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[RP] RDT I - Des réformes économiques

 
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Giovanni
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PostPosted: 17/01/2015, 16:58    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

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Soucieux d'être un chef du Gouvernement fort, présent et actif, le Vicomte avait réclamé d'être tenu au courant de l'action de chacun de ses Ministres. Fort d'une certaine expériences dans de nombreux domaines, il comptait également ne pas simplement jouer un rôle représentatif, ni même se contenter de tenir le gouvernail de cette barque qu'était le gouvernement mais bien de donner ses avis sur sa direction. En somme, il considérait que pour que le Gouvernement puisse fonctionner au mieux, il fallait, comme pour la gestion d'un Etat, certes déléguer un certain nombre de responsabilités à des spécialistes en la matière, mais aussi et surtout un chef fort et érudit qui puisse tout autant guider qu'intervenir et conseiller en cas de besoin. Ainsi serait-ce ce rôle qu'il tenterait de mener au mieux.

C'est ainsi qu'il avait décidé de multiplier les réunions de travail avec ses Ministres, en spécifiant un des salons du premier étage comme le lieu qu'il accueillerait les dites réunions, dont la première se tiendrait avec son Ministre des Finances, ce Samedi 17, bien qu'il serait suivie d'une autre, plus ambitieuse encore, qui réunirait le PDC -en tant que Garde des Sceaux- ainsi que les deux messieurs chargés de la gestion de l'Intérieur.

Pour l'heure, c'est un cigare au bec qu'il attendait Jean-Baptiste Raquin, Ministre et ami dont il avait soutenu l'intégration à son équipe gouvernementale. Il connaissant ses qualités et avait à dire vrai hâte de tenir cette discussion sur les nécessités de réforme en matière économique, qui promettait d'être d'un assez haut niveau.
 

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J.B.Raquin
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PostPosted: 17/01/2015, 23:47    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Lors de son premier conseil des ministres, le dandy avait observé chacun de ses collègues, persuadé qu'il pouvait d'ores et déjà descellé les individus avec lesquels il pourrait s'entendre, s’accommoder. Celui qu'il avait le plus observé, celui qu'il connait le plus, c'est le président. Talentueux homme politique, c'était indiscutablement un homme d'état autoritaire, polyvalent, ordonné et visionnaire. En ce point, Jean-Baptiste se sentait plus proche de lui que du maréchal qu'il admirait en d'autres mesures, néanmoins. Des réformes économiques sont nécessaires et le jeune ministre tient à en parler au plus vite avec le vicomte afin de déterminer un cap clair et invariable. Vêtu de noir, il se présente ce matin-là dans la salle qu'on lui a indiquée par vélin, pile à l'heure. Il frappe à la porte, recentre son col et attend qu'on l'autorise à entrer. Tout commence! 
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Jean-Baptiste Raquin.

"Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions."

John Fitzgerald Kennedy
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Giovanni
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PostPosted: 19/01/2015, 07:28    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Le Vicomte, confortablement installé dans son fauteuil, plongé dans ses songes, en fut brutalement tiré par quelques coups secs apposé à la porte du salon. Les laquais détournèrent le regard, un signe de la main suffit à leur faire ouvrir les portes afin de laisser entrer son Ministre des finances, à qui il désigna rapidement un siège avant de prier ces messieurs de sortir : le Vicomte avait horreur d'être dérangé lorsqu'il travaillait, des consignes avaient été données en ce sens.

Pour l'heure, c'est une fois son Ministre installé qu'il ouvrit sa boîte de cigare, posée sur la table, non loin du cognac. Il ne perdait hélas pas ses habitudes, celles qu'ils avaient pris, lui et son ami le Maréchal, ces vices de nouveaux riches, d'aristos auxquels ont profité la Restauration. Après tout, pourquoi se priverait-il ? N'avait-il pas durement acquis tout ce qu'il avait aujourd'hui ? N'avait-il pas lutté pour occuper cette place, pour être de tout les gouvernements depuis l'avènement du règne de Louis-Antoine ? C'est force de travail qu'il s'était retrouvé assis, en ce salon, parfois non sans une aide bienveillante, mais sa légitimité semblait durement discutable. On savait pourtant bien qu'un homme politique était toujours contesté, aussi infime soit la minorité que instigue ces contestations. Mais le Vicomte le savait et à dire vrai, peu l'en importait.

