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[RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien
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Post new topic   Reply to topic     Forum Officiel du jeu Monarchies Forum Index -> + Département de la Seine + -> Ville de Paris -> Les Quais Parisiens/ Les bas fonds.
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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 31/07/2015, 00:34    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

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Le passé des murs d'une première affaire...


Lieu où le Divin Marquis cherche des prostitués dans les nombreuses maisons de débauche de la capitale ou que lui envoie de Bruxelles Dédé la Sardine ne suffisent plus à l'apaiser. Ni même toutes ces actrices vénales qui se donnent aux grands seigneurs contre de l'argent. Cela fait trop d'années qu'il en use et en abuse. Il a de plus en plus de mal à trouver des volontaires pour ses délires sadiques et pervers.

Lieu de son premier scandale,Le 3 avril 1768, le Marquis repère une mendiante place des Victoires. Le prédateur sexuel a revêtu une redingote grise, porte un couteau de chasse à la ceinture, tient une canne à la main et protège ses douces mimines dans “un délicieux manchon blanc” en lynx. Il guette sa proie, adossée aux grilles entourant la statue équestre de Louis XIV située au centre de la place. Soudain, la voilà, elle sort de la messe aux Petits-Pères pour rejoindre sa place habituelle, où elle demande l'aumône aux passants. Elle s'appelle Rose Keller, avoue 36 ans et est originaire de Strasbourg. Veuve d'un pâtissier, elle a été congédiée de son atelier de filage un mois plus tôt. Du coup, comme des milliers de femmes abandonnées, elle n'a pas d'autres choix que la mendicité ou le tapin. Pour l'instant, elle se borne encore à faire la manche.

Le beau Marquis s'approche d'elle, engage la conversation avec difficulté, car elle possède un accent alsacien à couper au couteau. Est-ce l'origine d'une mésentente entre eux ? Sade comprend (ou fait semblant de comprendre) qu'elle se prostitue de temps à autre, tandis que Rose pense qu'il lui offre un emploi de gouvernante dans sa maison.

En fait de maison, c'est une maison de compagnes. À l'Aumônerie, louée 800 livres par an, le jeune débauché a l'habitude de faire venir du faubourg Saint-Antoine des prostituées à l'occasion de petites sauteries très spéciales. Il s'amuse à les fouetter contre le gîte, le couvert et un salaire d'environ un louis. Ne sachant apparemment rien de tout cela, Rose monte sans méfiance dans le fiacre qu'il est allé chercher et dont il ferme les rideaux pour qu'elle ne voie pas où il la conduit.

Sade fait arrêter le cocher quelques centaines de mètres avant le terme de la course, probablement pour qu'il n'identifie pas la demeure, achevant le chemin à pied. Il demande à Rose d'attendre devant le portail vert tandis qu'il fait le tour de la propriété pour y pénétrer par une porte latérale. Pourquoi ne pas sonner ? On n'en sait rien. Une fois à l'intérieur, tous deux traversent le jardin, croisant des prostituées que le Marquis avait fait chercher le matin même par son cocher. Il fait visiter la maison à Rose, l'entraîne dans la cuisine, l'office, le salon. Puis il la fait monter à l'étage pour lui montrer la chambre attribuée à la gouvernante et lui demande de l'y attendre. Elle entend le verrou se refermer, mais n'y attache pas d'importance. Le Marquis rejoint les prostituées au rez-de-chaussée avec lesquelles il commence à s'échauffer les sens.


Il serait revenu la chercher revêtu d'un accoutrement bizarre constitué d'un habit de boucher et d'un linge blanc noué autour de la tête. Il s'adresse à elle d'une voix cassante pour lui demander de se dévêtir. Affolée, incapable d'apprécier le piment de la situation, elle refuse net. Sade brandit alors son épée, menace de l'embrocher et de l'enterrer dans le jardin si elle ne s'exécute pas. Comment résister à une telle “déclaration d'amour” ? Elle ôte ses habits, mais tente de conserver sur elle sa chemise. Cette résistance excite le Marquis. D'un geste, il arrache le dernier vêtement de sa victime avant de la pousser, nue, dans la pièce voisine occupée par un grand lit recouvert d'un tissu rouge et blanc. Rose se révolte, elle voudrait résister, mais ne le peut.


Que s'est-il alors exactement passé ? Lors du procès, il dira s'être borné à la flageller avec un fouet à noeuds dans une atmosphère théâtrale. Elle, au contraire, prétend avoir subi bien pire. Elle parle de blessures avec un canif, de cire brûlante utilisée comme un onguent, de coups de bâton. Ayant épuisé ses pulsions sadiques, Sade propose à sa victime de se confesser à lui. N'est-ce pas une charmante attention ? Rose, ne le comprenant pas, préfère refuser. Le Marquis n'insiste pas et sort de la chambre pour retrouver les prostituées à l'étage inférieur, bien plus coopératives.


Selon les dires de Rose,durant l'absence de son bourreau, Rose parvient à se débarrasser de ses liens, empoigne le dessus-de-lit rouge pour s'en couvrir, puis ouvre la fenêtre et descend jusqu'au sol en s'aidant de la treille. Elle parvient à s'échapper de la propriété sans se faire remarquer, dévale la route, arrive à une fontaine, où elle rencontre une femme à qui elle demande de l'aide. N'arrivant pas à se faire comprendre à cause de son accent, elle dévoile ses blessures. Sur ce, le valet de Sade surgit, il offre à la fugitive une bourse pour qu'elle revienne, mais celle-ci refuse absolument. Pas question de revenir partager les jeux du Marquis.


