souvent (pas parce qu'il n'aimait pas mais plutôt par manque de temps) s'offrait ce jour-là une bouffée d'oxygène, mettant de côté ses boulots. Il se devait d'aller au moins une fois dans sa vie dans ce Café si prestigieux, si mythique. Dans ce café où les "Grands" et plus généralement le "Tout-Paris" se retrouvaient pour parler littérature et politique.

C'est ainsi qu'il débarqua au 13, rue de l'Ancienne Comédie, dans sa tenue de style dandy, style qu'il affectionnait tant.

A peine arrivé, un sympathique garçon l'installa à une table relativement confortable. Un café lui fut commandé et en attendant qu'il puisse arrivé, Charles se mit à observer les lieux. La décoration était très raffinée et de bon gout. Les fauteuils, d'un moelleux... Le garçon revint à lui assez rapidement avec son café. Charles le remercia et lui demanda bien gentiment s'il pouvait lui apporter un nécessaire d'écriture, ce qu'il s'empressa de faire. Charly sortit les écrits qu'il avait emmener pour les continuer. En effet, Charles avait de nombreux projets professionnels en tête, des projets sur lequel il avait murement réfléchis. Tout en les continuant, il ne pouvait s'empêcher d'écouter, de regarder les personnes présentes qui devait assurément être des figures relativement importantes du Royaume. Politique, littérature et finance se mêlaient dans les tables environnantes, ce qui ne pouvait qu’intéressait le jeune homme.

Une vingtaine de minutes plus tard, Charly fit appel au jeune garçon pour prendre commande.

Je prendrais bien un Foie gras de canard mi-cuit en entrée, de la Joue de bœuf braisée accompagné par des macaroni au vieux parmesan en plat principal et un assortiment de glaces et sorbets maison en dessert s'il vous plait.

Aussitôt la commande effectuée que le garçon disparut. Ce temps d'attente permit au Charles de continuer ses écrits et de se poser des questions? Ses nombreux projets étaient t-ils et allaient t-ils se concrétisaient? Seul l'Avenir le dirait....
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Miguel Luis Voudat
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Joined: 30 Sep 2016
Posts: 3
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PostPosted: 04/10/2016, 10:38    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Et c'est un rire caverneux et rauque qui vient accueillir sa théâtrale entrée. Je la sais joueuse et enjouée souvent même dans les moments les plus délicats, peut-être le sang africain qui coule en partie dans ses veines. La tête penchée sur le dos de sa main pour un baise-main dans les règles de l'art, l'envie me prend de fêter sa renaissance, là maintenant. Ma main relâche la sienne avec autant de délicatesse dont mes grosses paluches seraient capables et je me cherche des yeux le barman "Une tournée de champagne pour tout ce beau monde, nous avons quelque chose à fêter".

Le poids de cette responsabilité commence un peu à s'alléger, je l'avoue. Je me sens un peu plus guilleret que de la savoir bien et protégée par sa nouvelle identité. Il ne me reste cependant que quelques détails à régler et pas des moindres. Profitant de ce court moment de liesse, je m'éclaircis la voix et je la regarde fixement jusqu'à ce qu'elle devine que le sujet abordé à présent est moins léger.

-Je dois vous confier Jea..euh Apolline..un dernier souci. Une sorte de "boulet" que je traîne depuis quelques jours de planque en planque chez des amis, le temps de trouver une solution.

Maintenant que j'ai son attention avec ce prélude, je sais que je peux prendre mon temps pour trouver mes mots

-Vous vous souvenez d'Ayub, le nègre le plus fort de cette dernière expédition? Celui qui nous a coûté deux fusils à la place d'un et demi à l'île de Gorée?


Son silence à la demoiselle me laisse un peu perplexe, comment pourrait-elle se permettre d'oublier un homme qui porte sur son dos les marques de ses coups de fouet à elle, mais même si elle n'est pas susceptible, je n'ai pas envie de gâcher l'instant par quelques pesants souvenirs. Je choisis de le lui rappeler autrement.

-Celui à qui vous avez appris à baragouiner dans un ..arhem...curieux français?
.

Moi en tout cas je me souviens de toutes les insultes qu'elle lui a apprises comme s'il eut s'agit de politesses. Aussi au lieu de lui apprendre un "Bonjour monsieur" il nous surprenait avec "je vous emmerde monsieur du plus profond de mon cul" servile dans un accent africain à couper au couteau. Je me souviens de l'hilarité générale des marins, et la colère simulée de son père, au fond de lui, il s'amusait de la situation autant que les autres mais ne l'avouait qu'à moi devant un verre de cognac partagé.

-Et bien il s'est laissé affamer à dessein pour ne pas être vendu. Même bradé, personne n'en a voulu. Résultat, je dois un peu le gaver et le forcer à aller mieux avant de l'envoyer par bateau, dans cinq semaines environ, vers son maître en Guyane.