Ce qui comptait à ses yeux, s'étaient le futur, plus encore que le présent. Il voyait loin, il avait prévus de grands, de colossaux projets : réformes, réorganisation, réorientation... Tout était à faire ! Mais il avait foi en cette équipe gouvernementale qu'il avait monté avec passion -tant de la sens premier du terme que dans celui qui induit une certaine souffrance- et détermination. Et c'est aujourd'hui avec l'un de ses Ministres, en qui il avait placé sa confiance, qu'il s'apprêtait à débattre.

Il lui servit un verre lui-même -ayant fait disposé les laquais- avant d'ouvrir un dossier et d'entrer, très rapidement, dans le vif du sujet.

Monsieur le Ministre, un plaisir de vous voir, comme toujours. Vous aimez le cognac il me semble ? A défaut, vous avez à disposition des cigares d'excellentes qualités. Bien que nous ne soyons pas là pour quelque divertissement que ce fut, j'ose croire qu'on ne travail jamais aussi bien qu'un cognac à la main et un cigare au bec !

Un petit sourire aux coins des lèvres, le Vicomte, aussi autoritaire qu'il pouvait-être, aimait parfois détendre l'atmosphère, d'autant plus dans des débats privés tels que celui qu'il s'apprêtait à mener. D'autant que Jean-Baptiste n'était pas seulement son Ministres des Finances, c'était aussi un allié politique de longue date et plus encore : un ami. Mais il était néanmoins bien temps de commencer à travailler.

Bien, sur ce je vais vous laisser parler. Je vous écoute mon cher, pouvez-vous m'exposez vos propres projets de réformes, celles pour lesquelles vous ne démordrez pas, auxquelles vous tenez absolument, en somme : justifiez moi le cap que vous souhaitez tenir.
 

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J.B.Raquin
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PostPosted: 21/01/2015, 21:41    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Le jeune ministre des finances fait un pas au sein de la pièce luxueusement décorée, ploie légèrement le buste, s'aventure un peu plus et, enfin, prend place dans le fauteuil désigné par le vicomte. Se contentant de répondre avec des hochements de tête, il orne néanmoins ses lèvres d'un sourire de circonstance, à la fois très amical et très professionnel. Aux remarques humoristiques du président, il esquisse des petits ricanements très laids, ces mêmes-ricanements que les élites aiment faire avec hypocrisie parfois, souvent. Le cigare, le dandy n'apprécie pas trop. Ce goût résolument amer, cette détestable sensation de lécher du papier, cela lui donne envie de vomir. La pipe, à l'inverse, il adore. Après cette phrase très subjective que je laisse à votre réflexion, laissez-moi vous dire qu'il se tient bien droit et que lorsque vient son tour de parler, il superpose sa jambe droite sur la gauche et plonge ses prunelles azurées dans le regard sévère et profond de l'homme qui lui fait face. 