Rose est examinée par le médecin,dans le rapport qu'il adressera ultérieurement au tribunal jugeant Sade, il note des contusions conformes à celles que pourrait faire un fouet orné de noeuds, mais aucune coupure par un canif, aucune grosse contusion occasionnée par un bâton et encore moins de brûlure de cire, comme Rose le prétendra. La réalité est bien “moins belle et excitante” que tout ce qu'on pourrait écrire par la suite.

Après sept mois d'emprisonnement, le Marquis retrouvera la liberté avec l'obligation de se retirer dans ses terres,bras de fer avec le parlement et le clan Sadien,le roi signe une lettre d'abolition annulant d'avance la condamnation de Sade à l'emprisonnement “pour le restant de ses jours”.Rose Keller se consolera de son aventure avec 2 400 livres et quelques contusions vite disparues.

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César
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PostPosted: 02/08/2015, 22:05    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

"César" surnom qu'on me donne "l'Empereur ou le Roi de l'opium" et l'arnaque en tout genres comme vous voulez..tant que s'est pour vous servir et me faire un max d'oseille mais les temps sont dur en ce moment,les affaires sont au ralentie depuis qu'on nous squattent nos ruelles avec l'armée et la police alors fait ce qu'on peut.

La vie était bien plus belle du temps de mon père quand il s'occupait du trafic de la prostitution au près de l'Aumônerie même si je n'étais qu'un petit minot pour m'en souvenir encore.A la mort de mon père,j'ai repris les affaires du coin avec ma bande pour avoir rajouter l'opium au menu et quand tu passes dans nos ruelles et qu'on n'a pas l'habitude de te voir,on t'interceptent.

Et justement,cela fait deux fois que je vois le même fiacre passait de devant moi avec un blason avec ses aigles qui me dit quelque chose mais cela semble lointain comme souvenir .Quand les nobles traînent dans les bas fonds,c'est en général pour faire des affaires...alors avant qu'il arrive au loin,il siffle un bon coup pour faire ramener des complices,la ruelle est étroite et la nuit tombe doucement pour faire arrêter le fiacre.L'action se passe vite,les chevaux hennissent et on les entend frapper du pieds pour que j'ouvre la portière pour que deux pistolets d'arçon sont collés sur chacune de mes tempes pour qu'on me prend violemment par le bras pour être plaquer sur le dos,on pense que de nos jours les nobles sont moins coincés qu'auparavant et qu'on aurait dût frapper avant d'ouvrir la porte,ses yeux divaguent d'un coté pour voir deux hommes et de l'autre ...on se rencontre que c'est...une femme?
Ce jolie minois..ce coté charmante..même si l'a..on l'apprécie pas vraiment à ce moment...on la fixe et on repense au blason...mais bien sûr!Elle ressemble étrangement à ce Marquis qui l'avait sauvé des roues de ce fiacre...

Sade!?Vraiment charmant!ce petit comité d'accueil...Il relève la tête et fait signe de ses yeux à ses hommes de ne pas intervenir les voyant car la portière était restée ouverte..



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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 05/08/2015, 02:08    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Elle savait bien qu'elle allait pêcher un gros poisson en tournoyant son fiacre comme appât et elle devait l'accueillir comme il se doit avec le pistolet d'Arçon de papa et oui!la cavalerie..,faut pas croire la Sade n'est pas froide ou insensible,elle est même sentimentale pour avoir garder ce souvenir qui lui sert très bien.

On le braque pour qu'il se retrouve à terre afin de pointer son arme sur lui.C'est pas le genre de gaillard qui n' a rien dans ses poches et puis..elle aime voir les hommes qui s'étonnent de voir une femme avec un engin..

Alors!Mon brave..On oubli de taper aux portes avant de rentrer.On va devoir t'apprendre la politesse.Voyant qu'il l'appelle par son nom et qu'il fait reculer ses hommes,elle baisse un peu la garde pour le faire remonter avec un de ses hommes.
Il était sûrement du quartier de l'aumônerie pour avoir reconnu le blason familial.On referme la porte,vite fait pour avertir le cocher de reprendre la route.

Vous savez mon nom..je ne sais point le vôtre..vous connaissiez le Marquis..Elle le regarde.

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César
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PostPosted: 05/08/2015, 16:21    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Il se demande ce qu'elle lui veut pour l'avoir embarqué...avec les Sade..On peut s'attendre qu'a du farfelue..avec les nobles..c'est toujours pareil,ils ont toujours besoin de nous.Puis,de faire des affaires avec la petite..c'est même plutôt agréable.même qu'elle me paraît super douée..

Oui,ma petite dame..c'est pas la première chose qu'on nous apprend en premier dans les bas fonds.Il sourit pour détendre l'atmosphère.

Sa vrai identité?il ne l'a dit presque à personne et cela ne changera pas...

César..je suis bien connu du quartier de l'aumônerie et ton Marquis,aussi.

Il était sans doute le meilleur client de mon père et puis..