Maintenant que je lui ai exposé les faits, il me reste à lui demander ce service, ce qui me pèse un peu. Toute ma vie je l'ai passée à servir les autres sans attendre de contre-partie.

-Je vous serais reconnaissant si vous le gardiez pendant ces cinq semaines dans votre lieu de séjour. Vous pourriez bien l'habiller et le faire passer pour un frère ou un cousin. Vu qu' il était guerrier et érudit chez lui, je pense que vous pourriez l'amadouer avec un enseignement histoire qu'il cesse de se laisser affamer, qu'il commence à apprécier son séjour en France.

Je l'observe et je devine quelques réserves, alors j'enchaîne instinctivement en espérant convaincre la jeune femme, ô combien têtue.

-Vous comprenez Jean..Apolline pardon, que je ne peux pas trimbaler un agonisant en voyage à la campagne en Gascogne. Un nègre y serait beaucoup moins toléré qu'en ville. On me refuserait des chambres, on me ferait payer le double, voire le triple.

Le barman quitte le bar avec un plateau en argent rempli de flûtes de champagne, je le suis du regard un court instant le temps de vérifier qu'il a bel et bien servi tous les présents. Et même si mes yeux croisent le visage d'une envoûtante femme rousse, la voix de Jeanne m'en arrache hélas cruellement.
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Chirurgien à bord du Vénus Noir
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Appoline
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Joined: 27 Sep 2016
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PostPosted: 05/10/2016, 20:58    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Grisée par la perspective d'une nouvelle vie, elle ne l'écoutait qu'à demi et peinait à faire perdurer plus avant, ce simulacre de concentration. Il lui parle de "boulet" lui semble-t-il un instant, mais elle, elle observe pendant ce temps là, depuis son tabouret-perchoir, les autres clients présents sans trop s'y attarder. Au point où elle croise de son regard ballant un visage masculin mais ne prend aucunement conscience que monsieur Charles Laviguerie et elle, s'étaient déjà croisés furtivement au bar de Paris. Puis la voix de Miguel change, plus rauque, plus grave. Apolline l'observe lui à présent, l'index caresse distraitement le rebord d'une flûte, alors que ses deux prénoms s'entrechoquent dans un ramdam pas possible dans sa tête : Jeanne et Apolline. Apolline et Jeanne. Le passé et présent. Le noir et le blanc sur le grand échiquier de la vie. Si elle sait qui fut Jeanne toutes ces années, elle se demande qui sera Apolline. Seront-elles deux facettes sombres aux limites floues et ambiguës. Pourra-t-elle à l'inverse, en faire s'épanouir une, plus claire, au détriment d'autres, sombres.

Il a fallu que Miguel évoque le prénom d'" Ayub"pour qu'elle aie un sursaut d'éveil, et qu'il parvienne à gagner enfin toute son attention. Le visage du jeune homme lui apparaît clair sous le rideau de ses paupières alors qu'elle les ferme le temps d'une gorgée de champagne...le temps d'invoquer son souvenir. Diantre qu'il l'a troublée avec son corps sculpté dans l'ébène, souvent luisant de sueur, appelant ses doigts à s'y égarer. Un véritable fruit défendu. Ce qu'elle a aimé chez lui c'est incontestablement son érudition malgré qu'il aie été au rang de guerrier. Souvent l'érudition dans ces sociétés est l'apanage des sages, des plus âgés. Ayub lui observait beaucoup, et apprenait les langues et le français avec une vitesse vertigineuse. Il avait une grande et évidente influence sur le groupe d'esclaves transportés ce voyage là. Elle eut pour mission de le garder à l'oeil, de le distraire de temps à autre par quelque défi intellectuel, car il était de ces énergumènes assez dangereux pour faire enfler et sourdre une sanglante rébellion, s'il avait eu le temps d'insuffler assez de force aux autres. Isolé à l'arrière de l'entrepont, où il était constamment enchaîné, elle crut bon utile de le séduire, sans s'avouer qu'elle fut séduite elle-même. Puis quand elle a eu à mesurer son pouvoir sur elle, son seul moyen d'y mettre un terme c'est d'user et d'abuser du fouet..Souvent injustement. Ceux qui connaissent Apolline, comme Miguel, savent que lorsque la demoiselle est charmée, elle se rebelle de la plus abjecte des manières comme si elle se refusait le droit de faiblir, de céder.

Le flot de souvenirs s'émousse et les mots du quinquagénaire commencent à lui parvenir, à acquérir un sens.

-Héberger Ayub après ce que je lui ai fait subir? Mais Miguel..c'est une nouvelle vie à laquelle j'aspire, elle me coûte cher puisque même fille légitime je ne peux user du nom de mon père. C'est dire combien j'y tiens. La moue est boudeuse et les sourcils joints comme lorsqu'elle était petite fille.