"Monsieur le président, laissez-moi avant tout vous remercier pour la confiance que vous placez en moi, laissez-moi aussi vous remercier pour le cognac. Débute-t-il d'une voix posée avec un petit rire. Je pense orienter la première phase de mon action sur des réformes fiscales importantes, nécessaires, incroyablement nécessaires. La création d'un impôt sur la fortune est sans aucun doute le projet qui me tient le plus à cœur. On ne peut plus expliquer au peuple français qu'il est le seul à financer la couronne, ça ne fonctionne plus. Ce sera indiscutablement un combat difficile, violent, épuisant, mais je crois bel et bien qu'une relance économique passe par des modifications fiscales. En effet, les gains de cet impôt permettront à l'état d'investir, de financer des projets nationaux et de créer de l'emploi, donc de la croissance. Poursuit-il, déterminé. J'ai ensuite deux projets liés qui je le pense renforceront le sentiment de justice fiscale, d'intelligence fiscale. Les mairies qui, chaque jour, créent des bénéfices incommensurables doivent être imposées afin que l'état profite de cette prospérité. Parallèlement, nous donnerions naissance à un "prêt nationale pour les communes". Celui-ci aurait pour mission de conférer aux mairies des prêts exceptionnels pour le financement de projets exceptionnels. Avec ces deux projets, l'état pourra contrôler le bénéfice des mairies et ces dernières pourront l'utiliser pleinement. Enchaîne-t-il lentement, s'attardant sur chaque détail. J'ai par ailleurs pensé aux réformes dont vous m'avez fait part lors de notre conseil des ministres. En ce qui concerne la BDF, je considère que ce n'est pas une priorité. Pourquoi? Parce que peu de français l'utilisent et que cela n'a rien d'handicapant. Toutefois, élever le taux d'intérêts sera une de mes premières actions afin de rendre ces placements attractifs. Je déposerai par la suite un projet de loi qui mentionnerait le droit total du gouvernement à utiliser les fonds bancaires à condition qu'ils soient remboursés dans un délai de trois mois. Maintenant, en ce qui concerne la nationalisation des terres de la vieille noblesse, j'y suis clairement favorable cependant j'aimerais avoir votre avis sur la chose suivante. Peut-être pourrions-nous faire des appels d'offre pour ces terres afin d'attirer les investisseurs privés? Questionne-t-il avec curiosité." 

Il prend une gorgée, renforce sa risette, reste concentré. 

"Pour faire tout cela, il va nous falloir un parlement stable, monsieur le président. J'ai suggéré au ministre de l'intérieur de proposer un projet de loi qui permettrait à l'une des deux chambres de se passer de l'autre sous ordonnance royale, qu'en dites-vous? S'enquit-il plus curieusement encore." 

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Jean-Baptiste Raquin.

"Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions."

John Fitzgerald Kennedy
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Giovanni
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PostPosted: 01/02/2015, 13:20    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Le Vicomte écoute. D'abord livide, puis dubitatif, il en vient à sourire, appréciant le discours pour le moins calculé de son Ministre des Finances. Voici la raison pour laquelle il avait toujours apprécié discuter avec cet homme, celui en qui il avait très vite placé de grands espoirs, en qui il avait vu l'un des futurs maître du Royaume. Cet homme savait pertinemment ce qu'était la politique : un jeu d'apparence. Il était brillant, mais aussi malin, ce qui faisait qu'il avait débuté par ce qui sans doute serait le plus dur à passer auprès du Vicomte et conclut par une idée qui, elle, correspondait à ce qui était son propre projet. Rares étaient ceux qui savaient prendre assez de recul pour peser ses gestes et ses mots, suffisamment pour obtenir l'effet escompté quand, à l'origine, rien ne laissait présager ne serait-ce que l'ombre d'une obtention. La politique, sans doute le plus bel art que l'Homme a inventé pour son bon plaisir.

Tirant sur son cigare, dont l'odeur ne lui déplaisait pas la moins du monde, il prit le temps de la réflexion, car s'il vit dans les propos de son Ministre des Finances des idées intéressantes, il y décela également une idée à laquelle il était hostile, bien qu'elle fût assez bien argumenté. Dilemme, dilemme... Il était néanmoins temps de prendre position.

Concernant l'impôt sur la mairie, j'y suis pleinement favorable, car tout cet argent dans les caisses de nos communes pourrait-être utilisé à bien meilleur escient ! Prévoyez une réforme sur ce point, de même que pour les prêts à nos mairies, qui devront bien-sûr être encadrés, faire l'objet d'une demande au Ministre des Finances, d'une maquette de projet...