Il m'a même sauvé la vie lorsque j'étais un jeune minot en me rattrapant des roues d'un fiacre..Elle lui ressemble tellement,il ne peut pas oublier le visage de son sauveur même si il y a très longtemps.

C'était votre père...C'est pas tout ça..mais il aimerait savoir les vrais raisons de cette ballade.

Dites moi...c'est pas pour faire visiter le quartier que vous m'avez embarqué..
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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 11/08/2015, 23:02    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

C'était donc bien vrai,cette histoire d'enfant sur les roues d'un fiacre,on ne dit jamais assez les actions héroïque du Marquis..tant de prison pour quelques écrits censurés,même en prison..il écrivait encore et encore en tout petit pour en écrire davantage..franchement..elle est où passée la liberté d'expression.


Hé ho!Je ne suis pas votre petite dame..Elle va devoir s'habituer à ce langage si elle crèche dans le quartier.

Mon Marquis...non c'est mon oncle..enfin..mon père est aussi..enfin bref.Oh là là..il fallait mieux s'arrêter là sinon l'arbre généalogique allait encore y passer.Ils sont fiers ses Sade!Elle fait signe au cocher de s'arrêter.

Vous connaissez sans doute la demeure de mon oncle..il me la faut.Je recherche aussi un homme qui m'a déshonoré en plein marché qui était d'ailleurs qu'une excuse pour savoir où je demeure...je ne sais ce que veux cet homme et pour qui? il travaille...il n'est pas un simple voleur de bourse...il traîne sans doute dans les bas fonds sans doute même solitaire,je vous en ferais une description plus tard ainsi que nos futurs arrangements...Elle l'ouvre la porte du fiacre.


Vous êtes libre Monsieur César.Je reprendrais contact avec vous,bientôt.Elle le laisse sortir sans mot,elle sait bien qu'il va accepté sa proposition pour reprendre le chemin du retour.

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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 14/08/2015, 01:14    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Elle avait revue César plusieurs semaines après pour qui lui avait remis les clefs de la demeure du Divin afin pour lui expliquer ce qu'elle attendait de lui pour ainsi le laisser à ses occupations..Il lui avait expliqué que la demeure n'avait jamais été habitée et que tout avait resté intact comme son oncle l'avait laissé.Jamais elle n'avait été volée et toujours respectée.Sentimentalement de l'adoration de son diable,elle la laissera comme cela,comme si elle y vivait à sa place dans son intimité devenant quasi fétichiste.Elle la fera revivre de ses écrits pour en relire à voix haute de temps en temps quand elle se sentira morose.Son épée est encore là sur le bureau pour qu'elle prend une lettre qui s'adresse à sa femme où il lui confesse..Elle s'installe sur un fauteuil en velours.Cette lettre est intitulée..Ma grande lettre


20 février 1781

MA GRANDE LETTRE.

Je ne suis coupable que de simple et pur libertinage, et tel qu'il se pratique par tous les hommes, plus ou moins en raison de leur plus ou moins de tempérament ou de penchant à cela qu'ils peuvent avoir reçu de la nature. Chacun a ses défauts ; ne comparons rien : mes bourreaux ne gagneraient peut-être pas au parallèle.

Oui, je suis libertin, je l'avoue ; j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier, et puisqu'on me force à placer mon apologie à côté de ma justification, je dirai donc qu'il serait peut-être possible que ceux qui me condamnent aussi injustement que je le suis ne fussent pas à même de contrebalancer leurs infamies par des bonnes actions aussi avérées que celles que je peux opposer à mes erreurs. Je suis un libertin, mais trois familles domiciliées dans votre quartier ont vécu cinq ans de mes aumônes, et je les ai sauvées des derniers excès de l'indigence. Je suis un libertin, mais j'ai sauvé un déserteur de la mort, abandonné par tout son régiment et par son colonel. Je suis un libertin, mais aux yeux de toute votre famille, j'ai, au péril de ma vie, sauvé un enfant qui allait être écrasé sous les roues d'un fiacre emportée par des chevaux, et cela en m'y précipitant moi-même. Je suis un libertin, mais je n'ai jamais compromis la santé de ma femme. Je n'ai point eu toutes les autres branches du libertinage souvent si fatales à la fortune des enfants : les ai-je ruinés par le jeu ou par d'autres dépenses qui aient pu les priver ou même entamer un jour leur héritage ? ai-je mal géré mes biens, tant qu'ils ont été à ma disposition ? ai-je, en un mot, annoncé dans ma jeunesse un cœur capable des noirceurs dont on le suppose aujourd'hui ? n'ai-je pas toujours aimé tout ce que je devais aimer et tout ce qui devait m'être cher ? n'ai-je pas aimé mon père ? (hélas, je le pleure encore tous les jours), me suis-je mal conduit avec ma mère ? et n'est-ce pas lorsque je venais recueillir ses derniers soupirs et lui donner la dernière marque de mon attachement, que la vôtre m'a fait traîner dans cette horrible prison où elle me laisse languir depuis quatre ans ? En un mot, qu'on m'examine depuis ma plus tendre enfance. Vous avez près de vous deux personnes qui l'ont suivie, Amblet et Mme de Saint-Germain. Que passant de là à ma jeunesse, qui peut avoir été observée par le marquis de Poyanne sous les yeux de qui je l'ai passée, on aille jusqu'à l'âge où je me suis marié, et qu'on voie, qu'on consulte, qu'on s'informe si j'ai jamais donné des preuves de la férocité qu'on me suppose et si quelques mauvaises actions ont servi d'annonces aux crimes que l'on me prête : cela doit être ; vous le savez, le crime a ses degrés. Comment donc supposer que, d'une enfance et d'une jeunesse aussi innocentes, je suis tout d'un coup parvenu au dernier comble de l'horreur réfléchie ? Non, vous ne le croyez pas. Et vous qui me tyrannisez si cruellement aujourd'hui, vous ne le croyez pas non plus : votre vengeance a séduit votre esprit, vous vous y êtes livrée aveuglément, mais votre cœur connaît le mien, il le juge mieux, et il sait bien qu'il est innocent. J'aurai le charme de vous en voir convenir un jour, mais l'aveu ne rachètera pas mes tourments, et je n'en aurai pas moins souffert… En un mot, je veux être lavé, et je le serai, à quelque époque qu'on me fasse sortir d'ici. Si je suis un meurtrier, j'y aurai trop peu été, et si je ne le suis pas, j'aurai été beaucoup trop puni et je serai en droit de demander raison.