Et s'il se vengeait? Et s'il criait à longueur de journée pour alarmer les voisins pendant qu'absente la jeune femme serait à son lieu de travail parce que oui, il faudra bien vivre et payer une chambre à Paris. Et si elle se faisait attraper pour trafic d'esclaves au moment où elle ne s'y adonnait plus, comme une mordante ironie de la vie.

-Miguel...

C'est pourtant tout ce qui put franchir ses lèvres comme contestation. Comment lui dire non alors qu'il a passé des jours, et payé une petite fortune pour lui offrir une nouvelle vie.

-Bien. Mais seulement cinq semaines..je jure de le vendre moi même aux enchères dans les bas-fonds si vous ne venez pas le chercher.

C'est dit avec une fausse véhémence, trop molle d'avoir trempé dans sa liesse. D'ailleurs cette même liesse lui fait arborer bien vite un sourire, rare chez Apolline, un sourire mâtiné d'insouciance et d'affection mélangées.

-Qu'est ce que je ne ferai pas pour vous.

La voix est douce alors qu'elle se penche embrasser avec un respect filial évident, la joue de son sauveur. Elle a beau avoir tous les vices de la terre, elle sait être reconnaissante envers les mains qui lui furent un jour tendues. Le buste, droit, reprend vite sa place.

-Maintenant qu'on a fait de votre souci-boulet... un ballon creux et léger... acceptez-vous cher ami de m'emmener, toutes affaires cessantes, découvrir l'appartement de père?

Je me meurs d'impatience...et d'une curiosité trop vive de voir ces petits trésors amassés dont il me parlait souvent.


L'intérêt n'est pas que pécuniaire, il est également affectif, tout autant qu’ethnologique pour la férue qu'elle est de l'Histoire; et les peuplades de la Sénégambie. La réponse de Miguel ne se fait pas attendre, positive..bien que..la jeune femme remarque sans peine, qu'il a constamment le visage rivé à la dame rousse quelques tables plus loin. Elle se souvient que le Chacal de mer a toujours eu un faible pour les chevelures enflammées, et la noblesse incontestable qui sue des manières de la belle, sa jeunesse, ne la lui rendent probablement que plus inaccessible et donc plus désirable. C'est un coup du bout de la botte d'Apolline qui le décide de s'en arracher, de s'arracher même à son tabouret. Il paye l'addition enfin, puis nos deux acolytes cheminent bras dessus, bras dessous jusqu'à la porte.

Décidément..cette journée promet d'être chargée en émotions.

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Roman
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PostPosted: 06/10/2016, 09:47    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

A sa confidence il se pencha à nouveau vers elle murmurant : 

Un croche pied ? L'idée est tout à fait charmante . cela fera une punition des plus méritée.

Bien sur il ne le ferait pas, ce n'etait pas le genre d'homme, il etait plutot franc et aller voir cette impolie lui ressemblait plus. 

Je peins et je dessine effectivement, même si je suis loin d'avoir le talent incontestable d'artistes reconnus. Je me fis surtout à mon instinct, à une impression, une vision d'un certain moment . Je m’arrête à cet instant, et tente de retrouver la magie que j'ai ressenti afin d’être le plus précis possible. La scène dont nous avons tout deux etaient les acteurs auraient pu faire un tableau intéressant,  laissant aux gens la regardant l'imaginaire pour la suite, que se passa t-il après ? La rencontre se fera t-elle ? ou bien partait-il en colère ? y aurait-il réaction en chaîne et le café prendrait l'allure d'un vulgaire bar avec des bagarres y eclatant ? 

De l'Art, et de sa vision de celui ci  il pouvait parler des heures, c’était sa façon naturelle de sortir de son monde pour entrer dans l'onirisme artistique. Il pouvait tout s'y permettre, être fou ou sérieux, talentueux ou amateur . Il était bien loin de celui qui, ce jour, prenait une tasse de thé dans un café public. Ses coups de fusains pour la plupart du temps étaient l'exutoire d'une vie qu'il aurait voulu tant différente, la sensation pesante sur ses epaules s'etiolait à chaque coups. . Savez vous Madame, que pour qu'il y ait un bon artiste, il faut un bon public ? L'un ne va pas sans l'autre. Sans des personnes comme vous, sensible au charme qui se dégage d'une oeuvre, nous ne serions nous même que des coquilles vides. Le but de tout artiste est d’être apprécié également pour son travail . Ne dévalorisez pas votre rôle ô combien important. 