Concernant la BDF, si élever le taux d'intérêt s'avère pour le moins nécessaire, il m'apparaît assez important de la faire renaître. Pourquoi ? Parce que le système de crédit passerait par elle. Je m'explique... Il s'agirait pour nous d'imposer des taxes (ig) à l'achat de tout lieu -atelier, restaurant...- (RP), il s'agirait d'une taxe foncière qui irait au delà de ce qui existe actuellement. Cette taxe, serait d'un montant proportionnel à l'achat. Elle n'existerait que pour les commerces ou les entreprises, pas pour les résidences privées -hormis pour la noblesse, cas particulier que j'aborderai en aval-. En somme, le cadastre, pour chaque titre de propriété confié, se devra de transmettre au trésor une copie. Bien-sûr, toute propriété (sujet RP) acquise sans passer par le cadastre sera saisissable et l'incriminé sera passible de pénalités fiscales, mais reprenons. Tout ceci représente des sommes assez importantes, qui ne pourront être honorés par tous. Aussi, j'en viens au crédit... Pour encourager la bourgeoisie à investir (donc à ouvrir des sujets), nous lancerions un crédit professionnel, qui permettrait d'acheter la propriété (de payer les taxes ig). Ce crédit, à faible taux d'intérêt, permettrait à ceux qui n'ont pas forcement les capitaux nécessaires, d'investir malgré l'instauration de cette taxe et quand au trésor, le profit serait double : il empochera à la fois le montant de la taxe et le taux d'intérêt du prêt, certes faible mais qui permettrait de renouveler les capitaux nécessaires au prêt. Vous saisissez ? En somme, cela permettrait de revaloriser les cadastres, de faire renaître la Banque de France et d'encourager les particuliers à investir dans l'achat d'entreprises, ce qui bien-sûr va créer de la croissance (du RP). En contre-partie, l'augmentation du taux d'intérêt en banque devrait inviter nos exploitants et manufacturiers à produire d'avantage, ce afin d'épargner et de voir leur fortune croître.

Il prit enfin le temps de respirer, en ingurgitant une gorgée de cognac. Ce système, il l'avait pensé et repensé. Mais il permettrait tout autant d'éviter la prolifération de fraudeurs, qui investissent dans des projets colossaux avec des capitaux pour le moins douteux mais il encouragera également la bourgeoisie naissante à investir ! Oui, il pensait que ce système permettrait de relancer l'économie du Royaume, mieux encore : il en était persuadé.

Mais vint le temps d'aborder un sujet plus "épineux".

Quant à la noblesse... Je suis plus perplexe. La nationalisation des terres permettrait à Sa Majesté d'accorder ou non des terres à ses vassaux mais il obligerait également l'aristocratie à investir, à emprunter si besoin est pour acheter des terres. Nous pourrions imaginer :

Pour une baronnie, 1000 francs
Pour un vicomté, 1500 francs
Pour un comté, 2000 francs
Pour un marquisat, 2500 francs
Pour un duché, 3000 francs.

Ou éventuellement ne pas hiérarchiser en fonction des titres mais des fiefs, ce qui serait le travail du Commissaire à la Commission du Sceau, bien que cela apparaisse comme étant plus compliqué. Aussi, cela représenterait une fois encore des dépenses... Pensez-vous qu'en plus de cela, si nous imposons à la haute-bourgeoise et à l'aristocratie des impôts supplémentaires, cela les encouragerait à investir dans l'immobilier ou dans les entreprises ? J'en doute... Quant aux appels d'offre, je n'y tiens pas car ces terres doivent rester un privilège réserver à l'aristocratie, qui je pense a perdu bien assez de droits avec la chute de l'Ancien Régime et qui mérite donc un tant soi peu de privilèges.
  

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J.B.Raquin
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PostPosted: 03/02/2015, 21:34    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Comme toujours en compagnie de ce très cher Vicomte, les débats étaient d'une qualité remarquable, particulièrement précis et instructifs. Le jeune ministre, toujours bien droit dans son fauteuil, écoute son supérieur avec un sérieux scolaire en l'analysant de son regard perçant. Parfois, il hoche légèrement, signifiant ainsi son accord. Parfois, il fronce les sourcils, laissant sa perplexité se manifester librement. 


"Avant tout, monsieur le président, je souhaite vous informer que je peux d'ores et déjà vous présenter deux projets concernant l'imposition municipale et les prêts municipaux. Ces derniers sont encore à détailler mais je les présenterai, très vite, à la nouvelle chambre. J'irai les défendre avec force, au nom de la justice fiscale et de la grandeur de l'état. Affirme-t-il, un poil solennel."


Sur son calepin recouvert d'un luxueux cuir noir, il griffonne quelques notes afin de se remémorer les tâches qui lui restaient à achever.