Voilà une bien longue lettre, n'est-ce pas ? Mais je me la devais, et je me l'étais promise à la révolution de mes quatre ans de souffrance. Ils sont expirés. La voilà ; elle est écrite comme à l'article de la mort, afin que si elle me surprend sans que j'ai la consolation de vous serrer encore une fois dans mes bras, je puisse, en expirant, vous renvoyer aux sentiments exprimés dans cette lettre, comme aux derniers que vous adressera un cœur jaloux d'emporter au moins votre estime au tombeau. Vous pardonnerez son désordre ; elle n'est ni recherchée ni spirituelle : vous n'y devez voir que la nature et la vérité. J'efface quelques noms placés au commencement, pour qu'elle vous passe, et je supplie instamment qu'elle vous soit remise. Je ne vous demande pas de m'y répondre en détail, mais de me dire seulement que vous avez reçu ma grande lettre : c'est comme cela que je la nommerai ; oui, c'est comme cela que je la nommerai. Et quand je vous renverrai aux sentiments qu'elle contient, alors vous la relirez… M'entends-tu, ma chère amie ? Tu la reliras et tu verras que celui qui t'aimera jusqu'au cercueil a voulu la signer de son sang.

DE SADE.


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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 17/11/2015, 19:37    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

L'aumônerie est le sanctuaire du Sade où Gabrielle se ressource d'un lien familiale.D'un homme qu'elle n'a certes pas connue mais en lisant ses lettres en touchant les mots de ses émeraudes,elle arrive cependant à le définir et trouve un tout autre homme d'un père de famille que l'on a l'habitude de scandaliser de ses lectures à la plume légère.


J’espère, madame, que vous aurez rendu à vos parents les résultats de notre dernière conversation, relativement à l’emploi ridicule que l’on destine à votre fils. Je vous prie de lui remettre cette lettre, afin qu’il y voie mes intentions, et vous me répondrez de sa désobéissance. Je prie très instamment votre mère de ne point se mêler de mes enfants. Je n’ai nullement besoin ni de ses petites tournures, ni du grand crédit de son cadet de Normandie, pour placer mon fils au service. Je n’ai besoin que de ma liberté. Que je sois maître de mes actions aujourd’hui, et demain votre fils sera placé comme il doit l’être et comme il convient qu’il le soit. Je vous avais d’ailleurs écrit et dit mille fois que certainement aucun de mes enfants ne quitterait ou son école, ou votre maison, que je n’aie passé un an avec lui. Rien dans l’univers ne me fera départir de cette opinion. Ni l’un ni l’autre ne joindront non plus aucun corps, et qu’ils ne sachent monter à cheval et qu’ils n’aient reçu nu domestique de ma main. Réfléchissez bien à ces trois points, et croyez qu’aucun motif de quelque nature qu’il puisse être ne pourra m’en faire relâcher. Si l’on agit malgré mes intentions, il ira sans doute, je ne puis l’empêcher puisque je suis en prison, mais le premier usage que je ferai de ma liberté sera de le faire quitter. Voilà ce dont je vous donne ma parole d’honneur la plus sacrée et la plus authentique. Croyez-moi, madame. Ne cherchez pas m’élever contre mes enfants. On fait tout ce que l’on peut pour cela, et j’ose affirmer que cela n’est pas adroit.
Comme la tête de madame votre mère va toujours très loin, en minutant ce bel emploi pour votre fils, elle aura sans doute minuté aussi quelque beau mariage pour dans quelques années. Afin de n’avoir plus à revenir sur toutes ces choses, j’aurai l’honneur de vous déclarer, et de vous certifier par la même lettre, madame, et sous le même sceau de ma parole d’honneur, que très sûrement je n’accorderai mon agrément pour aucun mariage, qu’i n’ait 25 ans faits. Mon intention est que mon fils ne se marie jamais ailleurs qu’à Lyon ou à Avignon, et pour rien au monde je ne lui souffrirai ni à lui, ni à vous, ni par conséquent à moi, d’établissement à Paris. Il y a longtemps que je vous ai dit, madame, que mes projets après tout ceci étaient d’aller vivre dans ma province. Très assurément mes enfants m’y suivront, et très assurément ils n’auront ni d’autre mariage ni d’autres établissement que là.
Vous devez voir au style de cette lettre qu’elle est écrite avec tout le sang-froid possible. Elle contient les mêmes choses que je vous répète depuis 7 ans, et vous pouvez être bien sûre que je changerai pas d’avis. Je finis en vous donnant et signant ma parole d’honneur la plus authentique et la plus sacrée.
De Sade