Le sourire était sincère envers cette jeune et charmante inconnue. La curiosité le frappait plus encore en l'ecoutant, elle se jouait, se cachait. C'etait flagrant . De qui ou de quoi il n'aurait pas su le dire, mais ils se ressemblaient, aucun des deux ne voulant briser le secret qui les entourait dans cette rencontre fortuite . Amusé de ses réticences d'égéries il reprit

Embarrassant ? Cela dépend de quelle peinture nous parlons . Les "nus" peuvent l’être pour le modèle, et assez intriguant pour l'artiste qui le peint. Voir une femme charmante dévoiler un corps et etre examiner pour en faire ressortir toute la beauté, c'est troublant plus qu'embarrassant. Mais je trouve qu'il n'y a rien d'aussi beau que de peindre ce corps sous une lumière naissante ou mourante. Il s'en dégage une profonde sensualité. Mais....  Finissant son thé il interrompit sa tirade reprenant un peu plus calmement... . Les portraits simples ne le sont pas, bien qu'il faille observer attentivement la personne pour en faire ressortir ce que l'on désire. Cela dépend des rapports Muse/Artiste. Si ce dernier arrive à mettre à l'aise son modèle, tout se déroule sans encombre .

Je n'ai plus de muse depuis bien longtemps, je peins au hasard des rencontres et de mes envies. Vous feriez un très joli modèle peut-etre avec ...
il l'observa un instant cherchant ce qu'il avait déjà pu apprécier  .. avec cette note mutine et fière qui semble vous caractériser . Si un jour le destin le souhaite, nous pourrions nous y tenter. Ce sera l'occasion de vous montrer mon travail . Il savait au fond de lui qu'il ne la reverrait pas de sitot, mais tout instant doit avoir une lueur d'espoir pour l'avenir, des promesses tenues, des autres non tenues mais toujours une marche en avant permettant à la vie de continuer vers l'espérance. 

Ais je répondu à toutes vos demandes ? Il sourit plus largement reprenant la taquinerie ou elle s’était arrêtée, le flot de questionnements avait été continu de la part de la jolie inconnue du café Procope. . 

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"Ne prenez pas mon silence pour de l’ignorance, mon calme pour de l’acceptation, ma gentillesse pour de la faiblesse»
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Alexandra
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PostPosted: 08/10/2016, 10:44    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

C'est par un autre sourire espiègle qu'elle répond au consentement du jeune homme. Il abonde dans son sens et avoue être prêt à se lancer dans un croche-pied visant à faire chuter la vilaine mal polie au moment de son départ. Elle sait bien qu'il n'en fera rien tout comme elle, d'ailleurs. Elle a déjà suffisamment causé de dégâts comme çà ! Misère, si sa Gouvernante Céleste le savait, elle tomberait en apoplexie une fois de plus.
Thé et coupe de champagne sont prestement servis et la jeune Comtesse observe cette tasse fumante avec ... de l'eau colorée, ce qui la voit sourire de nouveau. Décidément, il est dit que la vision même du thé prêterait au rire et à l'envie de commenter avec amusement une eau chaude sans saveur. - du moins pour elle -

Le calme après la tempête s'est installé et, dégustant ses bulles avec un plaisir non dissimulé, elle écoute avec attention ce que ce charmant inconnu consent à lui révéler sur son art. Évidemment, elle tilt immédiatement et se sent déjà prête à lui vanter l'Académie Royale des Arts et des Lettres mais ... mais ... mais l'homme est un inconnu, charmant et tout mimi à contempler ce qui ne saurait suffire à dévoiler qui elle est.


J'aime beaucoup votre vision de l'Art, Monsieur. C'est également ainsi que je me l'imagine en me plaçant, un instant, dans la peau d'un artiste. C'est un peu aussi, comme l'écrivain devant sa page blanche. Il se demande comment il va animer ses personnages, quel sera leur destin, quelles seront les intrigues suscitant l'envie au lecteur de poursuivre le voyage voulu par l'écrivain. J'imagine que la toile vierge doit être tout aussi grisante, en le devenant de plus en plus au fil des traits et des touches de couleur venant donner vie à une scène voulue par le créateur de l’œuvre en devenir.

Doucement, elle soupire et ajoute.

Je vous envie, d'avoir ce don. Savez-vous qu'il m'est arrivée d'être émue aux larmes devant une toile ? De ne plus pouvoir m'en éloigner de peur d'oublier tout ce que je ressentais à l'instant présent ? Je dois être trop sensible, probablement ...hum ...hum ...

Une nouvelle gorgée de champagne lui permet de ne pas trop afficher ce qui l'anime depuis toujours. Il parait qu'il n'est point bon de dévoiler ses faiblesses.

Je ne doute pas que vous trouviez un jour, un modèle qui vous permette d'exploiter toutes les palettes des émotions. Je vous le souhaite. Quant à poser un jour, hum … ahem … je ne pense pas que cela soit envisageable. Ceci dit, j'aimerai beaucoup voir votre travail.