"Votre projet pour notre établissement bancaire est colossal mais je dois admettre que vous êtes parvenu à me convaincre de son utilité. Dès lors qu'un gouverneur aura été nommé et que l'ensemble des autres chantiers aura été achevé, je m'y attellerai avec énergie et volonté, je peux vous l'assurer, monsieur le Vicomte. Poursuit-il avec une motivation soudaine."


Un silence s'installe alors durant quelques secondes. Le dandy réfléchit silencieusement puis reprend, déterminé.


"Je pense personnellement qu'il est grand temps que la noblesse française se renouvelle. Je m'explique, si nous permettons au secteur privé de formuler des offres à Sa Majesté, nous attirerons une nouvelle élite. Rien n'empêche, par ailleurs, à la noblesse actuelle de formuler des offres. Au final, ce sera au monarque de prendre la décision,  de faire le choix ultime, s'il considère qu'un riche chef d'une manufacture nationale peut prétendre à un titre, ce n'est pas à nous de formuler une quelconque contestation. Les montants que vous avancez sont à mon avis trop faibles, nous devons conférer à ces fiefs une réelle valeur, la même valeur que durant les grandes années de la monarchie."


Delavega est indiscutablement un monarchiste, un vrai, un ultraroyaliste, presque. A l'inverse, le blondinet représente la branche plus centriste, plus modérée du monarchisme et cette faible opposition est clairement visible à cet instant. 


"J'aimerais enfin aborder le thème si crucial de l'impôt sur la fortune. Je pense qu'actuellement la faiblesse fiscale permet aux plus riches de ne pas investir. Si nous décidions de les imposer, nous les pousserions à investir dans les entreprises puisque cela les conduirait à recevoir des rendements et donc à s'enrichir. C'est assez complexe, je le reconnais, me suivez-vous donc? S'enquit-il d'un ton inquiet."
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Jean-Baptiste Raquin.

"Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions."

John Fitzgerald Kennedy
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Giovanni
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PostPosted: 03/02/2015, 22:20    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Le Vicomte, sur la fin de son cigare, écoute, non sans un léger sourire aux lèvres, qu'il laisse apparaître de temps à autre, ne pouvant contenir ce moment d'égarement, cette rupture vis-à-vis de la transparence exigée de tout homme politique. Néanmoins, les deux hommes n'étaient pas dans une représentation officielle mais bien dans un débat privé -d'un niveau pour le moins appréciable-. Il n'empêchait que ce débat était pleinement inscrit dans un jeu, un jeu des mots, un jeu des nuances, un jeu de la politique. Tout était dans le ton de la phrase, dans la façon d'opposer un contre-argument capable de renverser la balance, de séduire suffisamment l'autre pour le faire pencher de son côté. Car si le Vicomte avait l'indéniable avantage de pouvoir imposé son dernier mot, il s'était résolu à ne pas le faire, du moins pas avec JB, qui lui proposait une discussion d'un niveau bien trop élevé pour que celui-ci prenne fin sur de vagues querelles de vanité.

Tantôt satisfait, tantôt perplexe, il ne prenait pas de note. A dire vrai, il en prenait très rarement, considérant que le meilleur travail pour l'esprit était encore de retenir sans y être aidé. Sans doute était-ce la même chose avec la noblesse, car l'argument opposé par son Ministre était pour le moins intéressant : de la même façon qu'un esprit qui, trop aidé, ne parviendra plus à réfléchir de lui même un noble, trop épargné fiscalement, en vient à garder ses capitaux dont il dispose en quantité suffisante pour lui-même, ce parce qu'on ne l'y insiste pas. Cela se tenait, c'était une réflexion pertinente à laquelle le Vicomte décida de céder : n'était-ce pas de bonne guerre quand son propre projet, si élaboré, qui lui tenait tant à coeur, a été approuvé par son Ministre ?

Certes, cela se tient... En imposant nos aristocrates qui disposent de capitaux colossaux dont-ils ne se servent pas pour investir, nous diminuerions dans un premier temps ces capitaux. Face à cette diminution, les aristocrates se verraient contraint de réagir pour maintenir le train de vie auquel ils ont été habitués, ce en investissant afin d'augmenter leur profit pour ainsi faire revenir leur propre situation fiscale à la normale... C'est intéressant.