Au reste, madame, à présent que voilà votre fils aîné une espèce de personnage dans le monde, je vous dois prévenir que mon intention est de suivre l’usage établi dans les familles, où le chef prend le titre de comte, et laisse celui de marquis à son fils aîné. Je ne ferai, d’ailleurs, relativement à moi, que ce que le roi veut sans doute que je fasse, puisque je n’ai pas un seul brevet, ni de ma charge, ni de mes emplois, pas une seule lettre de princes ou de ministres qui ne me soit adressé sous ce titre. Je vous dis cela afin que vous y accoutumiez le public, qui, une différente habitude prise, changerait difficilement après ses idées. Et moi, je ne changerai sûrement pas les miennes.

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PostPosted: 02/01/2016, 20:43    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

"Un oiseau blanc n'est pas toujours de bonne augure et n'apporte sûrement pas la paix"

Enfin du temps pour elle se dit-elle..Elle s'ennuiera sans doute dans les jours à venir c'est même certain mais elle l'avantage de ne plus être chaperonner et de vivre à sa guise sa vie afin de satisfaire ses caprices de grandeur et d'exagération qu'elle n'a jamais eu mais côtoyer sans doute pour qu'on lui appris..

C'est devant sa fenêtre qu'elle se pose voyant un ciel bien nuageux de janvier où elle peut apercevoir un bel oiseau blanc migrateur,bien blanc dont j'ai le nom de l'oiseau au bout de langue qui rejoint sans doute ses semblables.Un peu tôt tout de même pour un mois de janvier mais bon comme tout les oiseaux,il doit repérer un terrain,faire son nid pour nous encombrer d'une portée comme des mauvaises herbes dans mon jardin.

Cela lui donne envie d'aller à la chasse,qu'importe si c'est l'ouverture,elle va chasser pour son compte et en s'amusant.Le choix des armes est difficile.L'arme noir est enrayé,la grise est l'arme ou parfois je n'ai pas le choix surtout quand elle est chargée de balles à blanc d'une âme pure et noire.Quel dilemme de choix..Mais le moment n'est pas venue encore,il est mieux d'observer.


César!Une ballade à la campagne me fera du bien c'est si calme la campagne.. mais prenez un fusil..on ne sait jamais.

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PostPosted: 08/01/2016, 20:27    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Quote:
Carnet noir



Note:


Valmont:Un barge se prenant pour le messie croyant porter la souffrance du monde sur son dos comme une croix,croyant peut-être multiplier les républicains de cette façon produit illicite dans sa pipe et dans son thé.Charenton est à prescrire en espérant qu'il trouvera derrière une brique quelques textes de Tonton pour ses folles nuits d'amour,remède à la solitude.

Monsieur d'Orcanie:L'abus d'Orcanie est dangereux pour la santé..à éviter impérativement.


Divinement,



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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 16/01/2016, 21:11    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Lettre du médecin en chef de l’hospice de Charenton


« Paris, 2 août, 1808.

Le médecin en chef de l’hospice de Charenton à Son Excellence le sénateur ministre de la police générale.

« Monseigneur,

« J’ai l’honneur de recourir à l’autorité de Votre Excellence pour un objet qui intéresse essentiellement mes fonctions ainsi que le bon ordre de la maison dont le service médical m’est confié.

« Il existe à Charenton un homme que son audacieuse immoralité a malheureusement rendu trop célèbre et dont la présence dans cet hospice entraîne les inconvénients les plus graves : je veux parler de l’auteur de l’infâme roman de Justine. Cet homme n’est point aliéné. Son seul délire est celui du vice, et ce n’est point dans une maison consacrée au traitement médical de l’aliénation que cette espèce de délire peut être réprimée. Il faut que l’individu qui en est atteint soit soumis à la séquestration la plus sévère, soit pour mettre les autres à l’abri de ses fureurs, soit pour l’isoler lui-même de tous les objets qui pourraient entretenir et exalter sa hideuse passion. Or, la maison de Charenton, dans le cas dont il s’agit, ne remplit ni l’une ni l’autre de ces deux conditions. M. de Sade y jouit d’une liberté beaucoup trop grande. Il peut communiquer avec un assez grand nombre de personnes des deux sexes encore malades ou à peine convalescentes, les recevoir chez lui ou aller les visiter dans leurs chambres respectives. Il a la faculté de se promener dans le parc et il y rencontre souvent des malades auxquels on accorde la même faveur. Il prêche son horrible doctrine à quelques-uns, il prête des livres à d’autres ; enfin, le bruit général dans la maison est qu’il est avec une femme qui passe pour sa fille.