Et là : BIM ! Elle place sa chère Académie.

Savez-vous qu'il existe une Institution appelée l'Académie Royale des Arts et des Lettres ? Je crois savoir qu'elle reprend vie. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller y faire un tour afin de voir ce qu'elle pourrait vous offrir pour vous aider à travailler et à produire sereinement.

Hop là boum ! Voilà qui est fait.

Avez-vous un galeriste ? Quelqu'un pour vous aider à exposer votre travail ?

Car, pour rejoindre ce que vous disiez, il est nécessaire d'avoir du public, un bon public pour alimenter les critiques permettant à l'artiste de progresser.

Une seconde couche ne peut nuire et puis ainsi a -t-elle de quoi alimenter une agréable conversation qu'au fond, elle ne souhaite pas voir s'achever.

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Alexandra de Montrieux
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Roman
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PostPosted: 09/10/2016, 10:35    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Savoir s’émouvoir d'un tableau, d'une scène comme vous me la décrivez n'est pas un signe de faiblesse ou de trop de sensibilité. C'est au contraire un don en un sens. Vous savez apprécier ce qui est beau, ce qui vous touche, rares sont les gens qui se laissent aller à un flot d’Émotion, et pourtant c'est ce qui manque le plus à notre vie . Un jour, je vous montrerais l'un des derniers tableaux que j'ai fais avant de partir de Cherbourg et je gage que vous en serez emue. 

Voulait-il la faire pleurer ? Pas le moins du monde, il n’était pas de ce genre la, mais rencontrer une personne sachant vibrer à l'unisson d'une oeuvre rendait la jeune femme particulière. Un bon public etait rare comme il l'avait dit précédemment, il voyait souvent dans les musées les gens jetant un vague coup d'oeil à un tableau pour partir au suivant sans en saisir le vrai sens.  C’était effrayant à voir, Il se demandait souvent pourquoi les gens payait si il ne savait pas stopper leur marche devant les œuvres proposées. Il l’écoutait parler de l'art avec plaisir, elle en connaissait les vibrations. La question vint se poser. Qui était la jeune inconnue du café Procope ? Elle n’était pas Artiste l'ayant dit elle même. Pas Muse non plus. Riche ? N'importe qui avec quelques aiguilles et du tissu pouvait créer une jolie robe  . Mais ses goûts notamment le champagne la rendait plutôt dans le monde plus riche . Malgré le silence sur sa personne elle se dévoilait un peu ne le sachant pas elle même. 

Vous avez tout compris Madame, bien que L’Écriture soit pour moi un art bien plus dur que la peinture elle même . Comme vous l'avez si bien dit, vous ressentez des émotions et le plus souvent il nous est impossible de décrire cette émotion même, ce frisson parcourant l’échine . L’Écrivain doit lui se contenter de mots. Il ne peut pas inventer une émotion, il doit l’écrire. C'est un art bien plus compliqué que de peindre selon son cœur, son attirance et la vibrance de son âme. Je ne saurais jamais ecrire ce que je ressens au premier coup de pinceaux sur ma toile, c'est totalement impossible.  Pour son malheur momentané elle refusa, poliment, d'etre un modèle pour une de ses peintures. Avait-elle peur qu'il puisse voir d'elle se qu'elle ne voulait pas montrer. Legerement taquin il lui murmura : Rien n'est impossible Madame, il suffit de s'en donner la peine. 

La discussion glissait dans le monde artistique il ne savait comment ils en étaient arrivés à se parler de façon aussi ouverte, sans tabou sur leurs faiblesses et emotions respectives. . Lui, était souvent pudique sur ce qu'il faisait, sur les flots l'emportant, et pourtant il se livrait à l'inconnue même . Et Elle. Un public radieux pour écouter ce qu'il avait à dire, et elle semblait s'y intéresser, tant et si bien qu'elle lui parla de l’Académie Royale. Un rire franc s’échappa de ses lèvres alors qu'il reprenait appuis sur le dossier. 

L’Académie Royale carrément ? Je sais que j'ai un peu de talent mais en arriver à me présenter la bas avec mes peintures du bord de mer ou de Paris, ils me riront au nez sans hésiter. Je ne sais même pas si je pourrais approcher l’Établissement sans me faire arrêter. 

Mais l'idée lui était charmante. Se faire arrêter et alors ? Se faire rabrouer et alors ? Il n'aurait de risque que de se prendre un refus des plus complet et définitif. Cela bouleverserait-il sa vie ? Ou changerait son envie de peindre? Il avait toujours apprit que lorsqu'une porte se ferme une autre s'ouvre. La jolie inconnue semblait pourtant décidée à le voir exposer parlant œuvres et galeries. Certaines personnes lui avaient déjà parler de faire de même à son arrivée à paris mais surement intimidé par les regards que l'on pourrait poser sur une partie de lui, il n'avait pas donné de suite satisfaisante à ces demandes. 