Dit-il, introduisant une dernière gorgée de cognac dans son gosier, avant de reprendre.

Le risque serait bien-sûr que nos aristocrates, comme j'ai pu le faire, investissent dans des affaires étrangères, notamment en Amérique du Nord ou en Afrique. Néanmoins, ce qui me séduit dans votre argument, c'est que de tels investissements, qui assurent en général des intérêts colossaux, nécessitent d'importants capitaux. Ainsi les grosses fortunes n'auront-elles d'autres choix que de se rabattre sur des affaires moins importantes -en France- ou de contracter un crédit professionnel tel que je l'ai imaginé, crédit qu'il serait intéressant d'ouvrir aux investissements étrangers, pour la simple raison que cela vient boucler la boucle ! Deux perspectives s'offrent aux grosses fortunes imposables : investir dans des affaires importantes à l'étranger -donc emprunter en France- ou investir dans de moindres affaires sur notre sol. Oui... C'est une idée qui me plait, mettons en place cet impôt... Mais veillez à en travailler la forme : ne visez pas les aristocrates ou la noblesse, parlez de grosse fortune... Nuancez les termes, préservez les images enfin... Vous saurez parfaitement le faire, je pense.

Petit sourire, à nouveau, ce avant d'évoquer un dossier plus épineux, sur lequel il était perplexe. Il prit ainsi un petit temps de réflexion, bien nécessaire avant d'apporter une réponse à celui qu'il savait le pure produit du "monarchiste du centre", dans son aile la plus centriste. Certes, cet élément était à prendre en compte, mais devait-il l'être au détriment des intérêts des volontés Royales ?

Quant aux terres... Vous connaissez mes positions mon cher... Je ne suis pas un ultraroyaliste, je ne suis pas non plus tout à fait un progressiste. Toujours est-il que je me base également sur les volontés de Sa Majesté. Je sais, pour l'avoir accueilli à son arrivée à l'Hôtel de Tonnerre et pour m'être entretenu de nombreuses fois avec lui, que de tels projets ne sauraient le satisfaire. Or, nous servons notre Royaume mais aussi notre Roi. On voit d'ailleurs bien, dans l'établissement des nouvelles lettres patentes, rien que dans le choix des termes, la volonté de Sa Majesté de consolider la place de ses nobles en tant que vassaux qui, dès lors, doivent se voir garantir la protection de leurs intérêts.

En sachant cela, en n'oubliant pas que ce sont eux qui paieront majoritairement l'impôt sur la fortune, allons-nous en sus leur imposer la privation de terres qui sont historiquement les leurs ? La nationalisation de ces terres est déjà une grande avancée... Mais voyons les choses autrement, ce afin que cela passe mieux tant auprès de l'aristocratie que de Sa Majesté. Considérons que les terres non-occupées par l'actuelle noblesse sont à présent propriétés royales. En tant que telles, elles sont, par définition, à la disposition du souverain. Aussi, pourquoi ne pas engager une réforme qui lui laisserait le choix ? Permettre à Sa Majesté de faire don de terres à l'un de ses nobles, de lui imposer l'achat des dites terres ou encore, en cas de nécessité, d'ouvrir à la vente certaines de ces propriétés afin de renflouer les textes du trésor. Cela serait encore un jeu de langage, mais engager une réforme qui stipulerait "les terres nationalisées par la présente réforme sont à présent propriété royale. Dès lors, il est possible au Royal Souverain d'en faire usage comme bon lui semblera". Cette simple phrase donnera à Sa Majesté l'illusion -pas si fictive- d'un regain de pouvoir tandis qu'elle permettra au Gouvernement, en cas de nécessité, de conseiller Sa Majesté quant à l'usage de ces terres, en temps voulu et par petite dose, ce tout en préservant ce qui reste l'apanage de la noblesse. Qu'en dites-vous ?   