« Ce n’est pas tout encore. On a eu l’imprudence de former un théâtre dans cette maison, sous prétexte de faire jouer la comédie par les aliénés, et sans réfléchir aux funestes effets qu’un appareil aussi tumultueux devait nécessairement produire sur leur imagination. M. de Sade est le directeur de ce théâtre. C’est lui qui indique les pièces, distribue les rôles et préside aux répétitions. Il est le maître de déclamation des acteurs et des actrices et il les forme au grand art de la scène. Le jour des représentations publiques, il a toujours un certain nombre de billets d’entrée à sa disposition et, placé au milieu des assistants, il fait en partie les honneurs de la salle. Il est en même temps auteur dans les grandes occasions ; à la fête du directeur, par exemple, il a toujours soin de composer ou une pièce allégorique en son honneur ou au moins quelques couplets à sa louange.

« Il n’est pas nécessaire de faire sentir à Votre Excellence le scandale d’une pareille existence, et de lui représenter les dangers de toute espèce qui y sont attachés. Si ces détails étaient connus du public, quelle idée se formerait-on d’un établissement où l’on tolère d’aussi étranges abus ? Comment veut-on que la partie morale du traitement de l’aliénation puisse se concilier avec eux ? Les malades qui sont en communication journalière avec cet homme abominable ne reçoivent-ils pas sans cesse l’impression de sa profonde corruption, et la seule idée de sa présence dans la maison n’est-elle pas suffisante pour ébranler l’imagination de ceux mêmes qui ne le voient pas ?

« J’espère que Votre Excellence trouvera ces motifs assez puissants pour ordonner qu’il soit assigné à M. de Sade un autre lieu de réclusion que l’hospice de Charenton. En vain renouvellerait-elle la défense de le laisser communiquer en aucune manière avec les personnes de la maison ; cette défense ne serait pas mieux exécutée que par le passé, et les mêmes abus auraient toujours lieu. Je ne demande point qu’on le renvoie à Bicêtre, où il avait été précédemment placé, mais je ne puis m’empêcher de représenter à Votre Excellence qu’une maison de santé ou un château-fort pour lui, conviendrait beaucoup mieux qu’un établissement consacré au traitement des malades qui exige la surveillance la plus assidue et les précautions morales les plus délicates.

« Royer-Collard, d. m. »

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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 29/03/2016, 05:25    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

"Ma chère Nièce, ne m'abandonne pas, je t'en supplie"


Depuis plus d'un mois,la vie de Gabrielle avait changée.Elle était même restée discrète de peur que peut-être ce n'était qu'un rêve ou d'être plus malheureuse d'avoir toucher le bonheur du bout des doigts si jamais il avait eu le coeur à disparaître.Mais non,il est toujours à ses cotés au moins les trois derniers jours de la semaine.Ils ont su trouver leur rythme de croisière de leur vie et leurs occupations de la semaine.Sans trop se voir,elle a appris qu'un être lui manqué et le plaisir de le revoir qui devient de plus en plus intense chaque semaine.

Elle se souvient de leur première rencontre,un peu courte,il lui avait plu de suite mais sans trop se faire à l'idée qu'elle le reverrait et puis si...
Ils se sont revus,appréciés et se projettent une vie ensemble à même parler d'enfant.Elle a trouvé un homme qui lui ressemble mais pas pour tout..comme si on avait ajouté un peu de piment dans leur vie.Il est un homme intelligent et brillant ayant de l'esprit comme elle les aime et un certain charme surtout quand elle entend ses poèmes dédié à elle.Monsieur Aleksander Potocki pourrait certainement lui faire tourner la tête et peut-être lui faire céder à certains caprices mais si on la sait borné.
Un voyage à Cherbourg..l'idée vient de lui..Parait-il que cela va me faire le plus grand bien..Elle a quand même peur de quitter son tribunal en seine mais pour l'instant c'est plutôt le calme plat.Mais malgré tout,elle est aussi la Procureure de la Manche alors pourquoi pas qu'elle a trouvée l'alibi de son absence comme ils ne savent pas trop ce qu'ils se passent à Paris...Paris vient à eux!Et pas n'importe qui...la plus mondaine des parisiennes en espérant qu'il y a du champagne au frais sinon je pourrai bien faire des reproches à mon Aleksander.

Mon oncle,je pars avec l'homme de ma vie..mais je ne vous abandonne pas....Elle a toujours pensé qu'il hantait les lieux.Je vous laisse la lettre Mademoiselle de Lauris sur la table pour vous consoler.