Non. Je n'ai pas de galerie. Et je crois bien que mis à part une personne, je n'ai jamais montré mon travail à qui que ce soit . La reconnaissance de nos Pairs est importante, mais se livrer une première fois est plus effrayant qu'on peut le croire à prime abords. Je sais que ce que je fais est beau, mais comme nous en parlions tout à l'heure, c'est un sentiment personnel et peut-etre que mon émotion de l'instant ne sera pas perçu de la même façon . Mais peut-etre avez vous raison, et me laisserais je tenter par une visite à cette Académie. Aurais je le plaisir de vous y revoir ? 

La question etait venue toute seule, curiosité mon Amie, tu t'es faites entendre sans me demander mon avis. Et loin de se démonter surpris de sa propre question, il appuya son coude sur la table, laissant sa main soutenir sa tete lui jetant un regard interrogatif. Oui cette jeune inconnue l’intriguait,  et plus les mots coulaient plus il se sentait dévoré de questionnements à son encontre. 
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Alexandra
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PostPosted: 10/10/2016, 09:45    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote




Avait-elle besoin d'être rassurée sur son émotivité parfois exacerbée ? Elle ne sait trop mais en tout état de cause, ce jeune homme sait trouver les mots qui viennent la conforter dans l'idée que ce ne n'est pas une tare. Du reste, il est sans doute bien trop tard pour la voir changer dans ce qui l'émeut ou pas. Doit-on changer les êtres et ainsi modifier leur nature profonde ? (vous avez 2 heures et je ramasse la copie ! -_-)

Il me plairait beaucoup de découvrir ce travail, Monsieur. Je tâcherais, en le voyant, de ne pas inonder de larmes votre production artistique.

C'est plus fort qu'elle : il faut toujours qu'elle place quelques petits mots taquins dans ce qu'elle dit. Un petit sourire espiègle anime son visage tandis qu'elle écoute cet inconnu qui ne manque pas d'arguments convaincants pour vanter son art et l'Art en général. Voilà qui mérite qu'elle s'y attarde sans le lui dire. Ce jeune homme serait une recrue parfaite pour l'Académie Royale ! Les propos tenus sont censés, structurés et empreints de sagesse.

Il n'y a rien d'impossible, je crois. Chaque discipline mérite que l'on s'y entraîne, que l'on donne le meilleur de soi-même, qu'on accepte la critique afin de corriger ce qui peut et doit l'être car un artiste ne saurait s'en tenir à des diktats contraignants car alors il ne serait plus lui-même.

Son regard se pose alors longuement sur le jeune homme après avoir incliné gracieusement la tête à la belle mulâtre passant non loin d'eux.

Je doute que vous soyez  de ceux qui se voient contraints de produire selon des ordres stricts comme le faisaient nos anciens artistes lorsqu'ils prenaient commande d'un portrait, par exemple, et qu'il leur était demandé d'embellir le modèle ?
Je me trompe ?
Les temps changent et les attentes artistiques aussi.


Un petit sourire vient répondre à celui qui lui indique qu'il n'y a rien d’impossible, justement, à ce qu'elle puisse poser un jour. Elle ne rétorquera rien, préférant laisser planer le doute sur ce qu'elle aimerait ou pas.
L'éclat de rire qui suit après qu'elle lui ait parlé de l'Académie, la voit un tantinet contrariée. L'affaire est mal engagée pour le convaincre de s'y rendre d'une part et d'ainsi lui révéler qu'il l'y trouvera probablement à coup sûr, d'autre part. La revoir à l'Académie ? Sans doute est-ce le moment pour elle de s'éclipser, de disparaître afin que ce besoin d'être là sans s'être présentée, sans dire qui elle est, puisse durer. Il y a fort peu de chance que ces deux là se revoient un jour alors au fond, elle ne risque rien à se sauver comme une voleuse. Afin tout de même de ne pas se transformer en parfaite menteuse, elle lance une réponse qui restera équivoque, qui fera la part belle au hasard, qui n'en serait pas un, si ce jeune homme pointait le bout de son museau à la dite Académie.


Qui peut savoir de quoi demain sera fait, Monsieur ?

Elle termine sa coupe de champagne, fait un signe à l'un des serveurs du café Procope et le paie largement pour la commande passée et celles à venir du charmant inconnu. Elle se sent quelque peu "fixée" du regard par un homme accompagnant la mulâtre précédemment saluée en silence. C'est donc légèrement rougissante qu'elle s'adresse au serveur sans oser lever les yeux vers l'homme en question, de peur de rougir bien davantage.

Voici. Servez autant de thé que ce Monsieur le souhaitera.