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J.B.Raquin
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PostPosted: 06/02/2015, 22:53    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

La politique et plus particulièrement le débat parlementaire sont des jeux basés sur la finesse, il s'agit en réalité de faire le bon choix au bon moment, tout simplement. Ne croyez pas qu'il s'agisse-là d'une tâche aisée, toutefois. Choisir entre "minable" et "décevant" ou entre "fabuleux" et "excellent" est tout un art, un art que seules de rares personnes parviennent à manipuler correctement. Ne croyez pas non plus que les plus titrés ou que les plus riches sont ceux qui possèdent le plus de talent, non, absolument pas. En politique, chaque signe, chaque acte, chaque mot, chaque respiration sont calculés, mesurés, observés, planifiés. Oui, c'est une discipline difficile, la plus difficile de toutes à laquelle vous donnez votre vie, comme on donne un morceau de viande à des fauves affamés. Tout cela, le jeune ministre le sait bien, malheureusement ou heureusement, je ne sais pas. Pour l'instant, il se tient bien droit et écoute les remarques intéressantes de son président avant de répliquer doucement. 

 
"Nous ferons donc ainsi, monsieur le Vicomte. Je vous écrirai régulièrement afin de vous conter les avancées de nos travaux avec le plus de précisions possibles. Souhaitiez-vous m'entretenir d'un autre thème, monsieur le président?" 

 
Le blondinet pare alors ses lèvres d'un sourire, à présent, il ne lui restait plus qu'à travailler. Rigoureusement, si possible. 

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Jean-Baptiste Raquin.

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Giovanni
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PostPosted: 07/02/2015, 16:31    Post subject: [RP] RDT I - Des réformes économiques Reply with quote

Ainsi étaient-ils parvenus à obtenir un terrain d'entente. Tel était le véritable échange, la véritable politique, le véritable jeu d'échec qu'il s'était toujours imaginé et qu'il pouvait à présent mener sans contrainte. Cet échiquier réservé à l'élite de la classe politiques, aux plus hauts placés. Car, à dire vrai, la place du pion n'est jamais la bonne, car l'on y rencontre que bassesses et ennui. Mieux valait siéger auprès de Sa Majesté : qu'on fusse fou, tour ou cavalier, ce haut de l'échelle politique restait le seul endroit où l'on pouvait aspirer, de temps à autre, à une partie de qualité. Car, à dire vrai, dans ce haut de l'échiquier, il y avait certes des ennemis politiques, mais on conservait toujours un certain respect qui rendait l'échange possible, tel ce qu'il a pu connaître avec Feu Desmoulins. Telle était la politique, un art bien complexe dont le véritable intérêt n'était révélé qu'après une certaine ascension réservée aux plus malins, aux plus habiles, aux plus fourbes parfois mais surtout aux plus pugnaces.

C'est dès lors avec satisfaction que le Vicomte put se lever. Les laquais se tenaient prêts à débarrasser les consommations de ces messieurs tandis que les huissiers s'apprêtaient à ouvrir les différentes portes sitôt qu'elles seraient atteintes par le Président du Conseil et le Ministre des Finances. L'échange était achevé mais tout ne faisait que commencer. Dans ce premier mois où il occupait la présidence du Conseil, de nombreux projets avaient d'ores et déjà été lancés. Mais le lancement n'était qu'une phase de travail préliminaire à ce qui serait -du moins l'espérait-il- la grande œuvre du Gouvernement Delavega.

Inclinant la tête, il s'apprêtait ainsi à congédier son Ministre.

Non, nous en avons fini Monsieur le Ministre. Soyez remercié de vous être déplacé ainsi que pour cet échange pour le moins appréciable. Inutile de vous préciser que ces différentes réformes sont très attendus et que j'ai grande hâte de pouvoir en faire lectures.

Après un dernier salut qu'il ne manqua pas d'accompagner d'un sourire sincère, le Vicomte prit ainsi la direction de son bureau, dont la porte lui fut promptement ouverte avant d'être tout aussi rapidement close. Le Ministre emprunterait une autre porte, celle qui menait à l'extérieur de ce salon que le Vicomte ne manquerait pas d'occuper de nombreuses fois encore, accompagné des membres de son Gouvernement.  

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