Quote:
6 avril 1763

Parjure ! ingrate ! que sont donc devenus ces sentiments de m’aimer toute ta vie ? Qui t’oblige à l’inconstance ? qui t’oblige à rompre de toi-même les nœuds qui pour jamais allaient nous unir ? As-tu pris mon départ pour une fuite ? Croyais-tu que je pusse exister et te fuir ? […] J’obtiens le consentement de mes parents ; mon père, les larmes aux yeux, ne me demande pour toute grâce que de venir faire le mariage à Avignon. Je pars ; on m’assure que l’on ne va plus travailler qu’à déterminer ton père à t’amener dans ce pays-ci. J’arrive, Dieu sait avec quel empressement ! dans des lieux qui vont devenir témoins de mon bonheur […] d’un bonheur que rien ne pourra plus troubler… Mais que deviens-je, Grand Dieu ! […] quand j’apprends qu’inspirée par un généreux transport, tu te jettes aux genoux de ton père pour lui demander de ne plus penser à ce mariage, et que tu ne veux pas entrer de force dans une famille… Vain motif, dicté par la perfidie ! Fourbe, ingrate ! Tu craignais d’être réunie à quelqu’un qui t’adorait. Ces liens d’une chaîne éternelle te devenaient à charge, et ton cœur, que l’inconstance et la légèreté savent seules séduire, n’étaient pas assez délicat pour en sentir tous les charmes. C’est de quitter Paris qui t’effrayait ; mon amour ne te suffisait pas ; je n’étais pas fait pour le fixer. Va, ne le quitte jamais ! […] Puisse-t-il, par les fourberies du perfide qui me remplacera dans ton cœur, te devenir un jour aussi odieux que les tiennes ont su le rendre à mes yeux !… Mais que dis-je ? Ah […] ma divine amie ! seul soutien de mon cœur, seul délice de ma vie, […] où m’emporte mon désespoir ? Pardonne aux expressions d’un malheureux qui ne se connaît plus, dont la mort, après la perte de ce qu’il aime, devient l’unique ressource. […] Qui peut m’attacher à la vie dont tu faisais seule les délices ? Je te perds, je perds mon existence, ma vie […] Je ne puis survivre à mes maux. – Que fais-tu ?… que deviens-tu ?… quel objet suis-je à tes yeux ?… D’horreur ? d’amour ?… dis ? Comment me vois-tu ? Comment justifieras-tu ta conduite ? Dieux, la mienne ne l’est peut-être pas à tes yeux ! Ah ! si tu m’aimes encore, […] comme je t’aime, comme je t’adore, comme je t’adorerai toute ma vie, plains nos malheurs, plains-toi des coups accablants de la fortune, écris-moi, cherche à te justifier… Hélas ! tu n’auras pas grand peine : les vrais supplices de mon cœur sont de te trouver coupable. Ah, qu’il est bien soulagé quand son erreur est reconnue ! Si tu m’aimes, je ne doute pas un moment que tu n’aies pris le parti du couvent […], car tu sais bien qu’il me sera impossible de te trouver chez toi. Mon père, en mandant ton action, me laissa le maître de rester autant que je voudrais ou de revenir tout de suite. C’est ta réponse qui me déterminera ; ne la fais pas languir ; je vais compter les jours. Donne-moi les moyens de te voir en arrivant. Je ne doute pas un moment que je les y trouverai. Ce qui n’aura pas l’air positif, je le prendrai pour des refus ; des refus qui seront des preuves claires de ton inconstance, et ton inconstance l’époque sûre de ma mort. Mais je ne puis te croire changée. Quelle raison pourrait t’y déterminer ? Ce voyage peut-être t’aura alarmée : mais, hélas ! reconnais-en bien les motifs tels qu’ils sont. On m’a aveuglé, on m’a fait croire que je courais dans les bras du bonheur, tandis qu’on ne cherchait qu’à m’en éloigner… Ma chère amie, ne m’abandonne pas, je t’en supplie ; demande instamment le couvent. Aussitôt la lettre reçue, je pars, et j’arrive près de toi. Que de doux moments nous feront renaître !… Ménage ta santé ; je travaille au rétablissement de la mienne. Mais dans quelque état que soit la tienne, rien ne m’empêchera de te donner les preuves les plus tendres de mon amour. Dans toute cette aventure-ci, je crois que tu as lieu, et que tu l’auras encore, d’être contente de ma discrétion. Mais je n’ai fait que mon devoir […]. Prends garde à l’inconstance ; je ne la mérite pas. Je t’avoue que je serais furieux, et il n’y aurait pas d’horreur où je ne me portasse. La petite histoire de la c… doit t’engager un peu à me ménager. Je t’avoue que je ne la cacherais pas à mon rival, et ce ne serait pas la dernière confidence que je lui ferais. Il n’y aurait, je te jure, sortes d’horreur auxquelles je ne me livrasse… Mais je rougis de penser à employer ces moyens pour te retenir. Je ne veux, ni ne dois te parler que de ton amour. Tes promesses, tes serments, tes lettres que je relis sans cesse tous les jours doivent seules t’enchaîner ; je n’en appelle qu’à cela. Je te supplie instamment de ne pas voir de La … : il est indigne de paraître à tes yeux. Enfin, ma chère amie, puis-je compter sur ta constance ? Mon absence ne sera pas longue ; je n’attends que ta lettre pour partir… Qu’elle soit bonne, je t’en prie, et que je trouve les moyens de te voir en arrivant. Je ne désire, ne pense, ne souhaite que toi… Non, je ne crains pas d’être effacé de ton cœur ; je ne l’ai pas mérité. Aime-moi toujours, ma chère amie […]. J’ai besoin d’être consolé, d’être rassuré, de recevoir des preuves de ta constance : tout m’alarme ; ton héroïque action m’a donné le coup de la mort. Je t’assure et je te donne ma parole d’honneur que rien n’est plus certain que ce que je te mande, que je n’attends que ta réponse pour partir. Mon père me redemande ; ne crois pas que ce soit pour un mariage. Je suis très déterminé à n’en pas faire, et jamais je n’en voulus faire. J’emploie tous les moyens nécessaires que je crois les meilleurs pour te faire parvenir cette lettre. […] Ne fais pas tarder ta réponse, si tu as envie de me voir. Je compte les jours. Tâche que je la reçoive bien exactement et que je trouve les moyens de te voir en arrivant. Aime-moi toujours ; sois-moi fidèle, si tu veux me voir mourir de douleur. Adieu, mon bel enfant, je t’adore et t’aime mille fois plus que ma vie. Va, tu as beau dire, mais je te jure que nous ne serons jamais l’un qu’à l’autre.