Avec grâce, elle enfile ses gants et son chapeau, puis se lève. En offrant un joli sourire à ce bel inconnu, il est temps pour elle de clore ce divin moment qu'elle regrette de voir prendre fin mais ainsi va la vie.


J'ai eu grand plaisir à échanger avec vous, Monsieur.
Continuez de peindre, de dessiner, de vous exprimer à travers votre art. Il n'y a pas de bien plus précieux que celui-là.
Croyez en vous et n'abandonnez jamais.


Un autre sourire est offert au jeune homme, celui là chaleureux et franc et elle tourne les talons pour quitter le café Procope. Son souhait de ne pas dévoiler qui elle est, lui fait sans doute rater l'opportunité de pouvoir revoir cet artiste au sein de l'Académie Royale  et elle s'en veut déjà.

Moins de quelques secondes suffisent pour que même son parfum vanillé se dissipe dans cette foule si particulière.

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Alexandra de Montrieux
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Auguste_T
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PostPosted: 14/11/2016, 16:01    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Un soir de novembre.


Là ou le Procope procure son lot d'ébahissements.


Le lieu est pas fait pour les ébats , plus pour le débat , car bruyant , il est sans Aristide , avec poème et politique. Lumière du reflet de la révolution et du siècle lumineux. Tourbillons et envolées lyriques rythment la vie procopienne , sans pour autant préoccuper ou occupé plus que de raison., le vieillard aux cheveux filasses de neige arboré. Il se soutient sur un bâton noueux , qui retient le nœud de la moelle existentielle, lui faisant éviter une mauvaise chute. Le vieillard se traîne jusqu’à une table prêt à balayer d'un revers de bâton tout quémandeur d'avis et d'arbitrage. Un regard torve complète la volonté de n'être point importuner.


Il se glisse sur une chaise et se pose en perchoir menton de mains à gants croisés sur la partie charnue du bâton. Le regard de miel se fait plus vif , il a toute latitudes et l'attitude de l'homme patient.. Il attend aux dépends du commune insistance à vouloir que l'on commande. Mais rien ne le commande et il faudra que l'on attende pour que service soit effectué. Il est là en attente , le regard fixé sur la porte d'entrée et un œil vif fait application à mesurer à travers lisse miroir l'entrée secondaire. Il se frotte le bouc d'un blanc laiteux , tout à son affaire d'observation patiente.


La rumeur ambiante fait œuvre de distraction et d'acte informatif. Nul besoin de lire la presse , le compte est rendu dans la salle et commentée à force d'avis. Il retient qu'un étranger préside à la justice du royaume, on s'outrage que l'individu n'a aucun diplôme et n'a pas exercé la moindre charge de justice. Pour l'Auguste , car c'est bien lui qui est grimé en vieillard , ça lui fait ni chaud , ni froid , remplir le haut ne va pas empêcher la fuite. C'est comme mettre un couvercle sur une marmite sans fond. D'une autre part ça le rassure pour ses affaires interlopes .


Il laisse bien vite d'autres conversations monter à ses oreilles, sans pour autant quitter son va et vient visuel .    
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Appoline
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PostPosted: 14/11/2016, 18:35    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

[Novembre, après les ventes, avant la Manche]


A chaque pas sa tête fait floc floc, ou trêve d'onomatopées... elle a la tête pleine d'eau. Le manque du large, de voyage, de ce berceau qu'est un bateau. Elle commence à douter de son aptitude à tenir en place. Par Épicure pourquoi elle n'a pas été élevée en pucelle ointe de pertes blanches aux doigts doués en tricot? Elle se serait trouvée mari, maisonnée où il fait chaud, et une tripotée de marmots. L'insouciance, l'ignorance sont de doux oreillers qui n'ont pas de prix in fine. Au lieu de ça, sa personnalité aussi complexe qu'étriquée l'éloigne des sentiers battus, et lui fait prendre toutes les sentes tortueuses, sinueuses où on s'écorche la peau, mais qui la rapprochent d'elle-même, toujours un peu plus près.
Retour de la cape violine, celle qui danse au vent, pour mieux cacher cette espèce d'objet emmailloté chaudement, alors qu'elle s'apprête à affronter ce même vent, justement. Ils s'étaient donnés rendez-vous au Procope, procéder à une transaction, lui livrer un objet rare, précieux, contre quelques pépètes.

Elle se souvient de la dernière fois où elle s'y est rendue, avec Miguel, où elle a hérité d'Ayub, d'une nouvelle identité, et a abandonné l'appartement qui lui est du. un frisson caracole le long de l'échine et s'échoue au creux de ses reins. Le lieu est autrement plus fréquenté, et elle ne s'y attendait pas. Sitôt sa capuche rabattue, et la porte fermée, elle dévisage les présents un à un, sans une once de timidité. Sa silhouette élancée, la couleur de sa peau, ne manquent pas d'attirer l'oeil des gens attablés, quelques tasses fumantes se suspendent à mi chemin, ou au bord des lèvres dès que son regard tourbeux s’appesantit sur l'un ou l'autre. Et si une main, chargée, demeure repliée sous l'étoffe violine, l'autre main délace sa cape alors qu'elle déambule lentement entre les tables.