De Sade

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César
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PostPosted: 13/05/2016, 17:04    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Quote:
Le poison
Charles Baudelaire

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,
Allonge l’illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l’âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !
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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 29/08/2016, 19:49    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

Le vice suprême

elle est seule.
Plein d' ombre alanguie et de silence berceur, clos
à la lumière, clos au bruit, le boudoir circulaire
a le recueillement rêveur, la somnolence douce, d' une
chapelle italienne, aux heures de sieste ; buen
retiro, semblable à l' étage d' une tour ronde,
sans baie à ses murs elliptiques, ou cloutée
d' argent aux plis, la pourpre héraldique étale,
en un satin violet plein de rouge, son deuil royal
et sa magnificence triste.
Aux portières de velours, s' étouffent les voix du
dehors et le plafond s' évide en un dôme, d' où
le jour tombe, arrêté et affaibli par un vélarium
bleu. Dans cette crypte mondaine dont la demi
obscurité rend, par places, le violet presque noir,
de grands lys s' élancent autour d' une dormeuse,
-où, écrasant délicatement les coussins, la
princesse, couchée sur le dos et sans pensée,
songe, avec l' abandon de corps et d' esprit, des
heures esseulées.


Elle avait promis d'aller le voir...de toute façon,il est dans son jardin alors un jour ou l'autre,elle aurait passé dessus ou devant...

-Avé César!L'empereur de l'opium.Quel sacré héritage que tu me laisses....Jetant sa pipe sur sa tombe reprenant le bras d'Amédée

-Vous connaissez un imprimeur dans les bas-fonds qui n'a pas froid aux yeux. Vous savez celui de mon oncle,ils l'ont guillotinés les sans-culottes..si d'avoir un nom pareil,ce n'est pas perverse.

Il regarde la Sade.

-Ah?Et pour quoi faire...

-vous verrez bien...

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JeanditNeu
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PostPosted: 05/03/2017, 18:35    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

En ce 6 mars 1823,  en fin de matinée , Jean tombait les pieds à terre, bouseux des bottes a presque le haut de la tête , utilisant son couvre chef de Lieutenant de Manche comme chasse mouche pour faire tomber quelques larges plaques de terres, tout en tapant des bottes sur un rare pavé giclant d' eaux insalubres , mais bon au moins cela faisait partir en grande partie .. la terre collante vu le temps traversé depuis la Manche.

Avant que de toquer à la porte, suivant l' adresse fausse donné à Web  en renseignements précis .. rapidement remédié par quelques piécettes à droite et à gauche.
Quitte a prendre un râteau devant une porte clause, comme pas mal de maison du quartier, il congédiait les 6 hommes venus avec lui depuis la Manche.

- Allez m' attendre au bar " au vas et vient ".... ils étaient passés devant en cherchant.. et prenez vos aises sur mon compte .

Regardant ses hommes et les chevaux  repartir vers l' abreuvoir, avant que de toquer fortement à la porte. Usant d' un truc..
- Police Royale !.. Nous demandons à voir la maitresse des lieux !..
Bon comme il tombait comme un cheveux sur la soupe froide. Il ne se faisait pas vraiment d' illusion. Pourquoi il tentait de rester le nez contre un porte fermée .. ben il ne savait même pas. 

 
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Gabrielle de Sade
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PostPosted: 13/03/2017, 22:07    Post subject: [RP]"L'Aumônerie" Repère Sadien Reply with quote

« La fosse une fois recouverte, il sera semé dessus des glands,
afin que par la suite le terrain de ladite fosse se trouvant regarni,
les traces de ma tombe disparaissent de dessus la surface de la terre,
comme je me flatte que ma mémoire s'effacera de l'esprit des hommes... »

Une Sade emmurée dans son aumônerie regardant son jardin, petit paradis à elle derrière l'ombre de ses grands murs qui l'a coupé de tout. Il faut dire que la terre est bien fertilisée, le meilleur engrais de Paris. Il paraît que c'est bientôt le printemps mais les jours se ressemblent... Les crimes de l'amour en main, liberté d'expression enfouit, les sades l'ont subi, son Amélie vient lui prévenir de l'arrivée de la Police. Peut-être qu'on s'inquiétait pour elle, elle enlève vite cette idée de ses pensées.

-faites le rentrer.

Il passera le grand portail accompagné de sa servante, traversera les jardins pour rentrer dans l'ex demeure du Marquis de Sade dont Gabrielle l'avait restauré sans trop toucher à l'atmosphère de son Oncle, on a tout même caché les cordes à noeuds. Elle cherche du regard l'entrant ne sachant pas trop qui va rentrer adossée à son fauteuil serrant les reliefs du bois.

-Monsieur Neu, bien le bonjour. J'espère que ce n'est pas pour une affaire de justice car j'ai démissionné... Prenez place si le coeur vous en dit.Elle ne savait pas trop son grade,était-il au même poste puisqu'elle s'était coupé du monde.

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