Quelque peu fatiguée par le voyage Auteuil, Paris, et la longue traversée de la ville à pieds pour atteindre les lieux, elle se laisse enfin choir, au creux d'un fauteuil reculé, histoire de mieux observer la porte, ainsi que les présents. Bientôt tous auront oublié l'arrivante, sauf une paire d'yeux, qui se veut discrète, mais qui la fixe avec intensité à lui faire tourner instinctivement la tête, soutenir sans ciller ce regard perçant.

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Auguste_T
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PostPosted: 14/11/2016, 19:08    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Aniline apparition, procure un silence et scelle les regards d'une limpide surface ourlée d'une vague mutine. Rien ne la démonte , elle est offerte à la curiosité , comme à la réprobation. L'entrée en scène est à la hauteur de l’imaginée réputation. Il peut mettre une étiquette à un tiroir de sa mémoire, elle a un soupçon  de fatigue marqué aux coins des yeux , car le regard de la cannelle vient croisé celui du miel, aucun verre pour faire obstacle à la densité de l'âme.


Le vieillard qu'il est , fait voir un sourire jaunâtre et gâté par l'âge. Il fait même audace à se hisser sur ses jambes qui flageolent de comédie et c'est voûté , traînant les pieds qui se porte à sa hauteur en faisant sourdement retentir son bâton dans son avancement. Le cours des conversations reprend , car elle a été oubliée car voilée par l'ombre de l'Auguste vieillard. il fait chevroter une voix cassante en s'adressant à elle. Convive conviée pour une affaire dont le vieux n'est qu'un truchement de façade. 


-Mââdââme , je suis mestre Jaccobi , notaire de Môônsieur de Côôssé. Il vous fait savoir qu'il a été retenu et qu'il arrivera quand il devra .


D'un coup de bâton autoritaire , il fait fuir l'occupant d'un fauteuil voisin et se pose dans le siège gagné. Le regard se fait plus doux et amusé , alors qu'il tente de déchiffrer les pensées de la femme accomplie.
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Appoline
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PostPosted: 15/11/2016, 11:21    Post subject: [RP/Ouvert à tous] Le café Procope Reply with quote

Devinez à qui appartiennent les deux yeux? Non pas un bellâtre amouraché du premier regard..ce serait trop commun.. Pas à une vieille courtisane périmée qui noie la nostalgie de ses heures de gloire dans une tasse de thé... pas même à un xénophobe persuadé que la signare n'est que le fruit d'une véritable guenon et d'un homme blanc perdu dans la savane. Non, ce furent les yeux d'un homme âgé, brillants d'une vive curiosité, d'une couleur caramel diablement vive. Elle n'eut pas le temps de se poser des questions quant à la raison de cette oculaire fixation, qu'elle eut une réponse. Une réponse mobile pour ainsi dire, puisqu'il s'est avancé vers elle, tout entier, lui et son dos arqué, lui et son sourire en ruine, pour poser son "auguste" derrière sur un fauteuil plus proche. Les mots n'ont point tardé, et ont tôt fait de rejoindre les gestes. Maintenant elle sait. Nuance, maintenant elle est censée savoir. Mais elle n'est que plus perplexe quant à la présence de cet énergumène.

    -Monsieur..

Inclinaison du chef, et ton enjoué sont de circonstances

    -..Pourriez-vous satisfaire ma curiosité et me révéler ce qu'un notaire aurait à gagner dans une telle rencontre au point de quitter son office et quelques affaires juteuses.

Impossible de lâcher son objet, maintenant qu'elle n'est plus seule à cette table. Prudence est mère de sûreté et son intuition ne lui révèle rien de bon quant à la présence de cet individu, si charmant puisse-t-il être.

    -C'est aimable de votre part d'être venu me prévenir de son retard. Monsieur de Cossé manque probablement de tact en osant vous imposer ainsi la compagnie d'une jeune inconnue dans un café à Paris, alors que vous avez mieux à faire, à n'en pas douter.


Mais malgré la prudence, trompée par son âge, sa garde se relâche, et la voilà juste prête à jaboter en sa compagnie.

    -Avez-vous idée, combien de temps, aurons nous à tolérer cette situation, pour le moins incongrue?


Elle aurait commandé à boire, mais tout demeure sur la selette à présent tant qu'elle n'a pas de réponses satisfaisante: Sa présence ici, la vente, et l'idée de payer les service de l'Auguste pour avancer dans son enquête.
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